[musique] the power of love

01 01 2010

Je le savais (…) les signes (…) fin du monde (…) lisent mon esprit (…) mangent ma mémoire (…) boire du coca et du jus de chat (…) chapeau en alu (…) Nostradamus (…) Orwell (…) Frankie (…) Twilight

Je n’ai pas toujours été fou. Avant de prendre résidence dans cette belle chambre matelassée, j’ai aussi eu une vie normale faite d’attouchements moites et maladroits avec des filles boutonneuses alors que résonnait la voix chaude de « Frankie Goes to Hollywood ».

Mais j’ai vu les signes, j’ai compris, la fin du monde est proche.

Vous ne me croyez pas ?

1984… Georges Orwell.

Le monde du futur. Pas de voitures volantes, pas de cauchemars kafkaien, mais la new wave et en particulier une chanson skette braguette :

Il y avait déjà de quoi avoir peur. Mais derrière le tube se cachait un présage funeste.

Oui, je vous le dis, Frankie Goes to Hollywood nous prédisait le pire : Twilight !

Vous ne me croyez pas ?

I’ll protect you from the hooded claw

Keep the vampires from your door

A l’époque j’étais plus occupé à essayer de convaincre une laide ado pré-pubère à danser avec moi plutôt qu’à prêter attention aux signes. Mais cela continue :

Sparkling love

Si ce n’est pas une allusion à ce crétin congénital d’Edward condamné á vivre sous les nuages, que je sois damné.

Love is danger”

Et hop, le leitmotiv de cette histoire d’”amour” pour ado coincés dans le syndrome de Roméo et Juliette (qui, il faut bien l’avouer est l’histoire d’amour la plus ridicule et pathétique de tous les temps), sorte de porno soft pour midinette.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire. Plongez-vous dans l’œuvre de ces nostradamus des temps modernes et cherchez dans leurs paroles le funeste destin de 2010.

Relax, don’t do it!




[film] Highway to Hell

07 12 2008

Stephen King et moi, on est comme cul et chemise.

Bon, il est vrai que je le connais moins bien que mon patron ne connait Brian May (mon patron connait Brian May !!!) ou ma mère Philippe Gelluck (pour une raison obscure, ce dernier faisait toujours des bonjours enthousiastes à ma mère lorsqu’ils se croisaient au Delhaize d’Ottignies), mais lui et moi on a des tas de trucs en commun.

D’abord j’ai lu pas mal de ses bouquins dans ma jeunesse et je les ai bien aimé (sauf « Da Vinci Code »… quoi ? ce n’est pas Stephen King ?... tant mieux pour lui !).

Ensuite, on partage les mêmes goûts musicaux.

Vous ne voyez pas ?

Un petit indice : allez fouillé les bacs DVD à moins de 1 euros le pack de douze et cherchez un film intitulé « Les camions de l’enfer » (ou « Maximum overdrive » en V.O.)

Cette petite merveille sortie en 1986 avec des acteurs connus tels que Emilio Estevez et… enfin avec des acteurs connus… est surtout la première (et unique… thanks god) tentative de Stephen King derrière la caméra. Celui dont les romans ont si souvent été malmenés au cinéma a pour une fois décidé de prendre la caméra par les cornes et adapter lui-même une de ses nouvelles.

Le résultat est consternant (et s’offre un magnifique 4.5/10 sur imdb).

Le film raconte l’histoire du monde lorsque les machines, suite à l’action d’un mystérieux brouillard lumineux, prennent vie et leur revanche sur les humains qui les ont toujours asservis. On suit en particulier le combat entre un petit groupe de personne barricadé dans une station service et un grand camion sortit de « Mask ».

La seule chose intéressante dans ce film est sa B.O., nous ramenant au début de cette propa.

Elle est entièrement composée de morceaux de AC/DC, groupe australien (1) dont nous sommes tous deux friands.

AC/DC est certainement le plus grand groupe de rock de l’univers. Leur dernier album, « Black Ice » est une pure merveille et nous replonge à la grande époque de Bon Scott. La popularité du groupe n’a jamais faiblie depuis sa création en 1974 et la sortie du cultissime « High voltage » en 1975 et quelques 17 albums plus tard, le groupe réussi encore à faire sold-out en quelques heures dans toutes les salles majeures du monde.

Pour ceux qui l’ignore, le groupe a connu deux grandes époques, celle du chanteur Bon Scott, décédé en 1980 à l’âge christique de 33 ans suite à un vomi mal orienté alors que le groupe culminait avec le prophétique « Highway to Hell » et la période « Brian Johnson », le chanteur qui l’a succédé sur le génial « Back in Black »

Le groupe a surfé sur le succès, conservant un style reconnaissable à la première note et un amour immodéré pour le blues et le rock dont ils subliment les racines. Pourtant, ils restent discret et vivent loin des regards des projecteurs.

C’est donc avec grand plaisir que je vous annonce qu’un film sur la vie de « Bon Scott » et les origines du groupe est actuellement en projet.

Rassurez-vous, Stephen King n’y est pour rien. L’initiateur est un obscur réalisateur australien, « Eddie Martin » a qui l’on ne doit qu’un film sortit cette année « Lionel » (que j’espère ne pas être consacré à Lionel Ritchie).  Au mieux, le film entrera en chantier dans un an, le réalisateur n’en étant encore qu’au stade des recherches, rencontrant les proches de Bon Scott.

Une affaire à suivre de près si comme Stephen et moi, vous êtes amateur de grande musique.

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(1) Ce dernier point est sujet à discussion. Si le groupe a été fondé en Australie, ses membres sont nés en Ecosse. Je propose que nous les considérions donc comme australien pour éviter de tomber dans les mauvais jeux de mots tels que MaC/DC.




[musique] Le retour des champions

25 09 2008

PROLOGUE

Queen est moi, c’est une histoire qui ne date pas d’hier. Enfant, je collectionnais amoureusement les cassettes enregistrées à partir des vinyles. Aujourd’hui, je reste un amateur de la première époque et je considère que « A night at the opera » est un de 10 albums sur ma liste des meilleurs albums de tous les temps.

Alors, que penser du retour de Queen bien des années après la mort de son leader charismatique Freddy Mercury ? Après tout, comme me le disait encore un fan hier « Queen c’était 90% Freddy Mercury ».

Voici une petite histoire en 4 actes pour faire le point sur le « return of the champions » avec à leur tête le polyvalent Paul Rodgers.

