Publié le vendredi 8 février 2008

[création] La TERRE – Si j'avais su, je serais allé voir E.T. !

08 02 2008

La terre est vraiment le parent pauvre des quatre éléments. Elle n'a ni la flamboyante du feu, ni l'irréalité de l'air, ni le génie de la métamorphose de l'eau. La terre est tristement statique, collée au sol sans l'intervention d'un de autres fondamentaux. Il faut le vent violent pour soulever la terre. Il faut l'eau pour la transformer en boue.

Mais comme souvent, c'est quand la terre se fâche que les choses prennent une réelle proportion. Elle possède le calme et la force tranquille de ces géants dont l'apparence suffit à imposer le respect. Et lorsque forcé par les événements ils se mettent à trembler, il ne reste que la fuite pour sauver sa peau.

La terre est pourtant l'élément le plus créateur. C'est la terre qui nourrit la vie terrestre. Le riche terrain et ses nutriments dans lesquels les racines plongent pour extraire les précieuses substances nécessaires à la vie.

D'apparence inerte, la terre se révèle un monde fascinant pour pour peu qu'on se mette à son niveau. Elle abrite une faune grouillante a faire frémir Lovecraft. Elle est le théâtre de combats obscurs et le siège de forces qui nous échappent.

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C'est fou ce qui vous passe par la tête quand vous avez la tête littéralement enfoncée dans la terre.

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Cela me rappelle cette jolie italienne avec qui j'avais fait ce stage en France. Alors qu'elle prenait conscience de l'imminence d'un accident de voiture suffisamment grave pour lui ôter la vie, sa seule pensée avait été: « Pas maintenant, je ne suis pas encore diplômée ! »

Moi, je délire sur la terre. Cette même terre qui envahi mes narines et s'enfonce dans ma gorge.

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- « Where... is... gold ??? »

Pas facile de répondre avec de la terre dans la bouche, surtout quand l'homme ponctue sa question à grand renfort de pression de sa chaussure sur ma tête qui s'enfonce encore un peu plus dans le sol.

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Tout cela, c'est la faute du cinéma.

J'aurais mieux fait de poursuivre les cours de karaté. Mes parents, inquiets de me voir toujours à l'intérieur à regarder des films ou perdu dans une salle de cinéma, m'avaient laissé face à un choix plutôt étrange: le foot ou le karaté. J'ai choisis le karaté. Cela m'évitait au moins le contact prolongé avec mes semblables et la compétition. Après deux séances, j'ai renoncé. Je m'échappais avec mon kimono pour me lancer dans des aventures autrement plus passionnantes: retrouver une idole perdue, déchiffrer des cartes mystérieux ou des grimoires anciens.

Devinez quel était mon film préféré ?

Non ? Vraiment pas ?

C'était 'Les aventuriers de l'arche perdue', avec Harrisson Ford dans le rôle du superbe Indiana Jones. J'avais vu et revu ce film tellement de fois que j'étais capable de vous réciter tous les dialogues. Rien d'étonnant à ce que je fasse l'école buissonnière pour poursuivre ma carrière d'aventurier. Et ce n'était pas un sport de tradition ancestrale et la culture qui lui est associé qui allait faire le poids contre un chapeau feutre et un fouet.

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- « GOLD ??? »

Ils commencent à sérieusement s'énerver, les pauvres. Qu'aurait fait Indiana Jones à ma place ? Qu'aurait fait Bruce Lee ? Sûrement pas le mort, en tout cas. Ils auraient réduit leurs agresseurs en bouillies. J'ai une furieuse envie d'ouvrir les yeux mais le bon sens me dit que la terre dans les yeux ne ferait que rendre ma situation encore plus inconfortable.

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Le cinéma a même déterminé le reste de ma vie et d'une certaine façon l'impasse dans laquelle je me trouve actuellement, perdu au milieu de la jungle, inerte, la tête dans la terre, la combat shoe d'un indigène appuyée douloureusement sur le crâne.

J'étais finalement devenu archéologue.

