[web] Lycos iQ, votre savoir compte

26 03 2007

Ma vie virtuelle semble prendre de plus en plus d’ampleur. Après ce blogue (dont la naissance a été animée par un besoin de communication et de vulgarisation) et une activité frénétique sur le site communautaire à vocation artistique Parano.be (pour des raisons bassement égocentriques), me voilà bombardé expert autoproclamé sur un site d’échange de savoir.

En effet, cela fait quelques temps déjà que je sévis sur une autre communauté virtuelle (suite à l’invitation intéressée de mon ancien collègue de modération Costes sur Parano.be) : Lycos iQ.

En théorie, il s’agit d’un produit de Lycos (" Va chercher ", comme dit le slogan encore largement ancré dans les mémoires françaises, comme j’ai pu le constater lors de mon récent séjour parisien), dont le potentiel est incroyable. Le but du jeu est de rassembler des gens animés par la même envie d’échanger et de rechercher de la connaissance et de faire partager leur passion au plus grand nombre. Ainsi, ils offrent bénévolement leurs services aux internautes.


Ceux-ci peuvent poser n’importe quelle question et les experts se mettent alors en quête d’une réponse.

Plus fort que Google, Lycos iQ est un moteur de recherche humain.

Maintenant, il est vrai que les choses sont légèrement plus délicates en pratique. Tous les experts ne semblent pas animés par de nobles idéaux et voient dans Lycos iQ un moyen de compenser la triste frustration de leur petite vie étriquée, de mettre en avant agressivité, méchanceté ou leur égocentrisme, ou encore ne comprennent pas ce qu’est le concept d’échange de savoir (sans parler des trolls, ce emmerdeurs qui passent le temps à polluer le net).

Mais grâce à l’action des experts les plus intéressants, Lycos iQ avance à petits pas vers un transfert de la connaissance et reste un produit largement prometteur, raison pour laquelle je lui offre un peu de mon temps.

Plus récemment, je me suis rendu à Paris pour assister à une réunion d’utilisateur (et surtout en profiter pour passer du temps avec Costes et faire la fête dans la capitale). Une petite soirée mémorable qui s’est terminée à des heures indues et au cours de laquelle, les experts les plus intéressants ont osés tomber ce masque qu’est internet pour tenter la vraie socialisation.

Curieusement, les grandes gueules, les emmerdeurs du site n’étaient pas présent, probablement conscient que la confrontation avec la réalité ne serait pas à leur avantage. Mais il est vrai qu’un troll chauve et imberbe de 1m50 est beaucoup moins impressionnant.

Quoi qu’il en soit, le contact humain avec ces experts m’a redonné foi en Lycos iQ et j’invite tout ceux qui sont avide de connaissance et de vulgarisation d’aller y faire un tour !

http://iq.lycos.fr/home/




[humeur] La philosophie de comptoir virtuelle

05 02 2007

Cela fait maintenant 4 ans que je roule ma bosse sur le net. Cela fait plus longtemps que je pratique la toile, comme outils de recherche, comme moyen de communication, mais il y a 4 ans, j’ai franchis une étape importante : je me suis créé une persona virtuelle. Je suis devenu owen, sorte de double schizophrène, version épurée et aseptisée de moi-même.

Cela a commencé par ce petite blogue, sorte d’apprentissage à l’écriture qui est devenu une drogue et puis une (bonne) habitude (même si le quartier maître Quentin regarde par dessus mon épaule pour me rappeler qu’il n’y a pas de bonnes habitudes). J’ai fait quelques heureuses rencontres, lisant d’autres blogues, communiquant avec d’autres blogueurs. Mais tel le vampire qui se déconnecte avec les époques qu’il ne comprend plus, plus j’acquière le statut d’ancien (4 ans c’est très vieux pour un blogue), et plus je m’isole de la communauté des blogues pour continuer à publier mes petits textes quotidiens sans prendre la peine d’aller lire ceux des autres.

Vous y croyez, vous ? est devenu une biographie égocentrique, une mémoire partiale. Un moyen de donner un certain piment à des événements réels et les offrir en pâture à un improbable lectorat anonyme. Un outils d’échange de savoir dont la masse de plus en plus critique le rend de plus en plus visible (ce blogue a été le plus lu du service MonBlogue.com en décembre de cette année). J’y suis chez moi, je m’y sens bien et la porte est constamment ouverte.

Mais comme souvent lors des dépendances, il en faut toujours plus !