ACTE I – Mythologie

Pour beaucoup, le retour de Queen sous la forme « Queen + Paul Rodgers » a quelque chose d’hérétique, un peu comme de lire une Bible dans laquelle Jésus serait remplacé par Pascal Sevran. Mais pour moi, ce n’est pas si perturbant. Il faut savoir que j’ai une certaine tendance à interpréter les faits sans toujours les vérifier pour ensuite les intégrer dans ma mythologie personnelle. Si cette tendance s’est un peu calmée avec l’âge, cette forme d’auto-crédulité était assez prononcée dans mon enfance.
Ainsi, pour moi, Freddy Mercury n’était pas le chanteur de Queen. Il n’était que le nouveau chanteur de Queen à partir du moment, où selon mes critères personnels, le groupe à entamé la pente descendante.

Je situe précisément ce moment à la sortie du single « Radio Ga-Ga ». Pour l’occasion, l’émission de clip que je regardais hebdomadairement sur la chaîne belge avait mis les plats dans les grands. L’animateur de l’époque avait présenté le clip en faisant une parodie de publicité pour une marque de lessive : « prenez un baril de Queen, ajoutez une bonne dose de Freddy Mercury… » pour ensuite laisser place au clip aujourd’hui célèbre combinant image du groupe (et préparant le public aux gestes démentiels qu’ils continuent d’utiliser aujourd’hui) et extrait de « Metropolis ».

Comment ? C’est Queen, ca ?

Cette déception ne pouvait provenir que de l’influence maléfique de ce nouveau chanteur, Freddy machin.  Mais pourquoi diable avaient-ils changés de chanteur ? QU’est-il arrivé au chevelu qui chantait avant ?

Une seule explication s’imposait, tel Bon Scott terrassé par son vomi, il avait du passer l’arme à gauche ! (ce que la pochète d’un précédent album ne pouvait que confirmer même si le paradoxe temporel aurait du me mettre la puce à l’oreille).

Il m’a fallu de nombreuses années et de nombreuses humiliations publiques pour enfin découvrir la vérité. Et si Freddy Mercury est bien mort, ce n’est que de nombreuses années plus tard.

Alors, vous pensez… un nouveau chanteur pour Queen, ce n’est pour moi qu’un chanteur de plus !

ACTE II – les ravages du temps

Depuis que je vis en Suède, j’ai pris une certaine distance avec la télévision. C’est donc par une incroyable coïncidence que j’ai profité de la sieste dominicale des deux monstres pour allumer le poste en ce dimanche pluvieux. Je suis tombé sur la diffusion du concert pour les 90 ans de Nelson Mandela auquel participait une belle brochette d’artistes, nombre sortant du caveau des années 80. Si j’ai a peine reconnu Peter Gabriel ou encore eu de la peine pour Simple Minds, ces magiciens de la foule, qui semblent avoir perdu leur don face à un public qui les a oublié, j’ai été positivement impressionné par le final de Queen + Paul Rodgers, reprenant les standards du groupe avec une pèche épatante.

Mon petit cœur d’enfant idiot et crédule s’est remis a battre dans ma poitrine et une petite pointe de regret s’est mise à me titiller.

Pourquoi diable n’avais-je jamais eu l’occasion de voir ces monstres en concert ?

Et puis l’idée folle s’est mise à envahir mon cerveau perturbé : et s’il n’était pas trop tard ?

Une rapide recherche sur le net m’a renseigné. Queen + Paul Rodgers avaient déjà fait une tournée il y a quelques années (damned !!!) mais allaient sortir bientôt un nouvel album studio intitulé « The cosmos rocks ». Qui dit album dit souvent tournée. J’ai poursuivit plus avant ma recherche et cherché les dates de la tournée européenne. Après tout, il n’était pas improbable qu’ils passent par Göteborg qui se trouve à un jet de pierre de ma maison perdue au fond des bois.

Mais le destin en avait décidé autrement…

Pas de date en Scandinavie. Il ne me restait que l’Allemagne ou la Belgique. The cosmos sucks. Putain de Karma !

Mais après tout, mon anniversaire était proche et pourquoi ne pas faire une petite folie. Le cœur battant, je me suis donc payé un aller-retour pour Bruxelles et profiter de mon séjour de moins de 24 heures dans mon pays natal pour aller voir Queen et son nouveau chanteur au Sportpaleis d’Anvers le 23 septembre 2008.

ACTE III – The return of the champions

L’aventure était en marche. Mais l’explorateur ne part jamais sans bien préparer son expédition.

Je me suis donc procuré l’album de la tournée précédente, un double album intitulé « The return of the champions ». 

Avec lui sont venues les premières inquiétudes.

Oui Paul Rodgers se débrouille plutôt bien, imposant son propre style sans essayer de faire son « Freddy Mercury », les standards du groupes sont excellents et agréables à ré-écouter mais l’album est terriblement inégal. Dans les meilleurs des morceaux, l’album manque de vie, est trop polissé, trop travaillé. Il manque l’étincelle de magie. Mais c’est surtout quand les anciens membres du groupe, Rodger Taylor en particulier, se placent sur le devant de la scène pour interpréter quelques morceaux que les choses se gâtent… Cela culmine avec Taylor essayant d’imposer une nouvelle chanson au lance-pierre « Say it’s not true ».

En résumé, un bon début, un bon final et dans la tranche quelque chose d’assez indigeste.  

ACTE IV – The cosmos rocks

Le nouvel album studio est encore tout frais, ne sortant que quelques jours avant la date du concert.

Ne pouvant attendre, j’ai fait une petite recherche pour essayer de découvrir en « sneak preview » quelques plages de l’album à venir. Il y avait déjà « Say it’s not true » joué en concert lors de la précédente tournée et j’ai facilement pu tracer un extrait de passage à la télévision où le groupe jouait le futur premier single de l’album « C-lebrity ».

De nouveau, il y avait de quoi s’inquiéter. Si le morceau, sorte de critique légère du star système de l’âge de la télé-réalité qui ne peut que déstabiliser ces papy du rock est écoutable, il est loin des critères de qualités que l’on attend d’un groupe comme Queen, en particulier pour leur grand retour. Il fait plutôt sourire.

Le reste de l’album est du même tonneau. Un album sympathique, très écoutable, mais manquant singulièrement d’originalité et perdu entre différents styles. Du « rock à papa » pour reprendre l’expression du gars assez classe qui m’a accompagné plus tard au concert et rien qui pourra séduire une nouvelle génération qui ne connait de Queen que les deux albums « best of ».

C’est donc avec un enthousiasme quelque peu refroidit que je me suis rendu au concert, ce 23 septembre 2008 à 20h30 (non sans un arrêt par le palais de la pitta pour une traditionnelle petite collation).

