[film] La malédiction de la soupe aux choux

26 12 2008

Les fêtes de fin d’année sont riches en excès. Si vous ne me croyez pas, demandez à votre tube digestif.

Le miens a tendance à me répondre à l’aide de petits vents plus ou moins discret. C’est alors que, m’échappant de la grande sauterie de Noël pour fumer une bonne petite cigarette sous le ciel étoilé que j’ai laissé mes intestins exprimer leur désarrois face à cet excès de bulles en tout genre, contribuant un peu plus aux changements climatiques.

J’ai alors levé les yeux vers le ciel, espérant la visite de la Denrée qui viendrait me rendre visite de la lointaine planète Ox et avec qui je partagerais les restes de scampis à l’armoricaine préparés avec amour par ma maman.

Souvenez-vous, c’était il y a 27 ans en cette douce année 1981.

Un monument du cinéma français sortait sur nos écrans : La soupe aux choux.

Un film engagé, racontant avec tendresse l’éternel lutte entre tradition et modernité, jeunesse et vieillesse, une amorce à cette critique de la société de consommation devenue si consensuelle aujourd’hui.

Le Glaude (Louis DeFunes) et Le Bombé (Jean Carmet) sont deux petits vieux vivant selon les règles d’une autre époque, partageant leurs journées entre de nombreux chti canons et de la bonne nourriture de la campagne (dont la soupe aux choux susnommée) et luttant à leur façon contre le maire du village voulant créer un parc d’attraction sur leur propriété.

Leurs vies va basculer le jour où ils rencontreront la Denrée (Jacques Villeret), extraterrestre proutoglote qui va tomber amoureux de leur mode de vie et va considérablement influencer leurs vies.

Mais je ne vous apprends rien. « La soupe aux choux » est un classique parmi les classiques.

Ce que l’on ignore souvent (et qui ne m’a frappé hier après de trop nombreux verres d’alcools en tout genres… sans doute une visite du saint chti canon), c’est la malédiction qui a frappé ce film.

Cela n’est pas sans rappeler l’histoire de la malédiction liée à la découverte de la tombe du pharaon Toutânkhamon par Lord Carnavon, entraînant dans son sillage quelques 20 morts mystérieuses.

Bien que moins connue (enfin jusqu’à hier), la malédiction de « La soupe aux choux » n’en a pas été moins meurtrières.

Quelques dates et faits marquant :

- « La soupe aux choux » a été le couronnement de la carrière de son réalisateur, Jean Girault, mais en réalisant ce film, il a également scellé son destin. L’année suivant la sortie du film, Jean Girault décernera à l’âge de 58 ans des suites d’une mystérieuse maladie (soit disant une tuberculose) alors qu’il tournait « Le gendarme et les gendarmettes »

- L’année suivante, un autre protagoniste de l’aventure « La soupe aux choux », René Fallet décédera à seulement 56 ans. Il avait lui aussi profité du succès du film puisqu’il était l’auteur du roman qui avait inspiré le scénario du film.

- Cette même année, Louis De Funès décèdera d’un infarctus et de nombreux autres décès suivront : Jean Carmet, Jacques Villeret, Raymond Lefèvre (compositeur de la musique), Jean Halain (scénariste et dialoguiste), etc. En fait, il devient difficile de trouver aujourd’hui un protagoniste lié à ce film qui soit encore de ce monde. Chaque année, la malédiction de « La soupe aux choux » fait de nouvelles victimes, entraînant dans son sillage jusqu’aux spectateurs. Selon une étude scientifique très poussée, d’ici la fin de ce siècle, TOUS les spectateurs qui ont vu le film à l’époque auront succombés à ce que certains (enfin moi) appellent « le film qui tue » (l’idée a été reprise dans le film « The ring »).

Pensez-y à deux fois à la prochaine rediffusion de ce film. Votre vie ne tient qu’à un prout !

PS : Suite à des commentaires surréalistes qui ont ponctués une de mes précédentes chroniques absurdes, je me vois dans l’obligation de préciser que ce texte est totalement absurde et ne doit en aucun cas être pris au sérieux ! Bien entendu, les malédictions ne sont que le fruit du hasard et de la nécessité des gens à donner du sens à ce qui n’en a pas. Disons qu’au mieux, il s’agit d’une démonstration par l’absurde, au pire un petit texte ridicule né de mon esprit embrumé par trop de champagne.




[film] Rocky vs Klitschko (ou Réalité 1 – Fiction 0)

15 12 2008

La réalité dépasse, dit-on, la fiction mais le rapport entre les deux est souvent beaucoup plus complexe. Ainsi, la fiction s’inspire très souvent de la réalité et la réalité lui rend bien souvent la politesse. Celui qui regardera « Les Soprano » sera amusé de voir les mafieux américains s’inspirer de films tels que « Le parrain » pour construire leurs personnages. Bien entendu, vous me rétorquerez que c’est la fiction qui s’inspire de la fiction mais curieusement cette fiction s’inspire de la réalité.

Si vous êtes perdu, c’est tout à fait normal. Tel un mouvement de camera de Gus Van Sant, je m’essaye à l’écriture métaphorique, plongeant l’improbable lecteur dans un malaise incompréhensible illustrant mon propos.

A ceux qui me rétorqueront que je suis un sale branleur, je dirais qu’ils ont bien raison. Mais c’était cela ou vous balancer un extrait de cette émission de radio où un réalisateur expliquait le plus sérieusement du monde qu’il croyait plus en la fiction pour décrire la réalité qu’en un repartage qui biaise toujours par l’observateur influant sur l’observé.

Tout ce charabia pour dire que je n’y connais rien à la boxe.

Ce noble art qu’est la boxe et qui consiste à se foutre sur la gueule jusqu’à ce que K.O. s’ensuive se résume pour moi a quelques matchs regardés distraitement à la télévision et quelques beignes maladroitement échangées lors de rixes d’ivrogne.

Heureusement, la fiction est toujours là pour me sauver.

Il y a les grands livres, de Sherlock Holmes pugiliste de talent aux récits suintant la sueur d’Hemingway, l’introduction fulgurante du « Dahlia noir » d’Ellroy jusqu’aux nouvelles magnifiques de F.X. Toole.

Et bien entendu, il y a le cinéma : « Raging Bull » et Jake La Motta (« you fucked my wife ??? »), « Ali » and Mohamed Ali ou le « Million dollars baby » du grand Clint.

Mais s’il ne doit en rester qu’un, cela n’aura rien à voir avec MacLeod, ce serait le grand « Rocky ».

« Rocky », sortit en 1976, est avant tout un film social. Un beau film sur un homme simple qui essaye de vivre son rêve avec le peu de cervelle et de talent dont la nature l’a doté. C’est aussi un conte de fée pour son auteur, acteur, réalisateur, Sylvester Stallone.

Mais « Rocky » c’est aussi un super-héros. Un homme doté du rarissime « syndrôme de Homer Simpson » qui lui permet de prendre un nombre incalculable de coup potentiellement mortels jusqu’à l’épuisement de son adversaire.

« Rocky », c’est LE super héros des années 80 avec la sortie de 2 films sur cette décennie qui inspire tant de nostalgie (à une époque où Batman était joué par Julien Lepers). Dans « Rocky III – L’œil du tigre », il foutait une raclée au très méchant « Mister T » et encore plus impressionant, il se retrouvait face à la machine « Dolph Lundgren » alias « The punisher » et en sortait vainqueur triomphant d’un « Au début, vous m’avez hais, alors moi aussi je vous ai hais… »

Rappelez-vous ce choc des titans.

D’un côté, la machine. Ivan Drago sorte de « Terminator » fabriqué par les technologies de pointe soviétique. 1m97, plus de 100 kilos de muscles.

De l’autre, l’étalon italien, Rocky Balboa. 1m78 ( !!!) et bien moins de 100 kilos et obligé de s’entrainer dans la neige avec les moyens du bord.

Pourtant, armé du bon droit et de son amour éternel pour Apollo qui fut autrefois son adversaire, il restera debout sur le ring pendant 15 rounds à supporter les assauts brutaux d’un drago médusé (« Ce n’est pas un homme… ») pour finalement lui foutre une raclée.

Après cela, le ring est le monde du « tout est possible », où la force de caractère est plus forte que le muscle brutal.

C’est armé de mes religieuses convictions cinématographiques que j’ai regardé ce week-end le combat entre le challenger américain, le freluquet « Hassim Rahman » (1m89…), et le tenant du titre, l’ukrrrainien, « Wladimir Klitschko » (2m !!!) remettant en jeu sa ceinture de poids lourd en 12 rounds.

Ce match, c’était plus qu’un simple match de boxe. Il s’agissait de la copie du match Balboa-Drago transposé dans la réalité. Le combat entre fiction et réalité.

Dès le premier round, la réalité s’est retrouvée en bien mauvaise posture. En la personne de Rahman, elle s’en prenait plein la gueule. Curieusement, quand on mesure 12 cm de plus que son adversaire, on a une plus grande allonge.

Mais je restais confiant. Après tout, Rocky aussi avait pour habitude de prendre des coups et pas des moindres. Lorsque Rahman alias « The rock » s’est retrouvé dans les cordes en version humaine du punching ball pour Klitschko « Steel hammer », je ne me suis pas trop inquiété. Même lorsque Rahman s’est retrouvé au sol, je n’ai pas hésité un instant. Il allait se remettre sur ses jambes.

Et puis, ce fut la consternation. Klitschko ou plutôt Klitsch-K.O. a été fidèle à sa réputation et l’arbitre a mis fin aux souffrances du pauvre Rahman qui n’aura jamais eu le dessus dans aucun round.

Réalité 1 – Fiction 0… un K.O. technique sans discussion.  

Voilà qui remet en question ma vision du monde.

Moi qui me suis inspiré du cinéma pour guider ma vie, moi qui suis ce que je suis grâce à des modèles tels que « Indiana Jones » ou « Muad’Dib », que vais-je faire maintenant ?




[film] Bambi must die

11 12 2008

Le courant de votre pensée est souvent modelé par des rencontres (« C’est bien comme situation rencontre ? »). Ces dernières peuvent prendre diverses formes, un livre, une personne, une idée glissée furtivement dans un dialogue de bistrot. Il s’agit de ces petits « hasards nécessaires » qui nous fait rêver au destin.

Plus rarement, elles prennent l’allure d’un couple de faon qui s’écrasent nonchalamment contre votre pare-choc.

Qu’est-ce que c’est con, un faon… Une sorte d’insulte à Darwin et sa belle théorie de la sélection naturelle. Un pied de nez du grand créateur.

Alors que je contemplais les derniers poils, résistant encore et toujours à l’aspirateur, qui me nargaient sur la calendre de ma skoka familiale décapotable, j’ai été frappé de plein fouet par le fantôme de Carl Jung. Me regardant avec son air cynique, il semblait me dire : « alors ? tu ne crois toujours pas au destin ? » Il était difficile de nier le fait que cette rencontre coïncidait étrangement avec une autre rencontre.

Deux jours plus tôt, mes enfants qui jusque là, tel le prince Siddhartha, avaient été protégé de toute agression cinématographique, avaient exposé à un film innommable. Moi qui amoureusement et la larme à l’œil leurs proposait des « Wallace et Gromit », « Kirikou » et autres perles du cinéma pour la jeunesse, avaient sans préparation aucune, été plongés dans le monde infernal de Walt Disney (NON, Pixar ce n’est pas Disney !!!). Ma mère, telle une Cruelle d’enfer, leur avait fait regarder « Bambi » a mon insu. Depuis, ce film est devenu le « choisi » du moment de télévision du soir.

Cela n’avait été qu’une gêne sans importance jusqu’à cette rencontre avec ces faons en chair et en os.

Et  si Jung avait raison ? Si cette rencontre était synchronistique (1) ? Si elle était un appel du destin ?

J’ai été obligé de me faire une raison et accepter l’appel. Il me fallait découvrir la vérité et le nuage pestilentiel et obscur qui entoure ce faon anémique et attardé appelé « Bambi ».

Je me suis alors plongé à corps perdu dans ce bourbier, découvrant des vérités qui auraient peut-être du rester enfouie dans la terre plutôt que de retrouver, dans une demi-vie, la lumière d’un soleil éblouissant.

Je prends aujourd’hui la casquette d’un James Ellroy (2), n’hésitant pas à salir les icones, pour rétablir ce qui aurait pu être la vérité, faisant tomber de leurs piédestals les statues de marbre des cervidés les plus adulés.  

Assez palabré, je balance ma bombe : « Bambi » est une incitation à la violence !

Vous ne me croyez pas ?

 

Voici quelques faits indiscutables :

- Le contexte historique. Nous sommes en 1942. La guerre déchire l’Europe et les Etats-Unis sentent qu’ils ne pourront plus longtemps rester neutre. Walt Disney, malgré ses accointances avec les idées fascistes sent qu’il est temps de retourner sa veste et de participer au futur underground effort de guerre. De source sure (que nous désignerons sous le pseudonyme de « Deep Throat »), nous savons qu’une réunion a réuni tous les cerveaux de l’Amérique secrète de l’époque.  Une idée folle apparait alors. Utiliser le cinéma pour enfant pour recruter la future chair à canon. Le résultat sera la sortie du film « Bambi ».

- La méthode est aussi diabolique qu’originale. Fait : aucun adulte ne peut regarder « Bambi » sans être pris d’une envie de meurtre. Outre l’histoire qui est aussi agaçante que ridicule (avec pour héro un jeune faon attardé, avec des problèmes psychomoteurs et de langage, résultat probable de plusieurs mariages consanguin et qui se trouve propulsé « Prince de la forêt »), on y trouve des dizaines de messages subliminaux (par exemple, si vous passez « plic-ploc la chanson de la pluie » à l’envers et en 68 tours, vous entendez distinctement des rafales de mitrailleuses, une des 132 preuves que le film a été financé par la NRA, fait que Michael Moore a été obligé de caché dans « Bowling for Columbine » suite à diverses menaces). Regardez « Bambi », c’est se jeter dans les mains de l’armurier le plus proche.

- Mais pourquoi un film pour enfant ? La naissance d’un jeune enfant pour limiter votre désir de mourir pour la bannière étoilée. Le public visé était donc les jeunes parents condamnés à voir le film pour faire plaisir à ses enfants. Après une vision de « Bambi », les jeunes pères n’étaient que trop heureux que d’aller casser du boche. Petit détail supplémentaire, l’image du père présentée dans « Bambi » montre un père absent, fier et arrogant. Ceci permettait de préparer les mères au futur veuvage.

Je suppose que vous êtes convaincu. Dans le cas contraire, je vous invite à attendre la sortie du livre illustré de 769 pages que j’écris sur le sujet.

Le bon côté des choses est que grâce à Bambi, les alliés ont gagné la guerre.

Mais à quel prix ?

La question est lancée…

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(1) Autre preuve, alors que j’écris ces quelques mots et que je place astucieusement ce mot aussi joli que sexy (les fameux « Big words » qui ont cet effet si particulier sur la jolie Lara Flynn Boyle dans « Un garçon, une fille, trois possibilité »), j’écoute une émission de radio dans laquelle Claude Lelouch dit « un miracle, c’est une synchronicité réussie ». Tiens, cela me donne envie d’écouter « The Police ».

(2) Un auteur à lire absolument pour son Quatuor de Los Angeles qui a donné naissance à l’excellent film « L.A. Confidential ».




[film] Highway to Hell

07 12 2008

Stephen King et moi, on est comme cul et chemise.

Bon, il est vrai que je le connais moins bien que mon patron ne connait Brian May (mon patron connait Brian May !!!) ou ma mère Philippe Gelluck (pour une raison obscure, ce dernier faisait toujours des bonjours enthousiastes à ma mère lorsqu’ils se croisaient au Delhaize d’Ottignies), mais lui et moi on a des tas de trucs en commun.

D’abord j’ai lu pas mal de ses bouquins dans ma jeunesse et je les ai bien aimé (sauf « Da Vinci Code »… quoi ? ce n’est pas Stephen King ?... tant mieux pour lui !).

Ensuite, on partage les mêmes goûts musicaux.

Vous ne voyez pas ?

Un petit indice : allez fouillé les bacs DVD à moins de 1 euros le pack de douze et cherchez un film intitulé « Les camions de l’enfer » (ou « Maximum overdrive » en V.O.)

Cette petite merveille sortie en 1986 avec des acteurs connus tels que Emilio Estevez et… enfin avec des acteurs connus… est surtout la première (et unique… thanks god) tentative de Stephen King derrière la caméra. Celui dont les romans ont si souvent été malmenés au cinéma a pour une fois décidé de prendre la caméra par les cornes et adapter lui-même une de ses nouvelles.

Le résultat est consternant (et s’offre un magnifique 4.5/10 sur imdb).

Le film raconte l’histoire du monde lorsque les machines, suite à l’action d’un mystérieux brouillard lumineux, prennent vie et leur revanche sur les humains qui les ont toujours asservis. On suit en particulier le combat entre un petit groupe de personne barricadé dans une station service et un grand camion sortit de « Mask ».

