Publié le jeudi 13 novembre 2003

Faut-il être dépressif pour être membre de la Règle du Je

13 11 2003

Récemment, j’ai présenté ma candidature dans le club très select, La règle du Je (RDJ pour les intimes) et j’y ai découvert un monde à part où sont rassemblés des gens qui partagent une certaine idée du cynisme, de l’humour et du second degré (un humour glacé et sophistiqué, comme dirait Gotlib). Alors que ma candidature est examinée par la caste des votants (et est en mauvaise posture comme me l’a aimablement rappelé un membre ;-), l’idée m’est venue de reprendre mes études de personnalité des blogueurs (voir les Archives pour ceux que cela intéresse) et de l’appliquer aux membres de la RDJ.

 

J’ai donc fait un appel à volontaire dans un de leurs forums (celui des invités pour avoir le plus de retours possibles). Plusieurs bonnes âmes ont accepté de se prêter au jeu (JE ?) et je dispose actuellement d’un échantillon de membres de la RDJ, peut-être pas représentatif mais suffisant pour réaliser des analyses statistiques.

 

Mon idée était de comparer la signature de personnalité (telle que révélée par le test TCI de Cloninger, cliquez-ici pour plus d’infos) de 3 catégories de personnes : (i) des ‘contrôles’ (une banque de donnée validée et représentative de la population) ; (ii) des blogueurs qui ne sont pas membres de la RDJ (banque de données accumulées ces derniers mois) ; et (iii) des blogueurs de la RDJ.

 

La comparaison a été réalisée pour les 7 traits de personnalité et peut être résumée par le graphique suivant :

 

 

Bon essayons de donner un peu de sens a tout cela.

- On peut voir que les blogueurs (aussi bien les membres de la RDJ que les autres) ont une valeur significativement plus élevée pour le trait NST. Cela nous permet de reprendre une précédente conclusion : « Cette tendance est relativement logique. Les personnes qui ont une haute valeur de NST sont des gens qui aiment et recherchent la nouveauté, ils aiment se mettre dans des situations nouvelles et parfois stressantes. Normal dans de telles conditions, de vouloir s’exposer dans un blogue et de tester ce phénomène ‘nouveau’ et à la mode, non ?

Ce qui est amusant, c’est que cette tendance à avoir des valeurs de NST élevée est aussi observée chez les scientifiques et les artistes. Coïncidence ? »

- Si les blogueurs qui ne sont pas membres de la RDJ ne se différencient pas des contrôles pour les 6 autres traits de personnalité. Ce n’est pas le cas pour ceux de la RDJ. Ils se différencient significativement pour 3 traits : une valeur de HAT plus élevée (ce qui est indicateur de personnes plus pessimistes et timides que la moyennes) et des valeurs de SDT et COT plus faibles (reflet d’une moins bonne capacité à s’autogérer et d’un niveau de coopération plus faible). D’autre part, le HAT et le SDT sont utilisés en psychiatrie pour diagnostiquer des cas de dépressions. Je vous rassure, il faut obtenir des valeurs extrêmes dans ces critères pour que cela devienne pathologique. Cependant, un HAT élevé et un SDT faible est un signe d’une plus forte prédisposition à la dépression. Dès lors, on peut se poser la question (ouvertement provocatrice … pour ouvrir le débat) : faut-il être dépressif pour entrer à la RDJ ?

 

Il est bien évident que ces quelques résultats n’ont rien de scientifique : l’échantillonnage est trop faible et peut-être pas représentatif ; on travaille sur des moyennes et non pas sur des individus (il faudrait plus de données pour entamer cette approche), etc. Mais cela permet de poser une hypothèse de travail.

 

Vous l’avez compris, pour infirmer ou confirmer cette hypothèse, il me faut plus de volontaires ! A votre bon cœur, M’sieur Dames (pour passer le test, cliquez-ici).





2 Commentaires :

Commentaire écrit le jeudi 13 novembre 2003 à 10:02:10 (lien)
Owen Meany
Et pourtant, je viens d'être pris ... il ne faut pas sous-estimer leur (notre) esprit de contradiction ;-)


Commentaire écrit le jeudi 13 novembre 2003 à 09:55:26 (lien)
nanaud
si ton dossier était en cours de traitement chez eux, je crois que ton cas est définitivement réglé :-))


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Pas cons les pigeons ...

13 11 2003

Le cinéma fait partie intégrante de ma vie et je possède une capacité mimétique qui me pousse à phagocyter les attitudes, la gestuelle, les répliques de personnages que j’apprécie. Ce processus, largement inconscient, a fait de moi un être hybride, produit d’une étonnante copulation entre des dizaines de personnages de fictions.

