[art/science] Genes around the world

08 01 2008

Si vous vous promenez en vélo sur la piste cyclable qui relie Londres à Cambridge, vous remarquerez à proximité de cette ville prestigieuse une succession de lignes colorées sur un peu plus d'un kilomètre.

Des petites bandes de 4 couleurs qui se succèdent, sans logique apparente.

Il s'agit de la représentation colorée de la séquence du gène BRCA2, un gène de 10000 paires de base (1), qui est associé au cancer du sein. Un gène, découvert il y a 12 ans et qui se retrouve ainsi représenté sous la forme d'un ruban coloré sur le sol anglais.

Une drôle d'initiative qui n'est qu'une manière de plus de donner une autre vie aux gènes (2) et à le mérite de nous offrir une idée d e leur incroyable dimension. Ainsi, si l'on devait représenter l'entièreté du génome humain de cette manière, la bande colorée ferait le tour de la terre 10 fois.

Il y a seulement 5 ans, on annonçait à grand renfort de fanfares dans les médias la fin du projet du séquençage du génome humain. 23 paires de chromosomes, quelques dizaines de milliers de gènes et une séquence de 3 milliards de paires de bases (1).

Ce projet initié en 1990 à l'initiative de James Watson, un des deux co-découvreurs de la structure de l'ADN, à coûté 2.7 milliards de dollars.

Beaucoup de promesses ont été faites sur les bénéfices que cette réalisation scientifique allait apporter à l'humanité et il faut bien avouer que ceux-ci se font encore attendre (même si cette étude n'est pas sans intérêt !). Depuis, nous avons découvert que les gènes ne sont pas seuls acteurs en jeu en ce qui concerne notre hérédité, un nouveau pan de notre ignorance des mécanismes de la vie.

Non sans une certaine ironie, le séquençage est devenu aujourd'hui une chose courante. Plusieurs centaines de génomes ont déjà été séquencés et analysés. Il ne faut plus que quelques jours appareils modernes pour séquencer complètement un génome et avec les progrès fulgurant de cette technologie, on peut espérer un séquençage d'un génome complet pour seulement 5000 dollars dans les 5 années à venir.

Bienvenue dans l'ere de la génomique !

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(1) Pour un rappel, notre ADN est une longue molécule constituée de la succession de 4 acides aminés et peut-être simplifiée sous la forme d'une longue phrase qui serait constitué de 4 lettres A, T, C et G. Ces lettres sont rassemblés en mots, les gènes. Un génome humain est donc une sorte de livre constitué de 3 milliards de lettres. Dans le cas présent, chaque lettre est représentée par une couleur.

(2) Par exemple, « DNA music » de Thomas Mitchell, http://www.tjmitchell.com/yourdnasong/index.html




[science/art] Nanoart

04 01 2008

L'Afrique est le continent de tous le paradoxes. Berceau de l'humanité, véritable centre du monde à différents points de vue, elle reste pauvre et négligé. Presque un continent invisible.

Pour exprimer ce paradoxe, des artistes d'un genre nouveau ont réalisé une carte de l'Afrique d'une longueur de quelques centaines d'atome.


Cette Afrique, réalisée avec les outils de pointe de la nanotechnologie, n'est observable qu'à l'aide des microscopes les plus perfectionnés. Existante tout en étant invisible. Un tour de force à une époque où les photos satélites sont d'une terrible banalité.

Cette oeuvre d'art appelée Actual Size n'est qu'une des réalisations d'un nouveau genre de création artistique, le nanoart, sorte de lithographie utilisant des techniques ultra-sophistiquée.

Pour en savoir plus sur les artistes, leur démarche et leurs oeuvres, visitez :

http://www.nanoarte.it/nano_eng.html




[art/science] Gauchiste

26 12 2007

Finalement, la culture, c'est comme la poésie, ce ne sert qu'à une seule chose: « Séduire les filles ».

Oui, oui, je sais, il y a les émotions qui vous emportent, qui mettent l'homme au dessus de sa condition animale, la création, bla bla bla, je ne suis qu'un sale béotien simpliste.

Si vous avez sans doute raison sur ce dernier point, il n'en reste pas moins que pour séduire une personne du sexe que vous trouvez opposé, et ce peu importe ce que cela peu bien signifier, rien de mieux qu'une petite balade au pays de la culture. Ou comme braillait Cabrel avant de sombrer dans la dépression:

« Tu veux qu'elle t'estime,
Tu sors tes plus belles lectures,
T'as vu des centaines de films,
T'expliques d'où viennent
Ces tapis sur le mur, sur le mur. »

Et quoi de mieux pour briller qu'une petite anecdote bien placée ?

Comme c'est Noël (ou presque), voici une petite histoire à placer la prochaine fois que vous irez vous balader dans la galerie Antique de votre musée le plus proche.