La seule chose intéressante dans ce film est sa B.O., nous ramenant au début de cette propa.

Elle est entièrement composée de morceaux de AC/DC, groupe australien (1) dont nous sommes tous deux friands.

AC/DC est certainement le plus grand groupe de rock de l’univers. Leur dernier album, « Black Ice » est une pure merveille et nous replonge à la grande époque de Bon Scott. La popularité du groupe n’a jamais faiblie depuis sa création en 1974 et la sortie du cultissime « High voltage » en 1975 et quelques 17 albums plus tard, le groupe réussi encore à faire sold-out en quelques heures dans toutes les salles majeures du monde.

Pour ceux qui l’ignore, le groupe a connu deux grandes époques, celle du chanteur Bon Scott, décédé en 1980 à l’âge christique de 33 ans suite à un vomi mal orienté alors que le groupe culminait avec le prophétique « Highway to Hell » et la période « Brian Johnson », le chanteur qui l’a succédé sur le génial « Back in Black »

Le groupe a surfé sur le succès, conservant un style reconnaissable à la première note et un amour immodéré pour le blues et le rock dont ils subliment les racines. Pourtant, ils restent discret et vivent loin des regards des projecteurs.

C’est donc avec grand plaisir que je vous annonce qu’un film sur la vie de « Bon Scott » et les origines du groupe est actuellement en projet.

Rassurez-vous, Stephen King n’y est pour rien. L’initiateur est un obscur réalisateur australien, « Eddie Martin » a qui l’on ne doit qu’un film sortit cette année « Lionel » (que j’espère ne pas être consacré à Lionel Ritchie).  Au mieux, le film entrera en chantier dans un an, le réalisateur n’en étant encore qu’au stade des recherches, rencontrant les proches de Bon Scott.

Une affaire à suivre de près si comme Stephen et moi, vous êtes amateur de grande musique.

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(1) Ce dernier point est sujet à discussion. Si le groupe a été fondé en Australie, ses membres sont nés en Ecosse. Je propose que nous les considérions donc comme australien pour éviter de tomber dans les mauvais jeux de mots tels que MaC/DC.




[film] Casino Royale – James Bond begins…

06 12 2008

Peu importe le format, quand il est question de super-héros, c’est toujours le récit des origines qui est le plus excitant (oui, je sais, « Dark Knight » et tout ca). James Bond ne fait pas exception à la règle.

STOP… arrêt sur image !

- Pardon ? James Bond ? Un super-héros ? Vous vous moquez de qui, Monsieur ? Il n’a aucun super pouvoir, ce minable agent secret à l’humour douteux.

PLAY…

Il est vrai que considérer James Bond comme un super-héros est sujet à discussion. C’est vrai qu’il n’a aucun super pouvoir. Quoi que… on pourrait lui trouver des points communs avec « Mystic » dans la série des X-men. Après tout, il change assez facilement de visage, d’apparence et même de styles. En 23 films, il a eu la tête de Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosnan, Daniel Craig et je ne vous parle même pas de la ribambelle de Bond de la première adaptation de « Casino Royale ».

De plus, si posséder un super pouvoir est la condition sine qua non pour recevoir l’étiquette « super héros », Batman peut aller se rhabiller.

STOP… arrêt sur image !

- Et là… on ne touche pas à Batman ! Je vous rappel, Mossieur, qu’il fout quand même la pâtée à Superman (par exemple, dans « The Dark Knight strikes again ») Il a au moins le pouvoir d’encaisser comme personne !

PLAY

Et pas James Bond, peut-être ?

Mais revenons à nos moutons. Si on accepte l’idée que James Bond est un super-héros…

STO…

Toi, ta gueule !

PLAY

… le récit de ses origines est « Casino Royale ». Cette histoire a été déclinée sous de nombreuses formes depuis la sortie du premier roman de Ian Flemming en 1953 : un téléfilm, un film parodique délirant avec une brochette d’acteurs incroyable et une fin à faire frémir de honte les Monty Pythons de « Sacrée Graal » (qui avait avoué avoir essayé de faire la pire fin de l’histoire du cinéma) et enfin, le film de 2006 qui a fait découvrir Daniel Craig dans le rôle du super-agent.

Ce dernier film est sans doute celui qui rend le plus hommage à l’œuvre de Flemming (qui n’a pas fait que découvrir la pénicilline… non, je déconne… c’est le Flemming way).

STOP… arrêt sur image

-…

- Oui ?

- Non, rien, pardon

- J’aime mieux cela !

PLAY

Dans le roman original, James Bond vient de gagner ses galons de double zéro, preuve qu’il est capable de tuer en mission si nécessaire. On lui confie alors la mission de se rendre dans un petit casino de la côte normande pour jouer une partie contre « le chiffre », sinistre malfrat communiste, et de le ruiner. Ainsi discrédité, il pourra être éliminé par le SMERSH. L’homme froid et sans passion va alors jouer la partie de baccara de sa vie, se faire tortuer à grand coup de tatannes dans les couilles, se découvrir un cœur pour le perdre tout aussitôt (Le roman se termine sur un magnifique « La garce est morte »).

L’adaptation de 2006 est bien entendu remise au goût du jour : courses poursuites haletantes (la scène d’ouverture est grandiose), les poussiéreux communistes sont remplacés par de très modernes trafiquants d’armes, la grise côte normande est remplacée les Bahamas et le baccara fait place à une bonne partie de poker.

Mais le personnage de James Bond est tel qu’il doit être : une machine parfaitement huilée, sans états d’âmes, manipulatrice et n’utilisant le charme qu’à dessein. Avec Daniel Craig, on est a cent lieues de l’humour de Roger Moore ou le charme de Sean Connery qui étaient bien loin du sadisme  et de l’érotisme qui teintait les romans de Flemming : « Soyez régulier, espionnez bien ou vous mourrez ».

« Casino Royale » est aux James Bond ce que « Batman begins » est aux… Batman.




[culture] Quelle est ta quête ?

27 10 2008

Galahad: You are the keeper of the Holy Grail?

Zoot: The what? (1).

 

Oui, au fait, c’est quoi le Saint Graal ? Le calice floral et fertile de Marie Madeleine ? (2) Un « machin genre verre à jus de fruit de Jésus » ? (3)

Celui qui, comme moi, est abonné à cette sous-culture qu’est le cinéma possède de nombreuses sources pour entamer sa quête. C’est qu’il a inspiré pas mal de scénaristes le godet du Christ, de « Perceval le Gallois » de Rohmer à l’infâme « Lancelot » (Richard Gere ? Non mais et puis quoi encore ???) en passant par « Indiana Jones et la dernière croisade », « Excalibur » ou indirectement « Star Wars ». Mais si vous voulez un film qui, selon les spécialistes, « repose sur une connaissance solide de la légende arthurienne et avoue des intentions pédagogiques » (4), il ne vous reste qu’un seul titre : « Sacré Graal » (1).

Mais revenons-en à nos moutons.

Des chevaliers suintant la testostérones et voyageant par monts et par vaux, de combats et combats, pour chercher le Graal, cette coupe que le Christ aurait utilisé pour son dernier repas, qui aurait ou n’aurait pas recueillis son sang, qui aurait ou n’aurait pas été rapporté en Angleterre par Joseph d’Arimatie, et qui tels Adams connaîtront la déchéance et la mort par la faute d’une pécheresse.

C’est ce que vous trouverez dans les récits du 12e siècle qui posent les fondements de la légende arthurienne (lisez le magnifique recueil dans la collection « Bouquin » qui contient entre autre l’intégrale de Chrétien de Troye).

 C’est beau, c’est puissant, c’est viril… et par là même un peu ridicule et absurde. Tout en symbolique, cette quête du Graal est le symbole de la quête nonsensique, de celles dont l’objet est sans réel intérêt et donc le but ultime est le cheminement. La quête du Graal, c’est la quête du sens de la vie, quête absurde s’il en est, mais notre quête à tous.  Un combat acharné, perdu d’avance et vide de sens.

Comment faire pour rendre la balade intéressante quand on sait que le but est au mieux une vieille coupe en terre cuite ébréchée et toute tâchée ? On s’amuse. Tel est le message de « Sacré Graal ».

On laisse au rencard les fiers canassons pour les remplacer par le son harmonieux de la noix de coco au petit matin, on se bat contre des animaux fabuleux tels des lapins sanguinaires, on soudoie des adversaires polycéphales à l’aide de jardinets, on danse et on boit dans la douce chaleur de Camelot, on évite les femelles tentatrices du château d’Anthrax dont la seule vocation est de nous détourner de notre quête.

« Sacré Graal » est un film qui tout en étant une déconne absurde et bidonnante nous offre toutes les clés tirées des récits classiques pour réussir notre vie. Il est l’incarnation philosophique nonsensique qui peut vous faire renoncer au suicide romantique nihiliste tout en vous faisant rire un bon coup !

Bien entendu, tout ce que je viens de dire est parfaitement idiot. Mais si vous avez suivit, c’est le fondement même de la philosophie du Graal.

Je terminerai ici et ainsi, par une fin misérable toute à l’image de celle du film des Monty Pythons réussissant ainsi le défi de faire « the worst bloody movie ending in cinematic history » (5).

 

Arthur: Please go and tell your master that we have been charged by God with a sacred quest,  and if he will give us food and shelter for this night he can join us in our quest for the Holy Grail.

Man:  Well, I'll ask him, but I don't think he'll be very keen. He's already got one, you see? (1)

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(1) Chapman et al. (1965) Monty Python and the Holy Grail. http://sfy.ru/sfy.html?script=mp_holygrail

(2) Brown (2003) Da Vinci Code (Maintenant que je vous ai balancé la fin, cela vous évitera de le lire).

(3) Gilliam (1991) The Fisher King.

(4) Lucas (1996) Réception de la littérature médiévale à travers le médium cinématographique. http://crm.revues.org/index2497.html

(5) Cleese (1982) BBC1 interview.




[film] L’homme des hautes plaines

19 09 2008

La chaleur fait scintiller la plaine qu’une musique stridente contribue à rendre malsaine. Et soudain, un cavalier dont le cheval trottine calmement vers la petite ville de Lago, petite ville minière surréaliste posée au bord d’un lac. L’homme pénètre dans la ville sans un regard pour ses habitants, ces derniers visiblement intrigués par l’arrivée de l’étranger. Une chose est sure… personne n’oubliera le jour de son arrivée.

Ainsi débute " L’homme des hautes plaines ", un des westerns les plus étranges et remarquable sortit au début des années 70. Une fois de plus, il porte l’empreinte de celui qui contribuera à renouveler ce genre encore et toujours, Clint Eastwood, portant dans ce film les casquettes d’acteur, réalisateur et producteur.

Pour cette seconde réalisation qui marque le début d’une longue carrière à la reconnaissance tardive, Clint Eastwood décide de donner une nouvelle dimension surréaliste au western.

Si certains aspects sont conventionnels du genre (on est encore loin du réalisme de " Deadwood "), " L’homme des hautes plaines " est un OVNI (tout comme le seront " Josey Wales hors la loi " ou " Impitoyable " bien des années plus tard). Un film à la croisée des genres, entre " Pour une poignée de dollars ", " Lost highway " et " Angel heart ".

En choisissant de tourner loin des studios hollywoodien (tout en bouclant son film en 6 semaines, en avance sur le planning et en dessous du budget), Clint donne au film un cadre d’étrangeté que vient compléter le parfum surnaturel du héros, sortit de nul par pour plonger une petite ville littéralement en enfer. Loin du justicier, il n’hésite pas à se faire le bras droit du diable pour tourner les habitants les une contre les autres, prendre ce qu’il veut en tout impunité (femmes comprises) et plonger cette " babylone du far " dans le chaos.

L’étranger est un archange apocalyptique venu perpétrer la vengeance d’un marshall victime de la cupidité et de la lâcheté des citoyens. Curieusement, personne dans la ville ne semble remarquer la ressemblance troublante entre les deux hommes, cet étranger mystérieux et l’homme enterré sans même une plaque portant son nom, sans doute aveuglé par le péché et la culpabilité qui les ronge.

" L’homme des hautes plaines " est un film culte pour son mélange de genre et son ambiante sans comparaison encore aujourd’hui, sorte de " Une nuit en enfer " qui aurait la sobriété de la caméra de Clint Eastwood. A voir aussi pour découvrir les premiers pas d’un des plus grands réalisateurs de notre temps.




[culture] Spider Pig

13 08 2007

Spider pig spider pig

does whatever spider pig does

can he swing from a web?

no he can't he's a pig

look out he is a spider pig (1)

Je n'ai pas pu résister à l'appel des Simpson et si, comme Homer le dit si bien dans l'introduction du film, je ne suis qu'une andouille de payer une place de cinéma pour un truc que je pourrais voir à la télévision, je dois avouer que j'en ai eu pour mon argent.

Non pas que « Les Simpsons The Movies » soit une réelle perle cinématographique, il ne vaut ni plus ni moins qu'un autre épisode des Simpson (ce qui en soit est déjà excellent), mais il contient quelques scènes absolument délirantes qui valaient le déplacement.

En particulier, je pense que je ne me lasserai jamais de sa chanson « Spider Pig » qui ne me quitte plus depuis plusieurs heures et me fait ricaner bêtement à chaque fois que j'y pense.

Une petite recherche sur le net m'a fait découvrir que je n'étais pas le seul et que Spider Pig fait déjà l'objet d'un véritable culte (2).

Mais alors que je faisais quelques recherches sur le sujet (3), j'ai fait une découverte encore plus étonnante: Spider Pig n'est qu'un imposteur et une pâle copie d'un vrai héros Marvel des années 80: Spider-Ham alias Peter Porker.

Spider-Ham est une parodie confidentielle mais culte de Spiderman qui a connu quelques 17 épisodes à partir de 1987 et a connu encore des apparitions occasionnelles jusqu'à nos jours.

« C'est incroyable! Suis-je une araignée avec les limitations d'un cochon? Ou un cochon avec la force et l'agilité disproportionnées d'une araignée? Je suis devenu quelque chose de plus grand qu'une araignée ou un cochon... je suis devenu un Spider-Ham »

Ce héros débilissime devra affronter des personnages tels que Doctor Octopussy cat, Deer Devil ou encore Hanneto, et de nombreuses autres parodies animalières des Marvel Comics (4).

Bon, demain je fais une enquête sur Harry Plopper ! (5)


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  1. http://fr.youtube.com/watch?v=IrT0IOt-Mes&mode=related&search=

  2. Il possède déjà son propre site web: www.spiderpig.org

  3. Oui, je sais, c'est pathétique mais ma femme et mes enfants sont en voyage et je me suis déjà repassé plusieurs fois toute ma collection de films pornos.

  4. Pour la liste compléte des personnages décallés de Spider-Ham, voir la page wikipedia: http://en.wikipedia.org/wiki/Spider-Ham

  5. http://www.youtube.com/watch?v=DkFlyzlpQE8




[film] Looking for Richard

12 05 2007

Les Monty Pythons dans leurs Flying circus ont largement tiré Richard III en dérision dans un sketch ou la salle ‘Richard III’ d’un asile était remplie d’acteurs bossus et traînant le bras et déclamant avec trop d’emphase la célèbre tirade : " a horse, a horse, my kingdom for a horse " (3). Ils illustraient ainsi le fait que Shakespeare, grand précurseur de l’humour nonsense (allez voir Hamlet sur scène si vous en voulez la preuve), était devenu une caricature écrasée sous le poids d’une tradition désuète.

Al Pacino, grand amateur du grand Will, s’est posé la question de comment changer cela. Il s’est mis en tête de faire un film dont le but serait de partager sa passion pour Shakespeare, faire passer et expliquer son message au plus grand nombre, le tout en adaptant une des pièces les plus populaires (en tout cas, la plus jouée) mais aussi une des plus complexes de l’auteur : Richard III.

Pourtant, théâtre et cinéma ne font pas toujours bon ménage et nombreux sont ceux qui se sont risqués à des adaptations cinématographiques de pièces célèbres, mais ceux qui ont réussi se compte sur les doigts de la main. C’est particulièrement vrai lorsqu’il est question de l’intouchable Shakespeare, l’un de ces auteurs qui inspire un tel respect qu’il provoque même un sentiment d’infériorité chez les américains qui sont souvent persuadés que seuls les anglais savent jouer les œuvres du grand Will. La cause en est peut-être que les américains ont tendance à trop s’attacher au texte et aux règles académiques souvent liées à Shakespeare, comme le pentamére iambique, raison aussi pour laquelle ces pièces sont souvent considérées comme incompréhensibles et rébarbatives par le grand public.

Pourtant, le message qui transpire des textes de Shakespeare est toujours d’actualité même si paradoxalement la compréhension du texte original demande un réel effort de par la complexité de la poésie de l’auteur et un inévitable remise en contexte.

Alors ? Comment faire pour redonner vie à ces textes ?