ACTE V – Dans l’arène

Première constatation, le public est plus jeune que prévu. Si les quinquagénaires sont là, tous les âges sont représentés et je ne peux que sourire à la vue de ces gamins de 18 ans avec leur T-shirt de tournées d’avant leur naissance.

Les lumières s’éteignent. Les étoiles s’allument, scintilles, des météores bruyants envahissent la salle, le public s’échauffe (vont-ils commencer le concert par un « Flash » de derrière les fagots ?) et enfin, le son reconnaissable entre mille de la guitare de Brian May explose dans un flash de lumière.

Ils sont bien là, en chair et en os, Brian May, Rodger Taylor et Paul Rodgers. Ils se lancent alors dans une sélection de tubes des premières heures.

Rapidement, il apparait que le seul qui semble s’amuser sur scène est Paul Rodgers (et ce malgré les ridicules phrases lancées au public sans grande conviction, tels des « Formidable » de Charly Oleg). Il a la patate et est visiblement content d’être sur scène, souriant autant que le chanteur de Wet Wet Wet (ce qui n’est pas peu dire).

Pourtant, le public semble ingrat.

Les applaudissements pour Paul Rodgers sont juste poli, ce qui est particulièrement évident lorsqu’il interprète un morceau en s’accompagnant seul à la guitare acoustique.  Personne ne semble voir que c’est lui qui porte aujourd’hui le groupe sur ses épaules, insufflant de l’énergie là où Brian May semble se décomposer sur place (sans pour autant remettre en question son incroyable talent de guitariste) et Rodger Taylor semble prêt à mourir sur scène à tout moment.

Le groupe a joué 4 pistes du nouvel album, avec à la clé un accueil tiède du public (« voici un morceau de notre nouvel album The Cosmos rocks, vous êtes probablement 3 à l’avoir acheté », annonce Brian May de façon assez réaliste).

Une fois de plus, le milieu du concert est assez plat alors que Paul Rodgers est écarté pour laisser la place aux anciens : une sympathique version de ’39 par Bryan May et la traditionnelle « I’m in love with my car » par Taylor qui ferait vraiment mieux de s’en tenir aux percussions. Je passerai sous silence les interminables solos de batteries (même si l’introduction percussion-basse de Taylor était sympathique) et de guitare (note pour note le même que pour la tournée précédente) ainsi que les tristes manipulations du public à grand coup de « mon pote Freddy » (au fait, il est devenu quoi John Deacon ? On peut juste raisonnablement penser qu’il est toujours en vie puisque qu’il n’y a pas eu d’hommage chez Jean-Pierre Foucault).

La salle reprend un peu vie pour la dernière partie quand Queen retourne dans son bread and butter avec une succession de morceaux ultra-prévisibles.

J’ai passé un bon moment même si ce n’était pas aussi LEGEN… wait for it… DARY que prévu. Cela m’a permis de constater que le public ne se déplace que pour voir un groupe de reprise, sans laisser grande place à la nouveauté ou une vraie chance à Paul Rodgers. Le groupe, avec une lassitude évidente, donne au public ce qu’il veut : une sorte de karaoké géant où tout un chacun peut faire les gestes démentiels.

Pour ma part, je propose de rebaptiser le groupe Paul Rodgers + Queen et je vais de ce pas explorer plus avant la carrière éclectique de ce mercenaire du rock.

Voir Queen en concert, c’est fait.

Prochaine étape ? ACDC l’été 2009 ?

EPILOGUE
Dans le troisième avion qui m’éloigne un peu plus de la Belgique, je raconte le concert à mon patron qui a son tour m’étonne d’une petite anecdote.

Il se trouve que Brian May et lui viennent d’un même village en Angleterre et qu’ils leur arrivent de se croiser au détour d’une route.

Il y a de nombreuses années, alors que mon patron assistait à la traditionnelle pantomime du village, il fut fort contrarie par cet individu se trouvant devant lui et donc l’abondante coiffure lui bouchait la vue (c’est une des raisons pour laquelle la reine Fabiolla a une loge personnelle au théâtre et à l’opéra).  Ajoutant à cela une veste en cuir noir, mon patron aurait glissé, non sans quelques sarcasmes :

-          Un gars du village se prend pour une star du rock…

Avant de découvrir qu’il s’agissait du guitariste de Queen.

It’s a small world.

EPILOGUE 2

Mon patron semble incollable sur Brian May (« J’aimerais pouvoir dire que je le connais ») et m’a raconté une nouvelle anecdote que je vais mon contenter d’ingurgiter sans prendre la peine de la vérifier, comme au bon vieux temps. Ainsi, Brian May aurait fait des études d’Astronomie et un doctorat qu’il aurait interrompu suite au succès de Queen.  Ce n’est que récemment qu’il aurait repris cette branche oubliée de sa vie et terminé son doctorat pour devenir officiellement un docteur en astronomie. Voilà qui explique peut-être pourquoi « The cosmos rocks », l’omniprésence de sons « spatiaux » et l’allusion au paradoxe einsteinien en introduction de « 39 » lors du dernier concert.

C’était vraiment très intéressant !




[musique] Young Owen plays it cold (0)

16 09 2008

(0) Est-il besoin de rappeler que l’humour nonsense est glacé, sophistiqué et hautement référencé et que la note de bas de page (de préférence totalement hors sujet) fait partie de ses traditions ? Commençons donc par une note de bas de page perdue en haut de page et vous proposant le jeu : « toi aussi explique le titre de ce texte ». A gagner un apéritif au dernier restaurant avant la fin du monde.

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« A un moment, ells n’existaient pas, en tout cas sous une forme qui retenait l’attention, et le moment d’après on ne pouvait plus les éviter : elles étaient partout, où qu’on tourne les yeux. »

Cette petite remarque anodine de Nick Hornby (1) concernant l’apparition presque magique des filles au début de l’adolescence pourrait aussi s’appliquer aux références au ‘Guide Galactique’ lorsque celui-ci s’introduit subrepticement dans votre vie. Ne le niez pas, les ‘42’ sont partout, parfois dans les endroits les plus inattendus et ils nous sautent à la figure, tel des labradors mouillés sur votre costume du dimanche. Je n’ai pas la moindre idée de ce que cela peut signifier (probablement rien mais il faudrait mesurer un kiosque à journaux pour en être sûr, 2).

Un exemple ?

Prenez Coldplay, le « plus grand groupe de rock du monde » selon les délires radiophoniques de publicitaires belges (3). Il est déjà discutable de considérer Coldplay comme un groupe de Rock mais en plus chacun sait que le plus grand groupe de rock du monde et de l’histoire n’est autre que Plan Orsec ! (4). Il faut cependant reconnaître que ces deux groupes ont en commun un succès énorme sans faire preuve d’une grande originalité et que tous deux ont finit « Dans le soleil » (5).