 

Je m’imagine facilement en vieillard effrayant et mystérieux ne radotant plus que par l’intermédiaire de répliques de films oubliés. Les enfants de mon village éprouveront leur courage en venant sonner, le cœur battant, à l’entrée de l’étrange battisse du vieux scientifique fou (« Il paraît qu’il fait des expériences sur les chats et les chiens du quartier ! »).

 

Qui sait si ce blogue ne sera pas alors une sorte de décodeur qu’utiliseront les gens qui m’aiment pour tenter de me comprendre (Ca y est ! Je viens de trouver une fonction à ce blogue).

 

Hier soir, un des films qui a marqué mon enfance est repassé sur Club RTL : Birdy du génial Alan Parker. Ce film est sortit en 1984, entre le cultissime The wall (1982) et le glauque Angel heart (Ahhh, De Niro en Louis Cyfer). A mon sens, ce film est des grands oubliés (avec L’échelle de Jacob) dans la série des films ayant la guerre du Vietnam en toile de fond.

 

On y retrouve le juvénile Nicolas Cage (un nom de circonstance) et le méconnu Matthew Modine dans les rôles de 2 improbables copains d’enfances Al et Birdy. Al, le visage complètement brûlé suite à l’explosion d’un obus, est appelé dans un asile psychiatrique pour tenter de le faire réagir Birdy, traumatisé par son expérience au Vietnam,. Depuis son retour, il est complètement prostré et se comporte de manière étrange puisqu’il se comporte comme un oiseau en cage. Tous les 2 vont alors replonger dans leur passé pour tenter de s’y retrouver.

 

 

Le problème, c’est que Birdy n’est pas un adolescent comme les autres. Il est fasciné par les oiseaux au point de vouloir en devenir un lui-même (« Je voudrais mourir pour renaître en oiseau ») et de se couper progressivement du monde. Al sera la seule attache matérielle de cet ado perturbé et à la sexualité plus que douteuse (si vous ne me croyez pas, sachez qu’il a des tendances zoophiles avec … son canari).

 

Ce scénario décalé est servi par une brillante réalisation (des plans super-esthétiques et très ambitieux pour l’époque ; par exemple, celui où Birdy voit au travers de yeux d’un oiseau) et une musique en phase (je ne me lasserai jamais de la fin qui est très Rock’n’Roll).

 

Bref, un film génial qui a su faire vibrer l’adolescent que j’étais. Il m’en reste quelques répliques que ressortent dans certains contextes (comme l’énigmatique « Pas cons les pigeons ») et le souvenir d’un épisode de ma vie où j’ai rejoué dans ma vie une scène du film.

 

Pour tenter de cacher sa différence, Birdy accepte d’aller au bal de son école avec une jeune demoiselle. Cet épisode est hilarant. Après la fête, ils se retrouvent tous les 2 dans la voiture, garée comme il se doit dans une allée des amoureux. Et la jolie demoiselle lui dit et déboutonnant sa robe et son soutient-gorge : « Je sais que tu n’avais pas très envie de m’accompagner ce soir, mais tu l’as fait de bonne grâce … alors tu peux prendre ce que tu veux ». Et, joignant le geste à la parole, elle lui offre son opulente poitrine. Le problème, c’est que Birdy n’a que faire de la proposition de la donzelle. Dans un sursaut de curiosité ou pour lui faire plaisir, il soupèse négligemment les 2 globes laiteux, laissant la demoiselle dans la plus grande perplexité. Conclusion, elle le ramène chez lui et rideau.

 

C’est ainsi qu’un jour, après un premier rendez-vous avec une sympathique jeune donzelle, je fut pris d’un coup de folie et que je lui ai rejoué la scène. Elle fut tout aussi dubitative que l’héroïne du film mais a passé brillamment l’épreuve puisqu’elle a trouvé ça drôle (après quelques petites explications tout de même). L’épilogue de cette belle aventure n’est pas ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, mais on a fait un petit bout de chemin ensemble … je vous passe les détails.

 

Moralité, n’hésitez pas à voir ou revoir Birdy, cela peut toujours servir !




