Publi le mardi 09 mars 2004

Episode 1 : un nouvel espoir ?

09 03 2004

J’ai toutes les raisons de me réjouir aujourd’hui ! La vie est belle, il fait magnifique, mes expériences donnent (enfin) de bons résultats et, cerise sur le gâteau, je viens d’apprendre que ma première nouvelle vient de gagner le second prix d’un concours.

 

Il y a quelques semaines, dame Poulpy m’envoyait un mail avec comme titre : cela pourrait t’intéresser. Il s’agissait de l’annonce d’un concours de nouvelle organisé par le cercle de philosophie et lettres de l’université libre de Bruxelles. L’idée était d’écrire une courte nouvelle de 4 pages autour du thème : qui a tué Léon.

 

J’y ai vu l’occasion de me lancer dans cette écriture romanesque qui me fait tant rêver et surtout une échéance à tenir (juste quelques jours). Après avoir fait mûrir une idée saugrenue dans ma petite tête (une sorte d’hommage à Douglas Adams), je me suis mis devant mon clavier un dimanche matin et j’ai pondu un petit texte. Si j’avais une idée précise de la trame de l’histoire, je n’avais que très peu pensé aux personnages et au déroulement. Je dois avouer que j’ai pris un pied monstrueux en écrivant, les lignes se succédant naturellement les unes aux autres. Et j’ai été surpris que la version finale dépasse largement les 4 pages autorisées. J’ai donc du mettre en place mon scalpel mental pour faire le tri et ne garder que le nécessaire.

 

Je l’ai envoyé sans grand espoir et j’ai envoyé un ami à la remise des prix (je n’allais quand même pas faire le trajet Suède-Belgique rien que pour ça). Ce matin, il m’envoyait la bonne nouvelle : le jury (constitué de professeur de l’ULB) m’a placé en seconde place sur 19 candidats. Si je ne suis pas sûr que cela soit un gage de qualité, cela reste néanmoins une super motivation pour continuer et essayer de faire mieux la prochaine fois.

 

Mon alter-égo ULBiste (pour le moment, en attendant d’être un planqué de fonctionnaire ;-) a donc reçu le prix à ma place et à fait un petit discours dans lequel il m’a décrit en ces mots : « j ai donc dit que tu étais misanthrope, que tu étais parti en suède parce que tu étais un agent double al qaida/CIA et que ta future nouvelle traiterait des tortures que tu penses infliger a la princesse mathilde. », et je me plais à croire que c’est la vérité.

 

Maintenant, je vous jette ma nouvelle en pâture et j’attends vos commentaires avec inquiétude et fébrilité.

 

Qui a tué Léon ?

 

Il semblerait que ce cher Léon ait pensé à moi lorsqu’il a décidé de mettre son incroyable projet en pratique. CONTACTER LE DR. DEWAEL. Cette courte phrase en lettres capitales tracées soigneusement à l’encre rouge était suivie de mon numéro de portable. La femme de ménage n’a donc eu aucune difficulté pour me contacter lorsque l’inévitable problème s’est présenté.

 

Je prenais mon petit déjeuner lorsque je fus interrompu par la sonnerie du téléphone. Je décrochai rapidement, sans prendre le temps de regarder le numéro de mon interlocuteur.

- « Oui ? »

- « Dr. Dewael ? », me répondit une petite voix timide.

- « Oui, c’est bien moi. »

Visiblement, cette personne fut extrêmement soulagée de cette confirmation. Après un long soupir, elle se mit à m’inonder de paroles incohérentes.

- « Docteur, vous devez absolument venir … Monsieur a disparu … Je ne devais pas entrer mais il a laissé la porte ouverte … Il est dans cette … chose … »

Tant bien que mal, je me suis appliqué à la calmer. Après quelques secondes, elle reprit de plus belle.

