[culture] Achille Chavée, le surréalisme et mon père

30 03 2008

Une fois n'est pas coutume, ce petit texte a été co-écrit avec mon père (et pour être parfaitement honnête, si je suis instigateur de l'idée, le mérite de l'écriture du texte lui revient pour la grande majorité).

Il se divise en deux parties, une présentation succincte de la vie d'Achille Chavée, sorte de mise en contexte pour la seconde partie qui est une tranche de vie de mon père à l'époque où il faisait partie de la petite histoire du surréalisme wallon.

1. Achille Chavée, le trafiquant de l'invisible

« Automatisme psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale »

C'est en ces terme qu'André Breton définit le surréalisme dans son manifeste.

Ce mouvement trouve rapidement écho dans un pays qui en lui même incarne le surréalisme: la Belgique, avec des grands noms comme Magrite en peinture ou Achille Chavée en littérature.

Chavée était le second second fils d´une famille catholique, ce grand petit bonhomme, a pris très jeune, un engagement politique courageux. Tout petit, il dévore les romans d´aventure, le far-West le fait rêver, il prend parti pour les indiens et s´irrite de voir les (bons) blancs toujours vainqueurs.

Le vieux peau rouge est déjà bien installé dans ses gènes.

Le début de ses études est pénible, il a déjà bivouaqué dans plusieurs écoles de la Louvière, et renvoyé de l´institut St joseph pour ses idées subversives, il récuse dieu, refuse l´éducation religieuse.

« C’est parce que Dieu est toujours muet que nous avons acquis une ouïe si fine ! »

Cela ne l´empêchera pas de terminer brillamment ses études secondaire.

Il entre ensuite à l´université de Louvain. Son frère aîné qui comme lui fait le droit, lui sert de modèle, découvrant avec lui les plaisirs du jeux d´argent et des beuveries estudiantines.

Son diplôme en poche, il s'engage de plus en plus dans des actions politiques, prenant la défense des ouvriers. Chemin faisant, il découvre le surréalisme, publie ses premiers recueils et se retrouve entouré des grands noms du mouvement, prônant ensemble avec le groupe 'Rupture', la liberté totale des êtres qui gouvernera toute sa vie.

Achille Chavée est souvent annoncé comme un des précurseur du surréalisme en Wallonie, poète reconnu par Breton bien que se détachant de la pensée du maître.

«Je ne connais, à part celle d'Artaud, aucune oeuvre surréaliste qui soit aussi dénuée de littérature, illuminée aussi vivement par la sincérité à l'instant vécu. Poèmes qui, non seulement ont une valeur de témoignage, mais manifestent une beauté convulsive extraordinaire. Achille Chavée extrait d'un couteau acéré les images dures, implacables, brûlantes, chargées d'un humour d'écorché vif que contenait la gangue de la nuit de l'inconscient. », dira André Miguel.

Marchant sur les traces de Conan Doyle (partit pour à la guerre des Boers), Hemingway (impliqué dans les deux guerres mondiales) ou encore Roald Dahl (pilotant un chasseur en Grèce lors de la seconde guerre mondiale), Chavée s'enagae comme volontaire dans les brigades internationales en 1936. Ce stalinien part défendre la liberté du peuple dans ce qui deviendra la sanglante guerre d'Espagne dont Robert Cappa ramènera des photos dramatiques. Il connaît son baptême du feu dans l’enfer de Brunète, dans le Sud où il tombe gravement malade, après être monté souvent au front.

Quelques année plus tôt, Chavée avait rencontré Simone à un bal au Palace, elle a su de suite que ce petit poète au pantalon râpé serait l´homme de sa vie. Pourtant, tout sa vie durant, Achille Chavée sera imbuvable et leur vie commune ne sera qu´une suite de querelles et de réconciliations.

Avant son départ pour l´Espagne, il lui dédie 'ELLE'.

« Elle a dans son cœur une ile
pour moi quand je reviens de loin
elle porte une perle sur ses seins
quand je la bois comme une huître
elle croit à la révolution
comme à la mort et à l’amour
elle est sérieuse et m’abandonne
quand je dois prendre conscience
de la couleur invisible de mon destin »

En 1969, ce grand monsieur quittera définitivement La louvière, sa terre de surréalisme, sa terre de révolte et de poésie, non sans avoir laisser une bibliographie des plus riche à découvrir absolument (1).

(1) http://www.servicedulivre.be/fiches/c/chavee.htm

2. Quelques exemples d'aphorismes du maître

« On n'a jamais aussi soif qu'après avoir traversé un désert qui n'existe pas »

« L'humour noir, c'est la politesse du désespoir. »

« Dieu ne va jamais au secours que des gens qui savent nager. »

« On est toujours prisonnier de son dernier mouvement d'enthousiasme. »

« A beau chameau, vaste désert. »

« On découvre aisément en Dieu des signes graves d'anthropomorphisme. »

« Il existe une manière de dire en bien énormément de mal de son prochain »

« Le fataliste est celui qui lave son âme dans son urine. »

3. Les années folles de ma jeunesse

1966, La Louvière, petite ville du Hainaut, terre du surréalisme.

La Place de la Louve, une minuscule place à deux pas du théâtre communal, et là, derrière la statue, un minuscule bistrot, l'ARD'N, quatre mètres de façade à tout casser.

Sous l'enseigne, une citation: "prière de ne pas réveiller Chavée, il pense."

Un an plus tôt, une petite annonce m'interpelle : « À remettre Café ARD'N ».

Je m'emmerdais royalement, entouré de cette clientèle de bourgeois friqués de la taverne du Théâtre. Ca bouillonne dans ma tête, car je sais que ce boui-boui, repaire de quelques anarchistes amis de Achile Chavée, est plus dans ma ligne de pensée que ces porte-monnaies ambulants.

J'avais alors décidé de passer le cap et j'en devins propriétaire.

Rapidement, le courant passa avec les plus anars des anars, Jean Louvet (1), Frans Badot, Jean Capiau (2), André Balthazar (3), les apôtres du vieux poète qu'était Chavée.

Mais il n'est pas motivant de casser du sucre sur les bourgeois sans qu'ils n'aient le droit de réponse.

Je décidais donc de les attirer dans ce lieu de perdition.

On dit que les enfants sont attirés par les interdits, j'ai dû me rendre a l'évidence, les Bourgeois aussi. Il fallait les intriguer, flatter leur statut social, et là c'est de Frans Badot, un touche-à-tout, acteur de cinéma, écrivain, prof de français et spécialiste des coups fourrés, me vint une aide.

Il y avait dans les habitués des gens comme le docteur Lambot, trompettiste, Jean Therasse, pianiste (5), Robert Michiel, guitariste, et bien d'autres dont le nom m'échappe aujourd'hui, et qui, pour la bonne cause, sont venus au début tous les vendredis soir organiser une jam session ; par la suite, Jean Therasse et Michiel animèrent les soirées.