Les 4 fantastiques

13 11 2003

Le DVD de X-2 m’a replongé avec délectation dans l’univers des comics américains de mon enfance. Enfant, j’avais hérité de plusieurs caisses des Marvel comics et c’est ainsi que j’ai découvert des héros tels que Thor, Iron man, les 4 fantastiques, les X-men, le surfeur d’argent, etc. Ces plusieurs générations de super-héros faisaient partie intégrante de mon imaginaire et je me mords encore les doigts à l’idée que j’ai jeté ces caisses lors d’une de mes exceptionnelles mais frénétiques crises de rangement (j’entends le collectionneur Mr. Mister hurler de frustration).

 

J’ai donc perdu de vue cet univers pendant de nombreuses années pour y être ramené par des films comme Spiderman ou X-men. Dans une crise de nostalgie, je me suis rendu à BD-world, un super marché de la BD. C’est un endroit incroyable dans lequel il ne faut pas rentrer si vous êtes amateur de bande-dessinées et que vous n’avez pas d’argent à dépenser. La tentation est partout : bande-dessinée de tous les styles et de toutes les époques et tout ce qui s’y rapporte de près ou de loin (figurines, planches originales, DVD, etc.) En ce qui me concerne, je suis sorti de là avec plusieurs BD (et l’amère découverte que j’étais en retard dans plusieurs séries entamées) et le coffret DVD de la troisième saison des Simpson.

 

Un des mes achats fut l’intégrale de 1961 à 1962 des Fantastic four, les quatre fantastiques. Je n’ai pas pu résister (même si j’ai difficilement pris sur moi de ne pas acheter l’intégrale du Surfeur d’argent), des vagues de souvenirs m’ont envahi lorsque j’ai feuilleté les aventures de ces 4 héros. Des cases, des planches, des personnages que j’avais complètement oubliés mais qui se sont rapidement rappelés à moi.

 

En possession des premières aventures (dont le récit des origines) de ces héros de mon enfance, j’ai pu faire la part des choses entre mes souvenirs et la réalité. Les 4 fantastiques sont des hommes ordinaires qui ont acquis de super-pouvoir en passant au travers de rayons cosmiques : le Dr. Red Richards devient Mr. Fantastic et est capable d’étendre ses membres à l’infini ; Ben Grimm est transformé en un monstre à la force herculéenne, la chose ; Jane Storm acquière la capacité de se rendre invisible ; et son frère Johnny peut enflammer son corps, jouer avec le feu et défier la gravité sous le nom de la torche humaine.

 

 

Ils vont utiliser leurs supers pouvoirs pour lutter contre des méchants tels que les Skrulls de l’espace, Namor le prince des mers, Fatalis ou encore le maître des maléfices.

 

Cette BD est originale pour diverses raisons : les héros sont beaucoup plus imprégnés de considérations humaines. La jalousie est omniprésente entre les personnages, les altercations nombreuses, les relations amoureuses sont ambiguës et ils ne sont même pas à l’abris de problèmes financiers.

 

Néanmoins, si je passe outre l’affection que je ressens pour cette BD, force m’est de reconnaître que c’est assez mauvais : un dessin digne de Bob et Bobette, des scénarios ridiculement minces et d’une naïveté consternante, les traductions ont été faîtes par un analphabète (« Ils est tant de sauver le monde » …). Mais c’est tout le reflet d’une époque que nous y retrouvons. La vision des russes frise la propagande, le nucléaire et les radiations sont associés à des propriétés presque magiques (« Le deuxième gardien de l’île au montres est d’une puissance incroyable … mais chaque atome de son adversaire est chargé de rayons cosmiques … et il ne peut l’arrêter »), la science y est toute puissante et la solution à tous les maux.

 

En conclusion, si vous ne connaissez pas, je doute sérieusement que cela vous passionne (sauf si vous avez 5 ans ou que vous soyez un fan de kitch).





2 Commentaires :

Commentaire écrit le jeudi 13 novembre 2003 à 08:39:07 (lien)
Owen Meany
autant j'avais des souvenirs précis de la BD, j'ai complement rayé le dessin animé de ma mémoire ...


Commentaire écrit le jeudi 13 novembre 2003 à 08:15:25 (lien)
merriadoc
Le dessin animé passait à la télé quand j'étais petit.
Je suis pas sûr, mais il me semble que c'était dans l'émission "Croque Vacances"...
Souvenirs, souvenirs...


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24: qui veut tuer Lau... euh ... David Palmer ?