 

Elle/Lui: « Cela fait beaucoup de cailloux, quand même »

Vous: (...)

Elle/Lui: « Je me demande combien cela pese, tout cela ? »

Vous: (...)

Elle/Lui: « C'est beau, non ? »

Vous: « Tu as remarqué que sur presque toutes les fresques et peintures représentant un banquet où les protagonistes sont couchés, ils sont toujours couché sur le côté gauche. »

http://images.encarta.msn.com/xrefmedia/sharemed/targets/images/pho/t242/T242094A.jpg

Ben entendu, vous avez attendu un peu avant de lâcher cette remarque, de préférence sur un ton badin. Il est important de se trouver à ce moment là devant une fresque ou une peinture sur laquelle la personne qui vous accompagne puisse vérifier votre affirmation. Si vous êtes devant la Joconde, une banalité sortie de Da Vinci Code devrait faire l'affaire.

Elle/Lui [intrigué(e)]: « Ah oui, c'est vrai »

Un peu plus loin

Elle/Lui: « Encore une et... oui... encore couché sur le côté gauche. C'est incroyable. »

Vous [modeste]: « N'est-ce pas ? »

Le secret est de montrer votre culture sans tomber dans l'effrayante arrogance. Ainsi, vous ne citerez pas votre livre de chevet 'Le motif du banquet couché dans le Proche-Orient et le monde Grec du VIIe au IVe siècle avant J.-C par Marie Dentzer'.

Vous: « As-tu une idée de pourquoi ? »

Elle: « Non ? »

Vous: « Il y a plusieurs hypothèse. Au début, je pensais que c'était parce que les gens sont droitiers. Etre couché sur le côté gauche permet de libérer la main droite pour manger ou boire. »

Elle/Lui [Réflechissant et vous jetant en coin de regards admiratifs]: « C'est vrai »

Vous: « Mais... »

Elle/Lui [Captivé(e)]; « Mais ? »

Vous: « Mais, sur certaines de ces représentations, les personnes sont visiblement gauchères. Elles mangent de la main gauche, par exemple. L'explication ne tient plus. »

Là, vous arrivez à un moment délicat. Votre compagne/gnon est passé par différent stades: la révélation, l'illumination et glisse à présent dans la déception. Il est temps de donner le coup de grâce.

Vous: « Il y a de nombreuses choses que l'on puisse faire dans un lit, mangez n'en est qu'une. La tradition de manger coucher remonte à l'aube de l'humanité. « Ils reposent sur des lits d’ivoire. Ils boivent le vin dans de larges coupes », comme ils disent dans le livre d'Amos. A l'époque, les repas étaient gargantuesques et duraient des heures. Pas facile de manger autant sans en être malade. »

Normalement, à ce stage. Elle/Lui vous regarde avec un peu d'inquiétude. On ne cite pas la Bible impunément.

Vous: « En fait, les scientifiques pensent que les mangeurs restaient couchés sur le côté gauche pour pouvoir manger plus et éviter de désagréables problèmes de flux gastrique. Ainsi, quand on se couche sur le côté gauche, l'estomac dont la base est tournée vers la gauche est placé dans une position idéale pour présenter un volume maximal et faciliter le déplacement de la nourriture. Si tu te couches sur le côté droit, c'est tout le contraire. L'estomac est compressé et la nourriture a tendance à remonter dans l'oesophage. »

« Vous pouvez accompagner ces considérations anatomiques de petits gestes explicites pour désigner les différentes parties du corps. »

Vous: « Finalement, l'art ne fait que refléter un savoir empire sur l'anatomie de notre système digestif. »

Elle/Lui: « Rhaaaaa Lovely, prend moi, ici, maintenant ».

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Note:
- Cette méthode est présentée sans aucune garantie et son auteur est un vieux garçon puceau de 76 ans.

- Texte librement inspiré de l'article « Left to digest » par Paolo Mazzarello dans le magasine Nature (2007, 446: 753).




[art/science] Chromosome 16

04 05 2007

Internet a transformé la façon dont est disséminé l’information, fonction autre fois réservée uniquement à certains médias. Ainsi, si l’information circule plus vite, elle est aussi moins contrôlée. D’une part, cela permet à une certaine idée de la vérité de circuler sur le net sans passer par le filtre des médias officiels. D’autre part, cela permet aussi de disséminer tout et n’importe quoi sans contrôle. Pas facile dans de telles conditions de faire la différence entre un fait, de la désinformation et de la propagande.

L’Internaute peut malgré tout faire jouer son esprit critique en recoupant les informations ou choisissant des sites qui ont fait leurs preuves mais il règne sur la toile une sorte de chaos, de flou artistique très propice à la diffusion du tout et n’importe quoi.