Il fallut peu de temps pour faire de l'ARD'N le lieu de rencontre des amoureux du jazz, de voir venir la "haute Louvièroise" s'encanailler et plus si affinité.

Pour parfaire le tout, j'étais tombé dans les bonnes grâces de la petite Marie, maquerelle notoire, qui après la fermeture venait s'encanailler le reste de la nuit avec ses jolies pensionnaires, qui me servaient d'attrape-mouche pour ne pas dire d'attrape-bourgeois.

Chavée, imperturbable, toujours assis à "SA" table, ne sortait pas de son monde, il écrivait le nez dans ses pensées. Les seuls moments où il revenait parmi nous, c'était pour recommander le Xème gros rouge de la soirée, tandis que la pauvre Simone, son épouse, regardait sa montre pour la centième fois. Mais, vous ne vous avisiez pas de faire la moindre remarque sur son Achile, elle vous aurait arraché les yeux.

La veille du réveillon 1967, nous nous retrouvons, seuls dans mon bistrot, moi, par choix, lui pour fuir les beaux-parents qu'il honnissait et qui avaient envahi son milieu familial. Nous ne savions que faire.

- Tu n'as pas une idée marrante Frans ? On ne va quand même pas rester ici comme deux cons !

Le côté non-sens de son cerveau réagit au quart de tour.

- On va réveillonner chez les bourges de Tivoli, me dit-il.

Sitôt dit, sitôt fait, un peu avant minuit, armé d'un grand sapin piqué devant l'hôtel de ville, nous descendions vers le Tivoli, fief des parvenus de La Louvière.

Une villa brillante de mille feux nous apostropha. Au troisième coup de sonnette, une tête ahurie nous demanda ce que nous faisions là ; sans hésiter, nous forçons l'entrée en hurlant comme des possédés le "bonne année" de tradition, ça n'a pas raté, nous fûmes accueillis comme les rois mages, sauf que les bonnes choses c'est nous qui les avons reçues.

A minuit trente, nous sortions dignement après avoir éclusé quelques coupes de champagne et avalé moult victuailles qui restaient de leur ripaille, et, après avoir repris le sapin, nous nous sommes dirigés vers notre seconde victime.

Nous avons abandonné notre "sésame ouvre toi" à 6h du matin après cinq ou six visites fructueuses, nous étions bourrés mais heureux d'avoir confectionné un souvenir inoubliable.

Dans la vie de tous les jours, Achile Chavée était un tendre bourru, malheur à celui qui tentait de lui en imposer, son vocabulaire à ces moments dépassait l'imagination.

Chez moi, il avait sa table réservée, c'est sur celle-ci qu'il écrivait la plupart de ses poésies et ses aphorismes, j'ai gardé des cartons entiers de sous-bocks qui lui servaient de papier brouillon, son "je suis un vieux Peau-Rouge qui ne marche pas en file indienne" a été peint sur le plafond en face du bar, j'en était fier.

Certaines anecdotes le concernant sont gravées à jamais dans ma mémoire.

Un soir, 19h, un petit mec en costume de velours verdâtre entre, un étranger pour Chavée. Sarcastique, il lui demande:

- Tu es trop tôt pour aller voir Brel mon garçon !

Un large sourire se dessine sur les lèvres du visiteur, et là, stupeur, IL était là devant nous.

- Que je suis con !, s'exclama Chavée, il a fallu qu'il ouvre sa gueule de Flamand pour que je le reconnaisse.

Ce fut une demi-heure inoubliable, Brel et Chavée réunis dans mon petit bistrot, à discuter de manière très sérieuse des probabilités de gain sur un billard à sous.

A mon vingt-huitième anniversaire, ils se sont arrangés pour me remplacer derrière le bar. Je pouvais donc vivre une nuit de beuverie avec tous mes potes.

Je n'aurais jamais dû oublier à quels enfoirés j'avais affaire.

Jusque 5h15, ce fut la grosse rigolade au bout du bar où ils me coinçaient à coup de vodka et autres nectars. Je ne me méfiais nullement, ils étaient tous autour de moi, tous, sauf Badot et Michiels. La sonnette d'alarme aurait dû retentir dans mon crâne embué, les deux plus tordus manquaient a l'appel.

5h16, commence alors un concert de klaxon de plus en plus virulent. il arrive fréquemment qu'il y ait des accrochages au rond-point de la statue de la Louve, les ouvriers des usines Gustave Boel passent par centaines sur cette route afin de prendre la pause de 6h.

Je me suis donc précipité, et là, l'horreur.

La route en face du bistrot, avait été dépavée sur toute la largeur, balisée avec des rubans rouges et blancs, et dans le sable de soutènement, des légumes plantés par nos deux rigolos qui avaient travaillé comme des forçats.

Un superbe jardin remplaçait la route, on y trouvait des salades, des choux, des carottes et d'autres légumes divers. Un embouteillage monstre s'était formé. Une vingtaine de gugusses dont moi étions écroulés de rire. Nous étions les seuls d'ailleurs. Les flics accourus nous ont prouvés une fois de plus leur manque d'humour.

Deux mois plus tard, nous étions quatre devant le juge de paix, nous fûmes tous les quatre condamnés, faut dire que nous étions défendu par Chavée !

Je suis resté quelques années dans ce génial bar, j'ai emmagasiné une montagne de souvenirs, Achille est décédé en 1969. Tous nous étions a ses cotés pour son dernier voyage sur la terre du surréalisme.

Il avait laisser une lettre à son frère qui nous était destinée, où il offrait une dernière soirée à ses amis de l'ARD'N . Nous avons ri comme c'était son désir, mais le cœur n'y était pas.

Ce petit texte est un résumé de la partie la plus folle de ma vie, je l'écris ce jour à la demande de mon fils, les épisodes que je relate sont vrais, je n'ai rien ajouté, j'aurais pu passer des heures à vous raconter ces histoires absurdes mais combien exaltantes.

Un jour, fin 1970, une superbe nana est rentrée, les enfoirés n'avaient d'yeux que pour elle, en septembre 1971 naissait un joli petit garçon avec un tout petit zizi.

Mais qui est-il ?...

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Pour en savoir plus sur les individus cités ci-dessus, qui ne vous en déplaisent, ont laissé leurs noms dans la grande histoire:


(1) http://www.cief.info/archives/congres_2004/ecrivains/louvet.html
(2) http://studio-theatre.apinc.org/troupe/Jean_Capiau/index.html
(3) http://www.servicedulivre.be/fiches/b/balthazar.htm
(4) Jean, le petit canard noir de l´illustre famille Therasse, mon meilleur ami du moment.




[culture/livre] 221b Baker Street

24 02 2008

Si d’aventure, étant à Londres, l’idée vous en prenait de prendre le ”tube” et de vous arrêter à la station de Baker Street, alors que vous remettez des entrailles de la terre (« Plus près de toi, mon diable, plus près de toi ! », un sentiment renforcé par une sombre pensée pour les attentats d’il y a quelques années), vous vous retrouverez face à la statue du détective le plus célèbre de tous les temps : Sherlock Holmes.