- « Je suis la femme d’ouvrage de Monsieur Léon. Je suis arrivée ce matin, comme tous les lundis. Lorsque je suis entrée dans la maison, j’ai tout de suite compris que quelque chose n’allait pas. Monsieur n’était pas là et il avait laissé la porte de la cave ouverte. Vous savez, Monsieur m’avait donné des instructions très claires et jamais je ne devais descendre à la cave. D’ailleurs, la porte était toujours fermée à clé. C’était la première fois que je voyais cette porte ouverte. J’ai appelé Monsieur mais il ne me répondait pas. Vous savez que Monsieur Léon n’est plus tout jeune et j’ai pensé qu’il lui était peut-être arrivé un malheur. Alors, je suis descendue voir. 

- Mon dieu ! Monsieur Léon a eu un accident ? Avez-vous appelé une ambulance ?

- Non, Monsieur, je vous ai appelé, comme Monsieur Léon l’avait écrit !

- Mais que s’est-il passé, bon sang ?

- Je n’en sais rien, Monsieur, Monsieur Léon a disparu et il a laissé une lettre pour vous. Et puis, il y a cette … chose. »

Conscient que je ne tirerais rien de plus de cette malheureuse, je sautais dans ma voiture pour couvrir les quelques dizaines de kilomètres qui me séparaient de la demeure de mon vieil ami. Arrivé sur place, une femme entre deux âges est venue m’ouvrir. Sans plus de formalités, elle m’a entraîné dans la cave interdite.

 

A mes yeux, Léon avait toujours été un vieil excentrique. Grand échalas aux cheveux blancs, il s’était constitué une confortable fortune en gravissant lentement les échelons dans une société de nettoyage pour finalement en devenir vice-président. Il avait commencé à travailler à 14 ans mais sa curiosité et une étonnante envie d’apprendre lui avait permis de combler les manques de son éducation et d’évoluer vers le haut de la pyramide. Le genre d’histoire totalement inconcevable dans notre monde moderne.

 

J’avais fait sa rencontre il y a 5 ans dans de bien tristes circonstances. Il m’avait appelé en pleine nuit, son médecin attitré refusant de se déplacer à cette heure indue. C’est un homme épuisé qui m’a ouvert la porte. Il m’a pris à part dans la cuisine pour m’expliquer que sa femme était condamnée, que le crabe s’était emparé d’elle. Femme de caractère et de principe, elle refusait de finir ses jours dans un de ces mouroirs aseptisés. Cette décision déplaisait à leur médecin et celui-ci se désintéressait de plus en plus de sa patiente. Je me suis donc appliqué à atténuer la souffrance de cette dame et j’ai pris l’habitude de passer quotidiennement pour m’enquérir de son état. Je prenais également quelques minutes pour discuter avec Monsieur Léon. Nous nous retrouvions dans la cuisine pour parler de tout et de rien, comme pour conjurer l’ignominie de la maladie qui finirait par emporter la seule femme de sa vie.

L’amitié suit parfois de drôles de chemins. Et après le décès de son épouse, j’ai continué à passer régulièrement chez Léon pour prendre un verre, jouer aux échecs ou simplement pour parler. Il se réjouissait de ces visites qui lui permettaient de combler des espaces dans son insondable ignorance. En effet, comme tous les autodidactes, Léon ne supportait pas de ne pas comprendre, de ne pas connaître. Il s’intéressait à tout. Et dès qu’il se découvrait une lacune, il se réfugiait dans les livres de son imposante bibliothèque ou se jetait sur le clavier de son ordinateur. La découverte d’Internet l’avait plongé dans une sorte de fièvre. Il avait été l’un des premiers à se connecter à la toile car son argent lui permettait de toujours être à la pointe de la technologie. « Cela permet de rentrer dans l’inconscient collectif », m’avait-il expliqué. « Je n’ai jamais trop cru à toutes ces bêtises écrites par Jung, tu le sais bien, mais aujourd’hui, l’homme s’est façonné son propre inconscient collectif et je possède le pouvoir d’y pénétrer pour y puiser ce que je désire. »

Mais s’il possédait les qualités des autodidactes, il en avait également les travers. Sa compréhension de certaines choses était anecdotique et surtout il ne disposait pas des outils, de la façon de penser que l’on acquière au cours de longues études. Nos discussions n’en demeuraient pas moins passionnantes et j’avoue que j’adorais ce rôle de professeur qui m’avait été implicitement assigné.

