[musique] Elle est nulle ton histoire !

20 04 2008

 « Lay-laaaa, got me on my knees, Laylaaa »

- Tu peux mettre autre chose ?

- Quoi ? Tu n'aimes pas ?

- Ouais, ça va, mais bon...

- Ca va ?!? C'est tout ce que tu trouves à dire d'une des plus belles chansons d'amour de tous les temps ?

- Ouais, bon, faut pas exagérer non plus... C'est juste encore un de tes trucs de fossile qui te rendent nostalgique...

- Mais elle a une putain d'histoire cette chanson !

- Pfff... c'est encore repartit pour un tour...

- Tu connais Eric Clapton ?

- Le vieux qui joue de la guitare ?

- (...)

- Ouais, ouais...

- Dans les années soixante, Eric Clapton était très copain avec Georges Harrison et...

- Georges qui ?

- Tu ne connais pas Georges Harrison ???

- Je devrais ?

- Mais bon Dieu, c'est un des Beatles avec Paul McCartney, John Lenon et Ringo Star...

- Ils ne sont pas tous mort depuis le temps ? Et tu rigoles ? Il y a un gars qui s'appelle Ringo Star ?

- Oui et je parie que tu as déjà entendu parler de son fils, Zak Starkey !

- Le blondinet dans « Sauvé par le gong » ?

- Noooon, le batteur d'Oasis ! Le neveu de Keith Moon qui le remplace pour le concert des The Who...

- (...)

- Bref, Clapton et Harrison étaient très copain mais le malheur a voulu que Clapton tombe amoureux de Pattie Boyd, la femme de Harrison. Clapton en est bleu. Ils ont une petite aventure mais cela ne va pas beaucoup plus loin. Un jour, Clapton lit « L'histoire de Layla », un conte Perse, et il fait immédiatement le rapprochement entre ce poème racontant la triste histoire d'une princesse qui est marié contre son grès à un homme qui n'est pas celui qu'elle aime et qui finit par sombrer dans la folie. Il écrit alors cette belle chanson, « Layla » qui est un hommage évident à son amour pour Pattie. Une fois la chanson terminée et chantée avec son groupe de l'époque, Derek and the dominos, il invite Pattie Boyd, lui offre un exemplaire du bouquin et lui fait écouter la chanson.

- Elle craque, ils se marient et eurent beaucoup d'enfant. Je peux changer de canal maintenant ?

- Pas du tout. Elle se rend compte que cela parle d'elle, qu'il s'agit d'une déclaration de l'amour de Clapton au monde entier. Elle prend peur et refuse de quitter son mari. Clapton se met alors à déprimer, le rejet de Pattie et le fait que la chanson ne décolle pas immédiatement dans les charts font qu'il plonge dans l'alcool et la drogue (ce qui sera sûrement une inspiration pour d'autres de ses chansons, comme « Cocaïne »).

- Quoi ? Elle est nulle ton histoire !

- En fait, ils vont bien finir ensemble mais quelques années plus tard. Ils se marieront mais ne seront pas très heureux. L'histoire se termine rapidement par un divorce. Comme quoi, les obsessions ne sont pas toujours gagent de succès. Enfin, il lui écrira une autre petite perle, « Wonderful tonight », je te ferai écouter à l'occasion.

- Super... pffffff 

« Angieeeee Aaaaannngie, when will those dark clouds disappeeaaaaar »

- Merde... encore une autre chanson de vieux croulant...

- Quoi ? Les Stones des vieux croulants ? Et tu n'aimes pas « Angie » ?

- Tu ne vas pas me dire qu'il y a encore une belle histoire d'amour torturé derrière ce truc ?

- Mais siiii, enfin pas vraiment c'est une légende. On raconte que Mick Jagger aurait écrit cette chanson pour Angela Bowie mais en fait...

- Bon, je me casse...

- Dieu... que c'est dur de vieillir...