Le fait qu’il soit fictif et tout droit sortit de l’esprit torturé de Arthur Conan Doyle n’est finalement qu’un détail. Après tout, la réalité ne rattrape-t-elle pas, dit-on, la fiction ?

C’est que le personnage est séduisant sous ses faux airs de machine logique, provoquant dès sa naissance un vent de sympathie sans précédent chez les lecteurs de « Une étude en rouge ».

Rapidement, nombreux furent ceux convaincu que le détective et son fidèle docteur Watson étaient plus que des personnages de romans. Des lettres arrivaient en masse au domicile de Conan Doyle, lui demandant de transmettre les courriers à Monsieur Holmes.

Un comble pour un auteur dont les aspirations étaient bien plus hautes que d’écrire des amusettes policières et pour qui le personnage de Holmes restera une malédiction jusqu’à la naissance tardive d’une certaine forme affection. Il aura fallu en passer par une tentative de meurtre sur son héros (qui a failli réussir et n’a finalement échoué que suite à la pression des lecteurs, des éditeurs et de la M’man de Conan Doyle).

« Si je ne le tue pas, c’est lui qui me tuera ! », aurait-il dit.

Si Conan Doyle voulait laisser son nom dans l’histoire, c’était pour ses romans historiques (dont les plus connues restent celles du sympathique Brigadier Gérard, donnant une vision complexe et non manichéenne de l’épopée sanglante napoléonienne). Mais si ces romans, comme ses pièces de théâtre, ont connu un honnête succès critique de son vivant, c’est bien Sherlock Holmes qui lui aura apporté l’immortalité (1).

Lorsque vous sortez de la station de Baker Street, ne vous attendez pas à replonger dans l’époque victorienne. La rue de Baker Street n’a que bien peu à voir avec celle décrite par Conan Doyle il y a plus d’un siècle. Aujourd’hui, il s’agit d’une rue moderne, encombrée par les voitures, parsemées de ces coffee shop qui envahissent toutes les rues de la capitale.

Difficile pourtant, et passablement absurde, de résister au fantôme de Holmes (2) et de chercher sa maison au numéro 221b en remontant la rue en direction de Regent’s Park.

A l’origine, quand Conan Doyle a décider de loger son héros à cette adresse, le numéro 221b n’existait pas. La rue ne comprenait alors que 85 numéros. L’auteur avait ainsi délibérément choisit une adresse inexistante, probablement pour éviter d’éventuels troubles aux réels propriétaires (3).

Il aura fallu attendre les années 30 et le prolongement et la renumérotation de Baker Street pour que le numéro 221 voit le jour dans l’ancienne Upper Baker Street.

Rapidement, cependant, les numéros 219 à 229 sont rassemblés en une seule adresse constituant le siège de la Abbey Road Building Society, adresse qu’elle occupera jusqu’en 2002 (4).

Un abondant courrier destiné au détective et demandant souvent son aide a commencé a arriver au sein de la société, au point que celle-ci fut condamnée à engager une secrétaire uniquement pour tenir la correspondance à jour (qui a dit que l’on cessait de croire au père Noël en grandissant ?) Jouant le jeu jusqu’au bout, une plaque en cuivre, hommage à Holmes et Doyle orne le bâtiment et la société à sponsorisé la construction de la statue de bronze visible à le bouche de métro.

Aujourd’hui, comble de l’absurdité, la maison de Sherlock Holmes existe bien sur Baker Street, une sorte de reconstitution de son appartement en hommage à l’œuvre de Conan Doyle, et si elle porte la pancarte ‘221b Ltd’ (5), cette maison se situe à l’adresse 239 Baker Street.

« Elémentaire, mon cher Watson ! » (6)

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(1) Conan Doyle était un de ces auteurs d’un autre temps, de la trempe de Rudyard Kipling ou Roald Dahl. Il était médecin, était partit dans sa jeunesse sur un baleinier, a été médecin militaire pendant la guerre des Boers, s’est impliqué dans de nombreuses causes politiques et autres et a même connu quelques succès comme détective amateur. Il s’est également impliqué vers la fin de sa vie dans la défense de la cause spirite (à l’époque, les tables tournantes étaient très à la mode), parfois jusqu’au ridicule (il s’est entre autre ridiculisé en défendant la véracité d’une photo de fée). Si vous voulez en savoir plus, il est intéressant de comparer son autobiographie, Ma vie aventureuse, avec la biographie de JD Carr, La vie fantastique de Sir Arthur Conan Doyle.

(2) L’idée que les personnages de romans puissent avoir une âme est reprise dans le roman Le fantôme de Baker street de Fabrice Bourland. Il s’agit d’un livre assez inégal qui prend parfois des allures de Buffy contre les vampires mais qui reste intéressant pour l’ambiance et le fait qu’il mélange personnages réels, imaginaires et des classiques de la littérature victorienne. On y retrouve le fantôme de Sherlock Holmes hantant le 221b Baker Street et entraînant à sa suite et malgré lui tous les monstres de la littérature victorienne, De Hyde à Dorian Gray en passant par Dracula et Jack l’Eventreur (en tant que produit de l’inconscient collectif). Si le roman est très moyen, l’auteur a vraiment fait ses devoirs et les faits sont scrupuleusement respectés.

(3) Dans la première édition du Guide Galactique, Douglas Adams n’a pas pris cette peine, donnant pour le clin d’œil le numéro de téléphone d’un de ses amis. Celui-ci s’est fait alors bombarder par des coups de téléphones de fans délirants. Le numéro a été changé dans les éditions ultérieures. L’histoire ne dit pas en quoi cela a altéré l’amitié entre les deux hommes.

(4) Les experts se disputent encore sur l’existence ou non d’un vrai 221 Baker Street. Les données sont pourtant difficile à rassembler puisque qu’une bonne partie de la rue a été détruite lors du Blitz. Quelques infos sur :

http://en.wikipedia.org/wiki/221B_Baker_Street

(5) Etant illégal de mettre une fausse numérotation de la maison, les propriétaires ont créé une société bidon portant le nom de ‘221b Ltd’ qui peut être placée devant la porte.

(6) Il est amusant de noter que cette phrase que l’on prête souvent à la plume de Conan Doyle, n’est jamais apparue dans aucun des romans du maître mais est un produit de son adaptation cinématographique.




[culture] Tea for two

23 01 2008

« make tea, not love »

Les Hell's Grannies, des vielles dames qui ne s'en laissaient pas compter, résument par ces quelques mots toute l'essence de l'Angleterre: du thé et du nonsense (1).

D'un cô-thé, nous avons une boisson dont le Guide Galactique, le seul livre dont les mots « PAS DE PANIQUE ! » sont écrites sur la couverture, nous dit qu'il s'agit d'une boisson considérée comme raffinée dans certains recoins de la galaxie faite de feuilles séchées bouillies (2).