 

C’est ainsi que, plusieurs années plus tard, je descendais un escalier de pierre qui menait à la cave de Léon en compagnie d’une femme de ménage larmoyante. Tous deux, nous avons pénétré dans une pièce unique, rectangulaire et étrangement dépouillée. Outre une petite table sur laquelle trônait l’enveloppe qui m’était destinée, la pièce ne contenait que la chose que la pauvre femme de ménage avait eu tant de mal à décrire. Il s’agissait d’une sorte de monolithe, noir et imposant d’où s’échappait tout un fatras de fils électriques et de tuyaux, conférant à la pièce une impression d’étrangeté. Seul un doux ronronnement brisait le silence étouffant qui y régnait. Ce bloc de métal ne semblait percé d’aucune ouverture : pas de hublot, ni de porte. Et seul un examen attentif me permit de découvrir l’existence d’un sas qui visiblement était commandé de l’intérieur.

- « Vous pensez que Monsieur Léon est là-dedans ? », demandais-je.

- « Vous devez lire la lettre », me répondit-elle.

Je me dirigeai vers la table pour me saisir de l’enveloppe et me mis à lire ces quelques mots tracés de la main de Léon.

« Mon très cher ami,

Le poids des années commence à se faire lourdement ressentir. Pourtant, je n’arrive pas à me résigner. Ma soif de connaissances est loin d’être assouvie et j’en demande plus. J’aimerais pouvoir encore vivre de nombreuses années pour découvrir les merveilles que l’Humanité ne manquera d’accomplir mais malheureusement, le temps m’est compté. Depuis la disparition de ma tendre épouse, je me suis mis à rêver à un moyen de blouser la grande faucheuse, de lui fausser compagnie pour quelque temps. Mais je suis bien conscient que mes rêves de pierre philosophale ne sont que des chimères.

Un temps, j’avais envisagé de me faire cryogéniser. Passer cinquante ou cent ans dans un sarcophage de glace pour me réveiller dans un nouveau monde. Mais, mon cher ami, tu m’a expliqué l’imposture qui se cachait derrière ce procédé. C’est pourtant de toi que m’est venue la solution. 

‘Prenez un chat, du cyanure et une particule radioactive, mettez le tout dans une boîte et attendez une heure.’ Ce sont ces quelques mots d’Erwin Schrödinger destinés à Albert Einstein qui sont à la base de mon grand projet. »

 

Je me souvenais de cette soirée où j’avais tenté de lui expliquer les rudiments de la mécanique quantique. J’avais utilisé le paradoxe du chat, cette expérience saugrenue imaginée par Schrödinger pour illustrer la difficulté pour l’esprit humain, englué dans son carcan déterministe, de comprendre le fonctionnement d’un corps quantique.

- « Tu vois, Léon, Schrödinger a imaginé une expérience théorique pour expliquer le fonctionnement d’un atome. Il propose de prendre une boîte totalement hermétique percée d’un petit hublot et dans laquelle on dispose un mécanisme constitué d’un atome d’uranium et d’un détecteur de fission de l’atome. Si l’atome se dégrade, le détecteur met en route un système qui libère du cyanure dans la boite. On introduit ensuite un chat à l’intérieur de la boite et on attend un certains temps qui correspond à la demi-vie de l’uranium. »

- « Il n’a pas beaucoup de sens pratique, ce cher Schrödinger ! As-tu déjà essayé d’introduire un chat dans une boite ? »

Quiconque s’est déjà essayé à cette délicate opération sait à quel point l’aventure est risquée. Accommodant ou pas, le félin jouera des griffes et des dents et vous pourrez vous estimer heureux de vous en sortir avec quelques égratignures. Nous avions beaucoup ri à l’idée d’un Schrödinger face à un minet récalcitrant, les lunettes de travers, les cheveux en bataille, le visage et les mains couvertes de griffes.