Le cinéma a fait de nombreuses tentatives plus ou moins réussies, de Roméo + Juliette pour le moins à Henry V du génial Kenneth Brannagh pour le plus (avec au milieu de nombreuses adaptations de Hamlet, dont le pompon revient indiscutablement à celle de Mel Gibson qui ose pousser le vice en jouant le rôle titre alors qu’il était dans la quarantaine, ou de Othello).

Al Pacino a décidé de lui aussi tenter sa chance en réalisant une adaptation audatieuse de Richard III.

Mais comment rendre transparent au grand public une pièce terriblement compliquée dont, par exemple, la première tirade demande déjà de nombreuses explications historiques pour être compréhensible ?

Voici l’hiver de notre déplaisir changé en glorieux été par le soleil de York. " (1)

Al Pacino a alors opté pour une forme originale de documentaire dramatique qu’il a intitulé Looking for Richard.

Le film, terriblement théâtral dans sa mise en scène et le jeu des acteurs principaux, est un patchwork étrange d’interviews de spécialistes, d’historiens, de passionnés (dont les incontournables Kenneth Brannagh et Dereck Jacobi), mais aussi de gens dans la rue (par exemple de joyeux : " vous voulez jouer Shakespeare avec votre accent américain ? " ou " vous ne savez foutre rien de Shakespeare "), de discussion filmées sur le vif dans les endroits les plus divers, de répétition, de casting et enfin de scène de Richard III tournées avec une brochette d’acteurs saisissantes (2).

Ce mélange surprenant est pourtant efficace puisqu’il permet au spectateur de suivre l’histoire de la pièce, de la remettre dans son contexte de l’époque mais aussi dans notre monde actuel, surtout de la comprendre et d’en apprendre un peu plus sur l’héritage de Shakespeare.

Pacino, excellent, acteur jusqu’au bout des ongles, semble incapable d’arrêter de jouer et joue avec l’ambiguïté entre réel et imaginaire pour dépoussiérer la pièce. Il nous démontre que peu de gens connaissent Shakespeare et pratiquement personne ne sait de quoi parle Richard III (au mieux, on se souvient de " un cheval, un cheval, mon royaume pour un cheval. ") Le film nous replonge dans le message originel de la pièce que l’on retrouve dans de nombreuses œuvre de Shakespeare : la perfide de Richard qui utilise la peur et la calomnie pour manipuler son entourage pour satisfaire ses ambitions politiques, on retrouve très clairement des éléments de la campagne de Bush ou plus récemment celle de Sarkozi.

Looking for Richard est une démonstration par l’absurde que pour bien jouer Shakespeare aujourd’hui, pour le rendre accessible au grand public, il faut aller au delà du texte et pourquoi pas détruire la pièce pour la recomposer sous un nouveau format totalement original et novateur. Une idée révolutionnaire qui aurait certainement plus à Shakespeare.

Un film à voir pour vous donner envie d’aller au théâtre. Quel nonsense !

Allez comprendre…

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  1. Il est fait ici allusion à la fin de la guerre des roses qui a mis la maison de York sur le trône d’Angleterre. Ainsi, soleil de York est un jeu de mot entre sun et son, jouant sur le double sens : soleil sur la région de York et enfant de la maison de York. Par cette tirade hautement ironique, cette forme d’hypocrisie élégante, Richard montre son mécontentement quand à cette nouvelle paix qui ne lui offre pas la possibilité d’obtenir le trône d’Angleterre. Cette première phrase montre bien les intentions de Richard : utiliser sa redoutable intelligence pour créer la zizanie au sein de sa propre maison dans le but de ravir la couronne.
  2. Si vous ne me croyez pas, allez voir la fiche sur IMDB :
  3. url= http://akas.imdb.com/title/tt0116913/

  4. Dans le sketche Hospital for over-actors

url= http://www.ibras.dk/montypython/episode25.htm




[film] Clara Morgane aurait-elle été une bonne actrice de muet ?

05 05 2007

Ce petit texte a été écrit pour le site Parano.be pour préparer le passage virtuel d’une Clara Morgane non moins virtuelle.

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Chère Clara Morgane (vous permettez que je vous appelle Clara?),

Lorsque j’ai appris votre présence en ces lieux, je me suis dit qu’il était essentiel de vous préparer un petit hommage. J’ai opté pour la forme de la chronique, genre largement apprécié en télévision, en particulier sur Canal+, chaîne inextricablement lié à votre parcours, où elle a fait les beaux jours de l’émission Nulle part ailleurs en particulier sous les traits d’Antoine de Caune.

Je me suis alors posé la question du comment aborder une femme telle que vous sans tomber dans la facilité, d’autant plus que je ne connais qu’assez peu votre vie et votre œuvre.

En effet, vous vous êtes fait un nom dans le cinéma de genre sous X mais vous avez commencé votre carrière éclair bien après l’époque où je me faisais une culture en béton sur le sujet. Votre carrière s’enchaînant sur la fin de celle d’Océane dont le rôle dans "Niqueur né", le premier film de Fred Coppula, votre réalisateur fétiche, avait marqué la fin de ma vie pornographique.

Bref, j’ai donc essayé de me procurer vos films mais il semblerait que vos œuvres ne soient pas arrivée jusque en Suède (1). J’ai alors essayer de trouver votre biographie, Sex Star, mais en librairie je n’ai trouvé qu’une biographie de Pamela Anderson.

Que faire ?

Je ne pouvais quand même pas parler de vous sans en savoir un peu plus ! Je me suis donc décidé a commettre l’irréparable et j’ai téléchargé un de vos films.

Mais lequel choisir ? Je me suis alors plongé dans la bible du cinéma et j’ai tapé votre doux nom sur le site Internet Movies Database. Tout d’abord, vous serez peut-être heureuse d’apprendre que vous avez été confondue avec une homonyme puisque sur la fiche de Clara Morgan, une actrice ayant joué dans le film muet "A Noble Enemy" en 1912 (2), on découvre également qu’elle a fait une apparition il y a quelques années dans une émission de Cauet. Il n’y a pas à dire… la pipe cela conserve (3). Pour la petite histoire, sachez que plus près de nous qu’il y a aussi une Clara Morgan Wilson qui a joué un rôle de serveuse non remarqué dans " Mu Sa Do" en 2002.

Mais plus sérieusement, il n’y a qu’une seule Clara Morgane (4) qui en 2 ans et une douzaine de film a su se faire un nom. Pour en choisir un, j’ai décidé de me fier à l’avis des internautes et j’ai donc pris "Les dessous de Clara Morgane" qui a recu sur Imbd.com la note très impressionante de 8,3.

Alors que le film se téléchargeait, je continuais de me poser la question de la direction que prendrait mon petit portrait. Je comptais parler de la maniére dont on pouvait se créer un nom dans notre société basé sur l’image et le voyeurisme. Du pari risqué de l’industrie pornographique qui n’a permis qu’à bien peu de gens d’en sortir pour vraiment en profiter (à part Rocco et Jean-Luc Lahaye… non… Brigitte…, peu sont connus en dehors du cercle fermé du X), de la difficulté d’exploiter intelligement sa gloire comme en témoigne les carrières des nouveaux héros de le télé-réalité, etc. etc.

Et puis, après une longue attente, il était là, sur mon disque très dur, en train d’attendre d’être visionné.

Et là, je constate que la Clara Morgan des années 10 tenait sa vengeance puisque ma version était… muette. J’ai donc visionné "Les dessous de Clara Morgane" sans même un accompagnement au piano ou des petits panneaux sur lesquels auraient été écrit un petit texte pour m’expliquer l’action et remettre le tout dans son contexte.

Regardez un film pornographique sans le son est presque aussi excitant que de regarder un film d’horreur dont la B.O. serait écrite par les Beatles dans leur période Good day sunshine et avec Maïté au doublage. Mais curieusement, c’est ainsi que j’ai compri le secret de votre succès.

Cela ne tient pas à votre plastique somptueuse et certainement pas à vos prouesses sexuelles (pour ce que j’en ai vu et selon les critères du X actuel, vous faites l’amour à-la-papa ! Fellation, cunilingus, pénétration vaginale (pratiquement toujours avec le même acteur en plus) et ejac’ faciale… de la gnognote dans ce monde où la triple pénétration anale est presque devenue un standard).

Alors quoi ?

Votre secret vous le tenez dans cette candeur, cette espièglerie (bon vous n’êtes pas Candy non plus, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit), ce plaisir que vous laissez transparaître dans chacune de vos scènes. Vous n’essayez pas de copier ce jeu surfait des autres actrices, vous restez vous êtes et malgré le côté artificiel de ces scènes, vous êtes terriblement naturelle. Vous débordez de fraîcheur dans ce monde qui ne l’est pourtant pas. Vous pourriez être ma voisine de pallier (enfin si j’avais un pallier et beaucoup de chance. En ce moment, j’ai quelques doutes sur la capacité de ma voisine de gagner un hot d’or).

Depuis, vous avez pu montrer que vous aviez plusieurs cordes à votre arc et vous avez su exploiter le succès procuré par le hard. Vous avez été à la fois chroniqueuse dans un journal, présentatrice à la télévision, créatrice d’une ligne de lingerie, auteur d’un livre qui relate votre courte vie, et j’en passe sûrement.

Chère Clara, si j’ai un seul conseil à vous donner, c’est de garder cette fraîcheur qui a fait votre succès. Je dois vous avouer que j’ai eu un peu peur en voyant votre premier clip (5). Si je ne saurais trop me réjouir de vous voir vous lancer dans de nouvelles aventures comme celle de la musique, je ne comprends pas pourquoi ce clip est tellement stéréotypé, reprenant tous les clichés du genre.

Tout cela pour vous dire de ne pas vous laisser exploiter par l’industrie du spectacle qui ne veut qu’exploiter et pervertir ce que vous êtes !

Restez vous même, cette magnifique créature prédestinée a jouer dans le cinéma muet !

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  1. J’ai pourtant cherché attentivement chez mon dealer habituel mais n’ai rien trouvé d’autre que des monuments à la gloire de Abba, Roxette et Europe.
  2. http://www.imdb.com/name/nm1340802/
  3. Comment cela, je mélange tout ???
  4. http://www.imdb.com/name/nm1205403/
  5. "J'aime" avec Lord Kossity tiré de son premier album "Déclarations", visible sur http://www.claramorgane.org/




[film] Pas facile d'être Sid Marcus

20 04 2007

Ces derniers temps, et un improbable lecteur a pu s’en rendre compte dans le ton de mes textes, je suis particulièrement sensible à l’humour absurde. En effet, depuis quelques semaines, je suis modérateur d’un nouveau site consacré à l’humour nonsense et cela a une fâcheuses tendance à déteindre sur moi. D’autre part, depuis que je découvre le monde de l’écriture scénaristique, je suis aussi devenu plus attentif à la structure narrative des films.

J’étais donc prédestiné à apprécier un petit court métrage de 5 intitulé Pas facile d’être Sid Markus.

Ce court diffusé en 2006 est une fausse bande-annonce pour un faux film qui parodie le genre de la comédie américaine pour adolescent.

C’est l’histoire de William Blot, un gars-en-T-shirt, qui rêve de changer de vie avec son voisin d'en face, un type-en-chemise.

Rapidement, ce court métrage réalisé avec un belle maîtrise et que l’amateurisme des acteurs ne parvient pas à affaiblir, prend un tour totalement délirant et absurde et bien fort sera celui qui pourra réprimer ses éclats de rire. Pour preuve :

url= http://www.youtube.com/watch?v=G0f_omcWejg

Ce film est un des réalisations d’une équipe de 3 types en T-shirt qui s’appellent… les Gars en T-shirt, des néo-urbains mal habillé qui se décrivent comme :

A la base, nous sommes trois gars, composés exclusivement d'un blond, d'un chauve, et d'un gars qui s'appelle Sid. Nous nous appelons les Gars en T-shirt car c'est notre signe distinctif principal. Nous mettons des T-shirt. Comme nous sommes blancs, originaires des classes moyennes pavillonnaires, que nous sommes hétéros, pas raciste, que nous aimons le chocolat et pas le terrorisme, plutôt que de s'appeller "les Riens", on s'est appellé "les Gars en T-shirt", parceque ce jour là, on était tous en T-shirt (sauf un gars qui était en chemise mais tout le monde a fait semblant de n'avoir rien vu). Puis, nous nous sommes rendus compte que ce signe distinctif que nous pensions justement n'en être pas un, se révélait être l'essentiel dans le coeur des gens. "Moi aussi je porte des T-shirt! Moi aussi j'en suis! Moi aussi je veux en être!" nous hurlait-on plein d'enthousiasme et de désespoir. Soudainement, pleins de gars ni blancs, ni issus des banlieues pavillonaires, même des gars qui n'aiment pas spécialement le chocolat nous sont devenus plus proches. De trois Gars en T-shirt nous sommes devenus dix, vingt, puis des centaines, bientôt peut-être onze mille. Sinon, à part ça, nous écrivons des petits courts métrages burlesques, puis les réalisons en jouant aussi dedans avec d'autres gars qui, eux, savent jouer (on les appelle "les comédiens"). " (1)

Attendez moi les gars ! Moi aussi je suis en T-shirt et mal habillé !

(1) source : http://www.myspace.com/lesgarsentshirt




[film] The route V50

11 04 2007

Une fois n’est pas coutume, parlons d’une publicité!

Si dans la grande majorité des cas, les créatifs se contentent d’utiliser des recettes éculées, en essayant de vous faire rire, de vous énerver ou à l’occasion de vous surprendre pour faire passer un message, la page de publicité n’est pas ce que vous attendez le plus !

La publicité est partout, sous de nombreuses formes. La publicité est prête à tout pour incruster un nom dans votre esprit.

Pour arriver à leurs fins, les publicitaires disposent en général de gros moyens financiers et peuvent attirer des gens intéressant. Dans certains cas, de façon exceptionnelle il faut bien l’avouer, cela donne naissance à une réelle créativité, qu’elle soit technique ou narrative.

Cette créativité arrive parfois a s’exporter à d’autres médias comme le cinéma, cela donne parfois d’excellentes surprises (ne citons que David Fincher).

La publicité s’infiltre aussi insidieusement au cinéma ou dans la musique. Un exemple du genre est la voiture utilisée par James Bond dans ses films, généralement suivit par une compagne de pub adaptée.

En 2003, Volvo a décidé d’aller plus loin et à financé la réalisation d’un court métrage commercial intitulé The route V50. Ce film était destiné à être diffusé uniquement sur le net et être disséminé par le bouche à oreille pour vanter la qualité de leur nouveau modèle.

Pour qu’une telle idée puisse marcher, il fallait casser les règles du genre et donner naissance à un film qui réussisse le défi de combiner une réelle démarche artistique, le message publicitaire ne devant passer qu’au second plan.

Le travail a été confié au réalisateur Stephen Frears, un vétéran du cinéma (on lui doit des films comme Les liaisons dangereuses ou High fidelity) qui n’était pas un novice de la publicité non plus (il a réalisé plusieurs publicités, entre autre pour Coca Cola). Le seul rôle du film a été confié au génial Robert Downey Jr qui endosse avec son enthousiasme habituel les différentes casquettes qui lui sont confiées.

Au final, ce donne The route V50, un film de 12’30’’ à l’histoire étrange, entre Memento et Un jour sans fin, et possédant d’agréables petits accents lynchiens et d’Andy Kauffman (il est difficile de ne pas voir des points communs avec le scènario de Dans la peau de John Malkovitch ou The eternal sunshine of the spotless mind). Si la mise en scène et le jeu sont très classique, le film est aussi tordu que réussi.

Le récit est métaphorique.

Tout commence dans un endroit appelé ‘Doute’ et finit dans un endroit appelé ‘Confiance en soi’ (ce qui sonne mieux en anglais : ‘Doubt’ et ‘Confidence’, surtout que certains villes américaines portent vraiment ce genre de noms).

Un homme seul, la quarantaine est debout dans une ville perdue visiblement au milieu de nulle part, une photo floue à la main représentant une ville colorée avoue être en quête de ‘Confidence’. Soudain, une voiture moteur éteint avance silencieusement jusqu’à son niveau. Il s’approche, remet le frein à main. Un autre homme s’approche et lui offre les clés.


Alors qu’il quitte la ville pour poursuivre sa quête, il tombe sur un homme débraillé sur la route. Il apparaît que cette homme est une autr copie de lui-même, plus fantasque. Comment alors un voyage métaphorique digne d’Olivier Rameau, entre le temps et l’espace, où les paradoxes sont autant de représentations visuelles de l’évolution personnelle, et de la quête de soi-même. Une psychothérapie abstraite et poétique.

Au niveau du succès publicitaire, Volvo a été surpris par le résultat dans le sens où le message commercial est totalement dilué dans l’histoire. Si la nouvelle voiture et ses étonnantes performances sont présentées dans le film, c’est totalement secondaire et le nom de la voiture n’est jamais cité dans le film.

Cela n’en reste pas moins efficace ! D’une part, parce qu’on sort du film avec un petit sourire aux lèvres que l’on sait devoir en partie aux concepteurs de cette belle voiture. Pour peu, cela me donnerait envie d’acheter une Volvo plutôt qu’une voiture des marques qui font ces moches publicités !