Dans un futur plus ou moins proche (voir l'évangile selon saint Douglas N Adams), si trouver une bonne tasse de thé sera pratiquement impossible (2), voire dangereux (3), le thé trouve une application pratique en devenant un élément essentiel du Générateur de Probabilité Infinie (4).

Vous l'avez compris, on ne plaisante pas avec le thé.

Pour preuve, de nombreux auteurs ont introduit la recette de la préparation du thé dans leur oeuvre, de Douglas Adams (dans son posthume Fonds de tiroir (5)) à Roald Dahl, en passant par Georges Orwell, qui bien que grand critique des principes totalitaires devenait lui même terriblement extrémiste quand il était question du thé (6) qu'il considérait comme « le ciment de la civilisation ».

Un bon thé se prépare de la façon suivante:

- on fait bouillir de l'eau

- on utilise un peu d'eau bouillante pour réchauffer la théière

- remplir à nouveau la théière

- ajouter le thé (des sachets peuvent convenir pour les novices)

- attendre 2-3 minutes

- verser le thé dans une tasse contenant un peu de lait froid.

- buvez

Il est important d'insister sur le fait que le thé doit être versé sur le lait et non l'inverse (au risque de dénaturer les protéines de lait et donc son goût). Si vous doutez de l'importance de cette dernière étape, regardez l'animation suivante (âmes sensibles s'abstenir):

http://www.bbc.co.uk/h2g2/oldblobs/996668.swf

Attention, le thé peut rapidement devenir une drogue. « Ouvrez le sachet et respirer. Attention – vous pouvez vous sentir un peu étourdit, mais ceci est parfaitement légal ! » (5). Le grand philosophe Noël Gallagher n'a-t-il pas dit « La drogue, c'est comme se lever le matin et boire une tasse de thé ».

Et cette dépendance n'est pas née d'hier !

Si le thé est connu en Chine depuis 8 siècle avant l'âne et le boeuf, il n'a fait son apparition en Angleterre qu'au 16e siècle pour rapidement devenir un phénomène de mode. La légende veut que la tradition du thé de l'après midi, traditionnellement accompagné de savoureux sandwiches aux concombres, daterait Anna Maria, septième duchesse de Bedford qui trouvait (à juste titre) qu'il manquait quelque chose entre le repas de midi et celui du soir. D'autres personnes lui préféreront une autre tradition plus latine appelée « apéro », les sandwiches étant alors remplacés par des cacahuètes enrobées de diverses urines.

Parmi les applications intéressantes du thé, il est intéressant de noter que celui-ci a remplacé les entrailles de poulet pour la lecture de l'avenir (tuant dans l'oeuf une première épidémie de grippe aviaire).

Si vous n'êtes pas encore totalement convaincu de l'importance du thé, laissez moi conclure en vous révélant que le thé n'est rien de moins que la réponse à la grande question sur la vie, l'univers et le reste. Vous ne me croyez pas ? Alors, chantez avec moi:

Tea for two

and For tea two (= Forty two = 42)


Bon sang, mais c'est bien sûr (42)


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(1) revoir http://fr.youtube.com/watch?v=CStfT8gCrjM

(2) L'apparition des distributeurs automatiques de la Compagnie Cybernétique de Sirius, produisant un breuvage parfaitement adapté à vos besoins nutritifs et gustatifs rend totalement impossible la production d'un breuvage aussi étrange que du thé.

(3) Dans l'épisode neuf de l'émission originale du « Hitchhicker's guide to the galaxy », Arthur provoque presque sa mort et celle de ses amis en provoquant une saturation des circuits de l'ordinateur du vaisseau alors attaqué par les redoutables Vogons autour de la question « Why do you want dried leaves in boiling water ? »

(4) Ce dernier défie toutes les lois physiques existantes en combinant un cerveau sub-magnétique Pastis 51 avec un conspirateur vectoriel immergé dans un émetteur de mouvement brownien, à savoir une tasse de thé brûlant.

(5) http://www.bbc.co.uk/dna/h2g2/A61345

(6) Il avait ainsi définit 11 règles absolues pour la préparation du thé. Pour son 100e anniversaire, des scientifiques ont mis ces règles à l'épreuve et ont démontré que la plupart étaient sans fondement. http://news.bbc.co.uk/1/hi/uk/3016342.stm

(42) Bien sûr de pomme de terre !




[culture] La biologie des schtroumpfs

02 01 2008

« Il y a longtemps loin d'ici, vivait dans un pays, étrange et merveilleux, des p'tits lutins joyeux. » (1)

Un secret enveloppé dans un mystère à l'intérieur d'une énigme.

Les schtroumpfs ont déjà fait coulé beaucoup d'encre, enflammé les imaginations les plus débridées donnant naissance aux théories les plus abracadabrantes et les réflexions les plus folles (2).

Les faits, Watson, les faits !

Je propose dans ce petit texte de revenir sur les faits et d'en tirer les conclusions qui s'imposent sur leur mode de vie, leur biologie et cette « sexualité » qui enflamme tellement les esprits.

1. La biologie des schtroumpfs

Les schtroumpfs sont avant tout des personnages de bande-dessinée. Avant de devenir les héros d'une série à part entière (qui sera ensuite transformé sous différents formats, comme les films ou la série de dessins animés), ils apparaissent pour la première fois dans les aventures moyenâgeuses de Johan et Pirlouit dans La flute à six schtroumpfs (3) en 1958 dans le légendaire Journal de Spirou.

On y fait la connaissance de petits lutins bleus à bonnet et culotte blancs, vivant dans des maisons en champignons. S'ils refviendront de facon récurrent dans les aventures de Johan et Pirlouit, des aventures de schtroumpfs apparaissent dès 1959 dans le même journal.

Dans ces premières apparitions, tous les schtroumpfs, à l'exception notable du grand schtroumpf – le guide spirituel de la bande, sont totalement identiques et sans aucune marque distinctive.

FAIT n°1: Deux cohortes de schtroumpfs sont présentes dans le village: (i) une ancienne (représentée uniquement par le grand schtroumpf) et (ii) une jeune composée de 100 schtroumpfs parfaitement identiques.

Au fil du temps, des marques distinctives commencent à apparaître avec le temps: traits de caractères, distinction vestimentaires, etc.

FAIT n°2 : Avec le temps (comme des jumeaux), les schtroumpfs se différenties les uns des autres.

Ce qui nous permet de poser une hypothèse de travail:

HYPOTHESE n°1: les schtroumpfs sont des clones ou des jumeaux parfaits et seule l'influence de l'environnement leurs permet de développer leur individualité.

Si l'on parcours l'histoire des schtroumpfs, plusieurs faits marquant peuvent être mis en évidence.