Par exemple, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’un résumé d’une de mes présentations à un congrès avait fait le tour du monde en quelques jours et se retrouvait sur des centaines de sites alors qu’il ne présentait qu’un idée, une hypothèse.

Pour illustrer cela et bien d’autres choses, Sarah Jacobs a réalisé une œuvre d’art virtuelle intitulé : Deciphering Human Chromomsome 16 : We Report Here.

Il s’agit d’un livre virtuel construit et inspiré autour de l’article scientifique qui a décrit la structure du chromosome humain numéro 16 (1).

Sa méthode a été de faire des recherches sur Google en utilisant le mot clé " Chromosome 16 " seul ou en combinaison avec d’autres mots (parfois des combinaisons aussi étranges que " Chromosome 16 + Saddam Hussein "). Elle a alors choisit 250 sites sur base de leurs contenu et de leur apparence.

Chaque page de son livre de 96 pages (2) est une succession d’extraits de ces sites web, des fragments de phrases formant une sorte d’incantation et présentées de manière brute. Le tout est couvert par des extraits de l’article original de Nature écrits en lettres capitales sur l’ensemble. Par un jeu des couleurs, cet ensemble chaotique prend une allure indéniablement esthétique. D’autre part, l’œuvre n’est pas statique mais évolue constamment, avec les sites sources comme autant de mutations.

L’œuvre finale possède de nombreuses clés de lecture.

Son côté incompréhensible montre que la longue séquence du Chromosome 16 n’est qu’une succession de lettre qui nécessite une traduction, que le sens est au delà de la séquence elle-même. L’ensemble de ces pages dont à l’ensemble l’aspect d’un grimoire magique rempli d’incantations et qui met en évidence les litanies presque mystique des publications scientifiques qui scandent leurs " Here we report ", " We observed " ou " Here we describe ", comme autant de formules pour enfermer la réalité dans des boites de petri. L’aspect mouvant de l’œuvre nous parle de l’évolution, des mutations mais aussi du côté dérisoire de la publication d’une séquence du Chromosome 16 laissant de coté la grande diversité présente au sein de l’espèce humaine. La beauté de l’œuvre, réelle propriété émergente, nous renvoie à la beauté de la nature née de l’aride succession des 4 nucléotides constituant notre matériel génétique.

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  1. Nature, 2004, 432, 988-994.
  2. Une version papier est disponible sur demande sur le site :

url= www.informationasmaterial.com




[art/science] Dali’s park

23 03 2007

Quiconque s’est aventuré dans l’incroyable musée Dali à Figueras ne pourra nier qu’il fut l’un des esprits les plus créatifs de notre temps. Il a mis son esprit créatif au service de nombreuses disciplines et surtout à utilisé brillamment la science aussi bien comme sujet que comme outils.

Par exemple, la molécule d’ADN dont la structure a été décodée en 1953 par Crick et Watson, était déjà représentée dans des peintures surréaliste de Dali seulement quelques années plus tard (voir par exemple, ci dessous, son Paysage aux papillons en 1957).

Aujourd’hui, la science lui retourne la politesse et un chercheur passionné s’est mis en tête de retrouver l’ADN de Dali.

Michael Rieders est un toxicologiste américain mais avant tout un fan de Dali depuis sa plus tendre enfance.

Rècemment, il s’est mis en tête de trouver l’ADN du maître décédé en 1989. Pour cela, divers objets ayant appartenu à Dali ont été mis à sa disposition : un chapeau, des lunettes, une moustache, même une lunette de cabinet. Mais c’est finalement les tubes du respirateurs nasal qui ont été utilisés lors du passage de Dali à l’hôpital en 1984 suite à l’incendie de son château en Espagne qui ont offert la piste la plus prometteuse.

Rieders en a extrait de l’ADN provenant d’une seule et même personne. Sachant que les tubes ont été scellés et marqués par une infirmière et un docteur, il est raisonnable de penser qu’il s’agit de celui de Dali (sans pour autant que cela soit une certitude absolue).

So what ?, me direz-vous !

Quel peut bien être l’intérêt d’obtenir l’ADN de Salvatore Dali ?

La première application est purement pratique. Cette ADN, qui a été envoyé à la fondation Dali ainsi qu’à plusieurs musées, pourrait être utilisé pour authentifier certaines œuvres non signées et attribuée au maître (et ainsi limiter l’exploitation commerciale de certaines œuvres à l’origine douteuse).

La technique devrait être testée sur L’escargot et l’ange, une toile incontestablement réalisée par Dali et dont une tache serait des résidus de son sperme.

La seconde application est plus risquée. Certains aimeraient traquer l’origine de sa créativité dans ses gènes, cherchant des traces d’éventuelles maladies mentales (schizophrénie ou dépression bipolaire) qui sont souvent associées à la créativité extrême.