Pour voir ce film :

Part I : http://www.youtube.com/watch?v=Ik_5ns8RF1g

Part II : http://www.youtube.com/watch?v=-ty3FEJ4HWk




[film] Surplus

05 04 2007

Michael Moore est au film documentaire ce que JK Rowling est à la littérature pour la jeunesse. Il a su ouvrir un genre méconnu au grand public et son succès retentissant à donné des idées à d’autres.

L’idée de base est de s’attaquer à une Grande Cause (avec un grand G et un grand C) : l’origine de la violence, la propagande anti-terroriste aux USA, etc. et l’attaquer avec un mélange de bonne foi et de manipulation pour faire passer de façon convaincante et surtout très rock’n’roll, une idée ou un message. Journalistiquement, c’est très discutable mais d’un point de vue efficacité, c’est redoutable.

La même recette a été reprise récemment et avec un succès équivalent par Al Gore dans sa croisade pour une prise de conscience du phénomène de réchauffement climatique (An unconvenient truth).

Mais si la méthode semble justifiable lorsque la cause et le message sont justes, elle devient inquiétante lorsqu’elle est utilisée intelligemment pour faire passer un message plus ambigu (et dès lors pose la question de la justification de l’utilisation de méthodes partiales en général).

Le film Surplus réalisé par Erik Gandini en 2003 (voir lien ci-dessous) qui a fait grand bruit à sa sortie en Suède et qui est passé récemment sur Arte en est une belle illustration.

Sa Grande Cause est celle de la surconsommation et son corollaire : la surexploitation des ressources et l’inégalité de répartition des richesses.

Le film peut s’observer selon différents angles avec des regards totalement différents

Techniquement, c’est un petit bijou. Le montage est très original, rapide et efficace. C’est beau comme une publicité ou un clip (mais de 50 minutes quand même). La musique (qui n’est pas sans rappeler celle de Fight Club, ce qui n’est peut-être pas une coïncidence) porte littéralement le film et maintien un rythme de croisière qui ne laisse pas le temps au spectateur de souffler (penser ?) Certains effets de montage sont terriblement ingénieux, comme ce discours d’ouverture contre la surconsommation qui est progressivement noyé par les bruits des émeutes et de la violence. Les associations d’idées visuelles sont bien faites et originales, laissant parfois notre imagination vagabonder dans des endroits inattendus.

Pour faire simple, c’est terriblement efficace !

Au niveau de la structure, c’est très classique. On part de l’universel, du général, pour présenter l’idée de base (la surconsommation c’est mal, la société de consommation c’est mal, ce monde est sans avenir), pour l’illustrer par des exemples chocs (l’interview d’un personnage effrayant et charismatique, l’écrivain John Zerzan, des cas particuliers des dérives de la surconsommation : une fabrique de poupée gonflables de luxe faisant des parallèles avec le culte de l’uniformité et des apparences ; le témoignage un peu ridicule d’un jeune suédois qui démontre que l’argent ne donne pas de sens à la vie ; une alternative à la société de consommation avec le socialisme à Cuba et le témoignage d’une jeune cubaine qui a voyage en Angleterre). En chemin, on place quelques stéréotypes et images chocs et ridicules des partisants de l’autre camp (comme ce bon vieux Bush ou encore Steve Ballnerde chez Microsoft), quelques chiffres chocs (20% des habitants consomment 80% des richesses ou encore un américain consomme 30 fois plus qu’un indien) et on termine par un take-away-message.

Et c’est bien là que le bas blesse !

Soit ce film fait preuve d’une magnifique ironie (comme le laisse supposer quelques séquences, comme la reconstitution de la vie des hommes des cavernes illustrant et tournant en ridicule les propos extrémistes de John Zerzan dont la solution à la surconsommation est le retour à l’âge de pierre), soit il est une incitation à la violence et un remarquable manque de confiance en l’humanité à qui il montre bien peu de respect.

Si le film se veut ironique, c’est loin d’être évident et seule une élite pourrait éventuellement percevoir le réel message. Dès lors, on est en droit de se demander l’intérêt d’un tel film. D’autre part, ce léger parfum ironique ne pourrait être qu’un moyen de défense pour camoufler le but réel de ce film, à savoir faire passer le message qui transpire au premier degré : seule la violence et la destruction sont des solutions pour lutter contre la société de consommation.

Dans ce cas, Surplus apparaît comme une version documentaire de Fight Club avec John Zerzan débitant ses vérités à la manière de Dantec dans le rôle de Tyler Durden (en beaucoup beaucoup moins sexy, il faut le reconnaître).

Le problème est que le discours est beaucoup trop blanc/noir. La société de consommation vous abreuve de publicité et de propagande pour vous " pousser à consommer ". Vous êtes une pauvre victime impuissante et passive, que l’on " force " et c’est la " force d’inertie qui le (ce monde) fait avancer. "

Bref, vous êtes totalement dépourvu d’esprit critique ou de liberté de choix et toute la faute en revient á la société de consommation. C’est elle qui vous pousse à consommer, qui détruit la planète, etc. Vous n’avez aucune responsabilité puisque vous n’êtes que des marionnettes.

Par conséquent, la seule réponse possible est de répondre par la violence et la destruction. La seule manière de protester est d’entamer la guerre !

Je ne peux en aucun cas cautionner un tel message !

S’il est très plaisant en tant qu’outil pour une œuvre de fiction (comme dans le roman de Chuck Palaniuk), il est absolument inacceptable dans la réalité.

Il est trop facile de blâmer notre société pour nos choix. Il est trop facile de détruire plutôt que d’éduquer.

Par exemple, ne serait-il pas plus efficace d’apprendre l’esprit critique plutôt que de détruire tous les publicitaires ?

La solution ne peut pas venir de la régression et la destruction mais bien de la l’évolution vers un système viable, durable et surtout réaliste.

Il est tout à fait possible, avec un minimum d’éducation, de bon sens et d’esprit critique, de bien vivre dans la société de consommation, d’être heureux sans pour autant succomber aux mirages que l’on fait miroiter devant nos yeux. Notre meilleure arme contre ceux qui veulent nous pousser dans la mauvaise direction est la prise de conscience et la réaction individuelle, pas le cocktail molotov.

Mais comme souvent, par un procédé hyper-ironique, la leçon que l’on pourrait tirer de ce film très bien fait mais faisant passer le mauvais message, c’est que ce qui est beau, séduisant et efficace n’est pas nécessairement vrai !

Une première étape vers le développement de l’esprit critique !

Pour vous faire votre idée ou comme travaux pratiques, voir :

url= http://video.google.com/videoplay?docid=-6265290247873039570




[film] The toxic avenger

28 03 2007

Je suis un explorateur et un collectionneur. Ces deux traits de ma personnalité font que quand cela touche au domaine du cinéma je suis prêt à toutes les expériences et surtout que j’ai une sale tendance à accumuler des films dont je n’ai entendu parler ni d’Eve, ni d’Adam, pour d’éventuelles périodes de disettes.


Ces travers sont exacerbés lorsque je tombe sur des gens comme moi.

Un passage chez monsieur Chuck.Nhorus (dont vous pouvez lire l’intéressante prose sur http://chucknhorus.reisgen.be/) et je me retrouve tel un éléphant amateur de destruction introduit dans un magasin de porcelaine de chine ! Il a une telle collection de film et de séries que je ne sais pas par où commencer et j’envisage sérieusement d’aller passer mes prochaines vacances chez lui !

Je me suis retrouvé dans une situation semblable lors d’un passage éclair à Paris et quelques nuits passé chez monsieur et madame Costes. Ces deux discrets passionnés de cinéma possèdent une collection à la mesure de leur culture cinématographique et le temps d’une après-midi, je me suis retrouvé à accumuler une série impressionnante de films selon le rituel suivant :

  • EUX : " Tu connais XXX ? " (1)
  • MOI :non… "
  • EUX : " tu dois voir absolument !!! "

Et pan, il me mettait un film dans les pattes.

Depuis, j’explore au petit bonheur la chance et c’est ainsi, que mon regard innocent est tombé sur Citizen Toxie : The toxic avenger IV.

Et je n’ai qu’une chose à dire : oh… mon… Dieu !

La façon la plus simple de décrire Citizen Toxie est de dire qu’il pourrait s’agir d’un épisode de South Park poussé à l’extrême et tourné en film. La réalisation est approximative, le scénario est (sciemment) bourré d’incohérence, les acteurs sont très moyens, c’est pipi-caca, cru, gratuitement violent et gore, bête et méchant, vulgaire, et j’en passe et des meilleures.

Pourtant, c’est incontestablement drôle et derrière la stupidité et l’anarchisme affiché se cache de réelles graines de grandeurs et de vraies idées intelligentes. Une forme d’hyper-ironie qui cache une réelle intelligence créatrice.

Mais pour arriver à ce niveau, il faut une combinaison d’ouverture d’esprit et d’indulgence qui n’est pas à la portée de tous. Une sorte de paradoxe ultime puisque ce nanar volontaire et ultra-simpliste est alors réservé à une élite, ce qui pourrait expliquer son succès !

Il faut quand même savoir qu’au delà du navet, ce film fait l’objet d’un véritable culte depuis la sortie du premier volet en 1985. Outre ses 3 suites, le personnage de Toxie a été décliné à toutes les sauces : une série animée (The toxic crusaders) télévisée, un comics (produit par Marvel), un roman et même une allusion dans un épisode des Tiny Toons (Plucky devient le Toxic Revenger pour lutter contre la pollution).

Ces films sont d’ailleurs devenu la référence dans le catalogue de la maison de production Troma, spécialisée dans les films de séries B, mais se proposant comme une réelle alternative au cinéma hollywoodien au moyen de production réellement indépendantes, anarchiques et parfois créatives et surprenantes.

Au niveau de l’histoire, tout est résumé dans les 30 premières secondes du film. Melvin Junko, un homme de ménage gringalet qui travaille dans le club de gym de Tromaville, est sujet à toutes les moqueries. Un jour, suite à une plaisanterie qui tourne mal, il tombe en collant et en tutu, armé de son fidèle balais, dans un fut contenant des produits hautement toxiques.

Il se transforme alors en une créature hideuse à la force surhumaine, le toxic avenger (Toxie, pour les intimes), et connaîtra enfin l’amour de ses semblables en défendant à grand coup de force bestiale et sanglante, la veuve et l’orphelin. Il est accompagnés par une série de personnages secondaires que la décence m’empêche de décrire ici.

Dans le quatrième volet (qui fait suite à The toxic avenger I et II, et The last temptation of Toxie), une explosion dans une école pour enfants retardés projete Toxie dans une autre dimension. Il se retrouve alors à Amortville, antithèse de Tromaville et est remplacé par son double maléfique.

Pour être tout à fait honnête, je ne conseillerais ce film a personne (ou alors à certains individus triés sur le volet) sous peine d’être catalogué psychopathe. Difficile de justifier un tel personnage, caricature du super héros, et de tels films. Pourtant, ceux qui gouttent à la forme la plus extrême d’ironie et qui ont l’estomac bien accroché apprécieront (oui, Chuck.Nhorus, je parle de toi !)

(1) Tiens, une note, cela faisait longtemps. Juste pour signaler que XXX est utilisé ici comme terme générique pour un film qui m’était inconnu et que cela n’a rien à voir avec le film avec Vin Diesel et encore moi d’éventuels films à caractère pornographique.




[film] Erik le viking

21 03 2007

Un film que j’avais été voir à sa sortie et avait pratiquement oublié depuis s’est rappelé à mon bon souvenir lors de mon récent voyage en Norvège. Alors que je visitais les musées de bateaux de la presqu’île de Bygdøy, je n’ai pas résisté à un petit passage à la librairie du magasin de souvenirs. Parmi des ouvrages plus sérieux, un titre a accroché mon regard : Erik le Viking, un petit livre pour enfant écrit par un certain Terry Jones (je ne l’ai pas acheté parce qu’il était un peu cher et maintenant je le regrette… à mettre sur ma liste avec Biographie d’un menteur par Graham Chapman).

Surpris, j’ai feuilleté le volume pour essayer de faire le rapprochement avec le film écrit et réalisé par cet ancien Monty Python fin des années 80 et que j’avais été voir à sa sortie.

Et puis, petit pied de nez du destin, je suis tombé sur le DVD du film alors que j’étais de passage chez un ami.

Là, je n’ai pas résisté longtemps et je me suis replongé dans les aventures pythonesques d’Erik.

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Le cinéma s’est souvent penché sur le problème de la destinée, explorant le spectre entre Babe allant jusqu’au bout contre son destin funeste pour finalement démontrer qu’à cœur vaillant tout est possible et Monsieur Jack qui après une brève tentative pour changer sa vie devenue trop routinière arrive à la conclusion qu’il est vain de vouloir faire autre chose que ce pour lequel on est destiné.

De son côté, il semble exister une sorte d’amour incompréhensible entre l’humour nonsense et des vikings, des spameurs des Monty Python aux dieux vieillissants de Beau comme un aéroport de Douglas Adams.

Il était donc inévitable qu’un film combinant ces différents aspects voit le jour ! Et ce film, c’est Erik le Viking.

Erik, campé par un excellent Tim Robbins au regard allumé et préfigurant son excellent rôle dans Le grand saut, est un viking qui se pose des questions sur son mode de vie. Il est las des pillages et des rapines (sans parler des viols dont il ne maîtrise pas encore toutes les subtilités) et cherche un sens au raisonnement circulaire qui préside aux expéditions de son peuple.

Il décide alors de se lancer dans la quête de la corne qui lui permettra de mettre fin à Ragnarok, l’âge de la guerre, en allant à Asgaard, la demeure des dieux. Mais la guerre profite à certains (dont le flegmatique et cruel Halfdan le noir joué sans trop de conviction par l’ancien camarade John Cleese) et ils ne voient pas d’un bon œil la fin des combats.

De nombreuses aventures rocambolesques et absurdes attendent le jeune Erik donnant lieu à des scènes truculentes et des dialogues savoureux inspirés de la mythologie viking (ne citons que la terrible insulte : " ton pére est mort de vieillesse ").

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Quand on regarde un film de Terry Jones, il est impossible de ne pas faire le rapprochement avec les films des Monty Pythons pour lesquels il a souvent été derrière la camera, ainsi que les films réalisés par les autres Pythons après leur séparation (principalement Terry Gilliam ou John Cleese). D’autant plus que Erik le viking était censé être un projet des Monty Pythons qui a été avorté suite à la disparition de Graham Chapman.

Erik le viking se trouve à mi chemin entre les films des Pythons (pour certaines scènes délirantes et totalement absurdes, ainsi que les dialogues surréalistes) et ceux de Terry Gilliams (pour l’univers merveilleux de pacotille… les effets spéciaux étant particulièrement kitsch qui rappelle pour certains aspects ceux que l’on retrouve dans Le baron de Munchausen ou Fisher king de Gilliams). S’il y a quelques très bonnes idées, le film n’arrive pas à atteindre le degré d’universalité qui a fait le succès de Un poisson nommé Wanda de John Cleese mais reste un spectacle plus que distrayant pour les amateurs des Pythons.

Sinon, certains pourront goûter au génie de Terry Jones en tant que visionnaire et qui a su symboliser notre attitude face aux changements climatiques bien avant que cela ne soit à la mode. Ainsi, quand suite à la méchanceté de Lokki, l’île de Hy-Brasil est engloutie par les flots, le roi Arnulf (interprété par Terry Jones lui-même) et ses sujets, font semblant de rien et continue de chanter comme si de rien était (" Everyone stay calm! This is not happening! ") avant de se faire submerger par les eaux.

Bien entendu, ceci est complètement idiot… et donc Terry Jones serait fier de moi !




[film] A scanner darkly

28 02 2007

L’auteur Phillip K Dick a une relation maudite avec le cinéma. Ses innombrables fans se plaignent, souvent à raison, des libertés qui sont prises lors des nombreuses adaptations cinématographiques de ses romans, avec un final un gamme allant du film culte, Blade runner, au film de divertissement, Total recall.

Le dernier en date, A scanner darkly, présente une originalité. C’est au tour des cinéphiles d’être plus critique et de reprocher au scénariste et au réalisateur d’avoir fait un film " trop proche " du roman.

Si j’ai lu quelques romans de Dick, je n’ai pas lu celui qui a inspiré A scanner darkly, yet, comme dirait les anglophones. Dès lors, ma perception du film a été naïve et non teintée d’une quelconque attente.

L’histoire reflète une des obsessions de son auteur : la drogue qu’il a consommé en abondance et ses conséquences sur la vie des consommateurs. Le film n’est absolument pas moralisateur et essaye plutôt de donner une vision alternative de l’altération de la perception due à la consommation de stupéfiant.

Pour cela, il utilise une astuce visuelle qui apporte une autre dimension au film : le rotoscoping.

Après le tournage avec de vraies acteurs, chaque image a été retouchée pour lui donner un aspect de dessin-animé. Cela a ensuite permis d’ajouter ou de modifier la réalité (du moins ce que l’on nous présente comme tel) pour simuler des crises de manques, des altérations du monde, etc. Le spectateur oscille alors entre rêve et réalité et plonge tête la première dans des scène parano-délirantes.