Dans le tome 13 (Les p'tits schtroumpfs, sortit en 1988), trois schtroumpfs partit en quête d'un sablier chez le père temps, se retrouvent accidentellement dans une horloge dont les aiguilles tournent à reculons. Ils se mettent alors à rajeunir pour devenir des adolescents.

FAITS n°3 : Les schtroumpfs peuvent vieillir.

Autre fait étonnant, dans le tome 13 sortit en 1984 (Le bébé schtroumpf), un jour de pleine lune, un bébé schtroumpf est déposé dans le village par une cigogne étourdie.

FAITS n°4 : Les schtroumpfs existent à l'état de nourrisons.

Il est donc possible de conclure que les schtroumpfs n'apparaissent pas spontanément à l'état adulte mais passe bien du stade de bébé à celui de vieillard (comme le grand schtroumpf).

Un des faits les plus intriguant est la possibilité de pouvoir créer un schtroumpf de toute pièce. Ainsi, dans La schtroumpfette (sortit en 1963), le méchant sorcier Gargamel, en guerre perpétuelle contre les gentils lutins bleus, décide un jour de créer une schtroumpfette - version féminisée du schtroumpf - à partir d'une terre glaise bleue pour semer la zizanie au sein de la communauté (4). Plus tard, en utilisant la même recette, les p'tits schtroumpfs créeront une seconde schtroumpfette, la petite sassette (voir Les P'tits schtroumpfs).

FAITS n°5: Il est possible de créer des schtroumpf(ettes) par l'alchimie

Il est important, à ce stade, de séparer le schtroumpf des schtroumpfettes pour notre réflexion. La schtroumpfette est un produit totalement artificiel là où le schtroumpf semble (et je dis bien 'semble) être le produit d'un cycle naturel. Le schtroumpf est d'ailleurs un exemple que Jacques Monod avait utilisé dans la discussion sur le naturel et l'artificiel dans son premier manuscrit de Le hasard et la nécessité mais les éditeurs ont juger bon de faire disparaître (5).

A priori, le schtroumpf est totalement dépourvu de caractère sexuel secondaire. Il ne faut voir dans la schtroumpfette qu'une transposition anthropomorphique de son créateur, l'infâme Gargamel, ainsi que dans toute les allégations d'homosexualité chez le schtroumpf coquet.

HYPOTHESE n°2: Les schtroumpfs sont asexués.

Ce genre de chose n'est pas rare dans le vivant et de nombreuses espèces vivantes sont également dépourvues de caractères sexuels secondaires voire de sexualité (6).

L'évolution fait en général bien les choses et nous en alors en droit de douter de l'existence d'appendices sexuels chez les schtroumpfs. La chose est plus discutable pour la schtroumpfette et la présence ou non d'organes sexuels dépend probablement du degré de perversion de gargamel mais c'est une autre histoire.

CONCLUSION: A la lumière des faits, il n'est pas possible de confirmer l'existence d'un pénis chez le schtroumpf mais les faits semblent plutôt pencher pour une reproduction clonale asexuée, les spores (ou bébés) étant transportés par zoochorie, par exemple par les oiseaux.

2. La mythologie des schtroumpfs

Il existe une autre manière d'aborder le problème schtroumpf. Au lieu de regarder le problème sous la lunette de la science, on peut chercher le sens caché dans la mythologie schtroumpf et y découvrir la réelle pensée de leur créateur, Peyo (7).

L'idée des schtroumpfs aurait pris son origine dans un repas qu'il partageait avec un autre grand nom de la bande-dessinée, André Franquin. Alors qu'il demandait au papa de Gaston de lui passer la salière, il lui aurait demandé: « Passe moi le schtroumpf ». Les deux potaches ont alors poursuivit le repas en langage schtroumpf qui sera ensuite mis dans la bouche des petits lutins du même nom.

Si l'anecdote est plaisante, elle nous en dit peu sur la vie des schtroumpfs.

Il est par contre plus informatif de noter quelques faits troublants. Gargamel, dont le nom est certainement un hommage à Rabelais (8) est capable de créer des schtroumpfs à partir de glaise, un peu à la manière de Dieu donnant forme à Adam avant de lui insuffler la vie. Fait encore plus troublant, son chat se nomme Azrael et est ainsi homonyme avec l'ange de la mort qui jouera, lit-on dans l'Apocalypse un rôle déterminant au moment du jugement dernier (9).

On est en droit de se poser la question de savoir si Peyo ne s'est pas inspiré de la Bible pour créer l'univers des schtroumpfs, un peu à la manière de Philip Pullman piochant dans Le paradis perdu de John Milton pour sa magnifique trilogie (et une nouvelle) A la croisée des mondes.

Ainsi, les schtroumpfs peuvent être vu comme les créatures innocentes, presque angéliques, produites par les mains d'un dieu cruel et amnésique (Gargamel) et devant lutter contre son courroux (10).

N'est-il pas raisonnable de considérer les schtroumpfs comme de petits anges bleus qui contrairement à Marlene Dietrich n'ont pas de sexe ?

Sur ce, je me lance à corps perdu sur le paradoxe Tif et Tondu et vous dis à très bientôt.

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(1) Pour ceux qui doutent encore du sens du rythme et de la mode de Dorothée, revoir le clip des schtroumpfs, http://www.youtube.com/watch?v=SgwV6dAhZVU

(2) Ne citons que la discussion pseudo-scientifique sur la sexualité des schtroumpfs (un cycle alternant reproduction sexuée et asexuée) qui ne repose sur aucun fait sérieux ou aucune réelle étude des données disponibles.

(2') Lire le texte proposé par VanVeen ci-dessous sur la taille et la position d'un éventuel pénis schtroumpfesque. De nombreux biais sont immédiatement identifiables: Par exemple: « Si l'on admet que les schtroumpfs ont une taille égale aux figurines en plastique qui les représente », pourquoi serait-il le cas. Les planches représentant les schtroumpfs en présence d'humains (par exemple Johan) démontrent qu'ils sont plus grand que cela.

(3) Au départ, il devait s'appeler La flute à six trous mais le langage 'schtroumpf' a pris le dessus.

(4) Il serait facile ici de voir une expression machiste de l'auteur et je suis étonné que les féministes n'aient pas essayé de faire interdit l'album comme les militants contre le racisme qui se déchaîne contre Tintin au congo. Sans doute, n'est-ce également que le reflet d'une autre époque.

(5) Cette information n'a pu être vérifiée et semblerait toute droite sortie de l'imagination de l'auteur de ce texte.

(6) Une personne n'a signalé que dans un interview, le créateur des schtroumpfs, aujourd'hui décédé, aurait avoué que les schtroumpfs possédaient de petits zizis bleus. Nous n'avons malheureusement pas été en mesure de confirmer cette information des plus douteuses. D'autre part, les schtroumpfs présentés en pleine copulation (avec la schtroumpfette ou en ribambelles sodomites) dans l'album Parodie – 1. L'école Franco-Belge de Roger Brunel ne peuvent être considérés comme des faits probants.

