[humeur] Second life

09 03 2008

 - Chérie ?

- (...)

- Chérie ??

- han han...

- Chérie, tu m'écoutes ?

- (...)

Avant, j'avais une femme. On s'est rencontré, on s'est marié, il nous est même arrivé de nous reproduire une paire de fois. On était aussi heureux que possible. On avait une vie sexuelle épanouies.

Et puis...

Elle a commencé á devenir distante.

On ne pouvait pas blâmer le quotidien. On s'en réjouissait plutôt de la routine qui fait si peur aux amoureux débutant. Après tout, rien de tel que la routine quand on possède le petit grain de folie qui la rend intéressante.

Il fallait que je me fasse une raison, elle avait rencontré quelqu'un.

L'hypothèse semblait pourtant improbable. Non pas que je sois tellement imbu de moi-même que je ne crains point la concurrence (quoi que, je suis un mec quand même) mais plutôt pour des raisons géographiques. Après tout, pas des masses de prétendants sur notre petite île. Le facteur est une factrice (ce qui n'empêche rien) mais elle est vieille et moche (ce qui n'empêche rien non plus). Et les enfants, qui sont toujours dans ses pattes ? C'est quand même un frein, ca, non ?

Alors ? Qui ?

J'ai commencé à la surveiller, l'épier, fouiller.

Je sais, ce n'est pas joli, joli, mais le coeur à ses raisons. Et après tout, mon couple était en jeu.

Mais parfois, il est plus prendre de ne pas ouvrir la boite de Pandore.

Parfois, il est meilleur de vivre dans l'ignorance.

Ma femme me délaisse non pas pour une mais pour plusieurs personnes, sans réelle logique, ni distinction raciale, sexuelle, d'âge ou autres.

J'ai du faire face à un lourd secret. Une terrible vérité cachée au fin fond d'un terrible fantasme que je lui ignorais.

Elle se plongeait, devant mes yeux, dans des orgies virtuelles, des débauches de mots, se laissait caresser par des idées.

Ma femme était modératrice sur un forum.




[humeur] Klimatförändringar hotar havet – Owen on TV

27 04 2007

Dans Le cercle des poètes disparus, film qui a marqué ma génération du saut du Carpe diem, le professeur Keating donne la seule bonne raison pour écrire de la poésie: " séduire les filles ! " et aujourd’hui, je vois la toute logique de son argumentation hollywoodienne.

Ma tendre et douce me disait récemment que je dépendais largement du regards des autres et cela m’a amené à réfléchir. S’il est vrai que je me fiche comme d’une guigne de l’avis général, je suis un drogué de cette affection ou cette petite lueur d’admiration que je peux capter occasionnellement dans le regard de ceux que j’aime.

Mais si je dois être totalement honnête, cela va au-delà de cela. Sinon, comment expliquer ma vie virtuelle ? Il y a en partie le plaisir d’écrire mais ce n’est pas tout. Ce blogue, mes activités sur d’autres sites, tout cela participe au besoin de se sentir apprécié, de flatter mon égo.

La chose pourrait être malsaine mais je garde bien heureusement une certaine forme d’ironie et une tendre indulgence envers ce penchant qui fait que cela n’est pas un problème. Je suis conscient de l’idiotie de tout cela, je ne me prends pas (trop) au sérieux et il m’arrive régulièrement de me moquer de moi-même et de ce ridicule sentiment de fierté qui m’envahit lors de ridicules petites victoires personnelles qui passent totalement inaperçu pour les autres.

Si vous êtes arrivés jusque là, c’est que vous partagez mon indulgence !

Au niveau professionnel, ces petites victoires se traduisent par la publication d’un article (que personne ne lira de toute façon), une découverte ou un succès dans une recherche (dont tout le monde se fout) ou encore l’obtention d’un financement (qui me permet de continuer cette carrière qui encore aujourd’hui me semble être un terrible malentendu).

De façon encore plus rare, cela se traduit par un intérêt des médias pour mon travail.

Il y a de nombreuses années, j’avais fait un passage furtif dans quelques journaux locaux en compagnie de mon a(l)colyte de labo à l’occasion d’une activité que nous organisions pour un festival des sciences. Nous en avions ri tous les deux mais force m’est d’avouer que j’avais ressenti une certaine fierté à voir ma tronche dans un journal.

Il y a un an, les choses étaient monter d’un cran puisque le résumé d’une de mes présentations dans un congrès avait attiré l’attention des médias. En quelques jours, un communiqué avait fait le tour du net et des centaines de sites reprenaient l’information (1). J’ai même été étonné de découvrir que l’on discutait de mes recherches sur certains forums spécialisé. Quinze minutes de gloires virtuelles qui se sont éteintes aussi vite qu’elles ne s’étaient embrasées.

Au cours de ce même congrès, j’avais été interviewer pour une radio allemande Deutschlandradio Kultur. L’expérience avait été particulièrement stressante. Le journaliste m’avait coincé dans un coin alors que j’étais déjà passablement bourré au cours d’un cocktail pour m’entraîner dans un couloir et me poser différentes questions sur mon travail devant le regard amusé de mon patron.

L’interview est passée le 7 avril 2006 à la radio et j’ai eu la surprise de découvrir ma voix doublée en allemand (2). Il était très amusant de se dire qu’aucune personne de ma connaissance n’entendrait cette émission.

Et puis, la semaine prochaine, j’ai appris que mon projet sur les impacts des changements climatiques était accepté (me fournissant au passage un salaire pour les deux années à venir). Je devenais alors le candidat idéal pour un reportage sur les changements climatiques qui devait passé à la télévision suédoise (TV4) et j’ai été contacté par une journaliste.

Le tournage s’est fait à la station. Elle m’a filmé en train de jouer les scientifiques ou en train de jouer avec des petites bestioles, elle m’a posé des millions de question devant le port sous un soleil de plomb et hier, j’ai pu voir le résultat : Klimatförändringar hotar havet.

Quelle surprise de se voir à la télévision, sous-titré en suédois en plus (3).

http://www.youtube.com/watch?v=AHjCTMU-x2Q

Une fois de plus, cela passera totalement inaperçu mais ce fut une expérience des plus rafraîchissante.

J’ai quand même une vie amusante…

--

  1. Par exemple : http://www.innovations-report.de/html/berichte/biowissenschaften_chemie/bericht-57690.html
  2. Schlangensterne für die Stammzellenforschung est disponible sur http://www.dradio.de/dlf/sendungen/forschak/488101/
  3. Le journal télévisé est visible sur : http://www.tv4.se/vast. Ma courte intervention se situe après la cinquième minute.




[humeur] L’art autodidacte

24 04 2007

Dans son amusant et provocateur roman Mon oncle Oswald, Roald Dahl prète à son héros des réflexions personnelles sur le génie artistique et en particulier les génies de l’écriture.

Dans sa réflexion loufoque, il note quelques points intéressants : les écrivains de génies ne ressemblent pas à des génies et la capacité à écrire avec talent ne semble en aucun cas héréditaire.

Il y a un détail qui m’intrigue chez les grands écrivains. C’est qu’ils paraissent tellement ordinaires. Rien, dans leur aspect extérieur, ne donne le moindre indice de leur grandeur, alors qu’il en va autrement pour les peintres. D’une façon ou d’une autre, un grand peintre a l’air d’un grand peintre. Mais les grands écrivains ressemblent généralement à des employés de bureau travaillant dans une quelconque fromagerie. "

Sur ce point, les choses sont en plein changement. Nous vivons dans une société de l’image et les écrivains à succès apparaissent sur les couvertures de leur livre, dans les émissions de télévision et deviennent de plus en plus des personnages publics (il est intéressant de noter que souvent, leur visibilité est inversément proportionnelle à leur talent, tout le monde connaît la tête de Frédéric Beigbeder, quelques uns ont déjà vu Pennac ou Anna Gavalda mais il a fallu que je cherche sérieusement pour me faire une idée sur Iain Pears ou Roald Dahl.

Jamais le moindre indice n’a montré que les grands écrivains engendrent de grands écrivains. De temps à autre ils produisent des écrivains mineurs, mais cela ne va pas plus loin.
Il est vaguement possible, par contre, que les grands peintres engendrent des grands peintres. L’histoire fournit quelques exemples. Regardez les Téniers, les Breughel, les Tiepolo, et même les Pissarro. Dans le domaine de la musique, le merveilleux Jean-Sébastien Bach avait un génie tellement écrasant qu’il lui fut impossible de ne pas en transmettre un peu à ses enfants Mais chez les écrivains, rien de semblable. Curieusement, les écrivains paraissent jaillir le plus souvent d’un sol pierreux : ce sont des fils de mineurs, de bouchers ou d’instituteurs pauvres.
 "

Ce second point est plus intéressant et pointe du doigt la question de l’origine de la créativité et du génie.

Mais quelle est la différence fondamentale entre l’écriture et les autres formes d’art ?

La peinture et la musique sont des arts qui nécessite l’apprentissage de techniques complexes, ne serait-ce que pour donner au génie l’opportunité de les contourner. Il n’est pas possible d’apprendre à peindre ou à jouer d’un instrument en contemplant une toile ou en écoutant un concerto. L’écriture est probablement le plus autodidacte des arts. Par contre, il est possible d’apprendre à écrire en lisant. L’écriture est aussi un processus beaucoup plus introverti que la peinture ou la musique. L’auteur vit son histoire en huis clos et la transpose sur le papier. Le processus de création est totalement coupé du monde.

Dès lors, l’environnement d’un enfant de peintre et de musicien est beaucoup plus propice au développement de ses capacités artistiques. L’enfant grandissant au milieu des chevalets et des instruments aura plus la possibilité de s’impliquer dans cet art que celui qui grandit devant des parents qui écrivent.

Si une certaine forme de prédisposition génétique n’est pas totalement a exclure, cette dichotomie entre l’écriture et les autres formes d’art est principalement due à des différences d’environnements.

Alors, vous avez compris. Si vous êtes frustré de ne pas exploité vos impulsions créatrices et artistiques : écrivez !

Et pourquoi ne pas commencer par un blogue ?




[humeur] Owen Fink

12 04 2007

Je ne cesse de le crier sur ces pages à la manière d’une grand-mère radoteuse : je suis un scientifique qui rêve de devenir écrivain.

Ce blogue est une des expressions de cette douce frustration.

Ainsi, si je suis conscient de mes limites, aussi bien en terme de potentialité, de talent ou d’opportunités, cela n’entache en rien mon enthousiasme.

Depuis 4 ans, j’écris des petites chroniques pour ce blogue, je me suis lancé dans la rédaction de nouvelles dont j’ai envoyé deux manuscrits à des concours, je poste mes textes sur divers sites communautaires, etc.

Plus récemment, j’ai fait une belle rencontre avec un individu d’un rare enthousiasme. Un de ces fous qui se lance à corps perdu, armé de détermination, de talent et de positivisme contagieux dans cette voie ténébreuse est plus qu’incertaine qu’est le cinéma en Belgique. Scénariste, réalisateur producteur, monteur, il possède plus d’une corde à son arc et à déjà quelques petites réalisations prometteuses à son palmarès (voir par exemple, le court métrage intitulé ‘42’ écrit en 1 jour et filmé en 3 :

http://www.adressedusite.com/niko/42.htm)

Nous découvrant des points communs, nous avons décidés de nous associer autour d’un projet : l’écriture d’un scénario de court-métrage.