Attention, je n’ai pas dit que je n’aimais pas Coldplay. Il faut leurs reconnaître une redoutable efficacité (á défaut d’une réelle originalité). Les balades de Chris Martin sont magnifiques, les morceaux sont parfaitement huilés selon des recettes parfaitement éprouvées (par d’autres groupes plus expérimentaux) avec au final, par exemple sur leur dernier et quatrième album ‘Viva la Vida or Death and All His Friends’, à une succession de hit à la perfection effrayante. C’est très beau, très plaisant mais un peu lisse au point que cela pourrait presque plaire à la grand-mère susmentionnée (suce mentionnée ???) si elle n’était pas en phase terminale depuis 10 ans.

Rien à voir avec un groupe comme Radiohead (auquel Coldplay est souvent injustement comparé) qui est devenu le plus grand groupe de rock du monde (oubliez la note (4)) en revisitant le genre rock dans sa période bénie ‘The Bend’ et ‘OK Computer’ avant de le quitter pour se lancer dans de nouvelles aventures.

Pourtant, les deux groupes ont bien quelque chose en commun… Ne citons que quelques pistes célèbres de ces deux artistes : ‘Paranoïd androïd’ pour Radiohead et ‘Don’t panic’ & ‘42’ de Coldplay.

Vous l’avez compris (une page de déblatération pour en arrivez là), il s’agit de références à saint Douglas Adams ! (6).

‘Don’t panic’ est la plage d’ouverture de ‘Parachute’, le premier album de Coldplay sortit en 2000 et qui fera découvrir le groupe avec des titres comme ‘Yellow’ ou encore ‘Trouble’. Un morceau ‘guitare’ pop-rock folk de base, ma foi assez plaisant, avec des paroles répétitives et assez minimaliste :

« Oh, we're sinking like stones, All that we fought for, (…)We live in a beautiful world »

‘42’ est une des plages marquante du dernier album en date sortit cette année. Il débute sur une balade voix-piano qui a fait les heures de gloire du groupe. La douce voix de Chris Martin est rapidement rejointe par une pléiade d’instrument, base, violon, batterie discrète.

« Those who are dead are not dead, They’re just living my head (…) »

Le morceau bascule alors dans une partie plus rythmée qui emprunte des riffs à Radiohead et les changements de rythme que l’on retrouve par exemple chez Dire Straits de l’époque ‘Romeo & Juliet’.

« You thought you might be a ghost, You didn’t get to heaven but you made it close »

Efficace mais rien à voir avec la richesse musicale de ‘Paranoïd android’ dont les paroles plus délirantes et moins faussement profondes qui rendent hommage à l’univers nonsense (« That's it, sir, You're leaving, The crackle of pigskin, The dust and the screaming, The yuppies networking, The panic, the vomit, The panic, the vomit, God loves his children, God loves his children, yeah! »

Alors l’éternelle question revient sur toutes les lèvres : « Pourquoi 42 ? »

Est-ce une blague en base 13 ? Est-ce une réponse à une question que le groupe se pose ?

Les paroles de la chanson sont assez peu éclairante et les spécialistes se disputent sur la question (enfin surement).

Certains évoquent le fait que l’album dure 42 minutes, font allusions aux 42 chansons qui ont été évincées de l’album précédent et d’autres explications farfelues du même tonneau.

La réponse, comme souvent, est venue de la bouche de Chris Martin (7) :

« Je ne pense pas que vous puissiez essayer de devenir le meilleur groupe du monde sans avoir une chanson qui soit un numéro » (8).

Et quitte à prendre un numéro, pourquoi pas 42, comme le répétait Douglas Adams…

--

(1) Dans son premier et probablement meilleur roman ‘Haute fidélité’.

(2) Je sais, cette phrase est encore plus absurde que les autres. Dans ma mythologie personnelle, Umberto Eco aurait fait référence au fait qu’on aurait retrouvé le nombre d’or, cette proportion ‘magique’ censée conféré beauté et longévité à toute création, un grand nombre de fois dans un kiosque à journaux des plus banal (et donc des plus hideux et périssable, tout comme ma grand-mère). L’histoire est belle, peut vous aider à séduire une poulette perturbée dans un bar enfumé mais je ne suis pas certain mes sources. J’ai eu beau me replonger dans ‘Le pendule de Foucault’ que je pensais être l’origine de l’histoire, je n’ai jamais pu remettre la main dessus…

(3) Je place un copyright sur cette nouvelle insulte !

(4) Selon le Guide Galactique (voir ‘Le dernier restaurant avant la fin du monde’) : « Plan Orsec, groupe de pluto-rock originaire de la région d’A.J.T. du Bocal est considéré non seulement comme le plus bruyant de tous les groupes de rock de la Galaxie mais en fait comme le plus bruyant de tous les bruits tous court. » et selon Ford Escord et Zappy « Le plus grand », « le plus riche » des groupes de rock de l’histoire de l’histoire elle-même.

(5) Une des grandes performances de Plan Orsec est de terminer un concert en plongeant dans un soleil alors que plus prudent, Coldplay en collaboration avec Michael Stipe de R.E.M. se sont contentés de chanter sur la chanson ‘In the sun’.

(6) « J’aime bien les préliminaires », comme me le disait encore ma belle hier… Rhaaaa Lovely. Sinon, on notera aussi l’apparition d’un robot « marvinien » dans un clip de Coldplay dont j’ai oublié le titre.

(7) Est-il de la famille de Dean, Aston et Ricky ? Une chose est sûre, il aime les films gore (Martin… Gore… humooouuurrrr !)

(8) Ne citons que ‘40’ de U2, ‘1979’ de Smashing pumpkins ou encore ‘39’ de Queen. Il faudra que je consulte la discographie de Plan Orsec pour vérifier cette théorie.




[musique] Elle est nulle ton histoire !

20 04 2008

 « Lay-laaaa, got me on my knees, Laylaaa »

- Tu peux mettre autre chose ?

- Quoi ? Tu n'aimes pas ?

- Ouais, ça va, mais bon...

- Ca va ?!? C'est tout ce que tu trouves à dire d'une des plus belles chansons d'amour de tous les temps ?

- Ouais, bon, faut pas exagérer non plus... C'est juste encore un de tes trucs de fossile qui te rendent nostalgique...

- Mais elle a une putain d'histoire cette chanson !

- Pfff... c'est encore repartit pour un tour...