La dernière application raelienne pourrait être le clonage puisque Dali est mort sans laisser de descendant. Mais si un jour la technique devient disponible, mon petit doigt me dit que cela ne pourrait que mener à une déception. J’ai quelques doutes dans le fait que le génie créatif ne réside que dans ce triste assemblage de nucléotide !




[Art] C’est LE pied !

13 03 2007

Souvenez-vous, c’était le 5 octobre 1969 sur BBC1

http://www.youtube.com/watch?v=XbMepvWxJ40

Quelques semaines seulement après que l’homme ai posé le pied sur la lune (" Un petit pas pour l’homme… "), le pied de Dieu apparaissait dans le générique d’une série qui allait faire passer une troupe de comédien anglais á la postérité, les Monty Python’s flying circus.

Mais ce pied qui écrase tel le destin aveugle les plus belles créations humaines dans un bruit pour le moins indélicat à une histoire !

Ce générique, comme toutes les animations surréalistes qui parsèment les épisodes des Flying circus, a été conçu par Terry Gilliam. Il empruntait pour ses montages et ses animations, des œuvres d’art très connues qu’il s’amusait à sortir de leur contexte souvent avec l’irrévérence qui caractérise cet humour.

Ainsi, ce pied qui est devenu un symbole de tout ce qui est " pythonesque ", véritable icône de l’humour nonsense, n’est pas vraiment tombé du ciel et s’il n’est pas le pied de Dieu, il n’en reste pas moins le pied de Cupidon.

Ce pied trouve son origine dans une allégorie de la renaissance réalisée par le peintre florentin Agnolo Bronzino en 1545: Allégorie du triomphe de Vénus.

Ce tableau visible à la National Gallery de Londres, représente Vénus nue (comprendre qui expose ses " parties coquines " comme diraient les Pythons) qui se fait embrasser par Cupidon. Le tableau symbolise également différents aspects de l’Amour  (plaisir mais aussi jalousie et dissimulation) qui évoluent au cours du temps (le vieil homme ailé avec son sablier).

And now, for something completely different : A scotsman on a horse

http://www.youtube.com/watch?v=08jOGYFZCkM




[science/art] La tour de Babel

23 02 2007

Qu’est-ce que vous y voyez dans la photo de gauche ?

Un gâteau de mariage ? La tour de Babel de Bruegel (présentée à droite) ? Les dents dans la bouche d’un verre polychète marin ?

Si vous avez opté pour la dernière proposition, je peux facilement en déduire que vous êtes un biologiste marin.

La photo de gauche est une reconstitution au microscope électronique de l’extrémité d’une sonde en or d’un autre microscope (un microscope en observant un autre, vous pouvez goûter à la douce poésie de la chose).

Je vous propose un petit voyage dans les nano-mondes, entre science et art, et ce que ceux-ci peuvent nous apprendre sur nous même !

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Dans le récit de la tour de Babel, en brouillant le langage de l’homme, Dieu ne fait pas que créer différents langages. Il sépare les hommes au delà des mots. Il forme de tribu, chacune avec sa culture et sa manière de penser nous laissant avec comme seul point commun cette humanité qui peut unir deux individus aussi différents soient ils (pour une magnifique illustration visuelle, voir le film Babel).

Ces différences semblent ainsi opposer les hommes en fonction de leur héritage culturel et leur apprentissage.

Science et Art, par exemple, semblent être opposés par des approches et des objectifs radicalement opposés.

Pourtant, les faits semblent contredire ce paradigme : découverte et création semblent si étroitement liées autour de notre désir de chercher de l’ordre dans le chaos, dans notre quête de beauté, que scientifiques et artistes s’envient l’un l’autre, l’artiste étant avant tout une technicien qui transcende la technique, le scientifique cherchant à oublier ses protocoles pour révéler la beauté de la nature. S’ils semblent parler deux langues différentes, ils sont fait pour se comprendre.

C’est ainsi que nombre de scientifiques s’aventurent dans le domaine de l’art, jouant parfois inconsciemment avec notre propension naturelle à interpréter selon notre bagage culturel.

Ainsi, la métaphore est un art largement utilisé en science pour décrire un phénomène. Quoi de plus simple pour décrire la manière de bouger d’une larve d’étoile de mer que de le comparer au mouvement gracieux de la navette spatiale en apesanteur ?

La connexion entre art, science et notre tendance naturelle à faire des associations est particulièrement flagrante lorsque l’on plonge dans le monde de l’infiniment petit. Depuis la création du microscope, les techniques se sont développées nous permettant aujourd’hui de révéler un monde totalement inconnu à notre échelle.

Par exemple, l’utilisation du microscopique électronique à balayage a permis de mettre au jour les détails magnifiques de certains organismes vivants et faire de cet outil de science une moyen artistique donnant naissance à la science contemplative (1).

