Publié le jeudi 8 janvier 2004

Calendar girls

08 01 2004

Voilà une comédie américaine qui a pourtant des allures de comédie britanniques. En effet, l’histoire se déroule dans un petit village du Yorkshire où les femmes passent le temps au travers des activités du Women’s Institute (le W.I.) : conférences barbantes, taï chi édulcoré, concourt de pâtisserie, etc. Cet univers tranquille va être endeuillé par la disparition du mari de Annie, emporté prématurément par une leucémie.

 

Pour tenter de récolter des fonds, Chris, la plus effrontée de ces espiègles vieilles dames propose de révolutionner le traditionnel calendrier de l’association. Elle réussi à convaincre 10 autres de ces respectables concitoyennes de poser nues pour tenter de récolter les 999 livres nécessaires à l’achat d’un canapé pour l’hôpital local.

 

Après moult péripéties, ce calendrier artistique verra le jour et connaîtra un succès aussi extraordinaire qu’inattendu de l’Angleterre et aux Etats-Unis.

 

Cette histoire inspirée de faits réels, est présentée avec beaucoup de pudeur, alternant humour et sérieux. On suit ces mannequins de plus de 50 ans tout au long de leur expérience. La problématique de la gestion d’un succès inattendu et les conséquences sur l’entourage (mari, enfants, etc) sont abordés avec une fausse légèreté.

 

Le film présente quelques scènes mémorables et des dialogues hilarants parce qu’absurdes sortis de leurs contextes. Par exemple, j’ai pensé à Irving lorsque l’on voit le mari d’une des mannequin, prenant son petit déjeuner en lisant son journal et disant avec une désinvolture toute britannique :

« Chérie, tu es nue dans le Telegraph. »

(…)

« Tu me passes le bacon. »

 

Au jour d’aujourd’hui, le calendrier a rapporté près de 600 000 livres et vous pouvez être sur que le film va relancer les ventes. Une belle leçon d’altruisme mais aussi un message d’optimisme qui tend à nous rappeler que chaque âge à ses plaisirs.

 

Un petit film bien sympathique en ce début d’année. Dans la lignée de Full monty, Les virtuoses ou Billy Elliot, sans toutefois atteindre le même niveau.




Qui veut gagner des millions

08 01 2004

La recette n’est pas nouvelle : « du pain et des jeux », voilà ce qui plaît au peuple. La télévision nous offre une étonnante diversité de jeux : du plus populaire (avec le débile Bigdil du G.O. Lagaffe) au plus élitiste (ne citons que Question pour un champion de Julien Lepers, alias Batman).

 

Je n’ai pas la prétention de me lancer dans une étude sociologique sur le sujet (j’en serais bien incapable) mais il m’arrive régulièrement de me demander pourquoi ce type d’émission connaît un tel succès.

 

Une des raisons les plus évidentes est qu’elles font rêver. Qui n’a pas envie de gagner en quelques minutes une voiture, un million ou une magnifique encyclopédie Larousse sur le monde fascinant des Lamas (bon ce dernier exemple est peut-être mal choisi).

 

D’autre part, en tant que spectateur, je suis toujours fasciné par les connaissances accumulées par certains candidats dans les domaines les plus improbables. Comment ne pas être impressionné par un gars qui répond sans sourciller à 4 questions sur la politique suédoise entre 1852 et 1869 ? D’un autre côté, c’est amusant de voir le désarroi des candidats de Questions pour un champion lorsque les questions sont plus populaires, mais passons.

 

Une autre raison, moins poétique, réside dans la comparaison. Participer à une émission télévisée, à fortiori un jeu, n’est pas sans risque. Un néophyte se fera facilement mettre en boite par les professionnels de la télévision et pourra passer pour le dernier des imbéciles. En résumé, on aime se moquer. Et quoi de plus rassurant de voir des gens que l’on considère comme plus bête que soi !

 

C’est sur base de ce principe que s’est développé des jeux comme Le maillon faible où le candidat sait qu’il se fera massacrer par la redoutable présentatrice Laurence Buccolini.

 

Je n’arrive pas à comprendre comment des candidats peuvent se laisser embrigader dans ce genre d’aventures risquées. Par goût du risque ? Par masochisme ? Par appât du gain ?

 

Je trouve cela d’une grande cruauté et ce genre d’expérience doit fatalement induire des traumatismes chez les candidats malmenés, voire des conséquences sur leur vie sociale et professionnelle.

 

Dans cette jungle des jeux télévisés, je trouve que le plus machiavélique, le mieux pensé, est Qui veut gagner des millions. Il exploite au mieux tout ce qui plait dans les jeux télévisés. D’une part, les gains potentiels sont très importants puisqu’on peut y gagner jusqu’à 1 million d’euros (et le candidat est pratiquement assuré de rentrer chez lui avec 1500 euros pour la version française). D’autre part, avec ses questions à choix multiples et de difficultés croissantes, tout le monde peut jouer. L’éventail des sujets abordés est très varié, du très populaire à l’érudit. Pour chaque question, nul besoin de réflexion : on sait ou pas. Mais tout un chacun peut-être capable de répondre à certaines questions à tous les niveaux.