13 11 2003

Pour mon anniversaire, mes amis m’ont offert le coffret DVD de la série 24 que j’avais malencontreusement raté lors de ses multiples diffusions (la seconde saison est actuellement diffusée sur canal plus). J’ai enfin pu me plonger dans les aventures de Jack Bauer (alias Kieffer Sutherland), directeur de la CTU (counter terrorist unit) et qui va vivre la plus longue journée de sa vie. Pendant 24 heures, il doit défendre le premier candidat noir à la présidence menacé de mort mais également sa famille enlevée pour tenter de le museler dans sa tache. Comme vous le voyez, ce n’est pas dans le scénario qu’il faut chercher l’originalité de cette série.

 

Ce qui rend cette série unique, c’est qu’elle se déroule en temps réel (24 épisodes de 1 heure). Une méthode qui a déjà été tentée par d’autres réalisateurs (souvenez-vous de Nick of time avec Johnny Depp) avec plus ou moins de succès, mais ici, cela fonctionne plutôt bien. La division de l’écran en plusieurs parties et les multi-caméras, permettent de suivre plusieurs personnages en même temps ; les sauts d’un personnage à l’autre, l’absence totale de flash-back et l’omniprésence du temps sous la forme d’une horloge ne laisse aucun répit au spectateur. Ces pirouettes de réalisation servent parfaitement l’ambiance angoissante de la série.

 

Autre point positif, le scénario est sans failles, tout est cohérent. Si l’on ressent des impressions de facilité ou de hasards malencontreux, c’est que l’on ne dispose pas encore de toutes les informations. Le spectateur peut faire sa propre enquête, ses propres déductions, des prédictions. Et ce n’est pas une mince affaire ! Dans cette série imprévisible, il ne faut jamais se fier à sa première impression, les retournements de situations sont aussi fréquents que surprenant et ce, jusqu’à la dernière seconde. Tout le monde est potentiellement un traître et il n’y a personne qui ne soit sacrifiable (à l’exception de Bauer, bien sur. A ce propos, Sutherland avait proposé de tuer Bauer dans la seconde saison, histoire de foutre un vraie claque aux spectateurs … mais les producteurs ont refusé.)

 

Outre les multiples personnages principaux, une flopée de personnages secondaires vient enrichir l’histoire. On notera les apparitions se quelques acteurs plus connus comme Lou Diamond Philips ou la prestation fort remarquée de Dennis Hopper dans un rôle de méchant digne de celui qu’il interprète dans Blue velvet.

 

Si je devais faire un seule critique négative, je dirais que cela a un peu tendance à tirer en longueur. A partir de la 18ème heure, on envie de dire que cela suffit. Dès que quelque chose se résout, quelque chose de pire se prépare. Mais peut-être que cette impression est due au fait que j’ai dévoré les épisodes un peu rapidement (je me suis quand même fait 15 épisodes en 1 week-end … mais j’ai déjà fait mieux : l’intégrale de Twin peaks en 3 jours).

 

En ce qui concerne le coffret, un seul petit regret. J’aurais aimé quelques bonus. Le seul bonus disponible étant une fin alternative (je sens les fans qui se réveillent). En effet, une seconde fin a été tournée (les 3 dernières minutes) avec une conclusion beaucoup plus joyeuse. On saluera le courage des producteurs qui ont finalement décidé de garder la fin la plus sombre, mais aussi la plus plausible (ce qui n’avait pas été le cas pour Blade runner où quelques secondes de modifications dans le montage et l’ajout d’une voix off pour bien vous expliquer  avaient complètement modifié la philosophie du film et sa conclusion … erreur réparée dans l’excellent director’s cut).

 

Cela ne remplacera pas Twin Peaks au faîte de mes séries préférées, mais 24 est une série qui vaut vraiment la peine. Encore merci les amisssss.





3 Commentaires :

Commentaire écrit le samedi 1 janvier 2005 à 14:29:19 (lien)
kim
j'adore 24h c tro cool, je suis 1 fan


Commentaire écrit le jeudi 13 novembre 2003 à 05:40:20 (lien)
Owen Meany - http://owen.monblogue.com/
Je te dois bien ça (après les Sopranos) mais avant je l'ai déjà promis à une paire d'amis.

Je connaisais aussi des élements de la fin mais pas la chose horrible que cette andouille de Mr Mr a révélé. je suppose que cela change sérieusement la perception de l'histoire.


Commentaire écrit le jeudi 13 novembre 2003 à 05:34:24 (lien)
yel
je ne l'ai malheureusement pas encore vue et même si je te demandais de me les prêter (tu veux bien, hein dis, steuplé à l'occasion?), ben même comme ça, mon plaisir serait gâché car un mec qui se considère comme un ami nous a révélé la fin
yeyelle qui est grave rancunière là...


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