- Tu connais Eric Clapton ?

- Le vieux qui joue de la guitare ?

- (...)

- Ouais, ouais...

- Dans les années soixante, Eric Clapton était très copain avec Georges Harrison et...

- Georges qui ?

- Tu ne connais pas Georges Harrison ???

- Je devrais ?

- Mais bon Dieu, c'est un des Beatles avec Paul McCartney, John Lenon et Ringo Star...

- Ils ne sont pas tous mort depuis le temps ? Et tu rigoles ? Il y a un gars qui s'appelle Ringo Star ?

- Oui et je parie que tu as déjà entendu parler de son fils, Zak Starkey !

- Le blondinet dans « Sauvé par le gong » ?

- Noooon, le batteur d'Oasis ! Le neveu de Keith Moon qui le remplace pour le concert des The Who...

- (...)

- Bref, Clapton et Harrison étaient très copain mais le malheur a voulu que Clapton tombe amoureux de Pattie Boyd, la femme de Harrison. Clapton en est bleu. Ils ont une petite aventure mais cela ne va pas beaucoup plus loin. Un jour, Clapton lit « L'histoire de Layla », un conte Perse, et il fait immédiatement le rapprochement entre ce poème racontant la triste histoire d'une princesse qui est marié contre son grès à un homme qui n'est pas celui qu'elle aime et qui finit par sombrer dans la folie. Il écrit alors cette belle chanson, « Layla » qui est un hommage évident à son amour pour Pattie. Une fois la chanson terminée et chantée avec son groupe de l'époque, Derek and the dominos, il invite Pattie Boyd, lui offre un exemplaire du bouquin et lui fait écouter la chanson.

- Elle craque, ils se marient et eurent beaucoup d'enfant. Je peux changer de canal maintenant ?

- Pas du tout. Elle se rend compte que cela parle d'elle, qu'il s'agit d'une déclaration de l'amour de Clapton au monde entier. Elle prend peur et refuse de quitter son mari. Clapton se met alors à déprimer, le rejet de Pattie et le fait que la chanson ne décolle pas immédiatement dans les charts font qu'il plonge dans l'alcool et la drogue (ce qui sera sûrement une inspiration pour d'autres de ses chansons, comme « Cocaïne »).

- Quoi ? Elle est nulle ton histoire !

- En fait, ils vont bien finir ensemble mais quelques années plus tard. Ils se marieront mais ne seront pas très heureux. L'histoire se termine rapidement par un divorce. Comme quoi, les obsessions ne sont pas toujours gagent de succès. Enfin, il lui écrira une autre petite perle, « Wonderful tonight », je te ferai écouter à l'occasion.

- Super... pffffff 

« Angieeeee Aaaaannngie, when will those dark clouds disappeeaaaaar »

- Merde... encore une autre chanson de vieux croulant...

- Quoi ? Les Stones des vieux croulants ? Et tu n'aimes pas « Angie » ?

- Tu ne vas pas me dire qu'il y a encore une belle histoire d'amour torturé derrière ce truc ?

- Mais siiii, enfin pas vraiment c'est une légende. On raconte que Mick Jagger aurait écrit cette chanson pour Angela Bowie mais en fait...

- Bon, je me casse...

- Dieu... que c'est dur de vieillir...




[musique] A Tribute to R.E.M.

26 03 2008

La sortie du 14e album de R.E.M., 'Accelerate' pourrait détourner la vindicte populaire de Radiohead.

Encore un de ces groupes, nés dans les années 80 dans le courant du rock alternatif pour ensuite apporter une autre dimension à la pop, lui offrir ses lettres de noblesses pour certains, trahir ses idéaux pour les autres.

Quoi qu'il en soit, le quotidien belge 'Le Soir', a décidé de rendre hommage à ce groupe mythique, comme dirait Nikos, en demandant á des noms connus et plus confidentiels de la scène belge de chanter du R.E.M. dans des conditions minimalistes, appartement, musée, librairies, etc.

Une excellente idée puisqu'on retrouve des groupes tels que Mud Flow, Kris Dane (guitariste de Ghinzu et qui a fait ses armes dans le Deus des origines), ou encore Mint.

L'idée est vraiment séduisante et l'occasion de piocher quelques noms intéressant de la scène belge mais l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Le résultat est quelque peu décevant avec au final de réels plantages (des versions inécoutables de 'Half a word away' par un Superlux dépourvu de son chanteur attitré ou un consternant 'Loosing my religion' de My Cheap Little Dictaphone'), des choses très moyennes (une honnête reprise de 'World Leader Pretend' par Mud flow) et quelques rares reprises intéressantes (des versions très personnelles de 'Man on the moon' par The Bony King Of Nowhere ou encore 'Loosing my religion' par Kris Dane).

A vous de voir et d'écouter !

url= http://blogs.lesoir.be/festivals/category/les-sessions-ukulele/




[musique] Nunatak

28 12 2007

- Salut Mumble (1)

- Ah, tiens, salut Pingu (2)

- Comment ca va ?

- Pas trop mal, merci. Tu fais quoi ?

- Je vais rejoindre Nestor (3), on va au concert de Nunatak. Tu viens avec nous ?

- OK !


Ceci est un petit dialogue qui aurait pu (ou ne pas) se dérouler en Antarctique le 7 juillet passé. En effet, alors que sur 6 continents, les musiciens se déchaînaient pour le Live Earth (4) et la sensibilisation le monde au problème des changements climatiques, le calme blanc et tranquille du septième continent allait être troublé par un petit groupe appelé Nunatak.

Mais c'est pourtant bien connu: dans la solitude de l'Antarctique, seuls les pingouins vous entendront chanter.

Si comme moi vous n'avez pas lu le classique South, the endurance expedition de sir Ernest Shakleton (4), vous ignorez peut-être ce qu'est un Nunatak.

Pour cela, il faut replonger dans l'histoire de la conquête de l'Antarctique. Lorsque les premiers européens se sont lancés dans l'exploration du septième continent, cela leur a coupé la chique. Eux qui ne manquaient pas de mots pour ne rien dire se surent pas comment décrire la beauté majestueuse des lieux.

Ainsi, quels mots utiliser pour décrire ces montagnes nues affleurant à la surface des glaces éternelles ?

Manquant singulièrement d'imagination (5), ils se tournèrent vers les autochtones. En effet, ceux-ci, qui avaient l'avantage d'avoir passé toute leur vie dans ces paysages désolés avaient eu le temps de développer un vocabulaire très riches (avec par exemple, 218 mots pour désigner la pisse de phoque). « Nanutak », répondirent-ils aux aventuriers. Le mot est depuis rentré dans le vocabulaire courant (6).