Je suis alors passé à l’étape suivant (toujours sous l’impulsion de ma dealer de prédilection qui ne cesse de n’entraîner dans les limbes pour chasser le dragon virtuel). Je suis rentré dans des communautés virtuelles.

Un premier passage éclair dans La règle du Je, communauté d’écrivaillon à la mentalité très exception culturelle française et qui a la fâcheuse tendance à confondre arrogance, prétention et talent. Je n’ai pas trouvé ma place dans ce monde et ses règles bêtes et méchantes et j’ai fermé la porte sans faire de bruit pour être éliminé par mon inaction.

J’ai finalement alors cédé à l’appel du grand Ordinateur, après plusieurs tentatives infructueuses de ce dernier de m’entraîner parmi ses fidèles. Je suis alors rentré sur Parano.be, un site basé sur un jeu et dont l’idée de base est que le vous êtes surveillé par une administration incompétente et tout puissante. J’ai rapidement découvert l’énorme potentiel de ce site en terme d’échanges culturels et surtout que cet imaginaire n’était qu’un prétexte à une ambiance bon enfant.

Ce site fut l’occasion pour moi d’écrire encore plus. J’ai rapidement participé activement à la modération du site, jouant à tous les échelons, devenant moi-même un membre de cette administration que je regardais au départ avec beaucoup de scepticisme.

J’y ai fait des rencontres déterminantes, avec des gens sympathiques mais aussi et surtout avec des vrais écrivains (qui m’ont donné l’envie de tenter ma chance dans l’écriture romanesque), un réalisateur de cinéma (avec qui je suis en train actuellement de travailler à un projet de scénario pour un court métrage) mais surtout avec un journaliste avec qui, pendant 10 mois, j’ai appris le métier de modérateur et d’éditeur d’une page culturelle. J’ai appris à commander et écrire des articles, à les rendre plus attractifs, à les retravailler avec les auteurs, à gérer un planning, une équipe, etc. Cela a même débouché sur des opportunités professionnelles à cent lieues de ma formation de base puisque je suis actuellement un auteur rémunéré grâce à lui.

Il m’a aussi entraîné sur une nouvelle communauté sur laquelle il travaille, Lycos iQ, et depuis quelques mois, ma persona Owen s’y fait son trou.

Le principe de Lycos iQ est l’échange de savoir. Des utilisateurs s’y inscrivent, les ‘experts’, dans le but de répondre aux questions que les internautes peuvent poser librement.

Vous y avez donc de tout et de rien : un grand nombre de questions juridiques (divorces, héritages, permis de conduire, etc.), de jeunes lycéens qui cherchent des devoirs tout faits, des ‘trolls’ (ces internautes qui posent des questions stupides, bêtes ou vulgaire dans le seul but de déranger) mais aussi quelques questions plus intéressantes. Ces dernières se divisent en deux catégories : certaines demandent des avis (comment réagiriez-vous dans telle situation, que pensez de ceci, etc.), d’autres demandent une réelle connaissance et impliquent souvent des recherches.

Le fonctionnement de ce service repose donc sur la bonne volonté d’utilisateurs bénévoles qui se mettent au service de la communauté pour transmettre savoir et capacité de recherche et font de Lycos iQ un moteur de recherche humain.

En échange, Lycos iQ apparaît comme une communauté virtuelle (avec sa mythologie et son histoire) mais surtout comme un jeu. Au fil des questions/réponses, les ‘experts’ reçoivent des points, montent en grade pour tenter de finalement décrocher celui de ‘Einstein’ tant convoité. Les personnalités se révèlent au fil du temps, au travers des sujets choisit mais aussi du style d’écriture, du ton, etc.

Comme tout système d’échange de savoir, ce système ouvert repose sur le concept d’altruisme qui comme dans toute société, virtuelle ou non, ne peut émerger que si deux forces entrent en jeu : la reconnaissance publique du travail bien fait (qui se fait sur Lycos iQ par le biais du système de point et de l’intégration dans la communauté) mais également la punition (lorsqu’un individu exploite le système pour son propre bénéfice ou gloire). Cependant, la punition est absente du système et cela mène à des comportements qui vont à l’encontre de l’idée même d’échange de savoir avec comme conséquence que Lycos iQ n’atteint pas le niveau de qualité auquel il peut espérer prétendre.