Ces dernières semaines, nous avons passé des moments surréalistes à discuter sur msn, à s’échanger idées et versions évolutives de notre histoire pour finalement arriver à boucler notre scénario provisoirement intitulé " Mais qu’est-ce que tu attends ? ".

Il s’agit d’une histoire entre rêve et fiction, l’histoire d’un anonyme qui se voit offrir une chance mais qui dans sa mesquine médiocrité l’utilise à mauvais escient et finit par tout gâcher. Une histoire sombre, métaphorique et ambitieuse, qui de est marquée du seau de mon innocence et mon ignorance des règles et des standard du genre.

Pour la première fois de ma vie, je viens de signer un contrat, une " CONVENTION DE COLLABORATION A L'ECRITURE DE SCENARIO ", qui donne à cette expérience un petit parfum de professionnalisme qui me fait frissonner de plaisir. Le scénario sera bientôt déposé à la SABAM et envoyé à différents acteurs pour essayer de titiller leur intérêt (le nom de Josiane Balasko a fait apparition dans les conversations).

L’avenir nous dira si ce scénario verra le jour, mais je suis content de l’avoir écrit. Cette expérience a été enrichissante, formatrice (règles d’écritures et surtout la création sous les contraintes pratiques et financières d’un film à petit budget) et nous parlons en ce moment de la possibilité de nous associer à nouveau pour un projet beaucoup plus ambitieux qui fait bouillonner mes neurones : l’écriture d’un long métrage.

Une de ces belles rencontres qui donne à celui qui est animé par le plaisir de l’écriture sans être dévoré par l’ambition, ni limité par le besoin d’argent, l’occasion de jouer à l’artiste !

A suivre…




[humeur] This is your destinyyyyy !

08 04 2007

Je sers la science et c’est ma joie ! "

Parfois je me demande pourquoi je suis devenu scientifique. Ce qui est devenu ma destinée, ne semblait pourtant pas être une fatalité.

Enfant, mes deux projets les plus sérieux d’avenir ont été l’archéologie (pour devenir Indiana Jones à la place d’Indiana Jones) ou faire quelque chose en relation avec l’espace (astronaute ou constructeur de vaisseau).

Je me souviens arpentant les sous-sols des bâtiments en construction armé de mon ridicule chapeau, mon fouet à la ceinture, en quête de trésor du passé. Traînant dans la bibliothèque d’archéologie pour tenter vainement de comprendre les hiéroglyphes (sous le regard suspicieux de la bibliothèquaire) ou encore vouant un culte à Anubis.

Je me souviens collectionnant toutes les coupures de presse sur l’aventure spatiale, ne ratant aucun lancement à la télévision ou harcelant les pauvres chercheurs du département de physique pour quelques images de voyager 2.

Plus tard, au moment du choix, j’ai rapidement laissé tomber la possibilité de l’archéologie. Un exécrable professeur d’histoire m’avait largement dégoûté de la branche archéologique. Je me suis donc penché sur le type d’études qui fallait faire pour travailler dans l’aéro-spatiale. J’ai donc fait quelques recherches sur les bonnes écoles d’ingénieurs et j’ai décidé de me lancer dans ces études.

La seule certitude que j’avais, et ce depuis très jeune, était celle de faire des études universitaires. Je viens pourtant d’un milieu simple mais mes parents faisaient partie de la première vague d’immigrant dans une jeune ville universitaire et employaient des étudiants pour travailler dans leur tea room.

Les étudiants étaient les être les plus cool que je connaisse. Ils faisaient la fête comme des malades, buvaient des bières comme mon papa et ils savaient des tas de choses incroyables comme comment fonctionne un laser ou la relativité et l’histoire du jumeau qu’ils m’expliquaient simplement.

Plus tard, je serais étudiant ! Plus tard, je serai baptisé ! Moi aussi j’aurai un tablier et une calotte…

Après deux ans en Ingénieur, il a pourtant fallu que je me fasse une raison. Ce n’était pas fait pour moi. Je ramais péniblement pour surnager et je ne me voyais pas faire cela toute ma vie.

Comme je travaillais depuis plusieurs années pour gagner un peu d’argent, j’ai envisager sérieusement de laisser tomber mon rêve d’enfant et rentrer dans la vie active. Mais mon père, dont la possibilité d’avoir un universitaire dans la famille et surtout croyant en mon potentiel, m’a poussé à donner à l’université une seconde chance.

Mais que faire ?

Un autre choix s’est alors proposé à moi. Un choix avec beaucoup moins d’avenir en terme de travail, de carrière et dont la vocation était plus tardive même si enfant j’ai toujours été attiré par la démarche scientifique.

J’avais construit dans la cave de mes parents un laboratoire respectable, hybride entre une boite de petit chimiste et une caisse de vrai matériel que mes parents avaient rachetés à un étudiant fauché. J’y mettais au point des carburant pour fusée, des super engrais ou encore des solutions au problème araignée (je ne m’étendrai pas sur ma chambre à gaz pour arachnides). Je me souvient aussi d’une dissection de rat devant les yeux fasciné de ma petite sœur !

Mais c’est certainement un excellent professeur de science qui a fait la différence (et, je l’avoue avec un peu de honte aujourd’hui, la lecture de Les fourmis de Bernard Werber à sa sortie). Il m’a confirmé que la science est fascinante et une rélle recherche de trésor.

La science me permettrait de combiner deux de mes désirs : ma tendance naturelle à organiser les choses et mettre les pièces en place et mon besoin d’enquêter, de chercher les mystères engloutis, bref l’aventure !

Je me suis donc lancé des études suite à la douce pression de l’environnement et dans la science par second choix.

Aujourd’hui je suis biologiste aventurier et je fonctionne au plaisir. Je fais mon travail avec une rare passion et conscient de ma chance, j’en profite tant qu’elle est là.

Pourtant, je sais que j’aurais pu être tout autre chose.

Le besoin de créativité est toujours là et s’exprime de différentes manières : par ce blogue, par ma vie virtuelle en générale, par mes différents projets d’écriture (je viens de signer mon premier contrat avec une maison de production pour un scénario que j’ai co-écrit avec un réalisateur pour un court-métrage), etc.

Je suis un scientifique qui joue à l’écrivain.

Dieu sait ce que l’avenir me réserve.

PS : J’ai déjà écrit ce genre de texte sur ce blogue. Cette chronique devait, à l’origine, être un texte sur l’Universeum mais elle est partie dans une toute autre direction en court de route, un peu comme moi et ma vie professionnelle. Je m’excuse dont auprès de l’improbable lecteur qui est arrivé au bout de ce texte et qui aurait déjà lu quelque chose de semblable (en fait, soyons réaliste, je m’excuse auprès de moi-même et comme j’ai une terrible mémoire, je ne devrais même pas m’en inquiéter).




[humeur] J’ai demandé à la lune

04 04 2007

POURQUOI ?

Cette question essentielle et enfantine est parfois une des plus insidieuses qui soit.

Je me souvient d’un de mes professeurs de biologie qui me disait que le "pourquoi ?" n’avait pas sa place en science:

" La science est là pour expliquer le "comment ?", laissons le "pourquoi ?" aux philosophes "

Prenons un exemple :

" Pourquoi le melon est-il côtelé ? "

Le scientifique pourra expliquer le comment en se penchant sur ses gènes, ses cellules, son développement, les contraintes physiques, l’évolution, la sélection naturelle, le hasard et la nécessité.

Mais qu’en est-il du pourquoi ?

Une des réponses serait " Pour pouvoir être plus facilement découpé en part égales et être partagé en famille ! "

Elle peut vous sembler ridicule ou risible mais elle n’est pourtant pas plus bête qu’une autre !

Posez la question du pourquoi sous-entend l’existence d’un plan ou d’un SENS. La seule alternative possible est de réponse " Parce que… " et accepter le fait que la vie n’a pas de sens si ce n’est celui qu’on lui donne (on peut alors soit devenir fou, embrasser le nonsense à pleine bouche et devenir citoyen R42 ou alors sombrer dans la dépression, s’inscrire sur DEP ou devenir philosophe existentialiste).

Tout dans la vie est question du regard que nous posons sur les choses et de ce que nous dicte notre intuition.

Une autre chose qui trouble considérablement les hommes est la COINCIDENCE. Nous sommes programmés pour mettre de l’ordre et chercher du sens. Les coïncidences dès lors nous marquent au fer rouge et dans lesquelles nous aimons voir un signe du destin.

Prenons un autre exemple qui m’a été soufflé par un ami :

" Pourquoi le soleil et la lune ont la même taille dans notre ciel ? "

Déjà, notre intuition prend un sacré coup lorsqu’on nous annonce à l’école que c’est la terre qui tourne autour du soleil et pas l’inverse ! Pourtant, nous le voyons tourner chaque jour de notre vie ! Mais en plus, on vous dit que le soleil est 400 fois plus grand que la lune alors que dans le ciel, ils ont une taille rigoureusement identique.

Sans ces informations, les anciens avaient de quoi se lancer dans diverses explications mythologiques et légendaires, faisant du soleil et de la lune les personnages centraux de la vie des dieux. Certains pouvaient même y voir la preuve que notre planète était le centre de l’univers.

Mais sur base de nos connaissances astronomiques actuelles, il y a plusieurs moyens de répondre à notre question :

  • La taille relative identique s’explique par le fait que plus un objet est loin, plus il paraît petit et que le soleil s’il est 400 fois plus grand est approximativement 400 fois plus loin de nous que la lune (la trajectoire de la terre autour du soleil n’est pas un cercle mais une élipse, dès lors il existe des petites différences en fonction des saisons, ce qui explique qu’une éclipse peut-être totales ou annulaires, selon la taille relative de la lune par rapport à celle du soleil).
  • L’enfance se caractérise par ses potentialités infinies. A force de choix, de non-choix, de chances ou de malchances, les choix se rétrécissent pour finalement donner une vie unique que l’on peut interpréter après coup comme un destin. L’âge venant, les possibilités se réduisent et notre destinée semble toute tracée et il faut une grande force de caractère pour en dévier. De même l’univers, dans son enfance, était riche en potentialité. L’une d’entre elle était l’apparition de la vie. Celle-ci s’est produite sur terre (et jusqu’à présent, nous n’avons aucune preuve formelle qu’elle soit apparue ailleurs, même si la chose est possible). La vie est apparue il y a de cela quelques 4 milliards d’années autour du carbone, de l’eau et du rayonnement soleil. La vie telle que nous la connaissons sur terre n’existe que suite à la présence d’une atmosphère. Tout cela n’a pu se produire que suite à deux phénomènes : la distance terre-soleil est telle qu’il ne fait ni trop chaud (ce qui emballerait l’effet de serre), si trop froid (glaciation qui empêcherait la possibilité de la vie que nous connaissons) mais surtout grâce à la présence d’un satellite de grande taille, la lune, qui permet de stabiliser cette atmosphère. La taille relative du soleil et de la lune dans notre ciel apparaît dès lors comme la marque de fabrique de la vie et alors que nous commençons à découvrir des planètes extra-solaires, il ne sera pas facile de retrouver de telles conditions ailleurs dans l’univers.

A partir de là, notre question et surtout la manière dont on y répond reflète notre vision du monde.

On peut y voir un heureux hasard qui nous a permis d’exister et ne voir dans la taille du soleil et de la lune rien d’autre qu’une amusante coïncidence ou encore être fasciné par cette chance, petit clin d’œil esthétique du hasard, sans pour autant y chercher une signification.