C'est aussi le nom qu'a choisit un des groupes musicaux sévissant en Antarctique.

Quoi ?, me direz-vous, il y a des groupes qui jouent en Antarctique ?

Et bien oui. Ils sont plusieurs. L'Antarctique est peuplée principalement de scientifiques qui se regroupent dans quelques bases et chaque base semble disposer de son petit groupe local. Par exemple, Nanutak à Rothera, la station du British Antarctic Survey de Cambridge. Chaque année, un festival est même organisé à la base américaine McMurdo, le « Icestock festival ».

Nunatak est donc une petite formation (guitare, bass, batterie, saxo et violon) récente qui s'est lancée au cours du long hiver à la composition de quelques titres.

Plus pour des raisons géographiques que réellement artistiques, ils ont participé au Live Earth grâce à la magie d'Internet. En effet, si le groupe était particulièrement optimiste (il y a intérêt quand on part s'enterrer là-bas) et prévoyait, je cite, « des lancés de petites culottes », leur seul public potentiel était constitué des 17 membres présent à la station, les pingouins et les phoques (7).

Mais rassurez-vous, si vous avez manqué la performance, vous pouvez découvrir ce groupe sur:

http://www.antarctica.ac.uk/indepth/nunatak/index.php

Je vous conseille d'ouvrir votre congélateur et de manger un petit esquimaux, pour l'ambiance !

- Alors Pingu, tu as trouvé comment ?

- C'était pas mal mais ils étaient un peu figé

- Moi j'ai trouvé cela glacial

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Petite encyclopédie des pingouins célèbres:

(1) Mumble est le héros de « Happy feet », http://en.wikipedia.org/wiki/Happy_Feet

(2) Pingu est un petit pingouin en plasticine, http://en.wikipedia.org/wiki/Pingu

(3) « A la pêche aux moules-moules-moules », http://www.nestor.it/


(4) Et non pas Soeur Ernest Shakelton alias Georges Moustaki comme le soutenait Philippe Gelluck dans le jeu des dictionnaires.

(5) Si un gars comme Lewis Carroll ou Roald Dahl avait été avec eux, il aurait surement trouvé quelque chose comme Barbletain ou Frambichon

(6) Enfin, pas si courant que cela. Mais il faut bien avouer que c'est sympa à placer au scrabble, si c'est votre truc.

(7) Qui comme chacun sait, ne portent pas de culotte.




[musique] Ca plane pour moi

22 12 2007

Alors que de récents événements posent des questions dérangeantes sur l'identité du plat pays, il est peut-être temps de revenir sur les grands artistes qui ont porté haut et fort l'image de notre pays à l'étranger (1).

Souvenez-vous, cela se passait à l'aube des années 80 (2) et faisant trembler sur ses fondations des seventies moribondes.

Une jeune homme, âgé alors de 23 ans, sortait de l'ombre. Plastic Bertrand, jeune belge, allait secouer le monde avec une chanson aussi surréaliste qu'une toile de Magritte.

« Yam! Bam! mon chat Splash
Git sur mon lit a bouffe
sa langue en buvant tout mon whisky
quant a moi peu dormi, vide, brime
J'ai du dormir dans la gouttiere
Ou j'ai eu un flash *
Oooo-ooo-ooo-ooo!
En quatre couleurs »

Dans une interview menée de main de maître par un prophétique Stéphane Collaro (SC) encore loin de ses futures coconeries du cocoricocoshow et coco-girls (3) qui ont également marqués les années 80, le jeune Plastic Bertrand (PB) avoue être le premier a être étonné de son succès.

SC: Il y a deux mois, vraiment, je crois, personne ne te connaissait et puis tout á coup, vraiment, ca y est, c'est la célébrité, c'est... qu'est-ce que tu ressens

PB: ça fait peur !

SC: ça fait un peu peur !

PB: ça fait peur parce qu'on se dit que le lendemain on peut tout perdre aussi et là je me sens bien alors ce serait dommage (4).

Et quel succès !

« ça plane pour moi » devient rapidement un phénomène planétaire et Plastic devient un des rares artistes francophones à faire son entrée dans le Bilboard.

Ces 30 dernières années, la chanson a été reprise des dizaines de fois par des groupes aussi divers que U2, Sonic Youth ou encore par la puce des Red Hot (5).

Mais avant d'aller plus loin dans cette histoire, je vous invite à jeter un coup d'oeil sur ce petit film (dont certains passages ne sont pas sans rappeler ces infâmes pornos allemands des années 70, ne manque que les « ja ja ja »).

http://www.youtube.com/watch?v=dQlsfsypBi8

Non, il ne s'agit pas d'une reprise libre de la première heure mais bien le morceau « Jet Boy Jet Girl » par le groupe Elton Motello sortit la même année que « ça plane pour moi ».

La similitude ne peut que vous avoir frappé (même si le « Oooo-ooo-ooo-ooo! He gives me head » est un peu plus provocateur que le « Oooo-ooo-ooo-ooo! En quatre couleurs »).

Ce morceau, devenu l'hymne du mouvement punk-gay des années 80, possède la même ligne mélodique que la chanson de Plastic. Elle raconte la belle histoire d'un jeune garçon de 15 ans qui a des relations charnelles avec un autre homme et qui finit par le rejeter pour une fille.

Lorsqu'il fut question d'adapter la chanson en français pour un jeune représentant du mouvement punk belge (plastic s'appelait encore Roger (6) et jouait dans le groupe Hubble Bubble (7)), les paroles engagées écrites par Alan Ward furent jugée trop crues pour les chastes oreilles des mangeurs de frites et de grenouilles. Une nouvelle version édulcorée vit alors le jour et fut enregistrée avec les musiciens de Elton Motello.

Dés le début, une rumeur tourne autour de cette chanson. Ainsi, Plastic ne serait pas le vrai chanteur sur le titre mais se contenterait du rôle de play-back, le vrai chanteur étant Lou De Prijck (de son vrai nom Francis), son producteur et auteur des paroles (8).

http://www.bide-et-musique.com/images/thumb150/8889.jpg

Il a tenté ces dernières années, et pour des raisons purement artistiques, j'en suis certain, de rétablir la vérité en voulant s'imposer à coup de procès comme réel chanteur de ce titre. Il a été débouté il y a seulement deux ans (et a du verser 10000 euros à Plastic pour la peine).