On voit donc le monde avec les yeux d’un drogué et ce drogué n’est autre qu’un policier infiltré dans un petit groupe de consommateur dans le but de remonter la filière de la nouvelle Drogue D qui rend dépendant à la première prise et dont personne ne connaît l’origine (on suppose l’action de narco-terroristes).

L’histoire se déroule dans notre futur proche, dans un système paranoïaque qui sent bon la délation et qui n’a que trop de parallèle avec ce que l’on peut voir apparaître outre Atlantique sous la gouverne de Bush. 20% de la population est accroc à la dope et la seule alternative semble être la société New Path qui travaille a la désintoxication des utilisateurs. Mais bien entendu, le message est clair dès la première image : les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent !

La grande originalité est que suite à des systèmes de brouillage d’identité, les supérieurs du policier ignorent son identité et comble de l’ironie, lui demande de se surveiller lui-même. Ajoutez à cela le fait qu’il consomme pas mal de son côté et cela donne un beau voyage en schizophrénie avec pas mal de rebondissement à la clé.

Un peu comme le passage du muet au parlant à remodelé le jeu des acteurs, le rotoscoping impose un jeu complètement nouveau aux acteurs. Ceux-ci se doivent d’être beaucoup plus expressifs pour être convainquant.

Rien d’étonnant, dès lors, de voir au casting des acteurs excentriques comme Robert Downey Jr (dont on finit par se demander, connaissant son passé de consommateur, si c’est totalement de la composition) ou même Woody Harrelson. Winona Rider reste magnifique, même en dessin animé. Reste le choix étonnant du monolithique Keanu Reeves pour le rôle principal mais force m’est d’avouer qu’il ne se débrouille pas mal compte tenu de son jeu généralement inexpressif.

Le tout est assez réussi et dépoussière un peu le genre, non pas comme Scorcese avec son The Departed en secouant la bouteille (qui contenait des films comme Donnie Brasco, des films de Michael Mann, Rush, etc..), mais en retravaillant à la base.

Une fable d’actualité, qui pose un regard lucide sur notre monde, la limite entre la surveillance pour la protection et la perte des libertés individuelles, et qui n’est jamais moralisatrice (la notion de bien et de mal y est d’ailleurs plus que floue). Mais comme pour remettre les pendules à l’heure, le film se clôture sur un générique macabre, une liste d’amis de Phillip K Dick qui ont subit les ravages de la drogue : des accidents cérébraux à la mort.




[film] Marie-Antoinette

22 02 2007

C’est qu’on l’attendait le nouveau film de la fille prodige de Francis Ford, surtout après un film aussi esthétique de Virgin suicide tiré d’un roman inadaptable et une petite merveille de douceur et de sensibilité qu’était Lost in translation.

Surtout qu’il a fait un sacré potin à sa sortie Marie-Antoinette ! Imaginez un peu ! De la musique moderne à Versailles ! Pourquoi pas de la musique pop dans un western (quoi, Young guns ?), Beethoven joué version electro (vous avez dit Orange mécanique ?) ou Nirvana au Moulin rouge ?

Bien après la bataille, j’ai enfin visionné ce film sur la vie pseudo-rock’n’roll de la petite princesse quasi-sans-tête devenue reine.

Et beaucoup de bruit, certe, mais beaucoup de bruit pour rien !


Le film est très bien fait et on reconnaît la patte de Sofia Copolla dans de nombreux plans, la reconstitution est magnifique. Le total décalage entre la vie à Versailles et la dure réalité du peuple français est illustré par une seule facette de la situation : celle de l’excès, de la décadence, de l’irréalité, de la gamine pourrie gâtée qui s’ennuie dans sa cage dorée loin des considérations de tout un chacun.

Si c’est une critique métaphorique de notre monde actuel, elle est ennuyeuse et n’atteint certainement pas son objectif. Qui pourrait s’identifier à ce personnage exaspérant qu’est Marie-Antoinette teintée de cette image de la femme délaissée par le grand homme que l’on retrouve comme un leitmotiv dans le travail de Sofia.

Pour revenir brièvement sur quelques scènes anecdotiques qui sont anachroniques (en particulier la scène de bal qui ressemble plus à une soirée d’aujourd’hui qu’à une fête de l’époque), elles sont inutiles et ne semblent être là que pour donner au film le cachet qui lui manque. Comme du sexe gratuit pour tenter de réveiller un spectateur endormis.

Marie-Antoinette peut se regarder comme une sorte de reportage racoleur mais passablement ennuyeux et sans intérêt.

It’s ridiculous… It’s Versailles ! " ou " It’s Marie-Antoinette "

P.S : Si cette critique est si négative, je dois dire pour la décharge de ce film que ma fille a ruiné sa chambre à grand coup de vomi alors que je le visionnais. Difficile de garder un esprit positif dans de telles conditions ? Je n’aurais pas du lui proposer un dernier petit chocolat à la menthe…




[film] Kill Bill volumes 1 & 2

18 02 2007

Kill Bill est encore un de ces films (ou sont encore puisque l’histoire est divisée en deux parties, les vol. 1 et vol. 2) dont je n’ai pu que constater le succès en salle sans pouvoir participer à l’enthousiaste ambiant. D’autre part, si je ne peux que reconnaître le génie de son réalisateur, au sens propre puisqu’on lui attribue un Q.I. de Jodie Foster (ou d’Ovidie, bien que je ne suis pas sur que le terme ‘intello du hard’ soit si flatteur), mais aussi et surtout l’utilisation de cette intelligence au service de ses passions.

Parce que Tarrantino est un passionné et elles sont loin des canons que l’on attendrait d’un petit génie. Il aime les genres que certains trouvent mineur, western spaghetti, films de kung fu ou de zombie, séries Z, etc. Il possède un réel sens de l’humour, un génie pour le dialogue et surtout une réelle créativité technique et visuelle.

Au final, les films sur lesquels il travaille ne peuvent laisser de marbre, qu’il soit derrière la caméra ou non. De Reservoir Dog et Pulp fiction qui l’ont élevé au panthéon des réalisateurs de sa génération en passant par Natural Born Killer, True Romance ou encore le culte Une nuit en enfer.

Son nom en est devenu un label de qualité : " Quentin Tarrantino présente… "

Bien entendu, tous ses films ne possèdent pas la petite étincelle qui le rend inoubliable et sa carrière est-elle aussi jonchée de demi succès.

Alors quand j’ai entendu les critiques de Kill Bill, souvent présenté comme une film de série B de qualité, je ne me suis pas précipité sur les DVD à leur sortie (même si j’avoue que cette image de la belle Uma Thurman rappelant Bruce Lee alors que vêtue de jaune et portant un katana à la main avait de quoi me tenter).

Ce n’est que récemment que les deux films sont tombés accidentellement entre mes mains et qu’un midi, alors que j’étais seul á la maison pour la pause repas, j’ai décidé de regarder le début du volume 1.

Contre toute attente, je suis resté scotché à mon fauteuil et n’ai pas pu décrocher mon regard avant la fin du premier film (et ainsi raté le début de l’après-midi au boulot, un des avantages de pouvoir faire ses propres horaires).

Kill Bill est un concentré de cliché (ou de référence ou d’hommage, selon le terme que l’on veut employer). Tous les classiques et les stéréotypes de certains genre y passent : films de kung fu, de vengeance, même de zombies, westerns, mangas, jeux vidéos, et j’en passe et des meilleurs. De nombreuses scènes sont largement inspirée de classiques, des films de Bruce Lee à ceux de Sergio Leone.

L’histoire est du classicisme à pleurer : un héros (enfin, une héroïne dans ce cas-ci), revient d’entre les morts pour assouvir sa vengeance envers celui qui fut autrefois son ami mais l’a ensuite trahi. Pour atteindre son but, il devra passer par une série de combat de difficulté croissante avec ses flots de sang. Ce héros a bien entendu une formation hors du commun qu’il a hérité de maîtres vivants dans des contrées exotiques (et que l’on revoir régulièrement sous forme de flash back, à la manière de Kung fu, ce qui rend la présence de David Caradine au casting plus qu’une coïncidence, tout comme celle de Sonny Chiba).

Mais ce qui fait certainement la différence, outre les innombrables côtés familiers qui procure au spectateur sensible un délicieux frisson de déjà vu qui le fait évoluer en terrain connu, c’est la recherche visuelle et dans le montage. Tarrantino semble utiliser pour ce film toute la batterie de ses moyens techniques : montage créatif, alternance de différents médias (noir&blanc, couleur, dessin animé, multi-écran, ombres, etc.) mais sans gratuité ; à chaque fois pour jouer avec notre sensibilité.

Avec ce film, il est clair que le réalisateur utilise sa renommée pour se faire plaisir et c’est terriblement communicatif. Certaines scènes sont délicieusement excessives et le second degré se cache au détour de chaque scène sensible, de chaque surprise.

Kill Bill est certainement un cas d’école et pour le spécialiste, il y a de quoi remplir de nombreuses pages. Pour l’amateur de cinéma naïf comme moi, de quoi passer un moment inoubliable !




[film] Le seigneur des anneaux

12 02 2007

Voilà ! C’est enfin fait !

Bien après la tempête, j’ai vu la trilogie du seigneur des anneaux de Peter Jackson ! Et assez étrangement, après 9 heures de films, j’ai assez peu de chose à dire !

Il faut dire que ma relation avec l’œuvre de Tolkien est assez chaotique. Je sais que ses romans sont l’objet d’un véritable culte et plusieurs fois, j’ai essayé de me farcir les 3 volumes de sa trilogie la plus célèbre mais immanquablement, à chacune des 3-4 tentatives, je décroche au milieu du second tome (Les deux tours).

La chose est pourtant rarissime. Je suis plutôt de ceux qui s’accrochent et les livres que j’ai laissé tombé se compte sur les doigts de la main (je tente régulièrement de lire L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenard sans succès et plus récemment j’ai laissé tombé Grande jonction de Maurice G Dantec). Mais il arrive toujours un moment dans Le seigneur des anneaux où je m’ennuie, de cette histoire et de ces personnages à rallonge, de ce style narratif qui a pris la poussière sans garder le charme de la nostalgie (tout comme Narnia, soit dit en passant).

L’adaptation au cinéma fut dès lors une aubaine pour que enfin je puisse savoir comment se termine cette histoire : est-ce Frodo et Sam allaient pouvoir détruire l’anneau et réduire à néant les pouvoirs de Sauron ?, quelle serait l’issue du combat entre le humains et les orcs ?, etc.

J’avais bien vu la version animée adaptée en 1978 mais elle ne concernait que le premier volume et ne m’était pas d’un grand secours. Je me suis donc précité dans les salles en 2001 lorsque la version de Peter Jackson de La communauté de l’anneau est sortie.

Force m’a été de reconnaître que ce film est terriblement bien fait, très impressionnant, et pour ce que j’en sais, respectueux du texte de Tolkien. Pourtant, il n’a rien éveillé en moi de plus que lors de mes précédentes expériences avec Le seigneur des anneaux.

Je n’ai donc pas ressenti la nécessité d’aller voir les deux suites, ni ne me suis précipité sur les DVD à leurs sorties. Je me suis contenté de regarder avec beaucoup de détachement l’engouement provoqué par ces films sans réellement le comprendre.

Enfin, j’ai eu les trois films entre les mains et me suis décidé à les regarder. J’ai apprécié les 3 opus mais, à nouveau, sans réelle passion.

Au moins, maintenant je comprend pourquoi ces films ont été un tel phénomène de société. Cette trilogie est aux années 2000 ce que celle de Star Wars a été pour ma génération. Elle est en parfaite phase avec son temps, alliant les grands thèmes classiques avec en bonus une belle métaphore de ces problèmes écologiques qui sont au centre de l’actualité. Le tout est mené d’une main de maître par Peter Jackson et les films sont particulièrement réussi avec des scènes jamais vues (sauf peut-être en BD avec des œuvres de l’excès comme Les chroniques de la lune noire).

De quoi donner des références, des modèles à une nouvelle génération qui peut bien se moquer de la naïveté et du kitsch des références cinématographiques qui sont miennes.

Mais qui sait si dans une vingtaine d’année, après avoir ressorti plusieurs versions director’s cut remasterisée, Peter Jackson ne réalisera pas une nouvelle trilogie inspirée du Silmarion ou des aventures de Bilbon et nous menacera ensuite d’une série de plus de 100 épisodes faisant le lien entre les deux trilogies.

Quoi qu’il en soit, je peux cocher " voir le seigneur des anneaux " sur ma liste de choses à faire !




[film/science] An unconvenient truth

03 02 2007

Quand j’ai décidé, sur les conseils d’une de mes collègues, de projeter ’An unconvenient truth’ pour le cinéclub de la station biologique dans laquelle je travaille, je savais que j’allais prêcher des convertis. En effet, il n’est plus un scientifique raisonnable qui doute aujourd’hui de la réalité de réchauffement climatique et des conséquences que cela a déjà sur notre environnement (c’est d’ailleurs la base du projet de recherche que je viens de rentrer pour les 3 prochaines années).

 

Néanmoins, je me suis procuré une copie auprès d’un ami américain et j’ai visionné ce film qui résume sous la forme d’un reportage la conférence que l’ancien candidat malchanceux à la présidence Al Gore a présenté aux 4 coins de la planète.

 

Le résultat est des plus convainquant et très percutant, alliant problèmes universels et personnels, des grands changements globaux aux conséquences individuelles, souvent dramatique. Al Gore, en bon politicien, joue astucieusement de la foule avec un sens inné de la comparaison, de la métaphore et de l’utilisation d’anecdotes personnelles pour toucher son public et faire passer son message.

 

Les informations fournies sont clairement exprimées même si certaines d’entre elles sont probablement difficile à saisir pour celui qui n’est pas scientifique. On ressort du film avec une envie de changement et le message que l’homme à modifié son environnement, que ces changements ne sont pas sans conséquences et que si rien n’est fait, nous courrons à la catastrophe. Il explique aussi clairement d’où est née la fausse polémique et les processus psychologiques qui font que quand un phénomène est progressif, nous avons une tendance naturelle à ne rien faire (une comparaison avec la cigarette est des plus parlantes).

 

Il termine néanmoins par une note positive : il n’est pas trop tard et nous disposons de tous les outils pour changer les choses, et chacun d’entre nous peut apporter sa contribution.

 

Le film n’est pourtant pas inattaquable pour celui qui cherche la petite bête. Si les données présentées sont correctes, Al Gore n’hésite pas à recourir à l’exemple pour généraliser, pratique souvent efficace mais plus douteuse (le poids des mots, le choc des photos). Il s’agit pourtant d’un mal nécessaire pour laisser une empreinte dans l’esprit du spectateur.

 

On pourrait aussi lui reprocher de faire sa campagne politique, s’offrant une carte de visite des plus brillantes face à une administration qui n’a certainement pas œuvré dans le bon sens. Mais c’est de bonne guerre même si ce point peut aussi bien déforcer le film que lui donner une crédibilité.

 

Si ce n’est déjà fait, je vous invite à voir ce film de toute urgence et de transmettre l’information autour de vous : parents, amis, etc. Il faut cependant garder les pieds sur terre et malheureusement, on ne peut changer que ceux qui sont près et ce film laissera de marbre ceux qui ne veulent pas y croire.

 

Ainsi, si celui qui m’a passé ce film, américain ultra-conservateur, est totalement convaincu par les propos de Al Gore, il a avoué que son frère n’y voyait qu’un ouvrage de propagande. La vérité est souvent un concept très personnel dans lequel les faits n’ont que la valeur qu’on lui donne.

 

Autre point intéressant, lorsqu’il est fait allusion plusieurs fois à la défaite de Al Gore à la présidence face à Georges W Bush suite à des manœuvres frauduleuses en Floride, on se pose naturellement la question de savoir à quoi ressemblerait le monde aujourd’hui si Gore avait gagné les élections. Naïvement, on imagine un monde sans la guerre en Irak et sans les conséquences des actes égoïstes et irréfléchis de l’administration Bush. Mais ce n’est qu’un exercice intellectuel, un peu à la manière de Philip K Dick dans Le maître du haut château, et plutôt que de se perdre en vaines conjonctures, An unconvenient truth nous invite avec enthousiasme, positivisme et une légère touche de naïveté a plutôt nous tourner vers l’avenir !

 

Alors, maintenant c’est á vous de jouer, et regarder ce film peut être un bon point de départ !




[film] Le navet au cinéma

31 01 2007

Pour rappel, le navet est légume ! Il s’agit d’une plante herbacée de la famille des Brassicacées, cultivée comme plante potagère pour sa racine charnue, consommée comme légume et qui a été détroné par l’infâme pomme de terre (d’où cette célèbre phrase dans la fable de Lafontaine " Le navet et la patate " : " je te maudis Parmentier, puisses-tu finir en Hachis ").

Mais le mot ‘navet’ est aussi associé à l’art de mauvaise qualité depuis le 19e siècle, probablement suite à son goût insipide.