Plus nous plongeons vers l’infiniment petit, plus notre façon d’interpréter ces images nous révèlent.

Tout comme l’art non figuratif, la science devient alors source d’images qui jouent avec notre inconscient, notre mémoire, pour nous révéler ce que nous sommes. Une sorte de test de Rorschach artistique.

Dis moi ce que tu vois, je te dirai qui tu es !

De telles photographies, entre science et art, sont rassemblées dans un bel ouvrage rédigé par le nobelisé Roald Hoffman (2).

  1. Pour quelques exemples, voir le magnifique ouvrage de France Bourély, une spécialiste de microscopie électronique, " Les mondes invisibles " dont quelques photos sont disponibles sur :
  2. url= http://www.micronaut.fr/

  3. Blow up : Images from the nanoworld, faisant suite à une exposition. Information et quelques photos disponibles sur :

             url= http://www.s3.infm.it/blowup/




[art] Vija Celmins et l’hyperréalisme

11 02 2007

 

Les deux photos en noir et blanc ci-dessus, n’en sont pas vraiment. Il ne s’agit pas de photos mais bien de dessins réalisées par l’artiste américaine d’origine lettone Vija Celmins, une des figures de proue du mouvement hyperréaliste.

Petit arrêt sur une artiste dont 68 œuvres réalisées sur quelques 40 ans sont rassemblées dans une exposition (1).

Si je n’étais pas une artiste, je pense que j’aurais aimé être un scientifique. "

Ces mots de Vija Celmins se retrouvent régulièrement dans la bouche des artistes qui a travers leur fascination de la nature rejoignent les préoccupations des scientifiques. De Dali à Douglas Adams, tous étaient aussi fasciné par la science (tout comme le scientifique qui souvent n’a rien à envie à l’homme d’affaire du Blues du businessman).

Chez Vija Celmins, cela se manifeste par une obsession du détail, un besoin de traduire la nature sous la forme de dessins hyperréalistes, chaque œuvre pouvant lui prendre plusieurs mois de travail (pour la petite histoire, c’est cette même obsession du détail qui m’a fait délaisser l’art au profit de la science).

A partir de 1968, elle s’est inspiré de photographies pour réaliser des toiles monochromes qui expriment l’immensité du ciel étoilé. Plus tard, elle s’attaquera encore à l’infini en réalisant des dessins d’océans, toujours sur base de photos et sans présenter le moindre point de référence comme pour exprimer la paradoxale infinité d’un objet fini, le chant de la fractale.

En 1983, elle arrêtera cependant le dessin pour ne reprendre qu’en 1994 avec de nouvelles techniques (après le dessin au graphite sur une surface en acrylique, elle utilisera des toiles couvertes de fusain dont elle retirera des couches par endroit). Inspirée par un ouvrage de James Emerton (The common spiders of United States), elle représentera dans ses dessins la délicate transparence et la symétrie des toiles d’araignées, toujours avec une obsession photographique.

Vija Celmins est une des ces artistes qui nous replonge à l’époque de Ernst Haeckel où les scientifiques étaient également des artistes et ornaient leurs ouvrages de dessins et peintures représentant la nature avec un talent à faire frémir de jalousie de nombreux gribouilleurs.

  1. Actuellement au Hammer Museum à Los Angeles après un passage au Centre Pompidou à Paris

url= http://www.hammer.ucla.edu/exhibitions/119




[art/science] Jour de neige…

20 01 2007

… Dans un grand pull qui me protège. Première neige. Vertige en moi comme un manège…

 

Même si les températures exceptionnellement haute pour la saison ont tendance à le mettre un peu de côté, l’hiver est là et bien là. Avec lui, nous pouvons espérer voir apparaître les premiers flocons de neige.

 

 

 

Je vous propose un petit voyage au pays des flocons, entre art et science.

  

Avec leur magnifique structure symétrique, les flocons de neige sont associés avec l’hiver et les fêtes de fin d’année. Pas de Noël réussi si nos rues ne sont pas illuminées par des flocons de neiges géants en ampoules de 60 watts.

 

Cette structure hexamérique (en 6) bien connue a été révélée dès le 17e siècle dans de célèbres ouvrages de Kepler et de Hooke, mais il a fallu attendre le début du vingtième siècle et un homme du nom de Wilson Bentley pour qu’elle se répande dans le grand public.

 

En effet, il fut le premier a mettre au point une technique pour photographier des flocons . Cet autodidacte qui ne quittera pratiquement jamais sa ferme, deviendra une autorité en la matière et prendra plus de 5000 clichés qui seront rassemblés dans des articles et livres de références (1).

 

C’est grâce a lui que nous savons que chaque flocon de neige est unique et que rares sont les flocons qui sont vraiment symétriques (nous avons cette idée parce que les images souvent sélectionnées sont les plus symétriques).