Mais on peut également y voir la preuve de l’existence de Dieu, d’un principe créateur ou d’une destinée. Après tout, quelles sont les chances que cela se soit produit par pur hasard ? Si quelqu’un pouvait mettre un chiffre, une probabilité, sur cela, elle serait certainement extrêmement faible (il faut savoir que personne ne dispose des informations pour calculer cela, et si certains s’y essayent, les chiffres proposés n’ont aucun sens). Mais des choses tellement rares qu’elles semblent impossibles apparaissent chaque jour, elles sont moins éclatantes, surprenantes et voyantes, c’est tout !

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse au delà de celle qui est mécanistique et descriptive. Juste des différences d’intuitions, de vision du monde, de croyance et de foi.

Alors d’après vous : " Pourquoi le soleil et la lune ont la même taille dans notre ciel ? "




[humeur] Facteur d’impact

20 03 2007

Cette semaine est en effet à marquer d’une pierre blanche dans mon modeste parcours scientifique. En effet, une de mes publications a été publiée dans un journal à haut facteur d’impact.

Petite remise en contexte.

Depuis que la science a perdu son statu de passe temps pour privilégié pour devenir un travail à part entière, les règles de travail ont considérablement évolué. Aujourd’hui, de nombreuses personnes sont en réelle compétition pour pouvoir devenir chercheur, obtenir des financements, etc.

Mais comment faire pour une institution pour sélectionner un chercheur ? Comment faire pour trouver quelqu’un d’efficace, de créatif ?

Le problème est semblable à celui de l’art avec qui la science partage de nombreux processus cognitifs. Si la politique joue un rôle important, le critère principal de sélection reste les productions de l’individus : les œuvres de l’artiste et les articles scientifiques publiés du scientifiques.

La publication d’un article est la seule méthode à la disposition du chercheur pour officialiser et valider ses travaux. Il écrit un texte très structuré et codifié dans lequel il résume les connaissances sur un sujet, la question à laquelle il voudrait répondre, la méthode utilisée dans le détail (pour que les autres chercheurs puissent répéter l’expérience), les résultats et enfin l’interprétation, les hypothèses. Ce texte est alors proposé à un journal qui décidera ou non de le publier après estimation de la qualité de l’article et du travail par des spéciastes.

Mais tous les articles ne sont pas égaux ! En effet, il existe de nombreux journaux et tous n’ont pas le même impact sur la communauté scientifiques. Certains sont très célèbres et sont lus et cités par un grand nombre de personnes (par exemple, le magasine Nature, dont je tire pas mal d’informations qui alimentent ce blogue) et d’autres sont beaucoup plus spécialisés et confidentiels (par exemple, le Belgian Journal of Zoology).

L’importance d’un journal est estimé par son facteur d’impact, un indice qui calcule le ‘succès’ d’un journal en terme de nombre moyen de fois que ses articles sont cités dans d’autres travaux (impliquant que ces travaux sont intéressant puisque lus et cités).

Ainsi, Nature à un facteur d’impact supérieur à 20 alors que Belgian Journal of Zoology reste autour des 1.

Souvent, les chercheurs sont uniquement évalués à l’aide d’une petite équation : le nombre de ses publications pondéré par le facteur d’impact.

C’est totalement idiot et non représentatif, mais c’est ainsi que le système est fait et par conséquent, le jeu consiste à publier le maximum possible (menant à un excès de publication dont la grande majorité est sans intérêt et n’est lue par personne) et de préférence dans les journaux les plus importants.

Mais bien entendu, publier dans un journal à haut facteur d’impact est plus difficile que de publier dans un obscur petit journal.

Au cours de ma thèse, j’ai toujours réagit en totale opposition à ce système et je n’ai jamais fait la course au facteur d’impact, essayant plutôt de publier mes résultats là où ils risquaient d’être lu par la communauté qui travaillait sur les mêmes sujets que moi. Mais comme tout un chacun, je caressais le rêve secret d’avoir un jour mon nom associé à celui d’une grande revue et lorsque je suis arrivé en Suède pour mon post-doc il y a maintenant 3 ans, je me suis mis en tête de m’attaquer au monstre sacré : le journal Nature.

Ces 3 dernières années, sans que cela ne tourne à l’obsession, je leurs ai envoyé 2 articles et 2 commentaires qui ont tous été refusé dans des délais plus ou moins long (le plus rapide a été refusé en 6 jours, le plus long en 6 semaines).

Et puis, récemment, alors que je préparais une présentation pour un congrès sur les cellules souches, j’ai lu un article publié dans Nature Reviews Genetics, un journal de la filière du groupe Nature, consacré à la régénération chez les animaux. Si l’article était terriblement bien fait et intéressant, il m’a fait bondir parce que les échinodermes (les animaux tels que étoiles de mer, oursins, etc.) qui sont connus pour leurs étonnantes capacités de régénération, n’étaient cité que anecdotiquement dans une phrase.

Travaillant sur la régénération des échinodermes, mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai abandonné mon travail pendant une journée pour écrire une réponse argumentée démontrant que non seulement les échinodermes devaient être pris en compte mais qu’ils sont probablement un des groupes les plus intéressants pour ce domaine de recherche. Trois pages plus tard, j’ai envoyé de tout à la revue et j’ai oublié l’histoire.

A ma grande surprise, ce texte a été accepté et est maintenant publié dans l’édition d’avril de Nature Reviews Genetics, offrant une ligne d’importance à mon CV (je n’avais jamais publié dans une revue avec un facteur d’impact superieur à 5 et Nature Reviews Genetics est supérieur à 19).

Un petit pas pour la science mais une grande victoire pour moi !

Mais ce n’est pas tout cela, il est peut-être temps que je me remette à bosser : Je sers la science et c’est ma joie !




[humeur] Le but du voyage

16 03 2007

Parfois, il faut avoir eu le sentiment de perdre quelque chose pour vraiment en mesurer l’importance.

On dit qu’il n’y a pas de bonnes habitudes, que le quotidien cause la ruine de la passion. Et si le bonheur, ce n’était que trouver un quotidien, une habitude, une routine délectable ?

Je vis en autarcie avec ma tribu sur mon île perdue dans les royaumes du nord. Parfois, j’aimerais pouvoir goûter a un peu de solitude, pouvoir les expédier en vacances pour avoir du temps à moi. Parfois, je pense avec nostalgie à cette période où j’étais seul avec plus de temps libre que je n’en voulais. Parfois, je me sens fatigué de cette vie organisée et codifiée qui ne me laisse que quelques minutes de liberté chaque jour.

Mais j’ai la chance de remettre cela en question de temps à autre.

D’une part, je garde en moi la peur de perdre ce qui est ma plus grande richesse. Une peur bien vivace et qui a déjà pris plus de réalité que je ne l’aurais voulu.

D’autre part, j’ai la chance de pouvoir voyager pas mal. Et à chaque fois que je laisse ma tribu derrière moi, ne serait ce que pour quelques jours, je me rend compte de la valeur qu’ils ont à mes yeux, de la tristesse que serait ma vie s’ils n’étaient pas à mes côtés.

Et le quotidien, les habitudes, la routine prend alors des allures de paradis perdu qu’aucune merveille dans le monde ne pourra jamais compenser. Finalement, je ne voyage que pour pouvoir rentrer chez moi et mordre à pleine dent dans une vie que d’aucun trouveraient monotone.

Qui sait, peut-être est-ce cela la maturité ? Prendre conscience de sa propre chance et avoir envie de tout faire pour la conserver.




[humeur] Harry Potter and the Mad Scientist

07 03 2007

On peut dire ce que l’on veut sur J.K. Rowling et son sympathique personnage Harry Potter mais personne ne peut nier le fait qu’elle aura marqué cette génération.

Et pas seulement chez les petits, les adultes aussi semblent pris dans l’ouragan déclenché par l’arrivée de l’apprenti-sorcier.

Ainsi, alors que je faisais une recherche dans la littérature scientifique, un des aspects les plus barbant de mon boulot, j’ai eu l’étrange idée de taper les mots clés " Harry Potter " dans le moteur de recherche (1).

Et là, consternation !

De nombreux articles portent mention de Harry Potter dans des revues aussi sérieuses et spécialisées que Genome Biology, Clinical Child Phychology and Psychiatry British Medical Journal ou encore Nature.

Petit tour au pays des scientifiques qui ont perdu la boule avec à la clé une démonstration scientifique de premier plan que Harry Potter est bon pour la santé et peut même sauver la vie de vos enfants !

En attendant l’arrivée du nouveau Harry Potter (Harry Potter and the something of something), le fan peut s’occuper en relisant les 6 premiers volumes et se perdre en conjonctures (il peut pour cela s’aider de nombreux ouvrages et sites sur le sujet).

Pour ma part, je me suis plongé dans ce que la littérature scientifique pouvait m’offrir sur le sujet.

Les mots " Harry Potter " donnent un vingtaine d’occurrences dans la littérature scientifique et ces dernières peuvent être divisées en plusieurs catégories. Certains apparaissent directement hors de ma portée (comme le mystérieux " Harry Potter and obesity " qui a été publié uniquement en allemand dans Krankenpfl en 2006).

  1. Certains n’ont absolument rien à voir avec Harry Potter et ont été tiré du chaos par simple coïncidence. Ainsi, l’article passionnant : " Behavioral and regulatory abnormalities in mice deficient in the NPAS1 and NPAS3 transcription factors " publié dans PNAS n’a été retenu que parce qu’un auteur s’appelle Potter et qu’un autre a Harry comme prénom (un des autres auteurs s’appelle Dudley, ce qui est une étrange coïncidence) ou encore " Biomaterials for reconstruction of the internal orbit " publié par un certain JK Potter dans Journal of Oral Maxillofac Surgery.
  2. D’autres font allusion à Harry Potter comme un hommage. Ainsi, un dinosaure du Crétacé supérieur qui ressemble vaguement à un magyar à pointe a été appelé Dracorex hogwartsia en l’honneur de JK Rowling pour tout ce qu’elle apporte aux enfants (2) ou encore dans l’article " Harry Potter and the structural biologist's (Key)stone ", un compte rendu d’une conférence publiée dans Genome Biology (3).
  3. Une série d’articles utilisent Harry Potter comme un outil pour diverses fonctions : pour enseigner la génétique aux enfants (4), comme outils pour aider les psychothérapie clinique (5).
  4. Bien entendu, des articles analyses les livres de JK Rowling et essaye de les interpréter à la lumière de leur discipline, par exemple la psychologie enfantine (6), parfois en prenant des directions loufoques comme cette lettre à Child and Adolescent Psychiatry qui voit dans Harry Potter un laxisme par rapport à l’alcoolisme (7).
  5. Une dernière catégorie est plus intéressante. Elle étudie l’impact de Harry Potter avec parfois des conséquences absolument inattendues.

Par exemple, l’article " Harry Potter casts a spell on accident prone children " (8) montre que deux choses semblent inévitables de nos jours pour les enfants : ils vont se blesser en allant jouer dehors et ils liront les livres de Harry Potter.

Les blessures dues aux accidents lors des jeux en extérieurs sont connues comme une cause majeure de mortalité chez les jeunes enfants. La fréquence de ces accidents varie en fonction de différents paramètres comme les jours de la semaine, la période de l’année (vacances ou école), ou encore la météo.