" Un navet! tous répétaient le nom avec conviction, ce mot qu'ils jetaient d'habitude aux dernières des croûtes, à la peinture pâle, froide et plate des barbouilleurs ", comme disait Zola, ou " Ce navet inouï, Théodora, où l'on chantait dans la coulisse, en l'honneur de l'impératrice débauchée, et même débouchée ", disait Daudet.

Son association au cinéma date elle de 1956 : " Et vous en faites un autre [film] (...) on a annoncé cela dans les journaux (...) un autre qui va être aussi un navet " sous la plume de Vialar.

Maintenant que nous savons de quoi nous parlons, comment trouver ce que le cinéma a fait de mieux comme Navet ?

Pour cela, rien de tel que d’ouvrir sa bible virtuelle du cinéma, j’ai nommé Internet Movie Database, et chercher ce qu’elle a à nous proposer à l’onglet ‘navet’.

Tout d’abord, un court métrage réalisé en 1976 et pompeusement intitulé ‘Le navet’ par un réalisateur au nom prédestiné : Maurice Lemaître (ce qui ne semble pas lui avoir réussi puisqu’il ne réalisera plus rien avant 2001… il faut pas mal de temps pour ce remettre d’un tel navet).

Le navet ne semble pas porter chance non plus de chance à Eric Navet, célèbre cavalier francais, dont la carriére au cinéma se résumera à jouer son propre rôle dans la série ‘Le cheval olympique’ en 2004.

Les choses ne semblent pas être plus rose pour les navets anglo-saxons (que l’on peut traduire par ‘turnip’) puisque les contributions de Woody et David Turnip au cinéma se résume à un film chacun (dont l’excellent ‘The ninja mission’ en 1984).

Plus sérieusement (et encore…), voici la liste des 100 films les plus mals côtés sur ImDb :

http://akas.imdb.com/chart/bottom

Vous y retrouverez des perles telles que : Gigli avec Ben Affleck et Jenny Lopez, Glitter avec Maria Carey, une des suites des Dents de la mer, ou encore Battlefield earth avec Travolta, financé par la scientologie et écrit par son père, Ron Hubbard.

Mais il est certains que le pire est encore à venir…




[film] The Brad Pitt code

26 01 2007

Alors que je regardais les premières minutes de Troy, mon esprit s’est mis à divaguer (allez savoir pourquoi) et soudain, la véritée nue m’est apparue, lumineuse, les pièces du puzzle se mettant en place naturellement, tout comme dans l’esprit de John Nash.

Non, la carriére de Brad Pitt n’était pas liée au hasard, pour celui qui possède le code, il y a un message ésotérique caché !

Tel le savant obsessionnel dans Pi, je me suis mis en quête de l’équation de la destinée, la suite de chiffre qui comme dans Lost me mennerait à la follie.

En effet, les chiffres sont partout dans la carrière de Brad Pitt et pas seulement dans TroyRaymond Devos).

Faisons quelques arrets sur certaines apparitions clés de sa carrière:

Une apparition non créditée dans ’Less Than Zero’ (1987) suivit de participation occasionnelles dans les feuilletons ’Thirtysomething’ (1987), ’21 Jump Street’ (1989), ou encore le téléfilm ’Two-Fisted Tales’ (1991).

Vous ne voyez toujours pas où je veux en venir ? Continuons…

Ensuite, c’est le succès et une succession de cartons au box office: ’Se7en’ (1995), ’Twelve Monkeys’ (1995), ’Seven years in Tibet’ (1997).

Une apparition dans la série Friends en 2001 dans l’épisode ’The One with the Rumor’.

Ensuite retour au cinéma: Ocean’s eleven (2001), Sinbad: Legend of the Seven Seas (2003) dans lequel il fait une voix, ’Ocean’s twelve’ (2004) et ’Ocean’s thirteen’ prévu pour cette année.

Toujours pas ? Tous ces titres contiennent un chiffre et si on les mets les uns derrières les autres, cela donne :

0 30 21 2 7 12 7 1 11 7 12 13

A partir de là, tout est facile. Une chose saute immédiatement aux yeux: le 7 revient trois fois. Sachant que les lettres les plus fréquemment utilisées en anglais sont le e, le t et le a, il est alors facile de décoder cette séquence de chiffre. C’est finalement la clé basée sur le ’a’ qui donne des résultats (7=a, 8=b, etc.) et la séquence de chiffre devient alors :

txovafaueafg

qui est bien entendu l’anagramme de:

A VAGUE FAT FOX

que l’on pourrait traduire par "Un vague renard gras".

Et là, j’avoue que je cale.

Quel est le but de ce message si astucieusement caché ? Il s’agit indubitablement d’une mise en garde face à quelques terrifiants événements à venir, mais encore ? L’expression ‘Fat Fox’ a bien été utilisée pour désigner Georges Bush senior mais encore ?

Si quelqu’un pouvait m’aider dans ma quête de la vérité avant que les chinois de FBI ou les gentils monsieur en tabliers blancs viennent me passer mon pijama à manches qui ferment dans le dos, je lui en serais infiniment reconnaissant.

Obi Wan, you are my only hope…




[film] cinéma, enfants et écologie

23 01 2007

Quel est le rôle de l’art ?

Cette petite question qui englobe le rôle du cinéma fait partie d’un débat sans fin.

Doit-il secouer les consciences ? divertir ? être esthétique ? faire réfléchir ou rapporter de l’argent ?

Le cinéma est bien entendu capable de faire tout cela, peut-être pas simultanément, mais certains films sont là pour rapporter de l’argent (prendre n’importe quel blockbuster), réfléchir (l’excellent Babel en est un bon exemple), être esthétique (les films des frères Coen) et même secouer quelque consciences.

Ainsi certains films se veulent porteur d’un message et les enfants sont certainement le meilleur public cible si votre objectif est de faire changer les choses, ce sont eux qui sont porteur de graines du changement de demain.

Cela les réalisateurs et producteurs l’ont bien compris et c’est pourquoi, depuis quelques années, on assiste à une recrudescence de films pour enfants avec un message écologique.

Bien entendu, l’impact destructeur de l’homme sur la nature est une préoccupation aussi vieille que le cinéma lui-même mais du chemin a été parcouru depuis Frankenstein ou encore La créature du lagon noir dans lequel on voyait une scientifique jeter négligemment une cigarette dans les eaux cristallines d’un lagon amazonien. La crainte associée aux changements climatiques si visible aujourd’hui entraîne une recrudescence de films à messages destinés à la jeunesse : Ice age (1&2), Over the edge, La marche de l’empereur, Le monde de Némo, Happy feet, etc.

On notera cependant le retard du cinéma occidental puisque le thème de l’écologie fait partie intégrante du cinéma japonais. Le génial Miyazaki a déjà exploité le thème de la revanche de la nature sous différentes formes, par exemple dans le très réussi Princesse Mononoke.

Si tous ne semblent pas atteindre le but (Le monde de Némo a entraîné une recrudescence de la vente de poissons clowns plutôt que le contraire, quelle ironie), certains sont utilisés par les activistes écologiques pour supporter leurs actions.

Ainsi, certains défenseurs de la nature surfent sur le succès de films comme Happy feet ou La marche de l’empereur et la pingouinmania qui s’ensuit pour sensibiliser le grand public aux problèmes de surpeche et de changements climatiques ainsi que pour appuyer leurs demandes auprès des politiques. Ainsi, le ‘Centre for Biological Diversity’ a demandé la protection d’une douzaine d’espèces de pingouins suite à la sortie de ces films.

Finalement, la meilleure façon de changer les esprits n’est-elle pas de divertir ?




[film] Babel

19 01 2007

" Eh, dit le seigneur, ils ne sont tous qu'un peuple et qu'une langue et c'est là leur 1ère œuvre! Maintenant, rien de ce qu'ils projetteront de faire ne leur sera inaccessible! Allons, descendons et brouillons ici leur langue, qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres"! De là, le seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. Aussi lui donna-t-on le nom de Babel car c'est là que le seigneur brouilla la langue de toute la terre, et c'est de là que le SEIGNEUR dispersa les hommes sur toute la surface de la terre. " (Genese, 11, 6-9).

En punissant l’arrogance de l’homme qui avait la prétention de croire qu’il pouvait toucher les cieux, le Dieu vengeur de l’ancien testament ne s’est pas contenté d’inventer les différentes langues. Il a détruit notre capacité à communiquer les uns avec les autres.

C’est le thème central de Babel, le dernier film de Alejandro González Iñárritu avec une brochette d’acteurs des 4 coins du monde (dont la présence remarquée de Brad Pitt marqué par la douleur).

Le spectateur y est ballotté entre plusieurs histoires : une famille marocaine qui achète un fusil, dans le même pays un couple de touriste dont la femme prend une balle perdue, une jeune japonaise sourde et muette et enfin une nounou mexicaine qui s’occupe de deux enfants américains et qui part avec eux pour le Mexique pour assister à un mariage. Quatre histoires qui semblent qui n’ont rien en commun mais sont pourtant connectées, parfois par des liens subtils ou sans importances que le spectateur découvre par des petits détails au fil de sa vision, et montrant au final que nous tous connectés les uns aux autres.

Mais c’est bien la communication ou l’impossibilité de la communication qui est le héros de ce film : la différence entre les cultures et la distorsion que cela apporte (l’interprétation paranoïaque des certaines événements par les américains en est une belle interprétation), les différences de langage, le handicap qui isole (magnifiquement illustré par une scène dans laquelle la jeune japonaise se retrouve dans une boite de nuit), etc. Mais c’est surtout cette incompréhension fondamentale qui va au delà de la culture et du langage qui est mise dramatiquement en avant. Ce problème de communication qui fait que l’on ne connaît même pas son voisin de pallier, que l’on ne remarque même pas les problèmes de ses proches ou que les pires querelles sont celles de voisinages ou familiales.

Dans une certaine mesure, Babel s’attaque aussi à l’effet papillon et au hasard. Ainsi, certains de nos actes qui semblent anodins ou insouciant peuvent avoir de terribles répercutions, quoi que l’on fasse et sans pour autant que l’on en soit conscient ou que l’on en porte la responsabilité.

Ce film, métaphore cinématographique et arachnéenne de la diversité humaine, est complexe à plusieurs points de vue et prend littéralement aux tripes. On y passe par tous les niveaux de diversités, de l’individuel à l’universel, de culture en culture, de langue en langue, d’individu en individu. Le tout est filmé avec beaucoup de simplicité, de non-dits et de pudeur, sans jamais sombrer dans la dramatisation à l’excès, donnant un film un étrange sentiment de réalité.

Mais le message final est loin d’être pessimiste.

Il nous montre que si lors de l’épisode de la tour de Babel, Dieu à divisé les hommes, il n’a pas pu leur enlever leur humanité pour autant.

Si nous ne pouvons prétendre les autres cultures, s’il est impossible de comprendre les autres langages, si parfois notre voisin de pallier est un inconnu, dans certaines situations, souvent les pires ou les plus extrêmes, nous redevenons simplement des humains et l’incompréhension ne peut empêcher deux étrangers de s’interconnecter l’un à l’autre dans une parfaite symbiose autour de sentiments aussi basique que la compassion, l’empathie ou l’amour.

Tiens, étrangement, un autre acteur se fait remarquer par son absence : l’ordinateur et ses réseaux, censés interconnectés les hommes par delà les frontières et les distances ; comme pour nous montrer que la vrai solution n’est pas virtuelle et que les vraies relations ne peuvent naître qu’en plongeant ses mains dans la boue.

Un voyage troublant dans ce qui fait notre humanité et un message d’espoir. Un film à 100 lieues de la bouillie hollywoodienne formatée que l’on nous sert habituellement en Amérique.




[film] Flushed away

16 01 2007

Lorsque je rentre au pays, quittant pour l’occasion la nuit culturelle suédoise, je n’ai la possibilité de voir que quelques films au cinéma. Dès lors, la problématique du choix prend toute son importance. En consultant la liste des films diffusés, il est pourtant un film que je savais ne pas devoir rater : Flushed away (subtilement traduit en Souris city par une équipe de traducteur surpayé après 7 jours d’efforts intensifs… pour la petite histoire, 3 d’entre eux se sont suicidés lorsque leur patron a fait remarqué que ‘city’ était un terme anglophone et le titre a alors été gardé en hommage posthume). En effet, le fan de la première heure des aventures de Wallace & Gromit ne pouvait rater le nouvel opus des studios Aardmann.

De plus, la perspective de voir ce film destiné avant tout à la jeunesse dans l’ambiance survoltée d’une salle remplie d’enfants m’a toujours enthousiasmé.

Je me suis donc rendu à la séance de l’après-midi pour découvrir avec stupéfaction que la salle était vide, les nombreux enfants qui peuplaient pourtant les couloirs du cinéma ayant été happés par la tornade commerciale bessonienne de Arthur and the minimoys (en français, Arthur et les minimoys, on saluera le travail sans tache des traducteurs).

Avant que je commence ma projection privée de Flushed away, j’ai eu droit aux bandes-annonces des films pour enfants du moment (bien entendu Arthur du Besson mais aussi Franklin et les pingouins de Happy Feet) ainsi que les traditionnelles publicités. Pour la petite histoire, il est intéressant de constater que si les bandes-annonces sont adaptées au public, il n’en est rien pour la pub. Les enfants sont abreuvés des mêmes publicités que les adultes, avec son lot de violence, de connotations sexuelles omniprésentes ou encore de peur (par exemple, la très bonne pub de MSF de sensibilisation sur la problématique du SIDA qui est passablement effrayante).

Et puis, enfin, le film a commencé !

Les premières minutes sont passablement effrayantes. On est loin de la subtilité qui caractérise les autres films des studios Aardman. C’est très rapide, très rock’n’roll, entre Pixar et Disney. Mais après ce feu d’artifice, on retrouve progressivement l’esprit qui a fait le succès de Wallace & Gromit et de Chicken run, un humour décalé, ultra-référencé et soooo british.

L’histoire est toute simple, une souris domestique londonienne passablement maladroite se retrouve dans les égouts et y découvre une version souris de Londres. Commence alors un long voyage pour tenter de remonter dans le monde des hommes. Pour cela, elle devra s’associer avec la souris la plus sexy de l’histoire du cinéma (autre chose que Minnie et ses airs de Bécassine) avec des faux airs de Han Solo et pilotant une sorte de Millenium falcon aquatique et déjouer les plans machiavéliques d’un méchant mégalomaniaque qui n’a rien à envier à Jabba (si ce n’est une consternante passion pour la famille royale britannique et une association avec des grenouilles françaises).

Si le film est avant tout destiné aux enfants (il respecte la règle de Roald Dahl des 2 gags par minutes), il plaira également aux adultes avec ses nombreux niveaux de lecture. En effet, Flushed away est un vibrant hommage au film d’aventure avec des clins d’œils (on dit clins d’yeux ?) sans fins aux grands classiques du genre : Indiana Jones, La guerre des étoiles (chercher le vrai Han Solo), James Bond, etc. Le genre de film que l’on peut revoir indéfiniment et y redécouvrir à chaque vision les petits détails cachés (les pubs dans les décors, etc.)

Au niveau de l’animation, si la patte des studio Aardman est reconnaissable, on regrette néanmoins que la plasticine ait été remplacée par des images de synthèse. Bien entendu cela donne une plus grande liberté de mouvement aux animateurs (donnant lieu à quelques excès dans ce film) mais au final, le résultat est trop lisse, trop parfait et les personnages perdent un peu de cette humanité née de l’imperfection. La vie artisanale a été remplacée par une imitation de la vie.

Un film a voir très certainement, même si plus proche d’un Pixar époque Toy story que d’un Wallace & Gromit.




[film] The departed

11 01 2007

Dans la vie tout est question de choix.


Certains sont anodins, d’autres sont déterminant, parfois on a conscience de leur importance, pour d’autres on le découvre a posteriori.

C’est par choix que je suis partit vivre sur une île perdue loin de toute forme de culture. Et à chaque retour au pays, je n’ai que quelques jours pour visiter les amis et que quelques rares occasions d’aller au cinéma.

Qu’allez voir en cette période de fête, sachant que ce sera peut-être ma seule occasion de vivre un film dans une salle encombrée et fleurant bon le pop-corn ? Faire dans le grand spectacle avec Eragon ou Casino Royale ? La comédie avec The holliday ou le dernier Besson Arthur et les Minimoys ?

Dans la vie tout est question de choix et c’est un film sur les choix qui va trouver ma différence.

Je suis allé voir The departed, le dernier film de Martin Scorcese, le jour même de sa sortie.

Et oui, c’était un excellent choix !

La formule n’est pas nouvelle, l’important n’est pas ce que nous croyons être mais ce que nous faisons.