[musique] A Tribute to R.E.M.

26 03 2008

La sortie du 14e album de R.E.M., 'Accelerate' pourrait détourner la vindicte populaire de Radiohead.

Encore un de ces groupes, nés dans les années 80 dans le courant du rock alternatif pour ensuite apporter une autre dimension à la pop, lui offrir ses lettres de noblesses pour certains, trahir ses idéaux pour les autres.

Quoi qu'il en soit, le quotidien belge 'Le Soir', a décidé de rendre hommage à ce groupe mythique, comme dirait Nikos, en demandant á des noms connus et plus confidentiels de la scène belge de chanter du R.E.M. dans des conditions minimalistes, appartement, musée, librairies, etc.

Une excellente idée puisqu'on retrouve des groupes tels que Mud Flow, Kris Dane (guitariste de Ghinzu et qui a fait ses armes dans le Deus des origines), ou encore Mint.

L'idée est vraiment séduisante et l'occasion de piocher quelques noms intéressant de la scène belge mais l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Le résultat est quelque peu décevant avec au final de réels plantages (des versions inécoutables de 'Half a word away' par un Superlux dépourvu de son chanteur attitré ou un consternant 'Loosing my religion' de My Cheap Little Dictaphone'), des choses très moyennes (une honnête reprise de 'World Leader Pretend' par Mud flow) et quelques rares reprises intéressantes (des versions très personnelles de 'Man on the moon' par The Bony King Of Nowhere ou encore 'Loosing my religion' par Kris Dane).

A vous de voir et d'écouter !

url= http://blogs.lesoir.be/festivals/category/les-sessions-ukulele/




[musique] Nunatak

28 12 2007

- Salut Mumble (1)

- Ah, tiens, salut Pingu (2)

- Comment ca va ?

- Pas trop mal, merci. Tu fais quoi ?

- Je vais rejoindre Nestor (3), on va au concert de Nunatak. Tu viens avec nous ?

- OK !


Ceci est un petit dialogue qui aurait pu (ou ne pas) se dérouler en Antarctique le 7 juillet passé. En effet, alors que sur 6 continents, les musiciens se déchaînaient pour le Live Earth (4) et la sensibilisation le monde au problème des changements climatiques, le calme blanc et tranquille du septième continent allait être troublé par un petit groupe appelé Nunatak.

Mais c'est pourtant bien connu: dans la solitude de l'Antarctique, seuls les pingouins vous entendront chanter.

Si comme moi vous n'avez pas lu le classique South, the endurance expedition de sir Ernest Shakleton (4), vous ignorez peut-être ce qu'est un Nunatak.

Pour cela, il faut replonger dans l'histoire de la conquête de l'Antarctique. Lorsque les premiers européens se sont lancés dans l'exploration du septième continent, cela leur a coupé la chique. Eux qui ne manquaient pas de mots pour ne rien dire se surent pas comment décrire la beauté majestueuse des lieux.

Ainsi, quels mots utiliser pour décrire ces montagnes nues affleurant à la surface des glaces éternelles ?

Manquant singulièrement d'imagination (5), ils se tournèrent vers les autochtones. En effet, ceux-ci, qui avaient l'avantage d'avoir passé toute leur vie dans ces paysages désolés avaient eu le temps de développer un vocabulaire très riches (avec par exemple, 218 mots pour désigner la pisse de phoque). « Nanutak », répondirent-ils aux aventuriers. Le mot est depuis rentré dans le vocabulaire courant (6).

C'est aussi le nom qu'a choisit un des groupes musicaux sévissant en Antarctique.

Quoi ?, me direz-vous, il y a des groupes qui jouent en Antarctique ?

Et bien oui. Ils sont plusieurs. L'Antarctique est peuplée principalement de scientifiques qui se regroupent dans quelques bases et chaque base semble disposer de son petit groupe local. Par exemple, Nanutak à Rothera, la station du British Antarctic Survey de Cambridge. Chaque année, un festival est même organisé à la base américaine McMurdo, le « Icestock festival ».