Les chercheurs ont pu également montrer que le taux d’admission aux urgences par des enfants entre 7 et 15 ans a dramatiquement chuté les week-ends qui ont suivit la sortie des deux derniers tomes de Harry Potter :

http://www.bmj.com/content/vol331/issue7531/images/large/gwis313130.f1.jpeg

La conclusion est là et c’est scientifiquement prouvé : Harry Potter est bon pour la santé de nos enfants !

Les auteurs proposent alors des mesures préventives comme la publication de livres de bonnes qualités pour faire chuter le taux d’accident chez les enfants (tout en ajoutant une mesure de précaution : ces mesures pourraient avoir des effets secondaires en terme d’obésité et de tonus cardio-vasculaire).

 

(1) Pour pouvoir se tenir à jour, un chercheur doit vérifier régulièrement les articles qui sont sortit sur le sujet sur lequel il travaille dans la littérature scientifique. Un des outils est le site PubMed, sorte de moteur de recherche qui compile la littérature scientifique.

url= http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?DB=pubmed

(2) Vous pouvez consulter l’article original sur :

url= http://www.childrensmuseum.org/dinosphere/draco_rex/dracorex_hogwartsia.pdf

(3) Devos D, Kalinina OV & Russell RB (2006) Genome Biology 7(12):333.

(4) Pour tout savoir sur le gène de la sorcellerie et comment il se transmet, lire l’amusante correspondance de Craig JM, Dow R & Aitken MA (2005) Harry Potter and the recessive allele publié dans Nature 436, 776.

(5) Noctor C (2006) Putting Harry Potter on the couch. Clin Child Psychol Psychiatry 11(4):579-89 ; Conn JJ (2002) What can clinical teachers learn from Harry Potter and the Philosopher's Stone? Med Educ. 36(12):1176-81.

(6) Subkowski P (2004) Harry Potter--the trauma as a drive for psychic development  Prax Kinderpsychol Kinderpsychiatr.53(10):738-53 ; Lake S (2003) Object relations in Harry Potter. J Am Acad Psychoanal Dyn Psychiatry. 31(3):509-20.

(7) Welsh CJ (2004) Harry Potter and butterbeer.J Am Acad Child Adolesc Psychiatry. 43(1):9-10.

(8) Gwilym S, Howard DP, Davies N & Willett K. (2005) BMJ. 331(7531):1505-6. L’article complet est disponible sur :

url= http://www.bmj.com/cgi/content/full/331/7531/1505




[Humeur] Le sens de la vie - part 3 (fin)

06 03 2007

Suite et fin du texte entamé ces deux derniers jours :

- http://owen.monblogue.branchez-vous.com/2007/03/04#136047

- http://owen.monblogue.branchez-vous.com/2007/03/05#136103

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3. Une belle Simpsonerie

(*) Si l’humour nonsense a beaucoup fait pour la philosophie, le plus grand philosophe de tous les temps est certainement Matt Groening. L’intégrale de son œuvre principale, Les Simpson, devrait trôner en bonne place dans tous les collèges.

Certains l’ont déjà compris comme en témoigne le livre The Simpsons and Philosophy : The D’oh of Homer écrit par William Irwin ou The gospel according to the Simpsons : The spiritual life of the most animated family par Mark I Pinsky. Les Simpsons sont aussi à la base d’un cours de philosophie donné à l’Université Sierra Heights aux Etats-Unis.

(*) Les Simpsons utilisent deux techniques qui ont fait le charme de l’humour nonsense : l’ultra-référence et l’hyper-ironie.

Il y a aussi bien sur l’humour de répétition mais nous n’en parlerons pas ici!

L’humour ultra-référencé est une marque de fabrique de l’humour nonsense qui est poussé à l’extrême dans les Simpson. Ainsi, le nonsense se situe dans la zone grise entre la tarte à la crème et la physique quantique. Pour être efficace, il doit répondre à plusieurs critères :

  • se suffire à lui même
  • faire allusion à un élément de notre imaginaire collectif (confidentiel mais pas trop)
  • faire passer une idée mais surtout pas !

Cela donne à celui qui découvre l’œuvre l’étonnant sentiment de faire partie de la conspiration, de comprendre quelque chose de caché et donc de se sentir particulièrement malin.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle sur la télévision belge Les Simpson sont programmés depuis des années après Questions pour un champion et Le journal télévisé. Après avoir eu l’air d’un con devant les extra-terrestres qui répondent à 4 questions de suite sur " Les rois Babylonien du second empire ", " Les insectes frugivores au Costa Rica " ou encore " L’étymologie des mots bulgares " (négligeant la catégories : " Les schtroumpfs célèbres " dans laquelle vous auriez pu briller) et étant complètement déprimés par les informations, les Simpson vous permet de rire ET de remonter dans l’estime de votre partenaire (qui se dit que si vous avez reconnu l’allusion à Citizen Kane dans l’épisode vous ne devez pas être si con que cela. Des statistiques complètement idiotes réalisée sur un échantillon absolument pas représentatif de 2 personnes indiquent que les Simpson auraient sauvé 100% des couples interrogés).

Les Simpson utilise l’humour référencé à un niveau encore jamais égalé permettant d’utiliser l’inconscient collectif pour faire passer des messages (par exemple, qu’il n’y a pas de message, ce qui est de l’hyper-ironie comme nous le verrons dans la partie suivante).

(*) Lorsque vous regardez un épisode de cette série, vous devenez membre d’une élite dont aucune élite nous voudrait faire partie !

L’autre technique utilisée à la fois par le nonsense et les Simpson est l’hyper-ironie.

Il y a aussi bien sur l’humour de répétition mais nous n’en parlerons pas ici!

L’ironie apparaît pour certains comme une arme pour survivre dans le terrible environnement qu’est le nôtre. Elle se définit, selon Ethan Hawke (qui est acteur et pas une référence mais il a un nom qui sonne bien et cela attirera peut-être quelques âmes perdues par les moteurs de recherche. Je devrais peut-être aussi ajouter : " George Bush nu avec Poney " ou encore " free porn " ? Non ?) comme le fait de " se moquer en disant le contraire de ce que l’on pense ".

Prenons un exemple concret. Depuis toujours vous détestez ces petits légumes verts et odorants que sont les brocolis ! Vous rentrez chez vous après un affreuse journée au boulot et la femme avec qui vous partagez votre vie depuis 26 ans vous annonce qu’elle a préparez un gros plat de brocolis pour le repas et elle ajoute : " Alors ? Heureux ? ", non sans une certaine malice (il faut ajouter pour sa défense qu’elle a découvert récemment que vous aviez une aventure avec votre secrétaire, elle a retrouvé de la sciure dans votre caleçon).

Vous avez alors deux options pour répondre : Soit vous lui dite votre façon de penser : " espèce de vieille emmerdeuse ! ", soit vous optez pour une saine ironie : " chouette, des brocolis ! " avant d’aller vous ouvrir une boite de sardines.

Isn’t it ironic, don’t you think ? " comme le chantait Alanis Morissette (nue, sexe, …, je sais je n’ai aucun scrupule).

Mais il existe une troisième alternative riche en possibilités : l’hyper-ironie. L’hyper-ironie est le fait d’être ironique en étant ironique ; donc de dire le contraire de ce que l’on pense en disant le contraire de ce que l’on pense !

Mais comme le menteur qui ment quand il dit un mensonge ne dit pas nécessairement pas vérité (ou l’inverse, je ne sais plus trop), l’hyper-ironie offre une gamme infinie de possibilités, toutes plus jouissives les unes que les autres et vous permet ainsi de vous amuser des situations les plus affreuses ou les plus absurdes.

Ainsi, pour reprendre notre exemple pratique. Vous auriez pu répondre avec sincérité : " chouette des brocolis " et ensuite dévorer votre assiette de bon cœur en pensant au fond de vous même que vous veniez de décocher une flèche d’humour glacé et sophistiqué, à la fois hyper-ironique mais aussi ultra-référencé (vous aviez bien sur reconnu la coccinelle de Rubriques à brac de Gotlib).

L’humour nonsense est donc non seulement une représentation hilarante de l’absurdité de la vie mais il nous donne l’impression d’être malin (et donc détourne notre attention des vrais problèmes, à savoir que nous ne sommes que des gros idiots) mais aussi nous offre par le biais de l’hyper-ironie un outils pour nous amuser de ce qui déprimerait les autres (comme ces emmerdeurs d’existentialistes, par exemple).

Si la plupart des grands noms du nonsense utilisent ces différentes techniques avec talent (par exemple, quand John Cleese en costume colonial est frappé au visage au moyen de deux sardines tenues dans les mains de Michael Palin qui fait un petit pas de danse ridicule sur un air de polka), les Simpson l’utilisent en même temps pour secouer les bases morales de notre société.

Le message des Simpson est clair : il existe des valeurs morales qu’il faut respecter : la religion, la famille, etc. et d’autres qui ne méritent pas d’être respectée : la religion, la famille, etc. Ainsi, chaque épisode devient totalement imprévisible (et pourtant notre intime connaissance des personnages et de leur univers nous les rends ultra-prévisibles et c’est ce mélange de prévisibilité imprévisible qui rend les choses intéressantes) et mime parfaitement notre vie. Chaque fois qu’il semble nous donner une leçon morale, celle-ci est coupée à la racine dans l’épisode suivant et jeté aux orties avant d’être décapitée, éventrée, carbonisée et torturés par un chat et une souris psychopathes. Ainsi, ils sont moralisateurs sans l’être, amoral, iconoclastes et conservateurs, cruels et respectueux.

Prenons quelques exemples :

Les Simpson sont moralisateurs quand Lisa défend la veuve et l’orphelin ou que Homer refuse un petit coup vite fait avec une collègue. Mais les Simpsons sont bêtes et méchants lorsque Homer est responsable de la mort de Maud Flanders suite à sa bêtise légendaire. Les exemples dans les deux sens sont innombrables et il est impossible de suivre une quelconque logique morale dans les Simpsons. On y décrit un monde d’une rare cruauté mais souvent la cruauté est confondue avec l’honnêteté (comme quand Umberto Eco parle de David Lodge, par exemple).

Mais n’est-ce pas la même chose dans la vie ?

(*) Et si la morale n’était qu’un concept absurde lui aussi et qu’il suffisait d’un petit peu de bon sens de derrière les fagots ? Et si la vérité n’existait pas ?

Il y a aussi bien sur l’humour de répétition mais nous n’en parlerons pas ici!

Mais Les Simpson vont un cran plus loin que l’humour nonsense. Ils nous offrent un modèle et ce modèle s’appelle Homer J Simpson.

Homer, c’est un Dieu ! Il est d’une rare bêtise, champion du monde toute catégorie du raisonnement primaire et circulaire, il est moche, alcoolique, son hygiène corporelle est plus que douteuse, et pourtant, pourtant, " les mots font, les mots sont, les mots disent ".

Non, ca c’est Vanessa Paradis (je ne peux pas m’empêcher de penser à elle à chaque fois que je dis ‘Pourtant’… si cela continue, je n’arriverai pas à boucler cet essais philosophique avant les 10 pages. Ce serait catastrophique ! Il est temps que je me reprenne. Respire. " ca c’est rien de le dire "… zut cela recommence… bon je vais boire un café).

Pourtant (…) il réussit tout ce qu’il entreprend ou même n’entreprend pas juste par chance (ce qui s’appelle une simpsonerie) ! Il va dans l’espace, il fait une tournée avec les Smashing Pumpkins, fais tous les boulots du monde, etc. Mais surtout, à chaque début et chaque fin d’épisode, il retrouve sa charmante petite famille aimante et la douce chaleur plein d’amour de son foyer. Oui, ce crétin fini est heureux !