C’est particulièrement vrai dans The departed, film choc dans lequel nous suivons les destins parallèles de deux jeunes recrues de la police, l’un, Leonardo Di Caprio, infiltré dans la ‘mafia’ irlandaise dirigée d’une main de fer par le toujours excellent et diabolique Jack Nicholson (qui n’est pas sans rappeler son personnage ambigu dans Les sorcières d’Eastwick); l’autre, Matt Damon, à la solde du parrain et espionnant pour son compte au sein de la police. Commence alors un chassé croisé des plus efficace, entre suspicion, faux semblants et trahisons, rythmé par les Stones ou encore The Pogue.

Résolument classique (le " bon " qui plonge tête la première dans les égoûts, le " méchant " qui joue la respectabilité et au final l’ambiguïté la plus totale et l’impossibilité de revenir en arrière, thème déjà exploité dans l’excellent Carlito’s way), ce film de genre n’en reste pas moins terriblement efficace et fait la différence sur plusieurs points.

The departed est le remake d’une trilogie tournée à Honk Kong, Internal affair, signée par Alan Mak et Andrew Lau, et devenue aujourd’hui culte. Présenté comme " un thriller psychologique comme en ferait Michael Mann ", il se transforme sous la patte de Scorcese en un de ces films bouillonnants, oscillant entre chaos, hyper violence et surprise que l’on suit avec passion sans pour autant avoir envie de le revoir.

La comparaison avec Michael Mann ne s’arrête pas là. Tout film qui évoque une rencontre au somment entre deux destins parallèles, entre flic et voyou, entre personnalités charismatiques du septième art, ne peut qu’être comparé au magnifique Heat de Mann qui avait réussi le tour de force de rassembler dans un même film deux des monstres sacrés du cinéma : Al Pacino et Robert de Niro. Mais là où Michael Mann avait réussi une magnifique symphonie rythmée par les détonations d’armes automatiques (faisant de la scène de fusillade une anthologie du genre), Martin Scorcese nous propose quelque chose de plus brut, de plus chaotique, de plus instinctif, nous rapprochant d’un morceau de grunge. Simple, classique, mais qui prend aux tripes et déborde d’énergie.

Outre la mise en scène, le film se démarque par un bestiaire particulièrement réussi ou chaque personnage secondaire est étudié avec soin. Les premières minutes du films sont d’ailleurs impressionnantes par la panoplie d’acteurs réunie pour l’occasion (outre le trio en tête d’affiche, on retrouve aussi des acteurs comme Alec Baldwin ou Marc Walberg). Tous les acteurs semblent donner le meilleur d’eux même et pour certains cela tient de la révélation, au point que l’idée selon laquelle Leonardo est le nouveau De Niro ressort du placard (alors que, soyons sérieux, le nouveau De Niro ne peut être que Sean Penn, si vous ne me croyez pas, allez revoir Mystic River).

Enfin, réunissez le tout dans le décors fabuleux du Boston révélé par l’œuvre de Dennis Lehanne et vous obtenez un film épique dont la trame n’a rien a envier à un roman de James Ellroy (le pesonnage interprété par Nicholson n’est pas sans rappeler celui de Dudley Smith dans Le quatuor de Los Angeles).

On regrettera peut-être la fin un peu trop manichéenne, trop américaine, celle là même qui avait été modifiée lors de l’adaptation de L.A. confidential pour le rendre plus politiquement correct.

The departed n’est probablement pas un film qui résistera au passage du temps, mais bon Dieu, qu’est-ce que c’est bon !




[film] Last days

25 12 2006

Comme toute forme d’art, le cinéma se situe à l’intersection entre deux mondes, celui du divertissement et celui de l’engagement. Certains films sont de purs produits de consommation visant à nous distraire, là où d’autres secouent nos tripes et nos consciences pour faire passer une idée ou nous amener à réfléchir. Tous les films peuvent se distribuer sur le gradient subtil entre ces deux extrêmes et j’aime a penser que le film idéal possède ces deux qualités, capable de nous transformer à notre insu alors que nous sommes sans défense et l’esprit détendu et en train de prendre du plaisir.

 

Ainsi, les différents outils du réalisateur (caméra, acteurs, montage, etc.) peuvent être utilisés de différentes manières pour atteindre l’un ou l’autre but. Certains font preuve de simplicité et de sobriété, d’autres d’une remarquable sophistication, parfois dans un but purement esthétique ou visuel.

 

Mais comme dans toute forme d’art, la technique n’est pas tout. Certains réalisateurs maîtrise à merveille les techniques les plus complexes qu’ils débauchent sans aucun but alors que d’autres exploitent ces outils avec un réel soucis créatif.

 

C’est certainement le cas de Gus Van Sandt et cela est magnifiquement démontré dans son film Last days.

 

Dans ce film, il utilise la même recette que dans Elephant qui est à Bowling for Columbine ce que Last days est à Courtney & Kurt, une vision plus individuelle, une remise en contexte sans aucune volonté de convaincre d’un fait de société aussi sordide que marquant par l’écho reçu dans la presse (le massacre dans le lycée de Columbine et la mort de Kurt Cobain).

 

Pourquoi Kurt Cobain s’est-il donné la mort ?

 

Là où les reportages et certitudes populaires donnent des réponses tranchées à cette question (il ne gérait pas son succès et la trahison de ses pairs, la drogue, une femme manipulatrice, la douleur, une personnalité introvertie et suicidaire, la distance qui se creusait entre lui et sa fille, ou encore la théorie de complot), Gus Van Sandt lance toutes ces pistes mais n’en privilégie aucune. Il donne la seule réponse valable : seul Kurt Cobain savait. Il ne cherche aucune justification romantique et présente une version plus que réaliste du personnage.

 

« Bien que ce film est inspiré en partie par les derniers jours de Kurt Cobain, ce film est une œuvre de fiction et les personnages et événements décrits sont aussi fictifs. »

 

Un avertissement qui sonne comme un bouclier face à une Courtney Love défendant becs et ongles l’héritages de son défunt mari (ce qui, autant pour des raisons psychologiques, expliquerait l’absence d’un équivalent de Love dans le film). Mais le personnage de Blake est un Kurt Cobain plus que réaliste pour celui qui s’est penché un tant soit peu sur le sujet.

 

Blake est un personnage hautement introverti, replié sur lui-même, à un stade où il est pratiquement incohérent et ne semble vivant que lorsqu’il écrit dans son journal ou se met à la guitare. On suit cette star du rock au look grunge pendant ses derniers jours dans un environnement intemporel et creux, rejetant toute porte de sortie jusqu’au dénouement fatal.

 

Mais si Blake n’est pas Cobain (de petites différences sont distillées avec parcimonie : il est droitier, les circonstances de ses derniers jours sont différentes, etc.), le flot de similitude ne laisse aucune place au doute.

 

Mais outre la justesse dans la description et l’écriture, c’est dans la réalisation qu’il révèle tout le génies de son réalisateur qui a visiblement mis tout son cœur et son énergie pour apporter une réponse subtile et artistique à ce qui n’aurait pu être qu’un fait divers parmi tant d’autres et réussir la transformation entre l’individuel et l’universel.

 

Chaque plan, chaque séquence, chaque effet, semble porter sa propre signification donnant à ce film un dimension artistique hors du commun. Chaque mouvement de caméra est porteur de sens, comme un coup de pinceau de Jackson Pollock qui contrairement aux apparences n’a rien de hasardeux.

 

On regarde Last days comme un voyeur, un spectateur détaché. Les nombreux longs plans fixes ou caméra à l’épaule, l’utilisation du flou, sont là pour accentuer ce côté observateur, vautour attendant l’issue que l’on sait fatale (un peu comme les lecteurs de magasines à scandales se délectant de potins glauques sur le couple déjanté). Le long plan où la camera filme de l’extérieur Blake jouant de la musique tout en s’éloignant si lentement que cela en devient imperceptible en est une parfaite illustration. Le film en tant que tout est une métaphore de l’ennui et de la perte des repères temporels.

 

Vous l’aurez compris, regarder Last days n’est pas de tout repos. Le film est lent et pourra paraître ennuyeux à ceux qui n’ont pas envie de faire l’effort de pénétrer les intentions du réalisateur. Il ne s’agit pas de cinéma de divertissement mais d’art engagé et subtil, laissant à votre esprit la liberté de choisir, de décider ou ne pas décider. Le fait que le talent soit mis á contribution pour parler de quelque chose d’aussi futile que le suicide d’une star du rock est en lui-même porteur de sens.

 

J’avais un vague projet d’écrire une nouvelle sur les derniers moments de Kurt Cobain, après la vision de Last days,  ce projet perd tout son sens.




[livre,film] Matilda

20 12 2006

La question n’est pas nouvelle et l’on est parfois en droit de se demander pourquoi le cinéma est si friands d’adaptations de livres. Il y a l’aspect bassement commercial (attirer les lecteurs dans les salles), le manque d’imagination (quoi qu’une bonne histoire reste une bonne histoire) ou simplement la passion.

 

Certains livres sont nés pour devenir des adaptations (même si ce n’est pas un gage de réussite, ne citons que Da Vinci code), d’autres semblent inadaptables (ce qui peut parfois donnés d’agréables surprises, comme par exemple L.A. confidential).

 

Quoi qu’il arrive, adapter un livre, c’est s’exposer à la comparaison.

 

Ainsi, quand j’ai vu qu’il existait une adaptation de Matilda, un des romans du culte Roald Dahl, déifié chez nos amis anglo-saxons et redécouvert chez nous suite à la sortie de Charlie et la chocolaterie, auteur dont j’explore l’œuvre avec délice en ce moment, cela a piqué ma curiosité.

 

Le livre reprend des concepts chers à l’auteur: des parents indignes qui infligent une éducation déplorable à une pauvre petite fille sans même remarquer à quel point elle est exceptionnelle (elle est un génie des mathématique et à lu un nombre incroyable de livres à même pas 5 ans). Personnage fort, la vie de la pauvre petite Matilda va changer lorsqu’elle rentrer à l’école et découvrir que les adultes aussi doivent être puni lorsqu’ils se comportent mal. Armée de son intelligence (et aussi d’un étrange nouveau pouvoir), elle va se mettre du côté de la justice (face à une brochette de personnages aussi hauts en couleurs qu’impitoyables) remettre un peu d’ordre dans sa vie et celle de ceux qu’elle aime.

 

Ce n’est certes pas le chef-d’œuvre de Dahl mais cela se laisse lire avec plaisir (surtout après avoir découvert d’autres aspects de l’auteur, qui était un homme à femme, les descriptions de ses personnages féminins prennent une autre dimension). C’est délicieusement cruel, légèrement impertinent. D’autre part, ce livre donne vraiment envie de redécouvrir les grands classiques de la littérature.

 

Mais curieusement, cette histoire est tellement absurde sous certains aspects (par exemple, les traitements affreux que la directrice de l’école aux élèves) que j’ai eu du mal à imaginer cela transposé à l’écran.

 

Je me suis donc lancé dans la vision de Matilda, film sortit en 1996 et qui, sauf erreur de ma part, n’a pas fait grand bruit de ce côté de l’Atlantique.

 

Loin de rendre hommage à la plume élégante de Roald Dahl, ce film clairement destiné au plus jeune public, ne vaut pas mieux qu’une suite de Maman j’ai raté l’avion. Sans aucune subtilité, il ne dispose que d’un seul niveau de lecture qui culmine au niveau des pâquerettes.

 

Il faut dire, qu’il tient souvent au génie d’un réalisateur pour réussir le pari risqué du passage du papier à l’écran et visiblement Danny Devito (à la réalisation mais aussi acteur dans une prestation mono-expressive) n’est pas Curtis Hanson ou Clint Eastwood (sous biens des aspects me direz-vous).

 

La réalisation est basique, sans aucune surprise et tombe dans la facilité (avec une voix-off omniprésente, ce qui n’est jamais bon signe dans un film). Des libertés sont prises avec l’histoire pour mettre certains aspects paranormaux qui minimisent l’intelligence de Matilda, point pourtant central du livre donnant au film un aspect purement tarte à la crème.

 

On aurait pu arriver au même résultat avec un scénariste de seconde zone sans devoir passer par le massacre d’un classique de la littérature enfantine.

 

Mais sans doute que dans ce cas, je (et je suis sur de ne pas être le seul) n’aurais pas eu la curiosité de poser un œil sur ce film.




[films] Reality show – Les films de guerre

18 12 2006

On a beau se prétendre immunisé, notre esprit, aussi critique soit-il, n’est pas de taille à lutter contre le pouvoir de l’image.

 

Oui, mes amis, nous sommes manipulés, par les informations, par la publicité, par la Star Ac’ mais aussi et surtout… par le cinéma !

 

Prenons un exemple : la guerre. Chacun s’accorde à dire que la guerre c’est mal, que si on avait un vœux à réaliser on demanderait la paix dans le monde, etc. etc. (sans réfléchir aux conséquences… c’est ce qu’attendent les extra-terrestres pour nous envahir comme magnifiquement démontré dans un épisode de ‘Les Simpson’). Pourtant, il existe une certaine fascination pour le genre des films de guerre et ceux-ci contribuent certainement à notre vision de la guerre et de l’histoire en général.

 

Cela est brillamment illustré dans le roman ‘Reality show’ de Larry Beinhart (qui a été très très librement adapté au cinéma par Barry Levinson sous le titre ‘Wag the dog’, un OVNI digne de ‘Les rois du désert’).

 

L’auteur y développe la théorie, pas si farfelue, que la première guerre du Golfe a été créée de toute pièce par l’administration Bush pour remonter sa cote de popularité (le roman a été écrit en 1993 et prend une nouvelle dimension à la vue de la seconde guerre du Golfe du rejeton Bush). Le scénario de cette guerre aurait été distillé à partir de l’essence même du genre, concentrant tous les clichés du film de guerre et en tirant toutes les leçons de l’histoire (au sens large, incluant celle de la propagande) pour offrir à un public avide, une guerre propre, rapide et pleine de ces héros des temps passés.

 

Ancré dans l’histoire, Larry Beinhart nous présente un petit historique du film de guerre en plusieurs grandes étapes.

 

1/ La genèse – reportage et propagande

 

La Chute du drapeau espagnol, La bataille de la baie de Santiago, Le triomphe de la volonté, Victoire à l’Ouest, Le 7 décembre, etc.

 

Dès 1898, guerre et cinéma commencent leur histoire d’amour avec des reportages, des reconstitutions à une époque ou image faisait figure de vérité et apporte un nouveau sens au mot propagande : Leni Riefenstahl, John Ford, Blackton et Smith. La force de l’image contribue aussi à faire de l’Allemagne une machine à envahir le monde.

 

2/ Le temps des héros

 

Le jour le plus long, Les Héros de Telemark, Le point de Remagen, Opération Jupon, Stalag 17, La grande évasion, Les canons de Navarone, Paris brûle-t-il ? La bataille du Pacifique, etc.

 

Casablanca marque la transition entre l’ennemi victorieux et le temps des héros. Quand Boggie décide de prendre les armes, les écrans s’emplissent de grands héros américains, des John Waynes, Charlton Eston, Henry Fonda prêt à en découdre et à foutre la pâtée aux méchants (Allemands, Russes, etc.) Il faudra attendre bien longtemps avant d’envisager une vision moins manychéene de la seconde guerre mondiale (par exemple grâce à des films tels que Das Boot ou la série Band of brother).

 

3/ This is the end

 

Né un 4 juillet, Les jardins de pierre, Hamburger Hill, Platoon, Full metal jacket, Apocalypse now, Voyage au bout de l’enfer,  etc.

 

La guerre de Corée passe inaperçues et l’on passe directement à la guerre du Vietnam. Là, c’est la fin du contrôle de l’image qui était opéré par l’armée elle-même au cours de la seconde guerre mondiale. Les images arrivent non censurées et vont donner naissance à une série de films donnant une vision à la fois plus réaliste mais aussi beaucoup plus pessimiste de la guerre. Les héros sont remplacés par un bestiaire des bassesses humaines. « Des culs-de-jatte. Des menteurs. Des fourbes. Des enfants qui brûlent. De la drogue. Des drogués. Des soldats frappadingues avec des flingues. La fiction était plus sordide que l’actualité. »

 

4/ Schizophrénie

 

Missing in action, American commandos, Rambo I et II, Delta force,

 

L’Amérique tente par quelques films de résoudre son intolérable conflit moral par quelques films qui miment ceux de la seconde guerre mondiale : de pauvres américains victimes de viets aussi méchants que les nazi, des héros aux vraies valeurs (« Est-ce qu’on va gagner cette fois ?, colonel ? »), etc. L’Amérique veut oublier !

 

5/ La guerre du Golfe, part I

 

Pas besoin de fiction pour le premier opus de cette guerre. Tout est là pour réaliser un chef-d’œuvre : un ennemi diabolique (qui comme les nazis envahis un pauvre pays innocent), des héros américains, une guerre propre, chirurgicale, courte et efficace, et surtout un contrôle absolu de l’image. La guerre du Golfe aurait-elle été le plus long film de l’histoire du cinéma ? (On notera l’excellent Les rois du désert qui remettent cette « victoire » en perspective).

 

6/ La guerre du Golfe, part II

 

En général, les suites sont moins bonnes que l’original, surtout lorsque le réalisateur est de mauvaise qualité et que l’on ne fait que garder les seconds rôles pour faire bonne figure.