Le pauvre Plastic aura du mal à égaler ce succès et le reste de sa carrière est plus chaotique. Je suis certains que vous vous jetterez tous sur sa biographie qu'il est en train de co-écrire avec l'excellent Olivier Monssens (qui a aussi commis un film sur le personnage cette année), moi je ne m'en priverai pas (par contre, je ferai certainement l'impasse sur son prochain album).

En attendant, vous pouvez vous perdre sur son super site officiel: http://www.plasticbertrand.com/ et y écouter quelques uns de ses meilleurs morceaux (9).

Mais comment écrire une chronique sur Plastic sans se poser la question de l'origine de son nom de scène pour le moins original. Revenons sur cet interview par Collaro qui donne une réponse claire á cette question existentielle.

SC: Plastic Bertrand, alors? Pourquoi Plastic ?

PB: Oh Plastic ? C'est une vieille histoire. Je la raconte ?

SC: Oh oui

PB: Alors vite fait. Ma mère est russe et je suis allé en Ukraine il y a deux ans et là j'ai reçu comme cadeau un jeu d'échec en plastique. Alors que j'avais vu des jeux d'échec en bois sculpté. Vraiment superbe. J'étais très décu. Et puis, j'ai... on m'a appris après que le plastique était beaucoup plus coûteux que le bois sculpté. Alors quand je suis rentré à Bruxelles...

SC: On t'a appelé Plastique

PB: Exactement, j'ai commencé une collection d'objets en plastique et les amis ont fait « plastique, plastique... »

SC: Heureusement qu'on t'a pas offert une saucisse ou un truc comme ça ! (4)

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  1. Oui, c'est ironique et aussi ironique que mal construit et dépourvu de sens, mais passons.

  2. 1977, en fait.

  3. Sans commentaire...

  4. Pour revoir cette interview ainsi qu'une des inombrables performances de Plastic, consulter: http://www.youtube.com/watch?v=jXDvLc2Eoko&feature=related

  5. http://fr.youtube.com/watch?v=8aM15L4QGhY'

  6. « Mon pauvre ami, moi aussi mes parents ont failli m'appeler Roger », comme disait si justement le docteur G à Roger Trouducu.

  7. Vous pouvez écouter un extrait de l'oeuvre de ce groupe sur le site officiel de Plastic, album qui est ressorti cette année au Japon.

  8. Le Lou des « Lou and the hollywood bananas » dont Virginie Svenson du « jeu des dictionnaires » était un des fruits.

  9. Ecoutez « Amour, amour », un tube co-écrit avec Alec mansion des « Léopold Nord et vous » qui mériterait aussi une petite chronique, qui a représenté le Luxembourg à l'Eurovision 1987 pour récolter 4 points et l'avant-dernière position




[musique] There can be only One

01 03 2007

Un des groupes de Métal ayant eu le plus de succès commercial (au grand dam des fans de la première heure qui n’ont toujours pas digérer ce qui sera appelé plus tard le " black album-incident ") et le plus connu hors des sphères du mouvement Métal est certainement Metallica.

Metallica a connu un succès planétaire et est un des rares groupes de Métal a avoir réussi le passage aux années 90 (ce point est largement discutable mais on doit leur reconnaître une régularité sans faille et de réel talents de musiciens).

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Sur leur quatrième album " … And justice for all " en 1989 (devenu rapidement plusieurs fois disques de platine), sur la quatrième piste, vous trouverez un ovni de la culture Métal et l’une des chansons les plus potentiellement déprimantes de l’histoire de la musique : " One ".

One " est le second single du groupe et sera un de ses plus grand succès. Le morceau offrira au groupe son premier Grammy Award en 1990 (Best Metal Performance) et pas un adolescent boutonneux qui ne s’essaye aux premiers accords sur son Aria toute pourrie dans le garage de ses parents (et qui s’étonne d’être encore puceau… oui c’est du vécu).

Le morceau a même été repris de nombreuses fois, que ce soit comme un hommage par la nouvelle vague (par exemple Korn et le Nu-Métal) soit comme une récupération.

Musicalement, c’est un mélange de style, une succession de changements de rythme qui culmine par une explosion rageuse, Lars se déchaînant sur sa batterie comme s’il venait de découvrir l’existence de Napser, et qui reste ce que le groupe fait de mieux : nous exploser la tête ! Les solos y sont démentiels et considérés par beaucoup comme des classiques du genre (" One " a été classé 7e dans la catégorie " meilleur solo " par les lecteurs de Guitar world).

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Mais pourquoi " One " est-il déprimant ?

L’histoire de la chanson déprimante prend ses sources dans la Grèce Antique. En 700 avant l’âne et le bœuf, un chanteur fainéant du nom de Homère a réellement lancé le genre. Il n’a écrit que deux morceaux : " L’Iliade " et " L’Odyssée " mais il faut savoir que lorsqu’il jouait un de ces morceaux sur scènes, cela prenait plus de 3 jours pleins, de quoi foutre le cafard au plus résistant !

Par la suite, la chanson déprimante a évolué vers un raccourcissement (quelques minutes) et s’est divisée en plusieurs catégories. En effet, un morceau peut-être déprimant par sa bêtise, sa mauvaise qualité ou encore l’histoire qu’il raconte.

One " est dans cette dernière catégorie !

I can’t remember anything

Can’t tell if it’s true or dream

Deep down inside I feel to scream

This terrible silence stops me "

Il y a plus rigolo comme entrée en matière !

Une des critiques les plus naïves du grand public concernant le Métal, c’est ses liens ambigu (ou pas) avec le culte du diable et de Satan. Pour le quidam, les groupes de Métal sont des prêtres du mal qui se plongent dans " La neuvième porte " pour écrire des chansons qui pervertissent la jeunesse et induisent la violence.

One " en est un parfait contre exemple.

Si lorsqu’en novembre 1987 James Hetfield et son comparse Lars Ulrich s’était inspiré du " Nécronomicon " pour composer cette chanson, elle aurait sans doute été plus joyeuse. Mais ils ont plutôt choisis de rendre hommage au roman écrit par Dalton Trumbo en 1939 " Johnny got his gun " (cassant dans la foulée le cliché du métalleux analphabète) et ont même acheté les droits du film écrit et réalisé par l’auteur en 1971 pour pouvoir en intégrer des images dans leur premier clip (déclenchant au passage un nuée de protestation chez les fans voyant dans ce clip une trahison des idéaux non-promotionnels affichés originellement par le groupe… et complètement oublié par la suite… " St Anger " priez pour eux).