Par exemple, une grande majorité d’expert passe son temps à montrer sa bobine sur le plus grand nombre de questions, sans prendre la peine de faire le minimum de recherches requises. Ils donnent des avis, pas souvent éclairés, voire des réponses totalement erronées à des questions qui demandent des solutions simples, précises et référencées.

D’autres experts portent l’arrogances en étendards et plutôt que de nier les questions " bêtes " ou les demandent des petits filous qui essayent de se faire faire leurs devoirs (entre nous, j’aurais sans doute tenté ma chance si j’avais eu internet à l’époque), ils font la morale, se moquent cruellement, les regarde du haut de leur grande intelligence virtuelle.

Au final, Lycos iQ est une magnifique idée mais qui a encore besoin de s’affiner. Avec le temps et l’action de la poignée de vrais ‘experts’, ceux qui se battent pour faire des réponses belles, claires, lisibles et justes, et ne font pas du service un lieu pour de la philosophie de comptoir où des clients bourrés claironnent ce qu’ils savent être la vérité sans même prendre le temps de se renseigner, espérons que la qualité ira en progressant : la qualité, non pas des questions, mais bien des réponses et de ceux qui les écrivent ; que les experts soient sur le site pas uniquement pour leur édification égocentrique mais bien pour y répondre aux questions qui les intéressent, en faisant des recherches et en répondant en toute humilité. Parce que finalement, la sagesse populaire est encore une fois de mise :

Il n’y a pas de sottes questions, que des bêtes réponses… "




[blogue] bientôt 4 ans – les statistiques de ‘vous y croyez-vous ?’

22 12 2006

En février, cela fera 4 ans que j’ai commencé ce blogue et s’il reste l’un ou l’autre lecteur des débuts, il se souviendra de mon besoin de comprendre ce phénomène étonnant. Les premiers mois, je me suis lancé dans des analyses quantitatives et statistiques pour essayer de comprendre le comportement des visiteurs de ce blogue et de les corréler avec mes comportements d’écriture.

 

Aujourd’hui, je dispose d’un fichier beaucoup plus conséquent de donnée et je vous propose d’en faire une petite analyse et de voir ce que l’on peut en tirer comme informations.

 

1. Données générales

 

Bientôt 4 ans que j’écris régulièrement dans ce blogue. Au total, cela représente plus de 1100 chroniques et quelques 370 000 visiteurs.

 

2. Evolution au fil du temps

 

Si l’on regarde simplement l’évolution du nombre de visiteurs quotidiens avec le temps depuis la création de ce blogue, on obtient le graphique suivant :

 

 

En moyenne, le nombre de visiteurs quotidien augmente chaque année (122 en 2003 ; 266 en 2004 ; 300 en 2005 et 353 en 2006).

 

Mais il est intéressant de note que l’augmentation n’est pas linéaire. En effet, des cycles très clairs sont visibles et ce graphique montre des variations sinusoïdales.

 

Pour mettre cela plus clairement en évidence, j’ai calculé le nombre moyen de visiteur quotidien par mois et j’ai présenté cela séparément pour les 3 dernières années (l’année 2003 n’a pas été prise en compte parce que c’était la première année et que les mécanismes de croissance en jeu étaient probablement différents). Cela donne le graphique suivant :

 

 

On peut observer sur le graphique la tendance à l’augmentation du nombre de visiteurs avec le temps (l’année 2006 en bleu est au dessus de 2005 en vert qui est elle-même au dessus de 2004 en rouge). Mais de façon plus intéressante, on note que chaque année, les variations annuelles suivent un même cycle (qui est bien résumé par la courbe moyenne en noir).

 

Ainsi, le nombre moyen de visiteur est maximum aux environs du mois de mars et minimum en été pendant les mois de août-septembre-octobre.

 

3. Hypothèses

 

L’augmentation du nombre moyen de visiteurs chaque jour est probablement du au volume de textes disponible sur le blogue. En effet, plus de textes signifie plus de mots clés potentiels et la majorité des visiteurs arrivent par le biais des moteurs de recherche.

 

Pour expliquer les variations annuelles observées ces 3 dernières années, on peut proposer deux hypothèses complémentaires :

-         ces variations sont liées à des variations dans mon comportement d’écriture (j’écris plus ou moins selon les périodes de l’année) ;

-         elles sont liées au comportement des lecteurs (par exemple, les internautes pourraient être moins actifs pendant les vacances d’été).

 

4. Données complémentaires

 

Pour tester ces hypothèses, nous pouvons regarder de plus près mon comportement d’écriture.