Dès lors, il peut se permettre d’avoir des discussions avec Dieu tout en rejetant l’église et en dansant en slip en se grattant les fesses et en buvant des bières !

Homer Simpson a malgré lui compris que la vie est absurde, un terrible malentendu et que :

(*) le secret du bonheur et du succès tenait à bien peu de chose : une savant bêtise associée à une naïveté et une chance qui défie les lois de la nature (bien fait pour elle, saleté de nature !!!).

D’ailleurs, lorsque Homer découvre (par accident) que sa bêtise est due au fait qu’il s’était enfoncé un crayon dans le cerveau dans son enfance et qu’il retrouve ses capacités intellectuelles en se le faisant retirer, il découvre que l’intelligence est un fardeau ! Il décide alors de retrouver son ancienne vie en se faisant réimplanter le crayon.

Alors vive la lobotomie, flinguez votre cerveau à coup de bières et rigolons de l’absurdité de la vie!

Quand le but d’un homme dans la vie s’est de boire des bières et de faire un câlin de temps en temps, personne ne peut lui enlever ses rêves ! "

(*) Pour être heureux, il faut oublier toutes ces fadaises et profiter des choses simples !

Mon Dieu, presque 10 pages pour arriver à cette conclusion de philosophe de comptoir. Quelle absurdité !

Il y a aussi bien sur l’humour de répétition mais nous n’en parlerons pas ici!

Conclusion

Nous pouvons donc résumer ce ramassis d’âneries par :

  • Dieu n’existe pas (mais est un gros joueur sans vraiment de jugeote)
  • La vie n’est qu’un malentendu, une belle simpsonerie et une totale absurdité
  • So what ?
  • Non, pas un pingouin, j’en ai déjà un !
  • Roger, un muscadet ! Hummm, Muscadet !
  • D’oh !




[Humeur] Le sens de la vie - part 2

05 03 2007

Ce texte fait suite à celui proposé hier:

http://owen.monblogue.branchez-vous.com/2007/03/04#136047

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2. Nonsense

(*) Quel est le sens de la vie ?

C’est probablement autour de cette question que s’est créé cette discipline étrange que l’on appelle la philosophie. Tout philosophe digne de ce nom doit avoir un avis sur la question, quitte à avoir un avis idiot au risque d’être la risée de ses camarades lors des conférences et autres symposiums.

Mais, comme disait ma maman, " la philosophie c’est bien mais cela ne nourrit pas son homme ! ". Autrement dit, c’est bien de faire le malin en utilisant de grands mots et pondre des tonnes de bouquins incompréhensibles, mais rendez-vous utile un petit peu !

C’est vrai quoi !

(*) A quoi cela sert de résoudre les mystères de l’univers si cela ne sert à rien ?

Et ne me faites pas rire avec la satisfaction de la connaissance et autres fadaises du même tonneau (Roger, un muscadet).

Prenons par exemple l’existentialisme.

Franchement ! Si c’est une plaisanterie, elle est encore moins drôle que celle du belge, du polonais et du suisse en vacances ! (ah ah ah, j’en ris encore !)

Je dois reconnaître que l’idée de départ est séduisante :

(*) La vie n’a d’autre sens que celui qu’on lui donne, chaque individu est libre et responsable de son destin, " l’existence précède l’essence ", bla bla bla.

Mais au final cela donne un courant philosophique et littéraire drôle comme une épidémie de peste dans un orphelinat. Normal pour un mouvement lancé par un danois dépressif au nom imprononçable et entretenu par de joyeux drilles comme Sarte, Camus ou Vian.

La philosophie n’est pas censée être drôle, me diront les pissent-vinaigres (aucune idée de comment cela s’écrit et mon dictionnaire est bien trop loin), pas plus que la vie !

Et si c’était là l’erreur la plus fondamentale ? Et si les plus grands philosophes de tous les temps n’étaient pas Kant, Pluto (non, c’est l’ami de Mickey, je voulais dire Platon), Kierkegaard, Aristote ou même Bernard Henry-Levy mais bien Matt Groening, Douglas Adams ou l’école des Monty Python ?

Absurde ? N’est-ce pas là, LA réponse ?

L’humour nonsense est une forme de philosophie appliquée, une alternative plus sérieuse à cette franche rigolade qu’est l’existentialisme. Il trouve ses racines dans nos interrogations philosophiques sur le sens de la vie et y apporte la seule réponse possible :

(*) La vie est absurde et n’a aucun sens. Mais plutôt que de sombrer dans la dépression facile, le nonsense y apporte un corollaire non négligeable : " who cares ! " suivit d’un vibrant et drolatique " always looks on the bright side of life ".

Oui, la vie est absurde et c’est bien ce qui est drôle. Alors fendons-nous la poire !

Quelques illustrations tirées de la culture nonsense.

Un des textes fondateurs de la culture nonsense est certainement l’hilarant Hamlet de Willy Shakespeare. " Etre ou ne pas être ", " Pauvre Yorick ", décidement si l’on n’a qu’Hamlet ou Kierkegaard comme référence, rien d’étonnant que le Danmark soit moins visité que la Costa Brava lors des grandes migrations d’étés. Pourtant, malgré ce personnage et ses tendances dépressives à faire passer Bourriquet et Marvin pour de joyeux drilles, Hamlet est une pièce qui possède de réel moment comique et absurde. Le mouvement était lancé :

(*) Oui, on peut rire de tout et même de l’absurdité de notre triste vie à laquelle nous sommes condamné. Rions de nos malheurs et de celui des autres (à condition qu’il soit rigolo, dirait Geluck).

La question du sens de la vie est alors abordé par tous les représentants de l’humour nonsense pour toujours arriver à la même conclusion.

Les Monty Python ont plus fait pour la philosophie que nombre de philosophes actuels, que ce soit les discussions absurdes sur l’existentialisme de madame Prémisse et madame Conclusion dans les Flying circus ou le film Le sens de la vie dans lequel la condition humaine était symbolisée par des poissons enfermés dans l’aquarium d’un restaurant et qui discutent du sens de la vie en voyant leurs congénères se faire dévorer. La vie est absurde mais cela ne change rien au fait que ma bagnole perd de l’huile !

Toute leur pensée est résumée dans la magnifique chanson écrite par Eric Idle et qui clôture La vie de Bryan :

For life is quite absurd
And death's the final word
(…)

Life's a piece of shit
When you look at it
Life's a laugh and death's a joke, it's true.
You'll see it's all a show
Keep 'em laughing as you go
Just remember that the last laugh is on you.
 "

Un autre exemple est Le guide galactique de Douglas Adams qui sous ses nombreuses formes est construit autour de la même question du sens de la vie, la recherche de la réponse (et surtout la question) ultime sur La vie, l’univers et le reste.

Après 7.5 millions d’années de réflexion de l’ordinateur le plus puissant du monde, Deep thought, construit uniquement pour l’occasion, la réponse à la grande question du sens de la vie apparaît être : 42 (il est intéressant de noter que l’intelligence artificielle ultime créée dans Destination : vide de Frank Herbert et qui se pose sur l’existence de Dieu arrive à la conclusion que Dieu existe bel et bien et que Dieu, c’est lui !)

En soit, la réponse en dit long sur l’absurdité de la vie. Mais plus tard, on découvre que la terre n’est autre qu’un super ordinateur créé pour calculer ce qui est la question ultime dont la réponse est 42 après 10 millions d’années de calculs.

Après de nombreux rebondissement, l’auditeur ou le téléspectateur (cette réponse n’apparaît que dans l’émission de radio originale et dans la série télévisée, elle a été retirée des autres formats tellement elle est lourde de révélation) découvre que cette question est : " Combien est-ce que j’obtiens si je multiplie 6 par 9 ? " (celle-ci était cachée dans l’esprit du seul humain qui a survécu à la destruction de la terre par un vaisseau Vogon pour faire place à une déviation galactique et qui est révélée par pur hasard, on y revient, en tirant des lettres de scrabble préhistorique… si vous n’avez rien compris à cette parenthèse, c’est parfaitement normal).

La conclusion tombe alors comme un couperet : " J’ai toujours su qu’il y avait quelque chose de fondamentalement foireux dans cet univers ".

(*) Oui, la vie est absurde. Elle n’a aucun sens. Mais ce n’est pas une raison pour s’emmerder ! " Enjoy it - it's your last chance anyhow ! ".

SUITE ET FIN DEMAIN




[Humeur] Le sens de la vie – part 1

04 03 2007

Comme je suis quelqu’un de très occupé, j’ai décidé d’en finir une bonne fois pour toute avec les problèmes philosophiques. Je vous propose donc ci-dessous une version courte (tout est relatif, comme me le faisait encore remarquer l’autre jour ma voisine de palier en langage des signes… oui je fais de la plongée) de mes réflexions philosophico(s)miques avec à la clé : la démonstration ultime de la non-existence de Dieu, une prière pour le hasard qui est ce qui se rapproche le plus de Dieu, une réponse claire et précise à la grande question sur La vie, l’univers et le reste et enfin le sens de la vie !

Ce petit texte qui va mettre fin à la philosophie en moins de 10 pages (et réaffecter les philosophes a des tâches plus utiles à la société comme la dératisation ou le vidage des fosses sceptiques, dans la foulée diminuer nos impots dont une partie sert à financer ces fainéants) et sera proposé sur ce blogue en 3 parties (première partie aujourd’hui et suite les deux jours suivants).

Sachez que si l’ensemble est aussi idiot qu’absurde, c’est soit par que l’auteur est lui-même idiot et absurde, soit c’est la réponse que vous cherchiez depuis si longtemps.

  1. Une petite partie de dés avec Dieu

Note préliminaire : si vous êtes pressé mais que vous avez néanmoins, pour une obscure raison, envie de savoir de quoi parle ce texte (je vais quand même vous y révéler rien de moins que le sens de la vie…), vous pouvez ne lire que les paragraphes précédés d’un (*), le reste n’est que digression par un esprit dérangé et passablement alcoolique.

Etre un génie ne met malheureusement pas à l’abri de dire des bêtises grosses comme son cerveau (en plus, il n’y a aucune corrélation entre intelligence et la taille du cerveau, ce qui ajoute à la confusion). Ainsi, Einstein aurait mieux fait d’écrire une lettre de plus à sa maîtresse le jour où il a dit : " Dieu ne joue pas aux dés ".

Par cette phrase, lui qui avait dans sa jeunesse donné un coup de pied au cul de la physique de son temps, montrait les limites de son génie puisqu’il refusait en bloc la nouvelle révolution mise en place par quelques brillants esprits comme Heinsenberg : la physique quantique.

Cette phrase qui sonne pourtant très bien (pour preuve, je vous invite à la placer au prochain cocktail chez l’ambassadeur et vous verrez les têtes acquiescer d’un air grave et la fille de l’ambassadeur passer sa langue sur ses lèvres d’un air gourmand en vous dévisageant outrageusement), est pourtant fausse sur de nombreux points.