Nunatak est donc une petite formation (guitare, bass, batterie, saxo et violon) récente qui s'est lancée au cours du long hiver à la composition de quelques titres.

Plus pour des raisons géographiques que réellement artistiques, ils ont participé au Live Earth grâce à la magie d'Internet. En effet, si le groupe était particulièrement optimiste (il y a intérêt quand on part s'enterrer là-bas) et prévoyait, je cite, « des lancés de petites culottes », leur seul public potentiel était constitué des 17 membres présent à la station, les pingouins et les phoques (7).

Mais rassurez-vous, si vous avez manqué la performance, vous pouvez découvrir ce groupe sur:

http://www.antarctica.ac.uk/indepth/nunatak/index.php

Je vous conseille d'ouvrir votre congélateur et de manger un petit esquimaux, pour l'ambiance !

- Alors Pingu, tu as trouvé comment ?

- C'était pas mal mais ils étaient un peu figé

- Moi j'ai trouvé cela glacial

--

Petite encyclopédie des pingouins célèbres:

(1) Mumble est le héros de « Happy feet », http://en.wikipedia.org/wiki/Happy_Feet

(2) Pingu est un petit pingouin en plasticine, http://en.wikipedia.org/wiki/Pingu

(3) « A la pêche aux moules-moules-moules », http://www.nestor.it/


(4) Et non pas Soeur Ernest Shakelton alias Georges Moustaki comme le soutenait Philippe Gelluck dans le jeu des dictionnaires.

(5) Si un gars comme Lewis Carroll ou Roald Dahl avait été avec eux, il aurait surement trouvé quelque chose comme Barbletain ou Frambichon

(6) Enfin, pas si courant que cela. Mais il faut bien avouer que c'est sympa à placer au scrabble, si c'est votre truc.

(7) Qui comme chacun sait, ne portent pas de culotte.




[musique] Ca plane pour moi

22 12 2007

Alors que de récents événements posent des questions dérangeantes sur l'identité du plat pays, il est peut-être temps de revenir sur les grands artistes qui ont porté haut et fort l'image de notre pays à l'étranger (1).

Souvenez-vous, cela se passait à l'aube des années 80 (2) et faisant trembler sur ses fondations des seventies moribondes.

Une jeune homme, âgé alors de 23 ans, sortait de l'ombre. Plastic Bertrand, jeune belge, allait secouer le monde avec une chanson aussi surréaliste qu'une toile de Magritte.

« Yam! Bam! mon chat Splash
Git sur mon lit a bouffe
sa langue en buvant tout mon whisky
quant a moi peu dormi, vide, brime
J'ai du dormir dans la gouttiere
Ou j'ai eu un flash *
Oooo-ooo-ooo-ooo!
En quatre couleurs »

Dans une interview menée de main de maître par un prophétique Stéphane Collaro (SC) encore loin de ses futures coconeries du cocoricocoshow et coco-girls (3) qui ont également marqués les années 80, le jeune Plastic Bertrand (PB) avoue être le premier a être étonné de son succès.

SC: Il y a deux mois, vraiment, je crois, personne ne te connaissait et puis tout á coup, vraiment, ca y est, c'est la célébrité, c'est... qu'est-ce que tu ressens

PB: ça fait peur !

SC: ça fait un peu peur !

PB: ça fait peur parce qu'on se dit que le lendemain on peut tout perdre aussi et là je me sens bien alors ce serait dommage (4).

Et quel succès !

« ça plane pour moi » devient rapidement un phénomène planétaire et Plastic devient un des rares artistes francophones à faire son entrée dans le Bilboard.

Ces 30 dernières années, la chanson a été reprise des dizaines de fois par des groupes aussi divers que U2, Sonic Youth ou encore par la puce des Red Hot (5).

