Publi le lundi 24 novembre 2003

Fatale attraction ... au musée des sciences

24 11 2003

La séduction ! Quel sujet fascinant ! Celle-ci est le thème central de Fatale attraction, la nouvelle exposition présentée au musée de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB) à Bruxelles. Une bonne occasion pour moi de refaire une petite visite de ce lieu mythique (tiens, je regarde trop star academy, moi).

 

Avec ma petite chauve-souris, nous avons décidé de faire les choses dans les règles. Nous avons signé pour une ‘B-excursion’ de la SNCB : le billet de train aller/retour jusque Bruxelles (le train, déjà un goût de voyage), l’entrée au musée et à l’exposition et même une petite collation à la cafétéria. Le tout pour la modique somme de 10 euros ; avec, en bonus, la délicieuse impression de ne pas paraître son âge puisque le guichetier m’a identifié comme un moins de 26 ans sans aucune hésitation (alors que je viens de souffler ma 32e bougie …).

 

Après un petit détour par la cafet’ (qui soit dit en passant fait très couleur locale avec ses airs de caberdouche bruxellois) et un passage éclair par la salle des minéraux (et un regard ému pour ce morceau de roche lunaire offert par les ricains), nous avons pénétré dans le monde de la séduction.

 

 

L’objectif annoncé de l’expo est d’illustrer les stratagèmes employés par nos amis les animaux pour séduire leurs partenaires : odeurs, couleurs, danses, lumière, etc., tous les moyens sont bons. Mais attention, faire le paon n’est pas sans risque puisqu’en faisait le joli cœur, on se met en péril : on attire les prédateurs, les parasites, on peut tomber dans les filets d’habiles imitateurs aux desseins tordus.

 

L’exposition est résolument moderne et vise le jeune publique. Elle est basée sur le principe ‘d’apprendre en s’amusant’. Elle est interactive : on touche, on sent, on regarde (films, photos, animaux empaillés, etc.), on joue, on participe.

 

Pourtant, si je suis d’accord sur le principe, je trouve que l’exposition manque son objectif. Le message est loin d’être clair et on se retrouve assez confus à la sortie sans trop avoir compris ce qu’il fallait retenir (D’autre part, les instructions pour faire fonctionner les jeux ne sont pas toujours très clairs). Si j’ai été consterné par le film consacré à la séduction humaine (un film obscur ou l’on observe des gens plutôt laids (des membres de l’Institut ?) arborer des techniques ringardes de séduction sur une musique digne des films érotiques de AB3), j’avous que je me suis quand même bien amusé à séduire une femelle grenouille en coassant tout en évitant de me faire repérer par la chauve-souris prédatrice. Cette exposition est un bel exemple d’un des excès des idées pédagogiques de notre temps. Il faudrait que l’apprentissage soit dénué de tout effort mais à force de tout tourner en jeu, on ne retient rien d’important.

 

Une exposition bien décevante en regard des promesses de son thème (si le sujet vous intéresse, je vous invite plutôt à lire le livre de Claude Gudin, Une histoire naturelle de la séduction, voir Archives Thématiques). J’ai pris beaucoup plus de plaisir à visiter le reste du musée.

 

Celui-ci s’est enrichi au cours des années de plusieurs nouvelles ailes qui résume les différentes expositions qui se sont succédées au cours du temps. Le cœur du musée reste cette étonnante collection d’animaux empaillés et de squelettes ramenés des expéditions scientifiques. On est plongé dans une véritable arche de Noé figée autour d’un double escalier en spirale qui, contrairement à celui de Chambord, fait directement allusion à la spirale de notre ADN.

 

On y retrouve aussi une aire consacrée aux dinosaures, à l’évolution et à la génétique humaine (reste de l’incroyable exposition Tous parents, tous différents). Le musée à largement étendu son aile consacrée aux insectes et possède même quelques vivariums et aquariums. De quoi passer quelques heures passionnantes !

 

Mais le clou du spectacle reste sans conteste l’aile consacrée aux célèbres Iguanodons de Bernissard. Chaque fois, je ressens cette même impression de respect que celle que j’avais ressentie gamin en les découvrant pour la première fois en compagnie de mon père. Six squelettes reconstitués de ces terribles sauriens sont exposés dans une salle magnifique, pur vestige de l’architecture industrielle, toute de verre et d’acier (cette salle va être restaurée prochainement et 4 des 6 dinosaures vont entreprendre un petit périple autour du monde, alors dépêchez-vous d’aller les saluer).