Ce livre et ce film (et par extension, cette chanson), relatent à la première personne l’horreur d’un soldat, Joe Bonham, qui lors de la première guerre mondiale explose sur une mine dans une tranchée et se retrouve prisonnier de son corps sans pouvoir utiliser aucun de ses 5 sens (lançant ou pas le débat sur l’acharnement thérapeutique):

Landmine has taken my sight

Taken my speech

Taken my hearing

Taken my arms

Taken my legs

Taken my soul

Left me with life in hell "

Or, s’il est quelque chose de plus déprimant que d’être dans cet état, c’est bien de lire, voir ou écouter sur le sujet.

(1) Cette description ainsi que l’idée de ce petit texte est tiré de " I hate myself and want to die ", un livre inintéressant de Tom Reynolds, mais qui contient néanmoins quelques passages amusants




[musique] Olivia Ruiz, La femme chocolat

04 02 2007

La célébrité peut prendre de nombreuses formes. A sa grande époque, VDB disait que l’important restait que l’on parle de soit, le fait que cela soit en bien ou en mal n’avait finalement que bien peu d’importance. C’est le principe même de la publicité qui n’a pas peur de tomber dans le ridicule ou le choquant, le seul but étant que le nom de la marque s’imprime dans notre esprit pour que lorsque l’on se trouve devant un choix, nous choisissions naturellement le produit dont nous connaissons le nom.

 

Pour les artistes, c’est un petit peu pareil. Pas facile en effet de se faire un nom.

 

De temps en temps, plus par chance que pour autre chose, une personnalité talentueuse et créatrice émerge et apporte quelque chose de nouveau dans un environnement musical formaté. On assiste alors à un phénomène de changement de paradigme : des tas d’artistes, soit de la première heure sortit de l’ombre, soit opportunistes, s’engagent dans la brèche et font de cet ovni une nouvelle règle jusqu’à la nausée. C’est ce à quoi on assiste actuellement dans la chanson française avec la nouvelle génération.

 

A côté de cela, il y a aussi le côté obscur de la force, un chemin beaucoup plus risqué mais qui semble plus facile, au risque de vous entraîner dans une spirale dont vous ne pouvez plus sortir qu’avec une image, rentable pendant quelques temps pour les producteurs qui vous utilise comme un produit, mais très éphémère et difficile à porter pour l’artiste. Il s’agit de la télé-réalité.

 

Comme pour la masturbation, nous connaissons tous, nous avons tous pratiqué et cela nous a apporté un immense plaisir coupable. La télé-réalité, c’est un mélange de voyeurisme, de jalousie et d’indentification.

 

Mais pour les protagonistes, cela apparaît comme une chance, par un mélange de naïveté et calcul manqué.

 

On en sort avec de la poudre aux yeux, un nom que tout le monde connaît mais une célébrité un peu honteuse chez ceux qui se disent artistes. Pas facile de transformer cela en une carrière.

 

Pour preuve, la plupart de ces élèves devenus des stars, c’est qu’ils sont pratiquement tous tombés dans l’oublis après avoir été pressés comme des citrons.

 

Olivia Ruiz a sans doute eu la chance de ne pas gagner la Star Academy. Ce petit bout de femme au sang chaud qui a joué le jeu lors de la première promotion du show est resté discrète. Pour elle, la Star Academy lui a donné un nom (Olivia Ruiz, oui cela me dit quelque chose) et surtout des entrées chez des artistes.

 

Elle est restée tapie dans l’ombre et le moment venu, aidé par ce réseau de contact, à décider de travailler avec ceux qu’elle aimait : des auteurs/compositeurs de la scène alternative française. Cela a donné un premier album, à son image, discret, J’aime pas l’amour qui s’est logiquement prolongé par une longue tournée et qui lui a offert un petit succès d’estime et un reconnaissance par la profession. Une manière de se refaire une virginité.

 

Mais il faut beaucoup plus que de la reconnaissance pour faire une carrière. Il faut aussi la reconnaissance du public.

 

Et puis, l’année passée, on retrouve sa voix à la radio. Une petite chanson sympathique a envahi les radios pour devenir un succès populaire : J’traine des pieds. Un titre très agréable, entraînant, qui fait sourire sans tomber dans la facilité, qui jongle entre nostalgie et modernité. Une petite perle de lait qui étrangement sortait du lot mais s’intégrait parfaitement dans l’univers musical du moment.

 

II a ensuite été suivit par un second titre au succès fracassant, La femme chocolat, dont les accents étaient plus que familiers après le succès de Monsters in love de Dionysos et de son leader Mathias Malzieu.

 

Il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité et explorer plus avant le reste du second album d’Olivia Ruiz.

 

La femme chocolat ressemble à un monstre de Frankenstein. Il s’agit d’un patch-work (« entre Piaf et Calexico », comme disait un critique) de différents styles, de blocs assemblés sans réelle de recherche de continuité ou de cohésion. Quand on l’écoute avec naïveté, les chansons se placent dans différents tiroirs, comme s’il s’agissait d’une compilation provenant de différents albums. Un petit regard sur la liste des auteurs/compositeurs permet de confirmer cette impression.

 

Le premier tiroir est clairement celui de Mathias Malzieu : La femme chocolat, I need a child et Goutez-moi. Impossible de ne pas faire le lien avec Dionysos. Même langage métaphorique délirant, même musique, mêmes instruments inhabituels. C’est agréable à écouter mais cela sonne beaucoup trop comme du déjà vu, confirmant la triste impression que si l’univers du très sympathique Mathias Malzieu est diablement original, il ne semble pas très riche et que malheureusement il l’a déjà exploité jusqu’à la corde. Espérons qu’il ait encore des surprises dans son sac mais il ne les a pas exploités pour l’album d’Olivia Ruiz.

 

Le second tiroir est beaucoup plus intéressant et fait tout l’intérêt de l’album : J’traine des pieds, Thérapie de groupe, La fille du vent ou encore Quijote. Des chansons beaucoup plus novatrices et riches et pour lesquelles Olivia Ruiz offre une grande variété de personnalités à travers le chant. Elle y est à la fois fragile, bouillante, moqueuse, tendre. Une petite bombe à retardement que l’on aurait envie de prendre dans ses bras. Ces chansons, ce sont vraiment les siennes puisqu’elle en a écrit les textes.

 

Le dernier tiroir est un grand fourre tout qui contient des choses plutôt inégales, du très bateau frisant le mauvais (Non-dits) à des petits trucs léger mais sympathique (La petite voleuse).

 

Du bon, du très bon, sur cet album, qui côtoie du banal. Un second album qui commence à devenir beaucoup plus personnel et laisse à l’interprète la liberté de se révéler un peu plus. Espérons que son succès lui donnera la confiance nécessaire pour nous offrir un troisième album entièrement centré sur son univers.