(7) De son vrai nom Pierre Culliford. Son pseudonyme viendrait de la facon dont son petit neveu déformait son nom « Pierrot » en « Peyo » lorsqu'il était petit.

(8) Gargamelle est la femme de Grandgousier dans Pantagruel de François Rabelais.

(9) Le nom 'Azrael' est très populaire dans la littérature. On le retrouve, par exemple, sous la forme d'un serviteur de la MORT dans le disque-monde de Terry Pratchett.

(10) Je vous invite à relire l'ancien testament si vous pensez encore que le dieu de la Bible n'est que amour. Gargamel n'est qu'un enfant de coeur à côté de lui !




[culture] Avez-vous votre serviette ?

25 05 2007

Ceux qui ont lu le Guide Galactique connaissent l’importance de la serviette (de bain). Pour les autres, je vous propose de consulter ce livre à faire pleurer de honte wikipédia à cette entrée mémorable:

" Une serviette est l'objet le plus souvent utile qu'un autostoppeur interstellaire peut avoir. D'un premier abord, cet objet a une très grande valeur pratique — vous pouvez vous enrouler dedans pour vous réchauffer quand vous bondissez sur les froides lunes de Bêta de Jaglan ; vous pouvez vous étendre dessus sur les brillantes plages de marbre de Santraginus V, en respirant l'air parfumé de la mer; vous pouvez vous couvrir avec lorsque vous dormez sous les étoiles si rouges dans le monde désert de Kakrafoon; utilisez la comme voile sur un petit radeau pour descendre la lente et lourde rivière Moth; mouillez la pour l'utiliser dans un combat au corps à corps; enroulez la autour de votre tête pour éviter les vapeur toxiques ou les gaz du hanneton glouton de tron (un animal incroyablement stupide, qui admet que si vous ne le voyez pas, il ne vous voit pas. —con comme un balai, mais très très glouton); agiter votre serviette dans les cas d'urgence en fera un signal de détresse, et bien sûr vous pouvez l'utilisez pour vous sécher, si elle vous semble encore assez propre. Plus important, une serviette a une immense valeur psychologique. Pour quelque raison, si un strag [non-astrostoppeur] découvre qu'un astrostoppeur porte sa serviette sur lui, il va automatiquement supposer qu'il est aussi en possession de sa brosse à dents, de son gant de toilette, de son savon, d'une boîte à biscuit, d'une flasque, d'une boussole, d'une carte, d'une balle d'élastiques, d'un spray anti-moustique, de vêtements anti-pluie, d'une combinaison spatiale etc., etc. De plus, le strag acceptera alors avec joie de prêter à l'astrostoppeur quelques-uns de ces objets ou une douzaine d'autres, que celui-ci pourrait accidentellement avoir 'perdu'. Ce que pensera le strag, c'est qu'un homme qui astrostoppe la galaxie de long en large, qui l'écume, qui en connaît les bas-fond, qui lutte contre une terrible malchance, vainc malgré tout, et sait encore où est sa serviette, est clairement un homme sur qui compter. "

Ainsi, un homme avisé est un homme qui sait où se trouve sa serviette !

Aujourd’hui, est l’occasion où jamais de montrer que vous en avez (une serviette, on s’entend) puisque c’est le jour de la serviette (qui n’a rien a envier à celui de la marmotte).

En effet, chaque 25 mai, les vrais fans de Douglas Adams se promènent toute la journée avec leur serviette sur eux, en hommage au grand homme disparu prématurément le 16 mai 2001.

Pour en savoir plus et retrouver des tas d’autres informations (comme des photos où la non-réponse à la question ultime : " pourquoi le 11 mai "), consultez le site officiel : http://www.towelday.kojv.net/

Alors n’oubliez pas votre serviette pour sortir ce soir.




[culture] Décrocher la lune

18 04 2007

S’il est une chose que Galilée n’attendait pas (1) lorsqu’il a pointé son prototype de télescope vers la lune dans le ciel de Padoue, c’était de voir une surface constellée de petites taches noires. En effet, à cette époque, la position officielle sur la lune imposée par la sainte Eglise était que la lune était une sphère argentée et lisse.

Galilée, avec sa formation artistique, comprend rapidement que ces points noirs sont des cratères et des montagnes (2).

Imitant la course à la publication qui anime les scientifiques modernes, Galilée décide de publier sa découverte au plus tôt et se lance dans la rédaction d’un ouvrage : Sidereus Nuncius dans lequel il consigne ses descriptions de la lune.

Il y inclus ses dernières observations le 2 mars 1610, soit 1 jour après l’approbation du texte par la sainte Inquisition (3). 550 copies de ce livre ont été imprimées le 12 mars (dont 500 incluaient les gravures) et ont été envoyées aux collègues de Galilée (5).

Ces livres reviennent dans notre actualité puisqu’une des copies ayant résisté au passage du temps vient d’être rachetée en Amérique du Sud par un antiquaire. Cette copie s’est avérée être totalement unique puisqu’elle contient des peintures de la main de Galilée absentes des autres copies connues et inconnues jusqu’à présent !

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  1. Nobody expect the spanish inquisition "
  2. url= http://www.youtube.com/watch?v=zO68fUMWx3g

  3. La scène s’est déroulée alors que Galilée prenait son bain. Il aurait ensuite bondit nu hors de l’eau en criant " Eureka ", aurait glissé sur la savonnette alors qu’il y allait de sa meilleure imitation de Sinatra : " Take me to the moon " avant de s’écraser lamentable sur le marbre vénitien. Avant de s’évanouir, il aurait déclaré " Et pourtant, j’ai la tête qui tourne. "
  4. voir note (1) (4).
  5. Alors que j’écris ces quelques mots, j’ai reçu un message d’un lecteur indigné : " Je vous prie d’arrêter de polluer vos textes avec des notes de bas de page sans intérêt. Merci de votre compréhension. bla bla bla. " Mais je m’en fous !
  6. Par exemple, Kepler reçu sa copie le 8 avril à Pragues. Une note sérieuse pour montrer que je tiens les intérêts de mes lecteurs à cœur.




[internet] Hello, Dave…

15 04 2007

Chaque jour, la toile devient un peu plus un monstre polymorphe.

Internet est un réseau constitué d’un nombre incroyable de personnes qui stockent dans leur ordinateur une petite parcelle d’eux-mêmes, donnant à l’ensemble un air hétéroclite et vaguement inquiétant.

Le net est une sorte de monstre sans conscience dont les pseudopodes se répandent dans tous les foyers, dans un mariage pour le meilleur et pour le pire. Il vit au rythme de notre activité, montrant des cycles annuels et une lente progression dans notre fréquence à pousser sur le bouton de notre souris.

Cette association que les écologistes considéreraient comme durable, oscille entre le parasitisme et le commensalisme et chaque nouvel ajout technologique apporte son lot de propriétés émergentes.