 

En conclusion, une excellent journée placée sous le signe de la science et que je prolongerai par la lecture du catalogue de l’exposition écrit par le très médiatique Paul Galand (on en reparlera à l’occasion).

 

L’exposition Fatale attraction est encore visible à Bruxelles jusqu’au 18 avril 2004. Elle se déplacera ensuite à Leiden du 4 juin 2004 au 9 janvier 2005 et à Paris de février 2005 à décembre 2005.




Addicted to ... Internet : confessions d’un drogué

24 11 2003

- Bonjour, je m’appelle Owen, et … je suis un drogué d’Internet !

Et vous, de reprendre en cœur :

- Bonjour Owen !

- J’ai découvert Internet il y a 7 ans. Je participais à un stage de biologie marine organisé à la station biologique de Roscoff. Je faisais partie d’un groupe d’une trentaine d’étudiants Erasmus provenant des quatre coins de l’Europe pour parfaire leurs connaissances sur l’écologie des organismes intertidaux (et écluser les bars de la région, mais c’est une autre histoire). Lors de la visite des bâtiments, un professeur nous à montré 2 ordinateurs et nous a annoncé nonchalamment qu’ils étaient connectés à Internet et qu’ils étaient à notre entière disposition. Internet. J’en avais entendu parlé, bien sûr. Je savais qu’il s’agissait d’un gigantesque réseau sur lequel on pouvait glaner des informations diverses en un tour de souris. Mais c’était la première fois que je disposais d’un accès illimité, gratuit et sur des ordinateurs qui pour l’époque pouvaient être considérés comme rapides. Déjà à l’époque, Internet jouissait (si vous me permettez l’utilisation de ce terme délicat) d’une assez mauvaise réputation. Et comme tout un chacun, pour ma première expérience, j’ai utilisé des mots tels que ‘sexe’ ou ‘porno’ dans les moteurs de recherches. Comme vous vous en doutez, j’ai vite déchanté, entre les sites faussement racoleurs et les sites payants, je me suis vite lassé. Progressivement, j’ai commencé à comprendre les potentialités de ce qui deviendrait rapidement un outils indispensable dans toutes mes recherches. J’ai utilisé le net pour mes loisirs, mes études et ensuite mon travail.

De retour au pays, j’ai commencé à hanter les salles informatiques de mon université afin d’assouvir une nouvelle passion : les e-mails. Quel plaisir de correspondre avec des amis, qu’ils soient proches ou éloignées (aussi bien géographiquement que sentimentalement). Depuis, je ne peux plus m’en passer. La première chose que je fais lorsque j’arrive dans mon bureau est d’ouvrir ‘Eudora’ et de répondre à mon courrier. Ma journée est ponctuée par le petit bip qui m’annonce l’arrivée d’un nouveau courrier. Bien entendu, la dernière chose que je fais avant de partir est de fermer ‘Eudora’.

Si le phénomène de dépendance était bien réel, les choses n’étaient pas encore trop grave. Mais il y a quelques mois, mon amie Poulpy m’a fait découvrir un nouveau phénomène : le blogue. D’abord sceptique, je me suis vite pris au jeu et depuis lors, il ne se passe pas un jour sans que j’écrive une chronique. Dorénavant, je suis également les allées et venues sur mon blogue, l’évolution des commentaires, etc.

Depuis, les choses se sont emballées. Il semblerait qu’il m’en faille toujours plus. Je suis devenu un consommateur de drogues dures. J’ai posé ma candidature à la ‘Règle du JE’ et ses Forums sont venus enrichir ma consommation virtuelle quotidienne.

Mais c’est hier que j’ai réellement franchi la ligne rouge. Poulpy (encore elle, un vrai dealer, celle-là) m’a envoyé un mail dans lequel elle me disait : « Il faut que tu t’y mettes, maintenant ! » et suivait l’adresse de msn. Sans trop réfléchir, j’ai installé le petit software et me suis glissé, avec une facilité déconcertante dans une petite discussion, ma foi bien sympathique.

Au plus fort de la conversation, je me suis rendu compte que j’avais 5 fenêtres ouvertes sur mon bureau : mon mail, mon blogue, un forum de la RDJ, msn et word (un document dans lequel j’écrivais une chronique). Cette fois, ça y est, je connais la dépendance.

 

Un témoignage inquiétant, non ? Et dans lequel bon nombre d’entre vous, chers amis lecteurs, doivent se retrouver.