Mais avant d'aller plus loin dans cette histoire, je vous invite à jeter un coup d'oeil sur ce petit film (dont certains passages ne sont pas sans rappeler ces infâmes pornos allemands des années 70, ne manque que les « ja ja ja »).

http://www.youtube.com/watch?v=dQlsfsypBi8

Non, il ne s'agit pas d'une reprise libre de la première heure mais bien le morceau « Jet Boy Jet Girl » par le groupe Elton Motello sortit la même année que « ça plane pour moi ».

La similitude ne peut que vous avoir frappé (même si le « Oooo-ooo-ooo-ooo! He gives me head » est un peu plus provocateur que le « Oooo-ooo-ooo-ooo! En quatre couleurs »).

Ce morceau, devenu l'hymne du mouvement punk-gay des années 80, possède la même ligne mélodique que la chanson de Plastic. Elle raconte la belle histoire d'un jeune garçon de 15 ans qui a des relations charnelles avec un autre homme et qui finit par le rejeter pour une fille.

Lorsqu'il fut question d'adapter la chanson en français pour un jeune représentant du mouvement punk belge (plastic s'appelait encore Roger (6) et jouait dans le groupe Hubble Bubble (7)), les paroles engagées écrites par Alan Ward furent jugée trop crues pour les chastes oreilles des mangeurs de frites et de grenouilles. Une nouvelle version édulcorée vit alors le jour et fut enregistrée avec les musiciens de Elton Motello.

Dés le début, une rumeur tourne autour de cette chanson. Ainsi, Plastic ne serait pas le vrai chanteur sur le titre mais se contenterait du rôle de play-back, le vrai chanteur étant Lou De Prijck (de son vrai nom Francis), son producteur et auteur des paroles (8).

http://www.bide-et-musique.com/images/thumb150/8889.jpg

Il a tenté ces dernières années, et pour des raisons purement artistiques, j'en suis certain, de rétablir la vérité en voulant s'imposer à coup de procès comme réel chanteur de ce titre. Il a été débouté il y a seulement deux ans (et a du verser 10000 euros à Plastic pour la peine).

Le pauvre Plastic aura du mal à égaler ce succès et le reste de sa carrière est plus chaotique. Je suis certains que vous vous jetterez tous sur sa biographie qu'il est en train de co-écrire avec l'excellent Olivier Monssens (qui a aussi commis un film sur le personnage cette année), moi je ne m'en priverai pas (par contre, je ferai certainement l'impasse sur son prochain album).

En attendant, vous pouvez vous perdre sur son super site officiel: http://www.plasticbertrand.com/ et y écouter quelques uns de ses meilleurs morceaux (9).

Mais comment écrire une chronique sur Plastic sans se poser la question de l'origine de son nom de scène pour le moins original. Revenons sur cet interview par Collaro qui donne une réponse claire á cette question existentielle.

SC: Plastic Bertrand, alors? Pourquoi Plastic ?

PB: Oh Plastic ? C'est une vieille histoire. Je la raconte ?

SC: Oh oui

PB: Alors vite fait. Ma mère est russe et je suis allé en Ukraine il y a deux ans et là j'ai reçu comme cadeau un jeu d'échec en plastique. Alors que j'avais vu des jeux d'échec en bois sculpté. Vraiment superbe. J'étais très décu. Et puis, j'ai... on m'a appris après que le plastique était beaucoup plus coûteux que le bois sculpté. Alors quand je suis rentré à Bruxelles...

SC: On t'a appelé Plastique

PB: Exactement, j'ai commencé une collection d'objets en plastique et les amis ont fait « plastique, plastique... »

SC: Heureusement qu'on t'a pas offert une saucisse ou un truc comme ça ! (4)

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  1. Oui, c'est ironique et aussi ironique que mal construit et dépourvu de sens, mais passons.

  2. 1977, en fait.