Tout ce bla-bla sans grande originalité pour vous parler des yeux du net : les webcams. Ces petites caméras, vaguement inquiétante (oui, je pense que les yeux de HAL dans 2001 l’Odyssée de l’espace m’ont vaguement traumatisés) qui s’ouvrent dans les endroits les plus inattendu, vous permettant de vous infiltrer un peu partout dans le monde sans quitter votre chaise.

I’m gonna take you on a trip, through the world and back and you don’t have to move just sit still… (…) I’m gonna show you the world in my eyes.

Si le contexte était vaguement différent quand Dave Gahan chantait ces quelques mots, l’idée reste bien la même.

A partir de chez vous, gratuitement ou pas, vous pouvez voyager aux 4 coins du monde, visiter un musée, voir vos amis lointains, vous infiltrer comme un voyeur dans les maisons des gens, dans les chambres des filles, voir pire.

Les webcams disséminées un peu partout sont autant de petits yeux qui vous permettent d’observer.

Outre les exploitations vaguement sexuelle initiée par cette femme dans les années 90 et qui avait eu l’idée d’installer une cam dans sa chambre (lançant le concept de salon virtuel qui fait rage maintenant sur le net), ces webcams trouvent des applications aussi variés que parfois amusantes.

Quelques exemples :

  • Tel Wallace vous avez une réelle passion pour le fromage et votre plus grand plaisir est d’observer un bon vieux morceau de cheddar en train de s’affiner ? Rendez-vous sur cheddarvision :

url= http://www.cheddarvision.tv/

  • Et pendant ce temps, au mont Palomar… Une webcam est aussi installée à l’observatoire astronomique Hale. L’occasion de suivre l’activité des chercheurs qui cherchent.

url= http://www.astro.caltech.edu/palomar/webcam.html

  • Un petit trop chaud ? Envie d’un petit voyage en Antarctique ? Pas de problème… embarquez sur le James Clark Ross et participez à son voyage dans les eaux glacées sur nord :

url= http://www.antarctica.ac.uk/Living_and_Working/Transport/Ships/Webcam/

  • Vous vous demandez comment vont les pandas du zoo de San Diego ? Jetons un coup d’œil discret sur leur cage :

url= http://www.sandiegozoo.org/zoo/ex_panda_station.html

  • Quoi de plus passionant que des abeilles en train de… enfin de faire des trucs d’abeilles. Voyage au centre de la ruche :

url= http://www.draperbee.com/webcam/beecam.htm

Bien entendu, ce ne sont que quelques exemples choisit des milliers de webcam disponibles (certains sites s’amusent même à les répertorier).

Mais ces yeux ne sont pas là que pour nous beaux… yeux… ils trouvent aussi de nombreuses applications.

Ainsi, certains systèmes de surveillance utilisent des webcams et on se souvient de ce jeune cambrioleur anglais de Cambridge qui s’était fait prendre en flagrant délit sur une cam personnelle connectée à un simple ordinateur.

Les scientifiques ont aussi compris l’énorme potentiel de ces technologies et de nouveaux outils incroyables sont mis à leur disposition. Ainsi, certains musées mettent aujourd’hui à la disposition des chercheurs, des microscopes et des binoculaires que vous pouvez commander à distance (orientation de l’échantillon, zoom, focus, prise de photographies, etc.) Ils peuvent ainsi observer des échantillons sans devoir se déplacer et prendre les informations dont ils ont besoin.

Il est certain que cette technologie et ses applications nous réservent encore de nombreuses surprises à l’avenir mais en attendant, je vais aller regarder ce délicieux fromages en train de vieillir.

Oooohhhh I do like a bit of gorgonzolla !




[culture] Nordens Ark

14 04 2007

Pour une obscure raison, j’aime les zoos et les parcs animaliers. Et si je vis aujourd’hui dans une réserve naturelle qui me permet de voir régulièrement des animaux tels que des élans ou encore une incroyable diversité d’oiseaux des fenêtres de ma maison ou de ma voiture, cela ne m’empêche pas d’avoir pris une carte à l’année dans un parc situé à 60 km de chez moi : Nordens ark (Bohuslan, Suède).

Ce parc, n’est pas un zoo.

Il se présente comme un arche du nord, un endroit où sont rassemblés les espèces du nord de l’Europe, des plus courantes aux plus menacées.

Comme de nombreux autres parcs zoologiques aujourd’hui, ils participent à différents programmes scientifiques dont le but est l’élevage en captivité d’espèces menacées avec pour but ultime la conservation et la réintroduction (1).

Mais Nordens ark se différencie de la plupart des autres parcs sous différents aspects.

Par son aspect géographique. Il est situé dans une région merveilleuse et est intégré à la nature environnante. Le parc semble posé au bord d’un fjord et phagocyté par la forêt qui s’étend à perte de vue. La visite vaut le coup d’œil rien que pour les points de vue époustouflant.

D’autre part, les animaux présentés sortent de l’ordinaire. Pas de girafe, ni d’éléphant, mais des loutres, des léopard et des renards de neiges, des tigres de Sibérie, des loups ou encore le fascinant glouton (si vous ne connaissez pas, sachez qu’en anglais on l’appelle wolverine).

On ne se promène pas non plus dans Nordens ark comme dans un zoo. Oui, les animaux sont confinés dans des enclos, mais pour la plupart, les enclos sont de taille respectables et surtout intégrés dans la nature locale. Dès lors, le visiteur n’est jamais assuré de voir l’animal qui dispose de dizaines de cachettes pour échapper aux regards curieux.

S’il veut profiter du parc, le visiteur doit apprendre la patience, une démarche qui n’est plus très en vogue dans notre société de l’information. Si vous vous contentez de traverser le parc, vous ne verrez que la moitié des animaux présent.

Avec ma carte à l’année, je peux me permettre d’aller y flâner quelques heures quand cela me chante, m’asseoir une heure à proximité de l’enclos à tigre et attendre patiemment que l’un d’entre eux décident de venir m’observer.

Vous l’avez compris, la visite du parc peut se révéler particulièrement frustrante si vous n’avez pas de chance.

Pour ma part, j’ai failli avoir de gros ennuis avec ma fille en lui promettant d’aller voir les tigres !

Mais le parc possède une autre facette qui permet de compenser cette incertitude et ravira les enfants. Un peu à l’écart des enclos, Nordens ark entretiens une ferme active contenant différentes espèces utilisées dans les fermes locales (dont certaines espèces rares et menacées) : cochons, vaches, chèvres, chevaux, poules, lapins, etc.

Cette ferme, en forme d’arche, est ludique et interactive. Les enfant peuvent regarder ces animaux de près et éventuellement les toucher.

Lors de ma dernière visite pour le week-end de Pâques, j’ai été particulièrement chanceux. Il s’agit en effet de la période d’accouchement pour la plupart des espèces et la grande majorité des individus étaient soit enceintes, soit venaient juste d’accoucher. Il y avait un nombre incroyable d’animaux nouveau-nés dont un veau qui venait à peine de sortir du ventre de sa mère (qui s’est mis en tête de manger le placenta devant nous, ce qui a particulièrement plus à ma tendre et douce qui devrait accoucher dans quelques semaines).