D’une part, Dieu n’existe pas comme cela a été clairement démontré par l’improbable existence du poisson Babel (consulter votre Guide Galactique). Ce poisson est en effet tellement parfait que le fait qu’il puisse être apparu par chance est tellement faible que cela en est presque impossible. Dès lors, selon les préceptes de l’Intelligent Design, son existence ne peut-être que l’œuvre de Dieu et prouve par conséquence son inexistence ! En effet, pour laisser à l’homme la possibilité de douter (ce qui est l’essence même de toute foi), Dieu ne peut en aucun cas laisser la moindre preuve formelle de son existence. Dès lors, toute preuve de son existence (comme les magnifiques adaptations observées dans la nature) sont donc des preuves de sa non-existence.

Ensuite, s’il n’existe pas, Dieu n’en joue pas moins au dés en compagnie de Tyché, la belle océanide. Et il perd gros ! En effet, Tyché (ou Fortune chez les romains), la divinité de la fortune, de la prospérité et de la destinée n’arrête pas tricher (Dieu lui doit d’ailleurs quelques milliards de dollars et risque de se faire casser les deux jambes par Oceanus, le père de Tyché qui fait fortune à l’Olympe en tant que prêteur sur gage). Et franchement, ce n’est pas très malin de jouer aux dés avec celle qui passe son temps à foutre le bordel dans l’univers sacrifiant tout espoir aux pauvres humains que nous sommes de pouvoir faire une prédiction digne de ce nom ! Moi je dis, Dieu il est peut-être le créateur de l’univers mais il n’est pas très perspicace. Jamais je ne jouerais au dés avec une bonne femme capable de se tenir en équilibre sur une roue les yeux bandés tout en tenant à la main une corne d’abondance. Mais bon, ce que j’en dis…

Bref (le mot est probablement mal choisit pour décrire le paragraphe ci-dessus : 468 mots juste pour faire passer l’idée que certaines choses échappent totalement à toutes probabilité ou prévision, on a connu mieux comme brièveté).

(*) Certaines choses échappent totalement à toute probabilité ou prévision.

Mais les êtres humains sont des êtres têtus. Et ils aiment plus les belles idées, l’ordre et la classification que les explications plus simples !

Pourquoi les Inuits se font-ils chier à trouver plusieurs mots pour décrire cette chose froide et humide qu’est la neige ? Pourquoi une peuplade perdue au fin fond de la Papouasie et qui ferait mieux de réfléchir aux droits de l’homme possède t’elle dans sa langue un nom pour chacun des dizaines d’oiseaux qui habitent leurs forêts ? Les exemples sont innombrables.

Alors accepter l’idée que le hasard gouverne notre destinée ! Et puis quoi encore ?

Pourtant le hasard est partout !

(*) Les choses les plus improbables arrivent tous les jours, mais échappent à notre attention.

Par exemple, quelle est la chance si vous jouez au bridge (d’ailleurs qu’elle est la probabilité de jouer au bridge, je vous le demande un peu…), d’obtenir dans votre mains les 14 cartes d’une même couleur ? Une chance sur… euuuhh… enfin c’est hautement improbable. C’est tellement improbable que cela n’a jamais été observé dans les annales du bridge.

Mais où veut-il en venir ?

Cette probabilité, si faible qu’elle en est pratiquement impossible, est exactement la même que celle de n’importe quelle main au bridge. Ainsi, si vous distribuez un paquet de 52 cartes entre 4 joueurs, chacun se retrouve avec dans les mains, un jeu dont la probabilité d’existence est si faible que cela en est ridicule et qui par conséquent ne devrait pas exister !

(*) Le monde dans lequel nous vivons n’est pas que probabiliste et nous devons accepter l’idée que l’improbable le plus absolu est notre quotidien.

Autre exemple. Il est communément accepté que toutes les espèces vivants sur terre sont le produit d’une lente évolution qui a débuté il y a de cela plusieurs milliards d’années par l’apparition de la première cellule vivante suite à un hasard à faire pleurer un joueur de bridge. C’est ce qu’on appelle l’évolution, un concept qui a été formalisé par un certain Darwin. Mais plus de 150 ans plus tard, si de nombreuses théories existent pour tenter d’expliquer comment cette cellule a fait pour évoluer et donner naissance à Michael Jackson, aucune n’est vraiment satisfaisante.

Par exemple, la théorie de la sélection naturelle est une idée très séduisante : le riche, grand, beau, fort et en bonne santé à plus de chance d’engrosser une minette que le pauvre, petit, laid, minable et malade (quoi que, comme le disait ma grand-mère qui est un peu philosophe, " chaque pot à son couvercle ", rendant ainsi obsolète 2 siècles de recherches scientifiques). Mais là encore, c’est négliger la toute puissance du hasard !

Si par malchance (ou chance, tout est question de point de vue), le riche, grand, beau, fort et en bonne santé se fait écraser par une enclume (tombée par exemple d’un avion), le pauvre, petit, laid, minable et malade aura toute les chances de consoler la veuve et de profiter ainsi honteusement de la situation (qui l’en blâmerait ?) Et si certains y verront le signe de la justice cosmique, qu’on ne me parle pas de sélection naturelle !

Mais n’est-ce pas ce qui nous rend libre, justement ?

(*) Cette non-nécessité n’est-elle pas une " attribut caractéristique de la liberté ",

comme le soulignait Leibniz avant de se lancer dans la création de cube de bouillon (quoi ? c’est Liebig ? Par grave, on coupera au montage).

Attention, cela ne veut pas dire que l’improbable est toujours possible ! Certaines choses sont destinées à ne jamais être vues (l’exemple le plus scientifique étant : un lundi au soleil). Contrairement à ce que pensaient les grands savants Shadock, aucun ouragan passant sur un tas de pièces détachées ne donnera naissance à un vaisseau spatial ! Vous pouvez laisser des centaines de singes taper sur des centaines de machines à écrire, jamais cela ne donnera naissance à un texte de William Shakespeare (vous pouvez espérer au mieux : " être ou ne pas être, telle est l’équation ", ce qui est totalement idiot). Mieux vaut laisser les macaques devenir ceinture noire de karaté (enfin, je me comprends).

(*) " Tout dans l’univers est le fruit du hasard et de la nécessité ", écrivait Democrite. Peut-être est-il temps d’accepter le fait que finalement notre présence sur terre n’est qu’un terrible malentendu !

(SUITE DEMAIN !)




[humeur] Le goût des choses

20 02 2007

Vous avez sans doute remarqué que la façon dont nous percevons les choses sont largement dépendantes de notre état d’esprit ou du contexte.

Ainsi, le pastis n’aura jamais meilleur goût que lorsqu’il est dégusté sur la terrasse d’une ville du sud de la France par une chaude journée ensoleillée de vacance. Nous serons plus ou moins sensibles à une scène dramatique d’un film selon notre humeur du moment, notre âge, notre sexe ou encore nos préoccupations.

Cela les grands magasins l’ont bien compris et joue énormément sur la psychologie et l’environnement dans l’organisation de leur magasin (jouant subtilement sur les couleurs, les parfums, la musique, les lumières) pour nous faire acheter sans même que nous en ayons conscience, que ce soit cet affreux tapis dont vous n’aviez pas besoin mais qui donnait si bien dans le magasin ou encore ce jambon à la teinte grisâtre mais qui avait l’air si appétissant sous le feu des projecteurs du présentoir.

Mais il n’y a pas que la psychologie et la physique intervient aussi dans une large part.

Certaines boissons n’ont pas le même goût selon le contenant, rendant le choix du verre particulièrement important lorsque nous dégustons un grand vin ou une bière trappiste (même si dans ces cas, le goût apporté par le folklore contribue également). Même le coca n’a pas le même goût selon qu’il est servit en canette, en bouteille plastique ou en verre (je suis de l’école qui ne jure que par les bouteilles de verre de 20 cl, de celles qui ont le goût de l’enfance).

Assez curieusement, il en est de même pour les livres. " on ne juge pas un livre à sa couverture ", dit le dicton, mais n’est pourtant pas ce que nous faisons intuitivement dans tous les aspects de notre vie ?

A une époque ou nous pouvons avoir accès en quelques clicks à des livres, il est utile de rappeler qu’un roman n’aura pas nécessairement la même saveur s’il est lu sur un écran, sur des pages imprimées ou dans un beau livre relié.

Je ne suis pas bibliophile. Je ne collectionne pas les livres pour les livres. Je ne cherche pas les éditions rares et préfère m’offrir 3 poches qu’une belle édition. Mais lorsque l’occasion se présente, je sais apprécier le plaisir d’un beau livre.

J’ai ainsi pu m’offrir une magnifique édition des œuvres de Conan Doyle et j’ai pu relire ses romans dans de lourds volumes reliés de cuir au papier épais et à l’encre à l’odeur affolante. Des livres qui comme de belles filles peuvent faire tourner la tête.

Mais vous me direz que la forme n’influence en rien le contenu. Contrairement au vin, les mots ne vont pas respirer lorsqu’ils sont présentés sous une forme ou une autre, et changer leur agencement ou leur qualité.

Non, bien sur que non ! Mais ce qui va changer, c’est votre perception de ce texte.

Un roman présenté dans une belle collection se donne les apparences de la grande littérature. Même tous les poches ne sont pas égaux. J’aurai tendance à prendre inconsciemment plus sérieusement un livre publié en 10-18 qu’un autre publié chez J’ai lu.

Plus récemment, j’ai même pu me lancer dans l’expérimentation malgré moi.

Lors de courtes vacances en France, j’avais opté pour la formule chambres d’hôtes et me suis retrouvé dans une luxueuse chambre construite dans une ancienne étable d’une fermette de la région de Troie. La chambre était aménagée comme par un hôte attentif qui avait négligemment laissé traîné des romans sur la table de chevets. Parmi ceux-ci, j’ai reconnu le nom de Isabelle Hauser, un auteur qui revient sans cesse dans les conversations (en particulier, un ami m’avait raconté l’histoire de l’écriture de Célubé) sans que je ne me décide enfin à essayer.

Le livre, une belle édition de Une comédie familiale, n’attendait que mon bon vouloir et j’en ai entamé la lecture. Bien entendu, je n’étais pas là pour passer mes journées à lire. Je n’ai donc pas su le terminé et ai du abandonner le roman derrière moi. Plus tard, j’en ai acheté une édition de poche pour enfin pouvoir le terminer. Et bien force m’est de reconnaître que ce livre n’a pas eu la même saveur lorsque je l’ai commencé en vacance dans une belle édition que lorsque je l’ai continué en poche au retour dans ma vie quotidienne (même si cela n’enlève rien á ses qualités littéraires).

Quoi qu’il en soit, si musique et films semblent menacé par Internet, le livre, lui, ne risque pas grand chose tant que la notion de plaisir y reste associé.




[humeur] cheeeeesssseeeee !

15 02 2007

Pour être heureux, il faut parfois savoir se contente de petites victoires !

C’est d’autant plus vrai lorsque votre vie prend des allures de monstre dévoreur de temps dont les pseudopodes s’infiltrent dans chaque petite parcelle de temps libre qu’il vous reste. On se lance alors dans des petites quêtes du quotidien, des petits graals de pacotilles qui rendent la vie plus amusante.

Mon dragon du moment était orange, poilu, idiot et mielophage.

Winnie l’ourson, qui chaque jour s’invitait dans notre salon, tel le pauvre qui pense que c’est chaque jour Noël (je sais la métaphore est douteuse mais c’est la faute à l’esprit de Winnie).

J’ai donc contre-attaqué à grand coup de plasticine. Contre Disney, j’ai utilisé les studios Ardman avec leur plus belle création : Les aventures de Wallace et Gromit.

Et la victoire est écrasante puisque dorénavant, Ce sont bien eux qui sont devenus les favoris de ma petiote.