- « La question posée par Schrödinger est : dans quel état se trouve le chat juste avant que l’on ne regarde par le hublot ? »

- « C’est très simple. Il est soit vivant, soit mort, selon que l’atome s’est dégradé ou pas. En fait, il y a une chance sur deux pour qu’il soit encore de ce monde. », me répondit Léon.

- «  C’est en effet ce que nous dicte notre bon sens. Mais le problème est qu’il est impossible de répondre à cette question. En fait, la mécanique quantique nous dit que dans une telle situation, notre atome n’est pas dégradé OU non dégradé mais dégradé ET non dégradé. Si l’on transpose cette idée au malheureux chat, devenu quantique pour la petite histoire, il n’est pas vivant OU mort, il est vivant ET mort, ou si tu préfères, il n’est ni vivant, ni mort. »

- « Mais c’est complètement absurde ! Comment peut-on n’être ni vivant, ni mort ? De toute façon, il suffit de regarder par le hublot pour être fixé, non ? »

- « En effet ! Mais ce que dit la physique quantique, c’est qu’avant l’observation le chat est vivant ET mort à la fois. En effet, un atome est un être quantique et selon le principe de superposition, il peut exister dans plusieurs états superposés et simultanés. »

- « C’est vraiment difficile à croire ! Mais de toute façon, il va bien finir par y passer un jour ou l’autre ce matou. Ton atome d’uranium, il va bien finir par se dégrader, non ? »

- « En effet, mais aucun physicien ne sera capable de te prédire quand cela se passera. Cela pourrait prendre une seconde, une semaine, un an, un siècle ou l’éternité. Le fait est que l’atome existe dans les 2 états tant que tu ne l’observeras pas. Lorsque tu l’observes, il y a décohérence et le principe de superposition ne s’applique plus. Si l’on reprend l’exemple du chat, il passe de l’état de vivant ET mort à celui de vivant OU mort. C’est la curiosité qui a tué le chat, en quelque sorte. »

- « Incroyable ! Mais si c’est l’observation qui détermine le devenir du chat, cela voudrait dire que si personne n’était là pour faire des observations, le monde n’existerait pas. Nous ne sommes pas loin de la philosophie égoïste de Gaspart Languenhaert», répondit Léon, perdu dans ses pensées.

- « Figure-toi que cette idée farfelue a même été défendue par un Prix Nobel. Mais l’hypothèse la plus en vogue actuellement fait appel aux mondes parallèles. En fait, la conscience de l’observateur n’a pas d’impact et le chat se sépare bien en deux états mais qui correspondent à deux mondes différents. Dans l’un il est vivant alors que dans l’autre il est mort. Il existerait une infinité d’univers parallèles, sans possibilité de communication entre eux, où nous existerions dans une multitude d’états différents. »

Nous restâmes quelques instants à déguster notre verre de whisky. Léon semblait visiblement impressionné par cette histoire. Après quelques minutes de réflexion, il me posa une bien étrange question.

- « Est-ce que quelqu’un a déjà tenté l’expérience ? »

- « Bien sur que non, Léon, cela n’a aucun sens. Il s’agit juste d’une métaphore pour expliquer le fonctionnement des êtres quantiques, cela ne s’applique qu’à des particules complètement isolées. A notre échelle macroscopique, la décohérence des objets est quasi-immédiate. Réaliser cette expérience serait complètement absurde ! »

Mais Léon était absent et ne semblait pas prêter attention à ma réponse.

 

Un frisson me parcouru l’échine alors que je poursuivais la lecture de la lettre.