Les études avaient été longues et fastidieuses et si ma vision des études étaient un peu plus réaliste que celle qu'avait pu m'inspirer le miroir hollywoodien, au moment de la remise des diplômes, je n'avais pu m'empêcher d'être déçu. Mes rares expériences de terrain s'étaient résumés à des sites de fouilles aseptisés, à faire des rotations autour de postes plus assommants les uns que les autres. Une semaine a gratter mon minuscule quadra de terre, une semaine a minutieusement filtrer de la poussière, une semaine à faire de l'encodage sur ordinateur.

Pas facile de fasciner une fille avec de telles aventures.

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Ils fouillent la jeep, maintenant. Ils ne trouveront rien. Ils vont revenir ensuite. Comme ils ne peuvent rien tirer de mon collègue – on est nettement moins loquace une fois lapidé – ils se retourneront encore sur moi. Enfin, si je reste parfaitement immobile, ils m'oublieront peut-être. J'arrive a respirer faiblement. L'odeur est presque agréable. Cela me rappelle vaguement celle de l'humus en décomposition qui envahit l'air en automne.

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Ce serait injuste de tout mettre sur le dos du cinéma. C'est la faute d'une fille tout cela. J'étais amoureux d'une fille depuis toujours. Elle ne semblait m'accorder qu'un intérêt fort limité. Mes histoires de recherche de cailloux dans le sol ne la transcendait pas. Pour elle, j'étais aussi ennuyeux qu'un banquier sans avoir l'excuse d'être riche.

Quand l'occasion de partir pour une vrai aventure s'est présentée, je n'ai pas hésité une seconde ! Un voyage sur une île du pacifique, un chantier dans la jungle pour cherche les restes d'une civilisation ancienne. Si je n'emballais pas la demoiselle après cela, je ne m'appelais pas Gaspard !

Évidemment, je ne pouvais pas savoir que les relations entre les archéologues et les locaux s'étaient largement détériorées depuis l'arrivée du nouveau directeur du site. Il arrivait réussi à se mettre à dos les chefs de tous les villages alentours. Ce petit changement dans les relations inter-personnelles avait provoqué une nouvelle chaîne de pensée chez les locaux pour arriver à la conclusion que si des étrangers venaient creuser chez eux, c'était pour y trouver de l'or et le garder pour eux. Ils avaient alors décidé de récupérer ce qui leur était dû.

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Lorsque les pierres ont volé sur la jeep, j'aurais bien eu du mal a leurs expliquer que nous cherchions des cailloux. Ils ne m'auraient probablement pas cru, de toute façon. Mon collègue avait été frappé de plein fouet à la tempe et gisait à côté du véhicule.

Moi, je fais le mort, le nez dans la terre.

...

Ils ont fini de fouiller la voiture. Je les entends qui s'approchent. Ils ont l'air furieux.

Je sens que je vais passer un sale quart d'heure.

Mais je suis sans doute trop terre à terre.

Il paraît qu'avant de mourir on revoit le film de sa vie en accéléré. Cela doit être l'entracte. Je vais faire un petit somme en attendant la suite.





2 Commentaires :

Commentaire écrit le vendredi 21 mars 2008 à 02:07:41 (lien)
owen
Désolé

Je ne suis pas canadien et ne vit même pas au Canada...

bonne chance


Commentaire écrit le mardi 4 mars 2008 à 14:36:49 (lien)
hervé sandé
slt

je me nomme sandé hervé et je suis un jeune ivoiren de 24 ans titulaire d un baccalaureat en scien experimentale depuis juillet 2004.mais je n ai pas pu continuer mes etudes et la crise que vit man pays plonge tout le monde dans la pauvreté.j ai donc decidé d imigrer au canada .je cherche donc quelqu un pou m aider dans ce sens car n demande d avoir un parain sur le sol canadien pour que le dossier de visa soit lourd et acceptable.svp je sais que je ne vous connait pas je vous demande de bien voulir m aider car je veux avoir la chance de continuer mes etudes et je pense qu au canada cela est possible.merci de repondre



sandé hervé



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