Mais j’avoue que je me pose des questions. Ma quête était-elle juste ?

Il faut dire que ce matin, alors que j’allais cherché ma fille de deux ans dans son lit, son premier mot a été un vibrant : " Cheeeeeeessseeee ! " (le fromage étant la nourriture de prédilection de Wallace devenant le cri de guerre du lapin dans Wallace & Gromit : The curse of the were-rabbit) suivit presque immédiatement par un " aaaaaahhhouuuuuuuhhhh " alors qu’elle se battait la poitrine tel un gorille en rut (un comportement du lapin-garou dans le même film).

Est-ce bien normal ? Ai-je, tel Wallace avec son mind-manipulation-omatic, créé un monstre malgré moi ?

C’est décidé… demain elle regardera Toy Story !




[humeur] Ikeaway to hell

07 02 2007

Dans Huis clos, Jean-Paul Sartre écrivait cette phrase désormais célèbre: " L’enfer, c’est les autres ".

Et comme il se trompait !

L’enfer, c’est bien " les autres " mais rassemblé dans un Ikea un dimanche d’hiver.

Je vis en Suède à proximité de Göteborg, la seconde ville du pays, fameuse pour… euhhh… enfin la seconde ville du pays. Non contente de posséder le plus beau… euhhh… enfin elle abrite dans sa périphérie l’Ikea le plus moderne du monde !

Quel chance pour un homme qui avait besoin d’un nouveau canapé, d’une garde robe et d’un lit d’enfant !

C’est donc en famille (et accompagné de deux collègues sud américain pour le côté exotique) que je me suis donc rendu au temple suédois du meuble bon marché (ou temple bon marché du meuble suédois, je ne sais trop).

Bien mal m’en pris !!!

C’est que les hommes n’apprennent jamais ! Ils savent pourtant qu’il y a des choses à ne pas faire : construire sa maison sur ancien cimetière indien, enterrer sa femme et son fils dans le Simetière des animaux (encore des esprits indiens), ne pas verser le contenu de fut chimique ultra secret dans un cimetière (tiens, encore un cimetière ?), etc.

Mais nooon, énerver les esprits cela n’arrive qu’aux autres ! Et hop vas-y que je pisse sur une idole sacrée, que je vole la pierre magique ou… que je rassemble sous un même toit une quantité indécente de cadavre d’arbres massacrés dans des conditions atroces (cela se sait assez peu mais les arbres utilisés pour la construction des meubles Ikea sont élevés en batteries dans des conditions inhumaines et ensuite abattu de façon sadique avant que leurs corps ne soient profanés, tels des morceaux d’Osiris, et envoyés aux 4 coins du monde).

Pour celui qui est un peu sensible à ces choses, Ikea est le théâtre du ballet morbide des esprits de la forêt (et non pas du foret), résonnant du cri lugubre de ces arbres appelant la vengeance pour toute cette sèves et sciure versées sur l’hôtel de notre cruauté.

Mais être conscient d’une chose ne protège en rien de cette chose.

Et comme le premier quidam venu, j’ai du subir les conséquences de mon insolence lorsque j’ai pénétré dans le magasin.

Car c’est un fait scientifiquement établi : Ikea fait ressortir le pire de ce qu’il y a en nous !

Il suffit au commun des mortels de pénétrer dans un Ikea pour que l’action des esprits en colère se fasse ressentir et elle déteint sur les clients, lorsqu’ils se font dépassé dans une file ou bousculé dans une allée. Moi qui suis un exemple de calme et de douceur, dès que je pénètre dans un Ikea, j’ai les nerfs à fleur de peau et réagit comme un lion en cage.

Dans un Ikea, votre destinée est représentée par des flèches tracées sur le sol que vous êtes condamné à suivre, entraîné par le flot lent des clients qui errent paresseusement dans les allées en quête d’objets dont ils n’ont pas besoin mais auxquels ils ne peuvent résister. Ils entrent pour rapidement acheter une table basse pour le salon à 12 euros et ressortent avec une note astronomique et des bougies (qu’ils n’utiliseront pas), des cadres photos, un affreux tapis (cela donnait bien dans le magasin mais c’est moche comme tout à la maison), etc.

Bien entendu, un passage par Ikea ne se conçoit pas sans un arrêt au restaurant dont le menu reste invariablement le même dans tous les Ikea du monde (les köttbullar, sorte de boulette de viande ; les korvobröd, les hot-dogs traditionnels que vous retrouvez aux 4 coins de la Suède), etc.) à faire passer les resto routes pour des restaurants étoilés.

Les gens y perdent la notion du temps (sauf lorsqu’ils attendent énervé à la caisse pour régler leurs achats) et peuvent y passer facilement une journée. En effet, tout ce qui pourrait vous rappeler le passage du temps est banni. Vous voguez dans une sorte d’éther, de limbe intemporelle.

J’ai tenu exactement 1h30, temps nécessaire pour trouver les fournitures convoitées, payer et sortir !

Mais j’en suis sortit irritable, épuisé comme après un combat difficile, et sans aucune pensée de pitié pour mes pauvres camarades humains que j’avais laissé derrière moi aux griffes de ce monstre assoiffé de sous.

J’étais Ken, survivant de l’enfer (kennn, souvent croise le fer) ; j’étais, Ikki, le chevalier du phoenix.

Ce qui ne te tue pas te rend plus fort ", disait Nietsche (ou Stallone, je ne suis plus trop sur). Mais on ne m’y reprendra plus de si tôt !




[humeur] La philosophie de comptoir virtuelle

05 02 2007

Cela fait maintenant 4 ans que je roule ma bosse sur le net. Cela fait plus longtemps que je pratique la toile, comme outils de recherche, comme moyen de communication, mais il y a 4 ans, j’ai franchis une étape importante : je me suis créé une persona virtuelle. Je suis devenu owen, sorte de double schizophrène, version épurée et aseptisée de moi-même.

Cela a commencé par ce petite blogue, sorte d’apprentissage à l’écriture qui est devenu une drogue et puis une (bonne) habitude (même si le quartier maître Quentin regarde par dessus mon épaule pour me rappeler qu’il n’y a pas de bonnes habitudes). J’ai fait quelques heureuses rencontres, lisant d’autres blogues, communiquant avec d’autres blogueurs. Mais tel le vampire qui se déconnecte avec les époques qu’il ne comprend plus, plus j’acquière le statut d’ancien (4 ans c’est très vieux pour un blogue), et plus je m’isole de la communauté des blogues pour continuer à publier mes petits textes quotidiens sans prendre la peine d’aller lire ceux des autres.

Vous y croyez, vous ? est devenu une biographie égocentrique, une mémoire partiale. Un moyen de donner un certain piment à des événements réels et les offrir en pâture à un improbable lectorat anonyme. Un outils d’échange de savoir dont la masse de plus en plus critique le rend de plus en plus visible (ce blogue a été le plus lu du service MonBlogue.com en décembre de cette année). J’y suis chez moi, je m’y sens bien et la porte est constamment ouverte.

Mais comme souvent lors des dépendances, il en faut toujours plus !

Je suis alors passé à l’étape suivant (toujours sous l’impulsion de ma dealer de prédilection qui ne cesse de n’entraîner dans les limbes pour chasser le dragon virtuel). Je suis rentré dans des communautés virtuelles.

Un premier passage éclair dans La règle du Je, communauté d’écrivaillon à la mentalité très exception culturelle française et qui a la fâcheuse tendance à confondre arrogance, prétention et talent. Je n’ai pas trouvé ma place dans ce monde et ses règles bêtes et méchantes et j’ai fermé la porte sans faire de bruit pour être éliminé par mon inaction.

J’ai finalement alors cédé à l’appel du grand Ordinateur, après plusieurs tentatives infructueuses de ce dernier de m’entraîner parmi ses fidèles. Je suis alors rentré sur Parano.be, un site basé sur un jeu et dont l’idée de base est que le vous êtes surveillé par une administration incompétente et tout puissante. J’ai rapidement découvert l’énorme potentiel de ce site en terme d’échanges culturels et surtout que cet imaginaire n’était qu’un prétexte à une ambiance bon enfant.

Ce site fut l’occasion pour moi d’écrire encore plus. J’ai rapidement participé activement à la modération du site, jouant à tous les échelons, devenant moi-même un membre de cette administration que je regardais au départ avec beaucoup de scepticisme.

J’y ai fait des rencontres déterminantes, avec des gens sympathiques mais aussi et surtout avec des vrais écrivains (qui m’ont donné l’envie de tenter ma chance dans l’écriture romanesque), un réalisateur de cinéma (avec qui je suis en train actuellement de travailler à un projet de scénario pour un court métrage) mais surtout avec un journaliste avec qui, pendant 10 mois, j’ai appris le métier de modérateur et d’éditeur d’une page culturelle. J’ai appris à commander et écrire des articles, à les rendre plus attractifs, à les retravailler avec les auteurs, à gérer un planning, une équipe, etc. Cela a même débouché sur des opportunités professionnelles à cent lieues de ma formation de base puisque je suis actuellement un auteur rémunéré grâce à lui.

Il m’a aussi entraîné sur une nouvelle communauté sur laquelle il travaille, Lycos iQ, et depuis quelques mois, ma persona Owen s’y fait son trou.

Le principe de Lycos iQ est l’échange de savoir. Des utilisateurs s’y inscrivent, les ‘experts’, dans le but de répondre aux questions que les internautes peuvent poser librement.

Vous y avez donc de tout et de rien : un grand nombre de questions juridiques (divorces, héritages, permis de conduire, etc.), de jeunes lycéens qui cherchent des devoirs tout faits, des ‘trolls’ (ces internautes qui posent des questions stupides, bêtes ou vulgaire dans le seul but de déranger) mais aussi quelques questions plus intéressantes. Ces dernières se divisent en deux catégories : certaines demandent des avis (comment réagiriez-vous dans telle situation, que pensez de ceci, etc.), d’autres demandent une réelle connaissance et impliquent souvent des recherches.

Le fonctionnement de ce service repose donc sur la bonne volonté d’utilisateurs bénévoles qui se mettent au service de la communauté pour transmettre savoir et capacité de recherche et font de Lycos iQ un moteur de recherche humain.

En échange, Lycos iQ apparaît comme une communauté virtuelle (avec sa mythologie et son histoire) mais surtout comme un jeu. Au fil des questions/réponses, les ‘experts’ reçoivent des points, montent en grade pour tenter de finalement décrocher celui de ‘Einstein’ tant convoité. Les personnalités se révèlent au fil du temps, au travers des sujets choisit mais aussi du style d’écriture, du ton, etc.

Comme tout système d’échange de savoir, ce système ouvert repose sur le concept d’altruisme qui comme dans toute société, virtuelle ou non, ne peut émerger que si deux forces entrent en jeu : la reconnaissance publique du travail bien fait (qui se fait sur Lycos iQ par le biais du système de point et de l’intégration dans la communauté) mais également la punition (lorsqu’un individu exploite le système pour son propre bénéfice ou gloire). Cependant, la punition est absente du système et cela mène à des comportements qui vont à l’encontre de l’idée même d’échange de savoir avec comme conséquence que Lycos iQ n’atteint pas le niveau de qualité auquel il peut espérer prétendre.

Par exemple, une grande majorité d’expert passe son temps à montrer sa bobine sur le plus grand nombre de questions, sans prendre la peine de faire le minimum de recherches requises. Ils donnent des avis, pas souvent éclairés, voire des réponses totalement erronées à des questions qui demandent des solutions simples, précises et référencées.