 

Aujourd’hui, il a fait de nombreux émules et avec l’amélioration des techniques, des clichés fabuleux ont vu le jour (2).

 

Un flocon de neige, c’est un cristal composé de un milliard de milliards de molécules d’eau, et qui se forme dans certaines conditions de température dans les nuages. Comme ces conditions ne sont jamais deux fois exactement identique, cela explique pourquoi deux flocons ne sont jamais totalement semblables.

 

url= http://www.its.caltech.edu/~atomic/snowcrystals/movies/movie3a.gif (3)

 

Cette fascination pour les flocons de neige touche certainement notre prédisposition naturelle pour l’amour de la symétrie (une des raisons évoquée pour expliquer que nous trouvons certains visages plus beaux que d’autre).

 

Quoi qu’il en soit, j’espère que vous y penserez la prochaine fois que vous ferez une boule de neige, bande de sagouins !

 

(1)     La photo ci-dessus est l’une de ses œuvres et vous pouvez en découvrir de nombreuses autres sur le site suivant qui lui est consacré :

 

url= http://snowflakebentley.com/

 

(2)     Pour un exemple plus moderne de photographies de flocons de neige, voir le site fabuleux :

 

url= http://www.its.caltech.edu/~atomic/snowcrystals/photos/photos.htm

 

Vous y trouverez, en outre, une mine d’informations sur le sujet (formation des flocons, création artificielle, comment prendre des photos de flocon, etc.)

 

(3) Ce petit film montre la formation d’un flocon en condition artificielle. En effet, des scientifiques étudient les mécanismes de formation de la neige et ont mis au point des méthodes pour en réaliser à volonté en laboratoire.




[art] La couleur de la musique

14 01 2007

A part être des artistes célèbres, qu’ont en commun Duke Ellington, Frank Lizst, Jean Sibelius et bien d’autres ?

 

Tous étaient porteurs d’une curiosité neurologique appelée synesthésie. Celle-ci peut prendre de nombreuses formes mais est toujours associée avec un mélange entre différents sens et est observée chez une personne sur 23. Elle peut-être génétique ou acquise au cours de la vie.

 

Chez Ellington et les autres, cela se traduisait par une capacité à voir la musique, une sensation que l’on peut retrouver lorsque l’on prend certaines drogues hallucinogènes.

 

Les théories et la fascination du peintre Wassily Kandinsky pour le lien entre musique et couleurs, laisse suggérer que lui aussi possédait cette étrange particularité. Et plus encore, qu’il la mettait à profit pour peindre !

 

 

Il existe une longue tradition qui associe musique et couleurs, d’Aristote à la magnifique Rencontre du troisième type de Steven Spielberg où musique et couleurs servent de langage commun entre deux espèces se rencontrant pour la première fois.

 

Mais au début du vingtième siècle, l’artiste russe Wassily Kandinsky a apporté une nouvelle dimension au tableau en tirant profit de sa capacité à visualiser la musique sous forme de couleurs :

 

« Je voyais les couleurs dans mon esprit, avant mes yeux. Des lignes sauvages, presque folles, s’esquissaient devant moi. »

 

Ainsi décrivait-il son expérience alors qu’il assistait à un opéra de Wagner.

 

Une partie de son œuvre, par exemple ‘Fugue’ (voir ci-dessus) dans laquelle différents séquences de couleur d’entrecroisent, est constituée de représentation visuelle et colorée de la musique telle qu’il pouvait la percevoir.

 

Regarder une toile de Kandinsky, c’est comme regarder un arrête sur image de la musique par le biais de son regard.

 

Ceci est illustré par une exposition, Kandinsky : the path of abstraction, qui est exposée jusqu’au 4 février au Kunstmuseum de Bâle.

 

url= http://www.tate.org.uk/modern/exhibitions/kandinsky/

 




[art] Da Vinci code

12 01 2007

Parmi les grands génies de l’histoire de l’humanité, Léonard de Vinci possède une place de choix.

Il est souvent vu par le grand public comme un homme en avance sur son temps, un visionnaire avec un réel talent d’anticipation, un inventeur, un artiste extraordinaire. Il apparaît comme un extra-terrestre perdu dans un monde obscur que l’on regarde aujourd’hui avec condescendance et mépris.

Cette vision ne rend ni justice à l’époque, ni à Léonard de Vinci lui-même qui perd son humanité en court de route (1).

Une exposition européenne, The universal Leonardo project tend à remettre l’homme dans son contexte pour, comme le soulignait le regretté Stephen Jay Gould :

Si nous voulons espérer comprendre un jour la vraie grandeur de Léonard nous devons regarder son travail dans le contexte de son temps. "

Cette vision est présentée dans un site internet extraordinaire, véritable encyclopédie ludique et interactive, que je vous propose d’explorer ensembles.