  3. Sans commentaire...

  4. Pour revoir cette interview ainsi qu'une des inombrables performances de Plastic, consulter: http://www.youtube.com/watch?v=jXDvLc2Eoko&feature=related

  5. http://fr.youtube.com/watch?v=8aM15L4QGhY'

  6. « Mon pauvre ami, moi aussi mes parents ont failli m'appeler Roger », comme disait si justement le docteur G à Roger Trouducu.

  7. Vous pouvez écouter un extrait de l'oeuvre de ce groupe sur le site officiel de Plastic, album qui est ressorti cette année au Japon.

  8. Le Lou des « Lou and the hollywood bananas » dont Virginie Svenson du « jeu des dictionnaires » était un des fruits.

  9. Ecoutez « Amour, amour », un tube co-écrit avec Alec mansion des « Léopold Nord et vous » qui mériterait aussi une petite chronique, qui a représenté le Luxembourg à l'Eurovision 1987 pour récolter 4 points et l'avant-dernière position




[musique] There can be only One

01 03 2007

Un des groupes de Métal ayant eu le plus de succès commercial (au grand dam des fans de la première heure qui n’ont toujours pas digérer ce qui sera appelé plus tard le " black album-incident ") et le plus connu hors des sphères du mouvement Métal est certainement Metallica.

Metallica a connu un succès planétaire et est un des rares groupes de Métal a avoir réussi le passage aux années 90 (ce point est largement discutable mais on doit leur reconnaître une régularité sans faille et de réel talents de musiciens).

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Sur leur quatrième album " … And justice for all " en 1989 (devenu rapidement plusieurs fois disques de platine), sur la quatrième piste, vous trouverez un ovni de la culture Métal et l’une des chansons les plus potentiellement déprimantes de l’histoire de la musique : " One ".

One " est le second single du groupe et sera un de ses plus grand succès. Le morceau offrira au groupe son premier Grammy Award en 1990 (Best Metal Performance) et pas un adolescent boutonneux qui ne s’essaye aux premiers accords sur son Aria toute pourrie dans le garage de ses parents (et qui s’étonne d’être encore puceau… oui c’est du vécu).

Le morceau a même été repris de nombreuses fois, que ce soit comme un hommage par la nouvelle vague (par exemple Korn et le Nu-Métal) soit comme une récupération.

Musicalement, c’est un mélange de style, une succession de changements de rythme qui culmine par une explosion rageuse, Lars se déchaînant sur sa batterie comme s’il venait de découvrir l’existence de Napser, et qui reste ce que le groupe fait de mieux : nous exploser la tête ! Les solos y sont démentiels et considérés par beaucoup comme des classiques du genre (" One " a été classé 7e dans la catégorie " meilleur solo " par les lecteurs de Guitar world).

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Mais pourquoi " One " est-il déprimant ?

L’histoire de la chanson déprimante prend ses sources dans la Grèce Antique. En 700 avant l’âne et le bœuf, un chanteur fainéant du nom de Homère a réellement lancé le genre. Il n’a écrit que deux morceaux : " L’Iliade " et " L’Odyssée " mais il faut savoir que lorsqu’il jouait un de ces morceaux sur scènes, cela prenait plus de 3 jours pleins, de quoi foutre le cafard au plus résistant !

Par la suite, la chanson déprimante a évolué vers un raccourcissement (quelques minutes) et s’est divisée en plusieurs catégories. En effet, un morceau peut-être déprimant par sa bêtise, sa mauvaise qualité ou encore l’histoire qu’il raconte.

One " est dans cette dernière catégorie !

I can’t remember anything

Can’t tell if it’s true or dream

Deep down inside I feel to scream

This terrible silence stops me "

Il y a plus rigolo comme entrée en matière !

Une des critiques les plus naïves du grand public concernant le Métal, c’est ses liens ambigu (ou pas) avec le culte du diable et de Satan. Pour le quidam, les groupes de Métal sont des prêtres du mal qui se plongent dans " La neuvième porte " pour écrire des chansons qui pervertissent la jeunesse et induisent la violence.