D’autres experts portent l’arrogances en étendards et plutôt que de nier les questions " bêtes " ou les demandent des petits filous qui essayent de se faire faire leurs devoirs (entre nous, j’aurais sans doute tenté ma chance si j’avais eu internet à l’époque), ils font la morale, se moquent cruellement, les regarde du haut de leur grande intelligence virtuelle.

Au final, Lycos iQ est une magnifique idée mais qui a encore besoin de s’affiner. Avec le temps et l’action de la poignée de vrais ‘experts’, ceux qui se battent pour faire des réponses belles, claires, lisibles et justes, et ne font pas du service un lieu pour de la philosophie de comptoir où des clients bourrés claironnent ce qu’ils savent être la vérité sans même prendre le temps de se renseigner, espérons que la qualité ira en progressant : la qualité, non pas des questions, mais bien des réponses et de ceux qui les écrivent ; que les experts soient sur le site pas uniquement pour leur édification égocentrique mais bien pour y répondre aux questions qui les intéressent, en faisant des recherches et en répondant en toute humilité. Parce que finalement, la sagesse populaire est encore une fois de mise :

Il n’y a pas de sottes questions, que des bêtes réponses… "




[humeur] Les grandes inventions oubliées : la fourchillère

01 01 2007

Enfant, j’étais un grand lecteur du magazine Pif Gadget, combinaison entre un magasine de BD au niveau très inégal (Pif, Placid et Muzo, etc. mais aussi Rahan ou encore Léonard) et un gadget astucieux qui chaque semaine me faisait rêver. Ce magasine qui me coûtait tout mon argent de poche a certainement contribué à mon attirance pour la découverte et la création.

 

Ainsi, pendant un temps, j’ai voulu devenir inventeur. Trouver l’idée géniale que personne n’avait encore eux et fabriquer un objet dont l’humanité ne pourrait plus se passer.

 

J’ai même envisagé un moment de participer à un concours d’inventeur organisé par le magasine.

 

Pour l’occasion, je me suis trituré les méninges pour trouver l’Idée avec un grand I mais celle-ci n’est jamais venue (entre temps, j’ai du voir Les aventuriers de l’arche perdue et caresser l’idée de devenir archéologue).

 

Ce qui ressemblait le plus à une idée originale était de combiner le principe de la fourchette (ce petit objet dont on se sert pour manger et astucieusement constitué de longues dents située au bout d’un manche) et du couteau (objet tranchant que l’on utilise aussi pour manger). Si on pouvait rassembler ces deux fonctionnalités en une seule, l’humanité serait enfin libérée de la contrainte d’utiliser ses deux mains pour manger et pourrait alors utiliser son autre main pour faire d’autres choses (comme lire par exemple, il n’y a rien de plus difficile que manger un steak et lire en même temps…)

 

Comme toutes les grandes idées, elle était extrêmement simple : pourquoi ne pas aiguiser un des bords de la fourchette pour le rendre tranchant comme un couteau bien aiguisé ?

 

Bien entendu, avant de me lancer dans la production de masse de ma fourcheau (ou la coutette), j’ai pris conscience des terribles limitations de cette invention. Si nos parents nous apprennent qu’il ne faut pas mettre son couteau en bouche, c’est qu’il y a sûrement une bonne raison pour cela ! En effet, une utilisation distraite du fourcheau pourrait entraîner de graves coupures au niveau de la bouche.

 

La était toute la problématique de ce concept novateur : si l’objet est tranchant, il est dangereux ; s’il ne l’est pas, il est inefficace.

 

Devant ce paradoxe hautement co(s)mique, j’ai abandonné l’idée et avec elle la difficile carrière d’inventeur.

 

Mais comme souvent, la vie à un étrange sens de l’humour et il y a peu, en lisant Moi, boy, l’auto-biographie romancée de Roald Dahl, quelle ne fut pas ma consternation de découvrir ces quelques mots relatifs à une petite invention de son père devenu manchot :

 

« Il réussissait à nouer un lacet de chaussure aussi vite que vous et moi, et, pour pouvoir couper sa nourriture dans son assiette, il avait affûté la tranche d’une fourchette qui lui servait ainsi également de couteau. »

 

Enfer et damnation ! Une fois de plus l’illusion de l’originalité était né de ma profonde ignorance.

 

Alors que je ruminais sur cette leçon, une autre m’a été cruellement infligée lors du mariage d’un ami. Alors que je me dirigeais innocemment vers le buffet des desserts, un couvert inconnu me faisait de l’œil. Je l’entendais ricaner de ma folie.

 

Elle était là, dans toute sa splendeur l’invention tant convoitée de mon enfance perdue. Je n’en revenais pas d’avoir été si près et pourtant si loin de l’Idée ultime. Oui, il fallait bien mélanger deux couverts mais cela avait toujours été une erreur de m’accrocher au couteau. Ce qu’il fallait mélanger, c’était la fourchette et… la cuillère (pour donner naissance à une fourchillère ou un cuilteau, c’est selon).

 

 

Je me suis alors éloigné de ce buffet maudit en pensant au bienheureux homme qui avait crée cette perfection et qui aujourd’hui vivait sûrement dans un palais tout en or entouré d’une armée d’admirateur.

 

Je me suis dirigé vers le bar pour noyer ma rancœur.




[humeur] Un certain regard

29 12 2006

Si je vous demande quel est votre dessin animé de Walt Disney préféré, il est fort peu probable que vous me citiez Winnie l’ourson (je ne parle pas de ces versions courtes qui étaient présentées par Jean Rochefort il y a bien longtemps mais bien du long métrage sortit en 1977).

 

Il faut dire que ce pauvre Winnie est un personnage assez pathétique. Il est bête comme ses pieds (question pour plus tard : est-ce que les ours ont des pieds ?, je n’aurais pas du brosser le cours d’ours pendant mes études de biologie), et par un étrange miracle passe son temps à se coincer dans tout ce qui est possible : un terrier, un trou dans un arbre, un pot de miel, etc.

 

A part le bondissant Tigrou, le seul personnage secondaire « amusant » (notez les guillemets) est celui de Bouriquet qui est une version prophétique de Marvin, l’androïde paranoïde du Guide galactique.

 

Mais pourquoi nous casse-t-il les pieds avec Winnie l’ourson, vous demandez-vous ?

 

Parce que je viens de voir ce film une bonne centaine de fois !

 

Je connais le film pratiquement par cœur, dans sa version anglaise (Winnie the pooh) et suédoise (Nalle Puh, je pense d’ailleurs créer une méthode : Apprenez le suédois avec Nalle Puh).

 

Non, il ne s’agit pas d’un acte de contrition pour me purifier avant l’arrivée de l’année nouvelle mais simplement parce que Winnie est devenu la coqueluche de ma fille âgée de 19 mois.

 

Winnie l’ourson est le seul film qui actuellement réussi a capter son attention pour plus de 5 minutes. Lorsqu’elle retrouve son ours favoris, le monde peut s’arrêter de tourner, elle est fascinée et commence déjà à anticiper les chansons et les scènes les plus croustillantes (« Nalle Puh coincé ! »)

 

Cet exemple est une belle démonstration du fait qu’un film est destiné à être regardé avec un certain regard, un certain public et dès lors pose la question de la validité de la critique. Comment être capable de se transposer dans l’état d’esprit d’un spectateur que l’on n’est pas et juger ainsi de l’efficacité d’un film ? (j’aurais pu aussi prendre comme exemple, la passion de ma sœur âgée de 25 ans pour La tour Montparnasse infernale…)

 

Quoi qu’il en soit, dans le but égoïste de conserver ma santé mentale et de vaincre l’âpre combat contre l’hégémonie disneyenne, j’essaye d’initier ma fille à un autre cinéma. Première étape : Wallace et Gromit.

 

Je suis sur la bonne voie : hier, elle a demandé Gromit en lieu et place de son traditionnel et vibrant Nalle Puh !




[humeur] Lost… Les dangers du téléchargement

12 12 2006

Cela avait commencé de facon anodine. Un ami m’avait passé un DVD avec de nombreux épisodes d’une série en format Divx. Il m’avait passé cela de façon anodine comme une vieille dame offre nonchalamment une sucette à un enfant, avec un grand sourire et de l’or dans la voix. Un cadeau gratuit, sans aucune arrière pensée.

J’ai regardé les épisodes la conscience tranquille. Je me doutais que leur provenance était probablement douteuse mais, après tout, je n’avais rien fait de mal.

J’étais à cent lieues de me douter que tel l’innocent qui tire sa première bouffée armé de ses certitudes de ne jamais tombé accroc, je m’étais engagé sur la pente glissante de la dépendance qui allait ruiner ma vie sexuelle.

Après ces quelques épisodes, j’ai voulu connaître la suite. Et j’ai continué de m’approvisionner chez le même dealer. Au début, c’était gratuit. Ensuite, il a commencé à me faire payer. De plus en plus cher, pour des doses de plus en plus massives. Nous ne parlions plus en épisodes mais en saisons.

Mais je ne cessais de me répéter que je n’étais pas accroc, que je pouvais m’arrêter quand je voulais.

Je passais pourtant de plus en plus de temps devant les séries et bientôt mon dealer n’arriva plus à suivre. Il me fallait les épisodes au plus tôt.

J’ai donc appris à télécharger. Je suis passé du vol passif à l’illégalité active, sans penser une seule seconde aux pauvres producteurs de séries condamner à manger des pâtes au lieu de leurs traditionnels caviar suite à ma pitoyable faiblesse.

Au début tout se passait bien jusqu’au jour fatal.

J’allais passer une bonne soirée en compagnie de ma tendre et douce, qui dans sa tendre naïveté croyait encore en ma toute puissance. Nous avions prévu de regarder le dernier épisode de la troisième saison de Lost. Je l’avais en effet entraîné sans aucune pitié dans l’enfer des séries.

Nous nous installons confortablement dans le canapé, je lance l’épisode et là, horreur !

Je ne vois si Kate, ni Jack, ni même l'ombre d'un Locke mais un sexe surdimensionné qui pointe fierement vers le visage renfrogné d'une demoiselle aux lèvres humides. Ce n’était pas les aventures de ces Robinsons des temps moderne mais un film pornographique des plus explicite (1).

Enfer et damnation. Sous prétexte d’une envie pressante, je me suis dirigé à toute vitesse vers la salle de bain pour contempler mon triste sexe rabougri par la honte dans la glace. Alors c’était donc vrai ! J’ai une petite bite.

Ma tendre et douce fait semblant de rien et prétend que le sexe vu dans le film n’était pas si gros que cela et que c’est juste un effet camera mais je ne sais pas pourquoi, quand elle me voit nu, je l’entends rire dans sa tête.

Vous l’aurez compris ! **Télécharger c’est mal !** (ou mâle dans le cas présent)

J’espère que mon expérience permettra d’épargner nombre d’entre vous (quoi qu’après réflexion, je me demande si la perspective de télécharger de la pornographie ne vas pas plutôt créer des vocations).

(1) Une théorie très en vogue (au moins chez moi) suggère que cette pratique visant à diffuser des vidéos à contenu pornographique sous des noms anodins est en fait un complot gouvernemental visant à effrayer les internautes en les menaçants de ruiner leur vie de couple. Le gouvernement (qui n’a pas été contacté mais bon) se refuse à tout commentaire.