« Tu l’auras sans doute compris, mon cher ami, j’ai l’intention de tirer profit de la physique quantique pour me transposer dans un autre temps et peut-être un autre lieu. Je n’ai eu aucun mal à me faire construire ce caisson qui dispose d’un mécanisme basé sur l’expérience imaginée par Schrödinger et qui me permettra de me transformer en être quantique. J’ai délibérément omis d’y installer un hublot. S’il n’y a pas d’observateur, par le principe de superposition, je ne serai ni vivant, ni mort et je resterai comme tel tant que ce caisson restera clos. Je compte sur ton éloquence pour que cette porte reste fermée. Je suis sûr que tu trouveras les mots pour convaincre. Je sais que je te demande beaucoup, mais j’aimerais également que tu t’arranges pour que l’on me libère de ma stase quantique dans 50 ans. Lorsque l’on ouvrira ce caisson, il y aura décohérence et je serai soit mort, soit vivant dans ta dimension mais quoi qu’il arrive, je serai vivant dans un des multiples univers parallèles et je pourrai contempler le futur.

Je te donne donc rendez-vous dans 50 ans, tu auras sans doute énormément de choses à me raconter.

Affectueusement

Léon. »

Je n’attendis pas plus de 50 secondes avant de téléphoner aux pompiers pour qu’ils viennent libérer mon ami. Malheureusement, le mécanisme avait parfaitement fonctionné et c’est un corps sans vie que nous avons découvert. La justice a conclu qu’il s’agissait d’un suicide mais je suis rongé par le remords. Bien entendu, ma culpabilité ne prend pas sa source dans le délire de Léon qui aurait indéniablement conclu que je l’avais assassiné en jouant le rôle de l’observateur. Non, je me sentais coupable d’avoir fait germer ce projet insensé dans l’esprit de mon ami. L’histoire des Sciences regorge pourtant de mises en garde face au danger d’une vulgarisation abusive. La mécompréhension de certaines théories comme la sélection naturelle de Darwin ou la sociobiologie de Wilson a apporté de l’eau au moulin de plusieurs générations d’eugénistes. Mais jamais, je n’aurais imaginé que cela puisse avoir des conséquences aussi radicales sur un individu. Mon ami Léon a été tué par une métaphore. Et parfois, lorsque le remords se fait trop pressant, j’aime à imaginer que son projet insensé a réussi et que c’est un Léon bien vivant qui a franchi la porte du caisson. Je l’imagine, projeté dans une autre dimension où il continue nos passionnantes discussions en compagnie d’une autre version de moi-même.





8 Commentaires :

Commentaire crit le jeudi 11 mars 2004 à 16:10:19 (lien)
Pascal
wow


Commentaire crit le jeudi 11 mars 2004 à 15:47:28 (lien)
princess klopobek
A mon avis tu aurais été premier si le nombre de pages limité ne t'avait pas obligé à charcuter


Commentaire crit le mercredi 10 mars 2004 à 03:19:03 (lien)
Owen Meany
exactement ... le futur planqué



Commentaire crit le mercredi 10 mars 2004 à 03:16:54 (lien)
Yann
Le gars qui va finir pêcheur à la Communauté Européenne?


Commentaire crit le mercredi 10 mars 2004 à 03:10:16 (lien)
Owen Meany
Un chèque lire de 25 euros ... mais je l'ai donné à mon alter égo ULBiste qui m'a si bien représenté.


Commentaire crit le mercredi 10 mars 2004 à 03:04:21 (lien)
Yann
Cool DD1, Vivement la suite des aventures de "Dr Dewael"... Un roman dont le sujet principal est les Sciences... je me mettrais peut-etre à lire?!?

Continue comme ca!
P.S. T'as gagné quoi?


Commentaire crit le mardi 09 mars 2004 à 04:14:13 (lien)
poulpy
oui félicitations owen. fière ...


Commentaire crit le mardi 09 mars 2004 à 03:34:20 (lien)
chauve-greta
BRAVVVVVOOOO, tu es le meilleur...


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