 

Je n’ai ni les compétences, ni l’envie de discuter de ce qui fait cet incroyable succès d’Internet, bien au-delà de ses aspirations premières (le partage d’informations). Mais indéniablement, il peut mener à une dépendance et dès lors, devenir destructeur. Pour ma part, je ne m’inquiète pas trop : je n’ai pas Internet chez moi et dès lors, cela n’a pas d’interférence avec ma vie amoureuse et sociale. J’ai la chance d’avoir un boulot qui me permet de prendre un certain nombre de libertés et mes escapades sur le net en font partie.

 

Internet est un masque. Il nous permet d’offrir une vision différente de ce que nous sommes, au-delà des réalités physiques. Dès lors, il n’y a qu’un pas à franchir pour perdre la notion de temps et de réalité.

 

On peut pousser un peu plus loin le raisonnement paranoïaque. Et si Internet n’était qu’une nouvelle forme de terrorisme, produit du plus grand complot de tous les temps.

 

Un des principaux problèmes dans la science moderne est l’excès d’information. Même dans un domaine de recherche assez restreint, la masse d’articles publiés est telle qu’il est impossible pour un chercheur de lire toute cette information (pourtant passée au travers du crible de la sélection par les pairs) et de poursuivre son travail. Ce problème perverti le fonctionnement de la science puisqu’il est impossible d’innover sans être au courant de ce qui a déjà été fait et de ce qui se fait ailleurs.

 

Internet présente les mêmes vices de forme, mais amplifiés par le fait qu’il n’y a pas ou peu de critères de qualité. Difficile, voire impossible de faire la part entre la bonne information et la propagande, entre le fait et l’imposture. N’importe qui peut y écrire n’importe quoi, sans que vous puissiez séparer le bon grain de l’ivraie. Même le recoupement de l’information est inefficace puisque celle-ci se répand sur la toile comme un virus (tel site pompant l’information sur un autre, qui l’a prise sur un autre, etc.)

 

Le net peut-être un magnifique outils de propagande, sous le couvert d’une fausse idée de la liberté d’expression, une façon diaboliquement intelligence d’enchaîner votre esprit critique et de vous faire perdre votre temps, votre personnalité, votre contact avec la réalité et finalement de vous asservir.

 

Internet reste un privilège pour les nantis que nous sommes. Une grande majorité de la population mondiale n’a pas encore accès au réseau. Et si tout cela n’était qu’une façon de nous écraser, stupides occidentaux que nous sommes. Et si c’était cela la forme ultime d’asservissement, la méta-criminalité, le méta-terrorisme, bien plus efficace qu’un boeing 747 ou qu’une voiture piégée, parce que beaucoup plus insidieux.

 

Et s’ils avaient raisons, ceux qui proclament que le net est maléfique (on peut même voir des liens entre les WWW (World Wide Web) et 666, le chiffre de la bête) et que les hackers sont les chevaliers des temps modernes.

 

Le futur est à nos portes. Elle est là, la matrice et vous y êtes raccordé. Chaque jour notre dépendance augmente, qu’elle soit individuelle ou collective (imaginez le bordel si Internet disparaissait du jour au lendemain. Est-ce que notre société s’en remettrait ?) Mais, il n’est pas trop tard, vous pouvez encore retourner dans le monde réel. Il vous suffit d’éteindre votre ordinateur.

 

Signé Morphéowen





7 Commentaires :

Commentaire crit le jeudi 27 novembre 2003 à 05:20:00 (lien)
princess klopobek
Pour peu qu'on soit lucide, on retombe vite sur ses pattes je te rassure (cependant gare aux esprits faibles, pour ces cas là tu as raison)


Commentaire crit le mardi 25 novembre 2003 à 01:47:09 (lien)
Owen Meany
encore une drôle de coïncidence ... j'espère ;-)


Commentaire crit le lundi 24 novembre 2003 à 11:18:48 (lien)
zénon - http://marcheur_immobile.monblogue.com
Salut Owen

j'en suis au billet # 666 ? J'ai un peu peur...Que va-t-il se passer...?
Zénon


Commentaire crit le lundi 24 novembre 2003 à 08:15:00 (lien)
Owen Meany
Sssssiii (à la Darmon)


Commentaire crit le lundi 24 novembre 2003 à 07:56:33 (lien)
poulpy
non!!!


Commentaire crit le lundi 24 novembre 2003 à 05:37:41 (lien)
Owen Meany
Si!


Commentaire crit le lundi 24 novembre 2003 à 05:27:16 (lien)
poulpy - http://www.tetedethon.monblogue.com/
Je ne suis pas une dealeuseeeeeeeeee


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