One " en est un parfait contre exemple.

Si lorsqu’en novembre 1987 James Hetfield et son comparse Lars Ulrich s’était inspiré du " Nécronomicon " pour composer cette chanson, elle aurait sans doute été plus joyeuse. Mais ils ont plutôt choisis de rendre hommage au roman écrit par Dalton Trumbo en 1939 " Johnny got his gun " (cassant dans la foulée le cliché du métalleux analphabète) et ont même acheté les droits du film écrit et réalisé par l’auteur en 1971 pour pouvoir en intégrer des images dans leur premier clip (déclenchant au passage un nuée de protestation chez les fans voyant dans ce clip une trahison des idéaux non-promotionnels affichés originellement par le groupe… et complètement oublié par la suite… " St Anger " priez pour eux).

Ce livre et ce film (et par extension, cette chanson), relatent à la première personne l’horreur d’un soldat, Joe Bonham, qui lors de la première guerre mondiale explose sur une mine dans une tranchée et se retrouve prisonnier de son corps sans pouvoir utiliser aucun de ses 5 sens (lançant ou pas le débat sur l’acharnement thérapeutique):

Landmine has taken my sight

Taken my speech

Taken my hearing

Taken my arms

Taken my legs

Taken my soul

Left me with life in hell "

Or, s’il est quelque chose de plus déprimant que d’être dans cet état, c’est bien de lire, voir ou écouter sur le sujet.

(1) Cette description ainsi que l’idée de ce petit texte est tiré de " I hate myself and want to die ", un livre inintéressant de Tom Reynolds, mais qui contient néanmoins quelques passages amusants




[musique] Olivia Ruiz, La femme chocolat

04 02 2007

La célébrité peut prendre de nombreuses formes. A sa grande époque, VDB disait que l’important restait que l’on parle de soit, le fait que cela soit en bien ou en mal n’avait finalement que bien peu d’importance. C’est le principe même de la publicité qui n’a pas peur de tomber dans le ridicule ou le choquant, le seul but étant que le nom de la marque s’imprime dans notre esprit pour que lorsque l’on se trouve devant un choix, nous choisissions naturellement le produit dont nous connaissons le nom.

 

Pour les artistes, c’est un petit peu pareil. Pas facile en effet de se faire un nom.

 

De temps en temps, plus par chance que pour autre chose, une personnalité talentueuse et créatrice émerge et apporte quelque chose de nouveau dans un environnement musical formaté. On assiste alors à un phénomène de changement de paradigme : des tas d’artistes, soit de la première heure sortit de l’ombre, soit opportunistes, s’engagent dans la brèche et font de cet ovni une nouvelle règle jusqu’à la nausée. C’est ce à quoi on assiste actuellement dans la chanson française avec la nouvelle génération.

 

A côté de cela, il y a aussi le côté obscur de la force, un chemin beaucoup plus risqué mais qui semble plus facile, au risque de vous entraîner dans une spirale dont vous ne pouvez plus sortir qu’avec une image, rentable pendant quelques temps pour les producteurs qui vous utilise comme un produit, mais très éphémère et difficile à porter pour l’artiste. Il s’agit de la télé-réalité.

 

Comme pour la masturbation, nous connaissons tous, nous avons tous pratiqué et cela nous a apporté un immense plaisir coupable. La télé-réalité, c’est un mélange de voyeurisme, de jalousie et d’indentification.

 

Mais pour les protagonistes, cela apparaît comme une chance, par un mélange de naïveté et calcul manqué.

 

On en sort avec de la poudre aux yeux, un nom que tout le monde connaît mais une célébrité un peu honteuse chez ceux qui se disent artistes. Pas facile de transformer cela en une carrière.