Préparez-vous à un voyage fascinant dans l’œuvre, la vie et surtout la façon de penser de Léonard de Vinci.

Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur l’artiste, le scientifique et l’homme. Attachez vos ceintures et rendez-vous sur :

url= http://www.universalleonardo.org

Ce site vous propose d’explorer différents aspects de Léonard de Vinci et étudiant ses œuvres et travaux selon différents angles.

Vous pouvez ainsi, étudier à la loupe un grand nombre de ses tableaux, dessins et codex. Pour certains tableaux (dont La vierge à l’enfant), vous pouvez en outre disséquer l’œuvre avec les outils des détectives de l’art moderne, de la réflectographie infrarouge à l’analyse ultraviolette et ainsi découvrir la face cachée des tableaux et les changements de direction du maître en court de réalisation.

Il y a des tas d’entrées possibles : vous pouvez tourner les pages des codex au hasard, choisir une thématique ou encore privilégier l’approche historique en suivant les différents types de travaux de manière chronologique avec en parallèle la vie de l’homme ou encore suivre les liens entre différents travaux, passant de l’invention à la science sans aucun scrupule.

Tous le monde y trouvera son bonheur, du joueur qui découvrira les petits jeux sympathique (création de chimères ou quizz pour faire sourire la Joconde) au passionné en quête de l’information de pointe.

Ce site est d’une incroyable richesse et il vous faudra bien du temps pour en faire le tour.

Le plus fascinant est qu’il est bâti de façon à vous faire pénétrer dans le cerveau du maître, regarder avec ses yeux et comprendre aussi bien sa manière de penser que le contexte dans lequel il évoluait.

Vous y découvrirez un homme obnubilé par la découverte et pour qui la séparation entre science et art n’existait pas : ses études scientifiques étant parsemées de dessins merveilleux et ses œuvres d’art recréant la nature en une fiction pleine de sens.

Par exemple, saviez-vous que Léonard de Vinci, comme nombre de ses contemporains, pensaient que la terre fonctionnait comme un organisme vivant, les rivières étant assimilées à des veines et la mer comme un cœur ? (il ne changera cette idée que vers la fin de sa vie alors qu’il ne pouvait expliquer comment l’eau était réinventée dans le système, l’évaporation n’étant pas une hypothèse en accord avec le modèle). On retrouve cette fascination dans les magnifiques études de cœurs qu’il a réalisé.

Un autre exemple intéressant est lié à une affirmation de Freud qui n’est pourtant corroborée par aucun document historique selon laquelle de Vinci avait eu une relation étonnamment forte avec sa mère. On peut cependant comprendre l’interprétation de Freud lorsqu’on porte un regard attentif au lien particulier qui unis la Madonne et son enfant dans ses dessins et peintures et que l’on ne retrouve pas de façon aussi vive chez les autres artistes de l’époque ou encore par le biais des magnifiques dessins anatomiques de fétus protégés par la rassurante matrice.

Quelques petits exemples mais vous trouverez encore de nombreuses autres informations et clés de lecture sur ce site fascinant.

Bon voyage !

(1) Pour une vision humaine et romancée de Léonard de Vinci, lire le très étrange Pilgrim de Timothy Findley




[art] Le chant de mort des étoiles…

09 01 2007

L’humanité est depuis toujours fascinée par les mégalithes, profondément ancrés dans notre culture et notre imaginaire.

 

Dans la scène d’ouverture de 2001 L’odyssée de l’espace, on découvre un imposant monolithe noir d’origine extra-terrestre imaginé par Arthur C. Clarke et qui préside à la naissance de l’humanité. Un semblable monolithe est utilisé pour représenter une sorte de dieu vengeur et revanchard style ancien testament dans Le grand pouvoir du Schninkel. D’autres pierres massives alignées selon une logique astronomique à Stonehenge ne cessent encore aujourd’hui de fasciner et d’inspirer les plus folles théories ésotériques (alors que c’est bien connu, ce site n’est en fait que les ruines d’une pizzeria comme c’est clairement démontré dans Artemis Fowl).

 

Aujourd’hui, l’artiste controversée Mariko Mori, offre au monde une version moderne du mégalithe, combinant pour l’occasion science et art. En effet, Tom Na H-iu n’est pas un mégalithe comme les autres puisqu’il bat au rythme des étoiles mourantes.

 

 

Comment représenter l’idée bouddhiste que toute chose est interconnectée ? Comment créer une œuvre qui combine notre réalité terrestre à l’immensité du cosmos ?

 

L’artiste pop-art Mariko Mori, considéré par beaucoup comme très superficielle (ses débuts dans le mannequina y sont certainement pour quelque chose), s’est attelée à répondre à ces questions en combinant haute technologie et art.