 

Grâce à cette recette ingénieuse, on peut toujours être plus fort que le candidat à un moment ou à un autre. En ce qui me concerne, je ne me risquerais pas à participer à ce genre d’émission. J’ai suffisamment de lacunes dans ma culture générale pour me retrouver calé sur une question idiote.

 

Pourtant, il y a des candidats qui plutôt que me faire rire, aurait tendance à me faire peur ! Quelques perles :

 

Dans le version belge de l’émission, Alain Simons pose la première question suivante (la question pour rire, histoire de voir si le candidat à bien compris le principe de l’émission) :

« Lequel de ces noms évoque un type de western ? »

Nul besoin de voir les propositions pour répondre ! Il s’agit bien sur du célèbre Western Spaghetti, immortalisé par Sergio Leone. Mais à la grande stupéfaction du présentateur, le candidat à pris tout son temps avant de répondre d’une voix mal assurée « Cannelloni ? » A ce stade du jeu, inutile de prononcer le rituel « c’est mon dernier mot », on passe immédiatement à la question suivante. Alain Simons  a été pourtant contraint de demander au candidat s’il était sur de sa réponse et s’il ne désirait pas prendre un joker. Ce qu’il a fait !

 

Si cette situation exceptionnelle illustre à merveille l’idée du concept du jeu (on sait ou pas), un autre exemple tiré de cette même émission est plus inquiétante. La question était :

« Lequel de ces animaux ailés est un mammifère ? »

Les propositions étaient : A/ Le Merle ; B/ Le pingouin ; C/ La buse ; D/ La chauve-souris.

Le candidat ne savait pas trop. Son intuition le poussait vers la réponse B/ Le pingouin. S’ensuit alors un dialogue entre Alain Simons  et le candidat :

A.S. : « Pouvez-vous me définir ce qu’est un mammifère ? »

C : « Pour moi, un mammifère n’a pas de plume mais je n’ai pas la définition exacte. »

A.S. : (…)

C : « L’homme est un mammifère, la baleine et les dauphins aussi. J’aurais donc tendance à dire le pingouin, c’est ce qui se rapproche le plus ! »

A.S. : (…)

A.S. : « Vous voulez utiliser un joker ? »

C : « Je vais prendre l’avis du public »

Ma grande surprise a été de découvrir que si 59% des gens ont donné la bonne réponse (D/ La chauve-souris), pas moins de 37% des votes donnaient le Pingouin vainqueur !

Si je peux admettre que l’on ne connaisse pas l’existence des westerns spaghettis, je suis plus inquiet quand je découvre que plus d’un tiers de la population ignore que les pingouins sont des oiseaux et les chauve-souris des mammifères. Cela me fait penser à un sondage qui démontraient qu’une portion importante de la population ne sait pas encore que c’est la terre qui tourne autour du soleil et non l’inverse (et ce peu importe le niveau social ou d’éducation). Linné et Copernic doivent se retourner dans leurs tombes.

 

Parfois, l’émission prend une allure plus triste, comme dernièrement avec ce pauvre candidat Polonais qui peinait sur les questions les plus simples, telles que :

Question n°2 : « Pourquoi les parents du petit Poucet abandonnent-ils leurs enfants dans la foret ? »

A/ Parce qu’ils partent en vacance ; B/ parce qu’ils ont raté le bac ; C/Parce qu’ils n’ont rien à manger ; D/ Parce qu’ils préfèrent les chiens

(Il lui a fallu prendre l’avis du public)

Question n°4 : « Quel film a révélé Omar Sharif au cinéma ? »

A/ Dr Jivago ; B/ Jivago et Mister Hyde ; C/ L’inspecteur Jivago ; D/ Jivago le Jivaro

(Il fait appel à un ami qui lui dit C/ L’inspecteur Jivago sans certitude. Il prend le 50 :50 qui laisse les propositions A et D. Notre pauvre candidat prend alors le risque de répondre A/)

Il passera le premier pallier des 1500 euros grâce à l’extrême gentillesse de Jean-Pièrre Foucault pour chuter à la question suivante. Cela ne m’a absolument pas fait rire (tout comme j’ai du mal à m’amuser des chutes dans les émissions type Vidéo gag), je trouvais cela triste et humiliant pour ce pauvre candidat qui n’en menait pas large.

 

Finalement, les jeux télévisés ne sont-ils pas les embryons de la télé-réalité ? Et crac, fait la porte ouverte quand elle est enfoncée !





4 Commentaires :

Commentaire écrit le jeudi 8 janvier 2004 à 11:27:33 (lien)
nain jaune
oh, ce soir si je ne m'endors pas direct en arrivant :-D


Commentaire écrit le jeudi 8 janvier 2004 à 09:38:04 (lien)
Malena - beautifuldays.monblogue.com
Je suis d'accord avec toi c'est triste et la télé française c'est vraiment de la télé poubelle ... enfin Arte et la Cinquième ça se regarde bien :)


Commentaire écrit le jeudi 8 janvier 2004 à 08:16:53 (lien)
Owen Meany
Faudra que j'aille lire ça à l'occasion. Quelle date?


Commentaire écrit le jeudi 8 janvier 2004 à 08:06:59 (lien)
nain jaune
Tiens, ça m'amuse ton sujet, je vais faire une chronique sur le maillon faible qui est un jeu beaucoup moins simple qu'il n'y parait.


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