 

Pour preuve, la plupart de ces élèves devenus des stars, c’est qu’ils sont pratiquement tous tombés dans l’oublis après avoir été pressés comme des citrons.

 

Olivia Ruiz a sans doute eu la chance de ne pas gagner la Star Academy. Ce petit bout de femme au sang chaud qui a joué le jeu lors de la première promotion du show est resté discrète. Pour elle, la Star Academy lui a donné un nom (Olivia Ruiz, oui cela me dit quelque chose) et surtout des entrées chez des artistes.

 

Elle est restée tapie dans l’ombre et le moment venu, aidé par ce réseau de contact, à décider de travailler avec ceux qu’elle aimait : des auteurs/compositeurs de la scène alternative française. Cela a donné un premier album, à son image, discret, J’aime pas l’amour qui s’est logiquement prolongé par une longue tournée et qui lui a offert un petit succès d’estime et un reconnaissance par la profession. Une manière de se refaire une virginité.

 

Mais il faut beaucoup plus que de la reconnaissance pour faire une carrière. Il faut aussi la reconnaissance du public.

 

Et puis, l’année passée, on retrouve sa voix à la radio. Une petite chanson sympathique a envahi les radios pour devenir un succès populaire : J’traine des pieds. Un titre très agréable, entraînant, qui fait sourire sans tomber dans la facilité, qui jongle entre nostalgie et modernité. Une petite perle de lait qui étrangement sortait du lot mais s’intégrait parfaitement dans l’univers musical du moment.

 

II a ensuite été suivit par un second titre au succès fracassant, La femme chocolat, dont les accents étaient plus que familiers après le succès de Monsters in love de Dionysos et de son leader Mathias Malzieu.

 

Il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité et explorer plus avant le reste du second album d’Olivia Ruiz.

 

La femme chocolat ressemble à un monstre de Frankenstein. Il s’agit d’un patch-work (« entre Piaf et Calexico », comme disait un critique) de différents styles, de blocs assemblés sans réelle de recherche de continuité ou de cohésion. Quand on l’écoute avec naïveté, les chansons se placent dans différents tiroirs, comme s’il s’agissait d’une compilation provenant de différents albums. Un petit regard sur la liste des auteurs/compositeurs permet de confirmer cette impression.

 

Le premier tiroir est clairement celui de Mathias Malzieu : La femme chocolat, I need a child et Goutez-moi. Impossible de ne pas faire le lien avec Dionysos. Même langage métaphorique délirant, même musique, mêmes instruments inhabituels. C’est agréable à écouter mais cela sonne beaucoup trop comme du déjà vu, confirmant la triste impression que si l’univers du très sympathique Mathias Malzieu est diablement original, il ne semble pas très riche et que malheureusement il l’a déjà exploité jusqu’à la corde. Espérons qu’il ait encore des surprises dans son sac mais il ne les a pas exploités pour l’album d’Olivia Ruiz.

 

Le second tiroir est beaucoup plus intéressant et fait tout l’intérêt de l’album : J’traine des pieds, Thérapie de groupe, La fille du vent ou encore Quijote. Des chansons beaucoup plus novatrices et riches et pour lesquelles Olivia Ruiz offre une grande variété de personnalités à travers le chant. Elle y est à la fois fragile, bouillante, moqueuse, tendre. Une petite bombe à retardement que l’on aurait envie de prendre dans ses bras. Ces chansons, ce sont vraiment les siennes puisqu’elle en a écrit les textes.

 

Le dernier tiroir est un grand fourre tout qui contient des choses plutôt inégales, du très bateau frisant le mauvais (Non-dits) à des petits trucs léger mais sympathique (La petite voleuse).

 

Du bon, du très bon, sur cet album, qui côtoie du banal. Un second album qui commence à devenir beaucoup plus personnel et laisse à l’interprète la liberté de se révéler un peu plus. Espérons que son succès lui donnera la confiance nécessaire pour nous offrir un troisième album entièrement centré sur son univers.