 

Dans une première collaboration avec les scientifiques, elle avait exposé une œuvre intitulée Wave UFO, constitué de projection sur un écran des ondes cérébrales de 3 participants, donnant ainsi une dimension visuelle à la pensée.

 

 

Cette année, elle va encore plus loin avec Tom Na H-iu, un monolithe de verre de 3 mètres de haut qui semble pulser au rythme de l’univers. L’originalité de cette œuvre est la fabuleuse technicité qu’elle abrite. En effet, les diodes de différentes couleurs cachées en son sein ne battent pas au hasard mais son connectée à un détecteur de neutrino (le détecteur Super-Kamiokande de l’observatoire Kamioka).

 

Les neutrinos détectés sont des particules émises par lors de l’explosion d’étoiles mourantes, les supernovae. Ainsi, l’œuvre semble battre au pouls de violences infligées au cosmos lui-même. Le nom de l’œuvre, d’origine celtique, fait référence à un endroit où l’âme s’attarde avant la renaissance et faisait référence à des croyances ancestrales que l’on associait aux mégalithes de Stonehenge.

 

De manière plus terre à terre, sans une batterie d’explications aux implications philosophico(s)miques qui seraient du meilleur effet pour draguer dans une soirée mondaine, et si ce n’est la prouesse technologique qu’il représente, il faut bien avouer que Tom Na H-iu peut se résumer à une version ultra-couteuse, encombrante et peu pratique d’une très kitsch lampe design Ikéa.

 

Mais ne m’écoutez pas, je ne suis qu’un triste béotien. Pourquoi l’art devrait-il se suffire à lui-même de toute façon ?




[art/science] Against Nature ?

19 12 2006

« Pas facile d’être PD quand on est entouré d’enculé »

 

Avec sa poésie très particulière, Renaud nous rappelle dans sa chanson Petit PD que bien que de plus en plus acceptée (et revet de plus en plus une image ‘romantique’ comme cela peut se voir dans de nombreuses séries télévisées, Six feet under, Sex and the city, etc.), l’homosexualité est encore difficile à vivre.

 

Il n’est pas rare, encore à notre époque, d’entendre des arguments tels que « *ce n’est pas naturel* » ou « *C’est une maladie* » ou pire « *C’est une perversité* ».

 

C’est en entendant de tels arguments à la radio que Geir Söli a eu l’idée de faire une exposition de photographies et autres objets autour du thème de l’homosexualité animale.

 

Celle-ci est présentée au Musée d’Histoire Naturelle de l’Université de Oslo et est intitulée Against Nature ? (1) Elle démontre au travers de plus de nombreux magnifiques clichés que l’homosexualité fait plus figure de règle que d’exception chez nos amis les animaux.

 

 

Le cliché ci-dessus représente un couple de mâles de baleines en train de jouer avec leurs pénis (on notera également que les couples homosexuels sont plus durables que les couples hétérosexuels dans cette espèce). Ce n’est qu’un des nombreux exemples présentés dans cette exposition.

 

En effet, si l’exposition montre des exemples tirés de 50 espèces, des cas d’homosexualité ont été clairement démontrés chez plus de 500 espèces animales.

 

L’homosexualité se retrouve aussi bien chez les mâles (avec pénétration et éjaculation), par exemple chez la giraffe :

 

 

que chez les femelles, par exemple deux guenons frotant leurs parties génitales dans un simulacre d’accouplement :

 

 

Des informations complémentaires sont fournies sur le site ci-dessous.

 

De quoi offrir une argumentation contre les pseudo-bien pensants englués dans leurs idées préhistoriques.

 

(1)     Exposition ouverte jusqu’au 19 août 2007. Plus se renseignement sur :

url= http://www.nhm.uio.no/againstnature/index.html




[art/science] In bloom

15 12 2006

 

Cette photo est une image d’un fœtus d’éléphant dans le ventre de sa mère à 12 mois de grossesse. Il mesure alors 45 centimètres et pèse presque 10 kilos. Il peut déjà utiliser sa trompe.

 

Elle a été prise, ainsi que bien d’autres pour un reportage stupéfiant réalisé pour National geographic sur les grossesses animales (In the whomb: animals) et faisant suite à un autre reportage semblable consacré à la grossesse humaine (In the whomb) et qui a connu un succès considérable.

 

L’originalité de ces reportages est qu’elle fait appel à la technique d’échographie 4-D qui permet de voir l’évolution du fœtus en 3 dimensions dans le temps. On voit donc le fœtus vivre à l’intérieur du ventre de sa mère donnant au final des images très impressionantes.

 

Vous pouvez avoir un avant goût de ce que cela donne en regardant des extraits sur les sites suivants:

 

In the whomb:

url= http://channel.nationalgeographic.com/channel/inthewomboriginal/preview.html

 

In the whomb: animals

url= http://www9.nationalgeographic.com/channel/inthewombanimals/video_preview_1.html