 

En moyenne, j’écris moins avec le temps qui passe (1.1 textes par jour en moyenne en 2003 ; 0.84 en 2004 ; 0.78 en 2005 ; 0.43 en 2006 ; soit une moyenne générale de 0.78 textes quotidiens depuis la création de ce blogue). Par contre, si des variations du nombre de textes publié varie au court du temps, il ne semble pas y avoir de cycle ou de logique au fil du temps :

 

 

Il n’existe d’ailleurs aucune corrélation entre le nombre moyen de textes publiés et le nombre de visiteurs. Il y a juste une petite tendance à avoir plus de visiteurs les jours ou un texte est publié (324 visites) que ceux sans texte (290) mais rien de vraiment significatif. Cette légère différence peut être expliquée par les visiteurs en provenance de la page d’accueil de MonBlogue qui affiche les textes récemment publiés.

 

Un autre facteur pouvant avoir un impact sur le nombre de visiteur est la régularité des publications. En effet, une semaine ou 7 textes sont proposés un jour (et rien les autres jours) pourraient être fortement différente en terme de visites qu’une semaine ou 1 texte est publié chaque jour (par un procédé de fidélisation des lecteurs).

 

Pour estimer cela, j’ai calculé la proportion de jours avec publication au cours du mois (1 si publication tous les jours ; 0 si aucune publication).

 

Ce paramètre évolue au fil du temps mais sans suivre de réelle logique :

 

 

D’autre part, aucune corrélation n’est observée entre ce paramètre et le nombre de visiteurs.

 

5. Discussion / Conclusion

 

Je publie moins de textes avec le temps qui passe et mon comportement général de publication ne semble suivre aucune logique évidente (par exemple au cours de l’année).

 

Cela est probablement du à plusieurs facteurs :

-         A la création de ce blogue, j’ai découvert une nouvelle passion. Pour la première fois, je découvrais le plaisir de l’écriture combiné au délicieux frisson d’offrir mes textes à des lecteurs potentiels. C’est devenu une petite obsession qui a changé ma façon de voir les choses ; chaque événement devenant source potentielle de texte qui s’écrivait presque naturellement dans ma tête. Avec le temps, les choses se sont un peu calmées et aujourd’hui, l’obsession est passée au profit d’une douce et agréable habitude. Mais je délaisse beaucoup plus facilement ce blogue sans aucun remord mais en y revenant systématiquement. Je ne suis pas encore prêt à abandonner mon bébé.

-         Depuis, j’ai découvert d’autres moyens d’exprimer ma passion pour l’écriture avec beaucoup plus de satisfaction d’un point de vue purement égocentrique en m’intégrant dans deux communautés virtuelles (parano.be & Lycos iQ). Cela me laisse donc moins de temps pour ce blogue.

-         Les variations au cours du temps sont simplement les conséquences de mes activités dans la vraie vie. Il parait que je dois aussi bosser et que je suis père de famille.

 

Le plus intéressant est que malgré mes variations chaotiques dans ma façon d’entretenir ce blogue et l’absence de corrélation entre le nombre de visites et le fait que j’écrive ou pas (ce qui signifie que les visiteurs sont en écrasante majorité des gens arrivant par mots clés via des moteurs de recherche et non pas des lecteurs fidèles confirmant mon impression que personne ne lit vraiment les pages de ce journal de critiques auto-biographiques), il existe des variations très claires et cycliques du nombre de visiteurs au fil du temps.

 

Chaque année, et peu importe ce que je fais, l’activité est maximum en mars et minimum en été.

 

Cela ouvre une question des plus intéressante : Est-ce que ce blogue ne fait que révéler le pouls général du net ? Existe-t-il des cycles d’activité sur la toile ?


J’avoue que cette idée me donne le tournis. Ainsi, ce modeste petit blogue pourrait prendre la température générale du net qui serait alors comme une structure fractale, chaque petit élément étant un représentation de l’ensemble.

 

Je vais essayer de trouver des données plus générale pour essayer d’apporter des réponses à ces questions (si par le plus grand des hasards vous disposez de données qui pourraient être utilisées, contactez-moi : owen_meany_@hotmail.com).

 

Maintenant, si vous avez eu le courage de lire ce texte jusqu’au bout, je vous remercie ami lecteur et espère que ce blogue vous apporte autant de plaisir que j’en ai à l’entretenir.