 

** Souriez, vous êtes manipulés !

 

PS : Ceci ne se veut pas une liste exhaustive. Le genre est très riche et les films proposés ne sont que des exemples. A vous de remplir les blancs !




[film] Da Vinci code

13 12 2006

Le Da Vinci code faisait partie des rares films que je ne voulais pas voir. Malgré (ou peut-être á cause) du battage médiatique, du fait que le roman ne valait pas mieux qu’un roman de gare ou encore parce qu’il était réalisé par le baveux Ron Howard.

Bref, il a du batailler pour finalement se retrouver dans mon lecteur DVD. Et c’est finalement parce que mon patron l’a acheté et l’a introduit (sans aucune demande préalable) dans ma maison que j’ai finalement décidé de le visionner.

Pourtant, j’ai essayé de le regarder en étant aussi positif que possible. S’il est une chose que je pouvais reconnaître au roman, c’est qu’il avait été écrit comme un scénario. Hors si certaines choses peuvent sembler ridicules, voire irréalistes sur le papier, la transposition à l’écran peut parfois gommer ces défauts.

Alors ? Le Da Vinci code fait-il partie de ces mauvais romans qui donnent des bons films ?

Ma réponse est un grand NON !

N’est pas Clint Eastwood qui veut et Ron Howard a réussi un tour de maître en remplaçant certains défaut par d’autres.

Ainsi, si l’impressionnante stupidité des héros supposés être les X-men du cerveau n’est plus apparente dans le film (où il ne leurs faut que quelques secondes pour résoudre des énigmes simplistes là où dans le livre il leur faut un nombre incalculable de page), cela ne fait que ressortir l’aspect totalement irréaliste de cette chasse au trésor digne d’un épisode d’Indiana Jones, le charme des personnages et le second degré en moins.

Par contre, livre et film se valent sur l’évidence et le ridicule des pseudo-révélations historico-culturelles. Quiconque s’est penché, même superficiellement sur le sujet vous dira que cela ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes. Et comment justifier la réaction disproportionnée du clergé devant quelque chose qui ne peut ouvertement ne leur faire aucun mal.

Ajoutez à cela une réalisation howardienne (pas le canard, Ron), saccadées et sans surprise dont les quelques procédés intéressant sont recyclés de Un homme d’exception et des acteurs qui jouent sans aucune conviction (on aura rarement vu Tom Hanks et Audrey Tautou être aussi inexpressifs).

Le seul à apporter un petit quelque chose au film est Ian McKellen qui sait montrer un peu d’enthousiasme dans son rôle de génial excentrique (au fait ? c’est qui le plus fort ? Magneto ou Dr. Octopus ? Comprenne qui pourra).

Voilà… voir Da Vinci code, c’est fait !




[film] C’était moins bien que le premier

05 12 2006

C’est bien connu (ou pas) : les suites n’égalent que très rarement les originaux !

 

Bien entendu, cette « règle » du cinéma comprend un grand nombre d’exceptions. Néanmoins, l’idée est communément acceptée.

 

Mais est-ce que cette idée de baisse de qualité correspond à une réalité ou n’est-ce qu’une idée de reçue de plus ?

 

Pour tenter de répondre à cette question, le petit scientifique qui vit en moi s’est mis en quête de données quantitatives. J’ai sélectionné (un peu au hasard) 44 films qui ont connu au moins 3 suites et pour chacun, j’ai été chercher la cote fournie par les internautes sur la bible internet du cinéma : Internet Movies Database (pour la liste des films pris en considération, voir ci-dessous).

 

Le résultat de l’analyse est présenté dans le graphique ci-dessous :

 

 

De manière assez claire, il semblerait que l’idée selon laquelle en général les suites sont moins bonnes que l’original soit vrai (selon une magnifique régression de type logarithmique). Ainsi, la cote moyenne fournie par les internautes, diminue progressivement au fil des suites.

 

Bien entendu, cette relation est basée sur la moyenne pour les 44 films pris en considérations et si cette tendance se retrouve parfaitement pour certains films (passant allégrement du bon film à la daube consternante, par exemple pour ‘Les dents de la mer’), les choses sont fort différentes pour d’autres (ainsi, d’aucuns diront que le meilleur opus de la trilogie du ‘Seigneur des anneaux’ est le troisième).

 

On peut expliquer cela par l’aspect commercial et opportuniste, le manque d’imagination et le fait que le public se fidélise rapidement, autant de raisons qui poussent les producteurs fainéants à sortir une suite à un film qui à bien marché.

 

Il est néanmoins amusant de constater que la perte de qualité des films au fil des suites est prévisible avec une acuité à faire pleurer d’envie tout scientifique qui se respecte (il est rare d’avoir d’aussi belles relations).

 

Bon, j’y vais, les méchants messieurs en blouse blanche reviennent avec le pyjama avec des manches qui s’attachent dans le dos !

 

 

Films utilisés pour cette analyse: Alien, American pie, Batman, Les Bronzés, Chucky, Un justicier dans la ville, Les dents de la mer, Die hard, Evil dead, L’exorciste, The fast and the furious, Y-a-t’il un flic pour sauver la reine, Les gendarmes, Le parrain, Halloween, Harry Potter, Maman j’ai raté l’avion, Indiana Jones, L’inspecteur Harry, Jurassic park, Le seigneur des anneaux, Matrix, Mission Impossible, Les griffes de la nuit, La malédiction, La planète des singes, Police academy, Poltegeist, Psychose, Rambo, Robocop, Rocky, Saw, Scary movie, Scream, Star Trek, Star Wars, Superman, Terminator, Wallace et Gromit, Vendredi 13, X-men.




[cinéma] Méliès, la magie et le cinéma

26 09 2006

Magie et cinéma sont encore aujourd’hui indissociables. Et pour cause, si c’est la science des frères Lumière qui a rendu le cinéma possible, c’est un magicien qui lui a donné ses lettres de noblesse : Georges Méliès.

*** La naissance du cinéma

Tout commence en 1895 lorsque les frères Lumière présentent une invention de leur cru : le cinématographe. Ils se lancent dans une série de projection du premier film de tous les temps : La sortie de l’usine Lumière à Lyon. Le 28 décembre, un homme hors du commun est dans salle et y voit immédiatement l’énorme potentiel commercial et créatif.

Cet homme, c’est George Méliès.

Méliès est un personnage hors du commun. Hyperactif, créatif, malicieux, hilarant, passionné mais surtout un artiste contrarié par les exigences paternelle. Mais en 1888, âgé de 27 ans, il quitte finalement son travail dans la chaussure pour poursuivre son rêve : acheter le théâtre Robert-Houdin et entamer une carrière dans le spectacle.

L’arrivée du cinéma lui ouvre de nouvelles perspectives. Loin de se décourager face au refus des Lumière de lui vendre un projecteur, il s’en fabrique un et se lance dans la création et l’expérimentation.

Ses premiers films ne sont pas d’une grande originalité et sont dans la lignée de ceux des frères lumières : de petites scènes tournées en plein air. Mais devant les limitations pratiques de ce type de tournage (besoin d’attendre les conditions météo adéquates), il décide de travailler en intérieur et construit son premier studio fin 1896. Si ce n’était pas le premier studio du monde, il avait la particularité d’être le tout premier à posséder toute la machinerie nécessaire à la réalisation de films.

En 1898, il fondera aussi sa propre société de production au nom prémonitoire : la Star Film, et diversifiera ses production : reconstitutions historiques, féeries, film à trucs, reconstitution historique, vaudeville, publicité, documentaire, etc. De 1896 à 1913, il réalisera plus de 500 films, dont l’un des plus connu est Le voyage dans la lune (dont je vous ai déjà parlé).

*** Le grand inventeur

Si Méliès a marqué l’histoire du cinéma, c’est par sa capacité d’invention. Ne citons que le film d’animation, le film en couleur (il possédait une équipe qui coloriait certains de ses films image par image), la première synchronisation voix-geste, mais surtout toute une série de techniques et de trucages : la surimpression, l’exposition multiple et les caches, etc.

Par exemple, il découvrit par hasard le truc de la substitution :

Un blocage de l’appareil dont je me servais au début produisit un effet inattendu, un jour que je photographiais prosaïquement la place de l’Opéra une minute fut nécessaire pour débloquer la pellicule et remettre l’appareil en marche. Pendant cette minute, les passants, omnibus, voitures, avaient changé de place, bien entendu. En projetant la bande ressoudée au point où s’était produite la rupture, je vis subitement un omnibus Madeleine-Bastille changé en corbillard et des hommes changés en femmes. "

Chacun de ces trucages est illustré par de nombreux petits films très amusants dans lesquels il montre toute son espièglerie. Un petit exemple :

URL= http://w3.impa.br/~morph/melies/melies.mov

*** La déchéance et la consécration

Réalisateur, scénariste, créateur de nombreuses techniques et trucages, acteur, producteur, mais aussi " ébéniste, journaliste, peintre, photographe, escamoteur, illusionniste, mécanicien, écrivain, caricaturiste et poète " comme le décrivait Henti Jeanson, Méliès était un homme plus que complet. Comment un tel homme, qui avait tant fait pour le cinéma, est pourtant tombé dans l’oubli ?

Il était avant tout un artisan qui disait " le cinéma est intéressant parce qu’il est avant tout un métier manuel ". Comment pouvait-il s’adapter aux contraintes économiques lorsque celui-ci est devenu une machine à faire de l’argent ? Lui habitué à vendre ses films n’a pas pu s’adapter lorsqu’il a été question de les louer. Il arrêtera toute activité cinématographique en 1913.

Ecrasé par les dettes, il finira oublié de tous à vendre des bonbons et des jouets dans un kiosque de gare parisien.

Ce n’est que par hasard qu’il est redécouvert des années plus tard par Léon Druhot et que des critiques et amateurs de cinéma entreprennent de le ressortir de l’ombre pour lui rendre les honneurs qu’il mérite, campagne qui culminera par le remise de la croix de la légion d’honneur des mains du ministre des beaux-arts.

L’alchimiste de la lumière, comme l’appelait Chaplin, finira honorablement ses jours en 1938 à l’âge de 77 ans au château d’Orly, propriété de la Mutuelle du cinéma.

Aujourd’hui, Méliès a trouvé sa juste place dans l’histoire du cinéma et si la grande majorité de ses films ont été perdus (vendu en vrac à des forains pour couvrir ses dettes ou détruit de la main du maître dans un excès de colère), certains ont pu être sauvé et restauré pour notre plus grand plaisir.

*** Exposition : Mélies, le magicien du cinéma

Si un jour l’envie vous en prenait d’aller visiter les châteaux de la Loire, que vous passiez par le château de Blois, et qu’alors que vous flâniez face à cette imposante bâtisse, de drôle de bruits, des rugissements métalliques, provenant d’une petite maison située en face du château, venait déchirer le calme de votre promenade. Ne vous étonnez pas plus, si vous retournant vers l’origine de ces bruits, vous découvriez des dragons dorés sortir des fenêtres et réaliser une petite danse tels des doigts maléfiques tentant d’attraper les passants inattentifs.


Cette demeure plus qu’étrange, c’est la maison de la magie, véritable hommage rendu à l’un des plus grand illusionniste de tous les temps et natif de la ville de Blois : Robert Houdin, dit Houdini.

Pour quelques jours encore, ce musée héberge une petite exposition consacrée à Georges Mélies : projection de films, maquettes, décors et dessins originaux, affiches, photographies, etc. Une toute petite exposition mais qui vaut le détour.

URL= http://www.maisondelamagie.fr

*** Pour en savoir plus

Le documentaire La magie de Méliès de Jacques Meny est un excellent moyen de découvrir les origines du cinéma, le style largement imité de Méliès et ses nombreuses astuces de tournage. Il est aujourd’hui disponible en DVD (le documentaire, pas Méliès, bande de sots).

Sinon, quelques sites intéressant :

  • La page wikipedia qui lui est consacré

URL= http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Méliès

- L’excellent site hommage de l’association ‘Les amis de Georges Méliès

URL= http://alphacentauri.be/Friends/Melies/




[film] Le voyage dans la lune de Georges Méliès

22 09 2006

Et si aujourd’hui nous prenions notre dolorean et entreprendre un petit voyage, non pas sur la lune (si cette idée vous à traverser l’esprit, vous me reverrez la trilogie ‘Retour vers le futur’ comme pénitence), mais au début du vingtième siècle. Réglez votre bidouillomètre au 1 septembre 1902 et payons-nous une petite toile tous ensemble !

 

Je vois d’ici les excuses fuser : « Je n’ai plus d’essence ! », « Je ne peux pas, j’ai piscine ! » et autre fariboles du même acabit. Alors j’invite les fainéants à télécharger un petit film (en deux parties) aux adresses suivantes :

 

URL= http://www.stanford.edu/class/ihum22/media/TriptotheMoon1.mov

URL= http://www.stanford.edu/class/ihum22/media/TriptotheMoon2.mov

 

Rassurez-vous, ce film tient plus du court métrage que d’une version longue (celle-ci fait 8 minutes et la version complète n’en fait que 16).

 

Horreur, diront certains ! Un vieux film tout pourri en noir et blanc, sans paroles et avec une musique ringarde, comme on en voit sur la télé en panne de la maison de retraite de grand papa. Certe ! Mais ‘Le voyage dans la lune’ n’est pas un film-tout-pourri-en-noir-et-blanc-sans-paroles comme les autres et si vous devez voir un film-tout-pourri-en-noir-et-blanc-sans-paroles, c’est bien celui-là.

 

Mais pour bien en profiter, il faut le remettre dans son contexte (d’où l’intérêt de posséder une dolorean).

 

<b>*** Contexte historique</b>

 

En 1902, le cinéma n’en est encore qu’à ses balbutiements. Cela ne fait que 6 ans que les frère Lumière ont donné naissance au cinématographe mais depuis, des gens comme Pathé, Gaumont mais surtout Georges Méliès ont déjà réalisé pas mal de films. En grande majorité, il s’agit de petites scénettes tournées en extérieur mais Méliès, illusionniste et homme de théâtre, y voit un potentiel extraordinaire pour faire rêver et développe au fil du temps tout en série d’astuces qui seront les ancêtres du trucages.

 

Son ‘Le voyage dans la lune’ n’est pas le premier film, il n’est pas non plus d’une grande originalité d’un point de vue réalisation avec sa succession de plans fixes dans des décors théâtraux, mais il est le premier film d’un nouveau genre : la féerie, ancêtre de ce qui deviendra des genres majeurs de notre temps : le fantastique et la science-fiction.

 

Il fut projeté à travers le monde et connu un succès retentissant, ouvrant de nouvelles perspectives pour le cinématographe naissant. Pourtant, ‘Le voyage dans la lune’ n’enrichira pas Méliès (pas plus que le reste de ces films d’ailleurs). Ce dernier comptait sur l’exploitation aux Etats-Unis pour se faire son beurre mais cette fripouille de Thomas Edisson le coiffa au poteau en faisant des copies et en distribuant l’œuvre avant lui (ramassant un petit pactole au passage).

 

*** L’histoire

 

Aussi simpliste soit le scénario, il est mené d’une main de maître et il n’est pas nécessaire d’ajouter des intertitres pour en expliquer la trame au spectateur.

 

Un collège de grotesques savants habillés comme Dumbledore entreprennent un voyage sur la lune (au moyen d’un obus manipulés par des nymphettes dénudées, ajoutant un caractère érotique à l’œuvre) et y découvrent moult merveilles avant d’avoir des démêlés avec la population locale, les sélénites.

 

Il est amusant de constater que la première féerie donne une image satyrique de la science et des scientifiques, personnages qui resteront clés dans toute l’histoire du cinéma, du savant fou et égocentrique à la belle docteur en physique nucléaire de notre époque.

 

*** Pourquoi il faut voir ce film

 

En plus d’être la première vraie féerie de tous les temps, ce film est le premier du genre pour d’autres aspects :

 

- Si les trucages, principalement développés par Méliès existent depuis quelques années (morphing, surimpression, etc.), ils ne sont utilisés que dans des petites séquences courtes semblables à un tour de magie (les films à trucs projetés dans les foires). Dans ‘Le voyage dans la lune’, ils sont pour la première fois mis à profit à des fins artistiques et font partie intégrante de l’histoire. Par exemple, la disparition des sélénites dans des explosions de fumées.

 

- Un court segment à la fin est réalisé selon les techniques de l’animation, faisant de ce film le premier film d’animation de l’histoire.

 

- Un version complète colorisée à la main à l’époque (Méliès disposant d’une équipe qui mettait en couleur chaque ‘photo’) a été retrouvée en 2002. ‘Le voyage dans la lune’ est sans doute un des premiers films en couleur avant l’heure !

 

*** Alors, Marty ?

 

Le voyage dans la lune’ a certainement contribué à la reconnaissance tardive de Georges Méliès, aujourd’hui considéré comme un des fondateurs du cinéma moderne. Mais c’est une autre histoire que je vous raconterai très bientôt !