Nordens ark est un parc qui pourrait vous réconcilier avec les zoos.

(1) L’efficacité et même le fondement de tels programmes est sujette à de violents débats. Une chose est sûre, ces efforts sont surtout une manière de donner un verni de respectabilité à des organismes dont le but premier est avant tout de faire de l’argent. Mais ce n’est pas une raison pour rejeter en bloc ce genre d’initiatives.




[musée] Universeum de Göteborg

09 04 2007

La vulgarisation scientifique et la sensibilisation du grand public n’est pas une mince affaire. Ce blogue est d’ailleur né autour de l’idée que l’éducation est la solution à bon nombre de problème de l’humanité et est le pendant optimiste en la nature humaine de son auteur (qui dans le monde réel est beaucoup plus cynique que sur ces pages).

Pour faire passer un message, le matraquage est rarement la bonne solution (ce que de nombreux professeurs sans vocations devraient comprendre) et la simplicité devrait être la règle (ce que nombre de chercheurs n’ont toujours pas compris). Mais la chose la plus importante est le côté ludique.

Seul le plaisir potentiel peut donner envie au plus réfractaire de s’intéresser à un sujet ou une idée.

Cela, les musées l’ont bien compris et ils n’hésitent pas à profiter de la moindre brèche pour attirer les gens (comme par exemple, profiter de l’engouement pour le Da Vinci code pour organiser des visites orientées sur le film dans le musée du Louvres).

En effet, allez dans un musée est une démarche qui montre déjà une certaine bonne volonté, une envie d’apprendre.

Certains musées sont pourtant plus attractifs que d’autres et l’Universeum de Göteborg est un bel exemple de musée qui a su se mettre au goût du jour !

Déjà, il ne ressemble pas à un musée, pas plus qu’il n’en porte le nom. De l’extérieur, il ressemble plutôt à un grand complexe de cinéma moderne. Il joue aussi largement sur la publicité pour attirer ses visiteurs.

Mais une fois que vous avez passé les barrières, vous pénétrez dans un temple de la science pensé dans le moindre de ses détails. Vous êtes pris au piège dans un musée mais un musée vivant et interactif.

Un ascenseur de verre vous emporte d’abord vers le haut du musée et vous pénétrez dans un réel écosystème. De magnifiques aquariums présentés comme autant de petits lacs d’eau douce présentent les espèces de poissons locales dans une gigantesque serre dans laquelle vole librement de nombreuses espèces d’oiseaux et où toutes les espèces de serpent et de grenouilles de Suède. Plus bas, vous retombez au niveau de la mer avec les animaux marins côtiers. Vous descendez encore quelques marches, poursuivant ainsi votre balade métaphorique, et vous pénétrez dans les océans avec de gigantesques aquariums et bacs tactiles. Si vous avez de la chance, vous pourrez aussi assister au nourrissage des poissons par les plongeurs.

Ensuite, vous pouvez quitter les royaumes du Nord et pénétrer dans la mangrove et les écosystèmes tropicaux.

Rasséréner par cette impression de vie, vous pouvez alors prendre l’ascenseur pour accéder à la seconde partie du musée : 2 étages consacrées à la science de pointe mais aussi la science dans la vie de tous les jours. La preuve ? La visite semble commencer dans l’ascenseur lui-même. En effet, celui-ci est totalement transparent révélant ses mécanismes et les lignes électriques qui relient toutes ses parties vitales.

Le premier étage est une véritable salle de jeu et enfants aussi bien que les adultes qui disposent là d’un bon prétexte pour retomber en enfance, peuvent jouer à différents jeu centrés sur des aspects importants de notre vie quotidienne : le sport (explication des principes physiques, etc.) ou encore la sécurité routière (avec des jeux qui donnent des informations très surprenantes sur ce qui se passe en cas d’accident, par exemple).

Au second étage, on passe à la science de pointe de l’infirment grand à l’infirment petit, de la conquête de l’espace à la cellule vivante. A nouveau, le visiteur est bombardé d’informations par des exemples marquants comme cette représentation simple de notre tube digestif tout en longueur ou encore un des arbres de la vie les plus honnête que j’ai jamais vu !

On y apprend sans en avoir l’air !

Encore plus fort, si l’envie vous en prenait d’aller aux toilettes, vous seriez bien surpris d’en voir le concept (même si vous avez déjà découvert les urinoirs pour femme de l’aéroport de Bruxelles).

En effet, la cuvette est séparée en deux compartiments : le premier étant destiné uniquement aux urines, le second pour le reste (je vous laisse le soin d’imaginer). Une notice vous explique alors que le musée recycle vos urines et au cours de votre visite, vous êtes invité à prendre un chemin de traverse au nom intrigant (le chemin du pipi) qui vous montre ce que devient votre urine.

Celle-ci est diluée et ses minéraux sont utilisés pour nourrir des petits organismes, les daphnies, qui seront mangés par de petits poissons, eux-mêmes utilisés pour donner à manger à des animaux plus gros. Ainsi, certains animaux du musée sont nourrit grâce à votre urine.

Si vous passez par Göteborg, une visite à l’Universeum s’impose si vous voulez passer un bon moment en vous amusant !




[culture] A night at the museum – Le Louvre

22 03 2007

Je ne sais pas si c’est suite à un traumatisme de la petite enfance, mais je n’avais encore jamais visité le Louvre malgré de nombreux passages à Paris. Peut-être une conséquence du syndrome de Belphégor (le vrai, pas celui avec Vic) dans lequel le fantôme en noir et blanc interprété par Isaac Alvarez arpentait les couloirs du musée m’offrant chaque jour après l’écoles certaines des plus belles frayeurs de mon enfance.

N’écoutant que mon courage, j’ai décidé d’en finir une bonne fois pour toute et j’ai courageusement plongé dans les entrailles du Louvre poussant le vice jusqu’à y aller pendant une nocturne.

Si je n’ai trouvé nulle trace de Belphégor (quoi que l’ambiance étrange de la galerie des antiquités grecques, étrusques et romaines, délaissée au profit des superstars de l’art laissait planer un parfum inquiétant), je n’ai pu que m’incliner jusque terre devant cette masse impressionnante d’œuvres rassemblées sous un même toit.

Pendant les quelques heures que j’ai passé sur place, je n’ai pu qu’entrevoir l’étonnante richesse de ce musée : les galeries de peintures (italiennes, françaises), les sculptures antiques, romaines et étrusques ou encore la galerie égyptienne.

Le tout au pas de course, traversant les groupes organisés comme un poisson distrait traversant un ban et ne m’arrêtant qu’occasionnellement devant tel tableau qui accrochait mon regard pour se révéler être de Botticcelli ou de De Vinci ou telle statue, imposante ou modeste.

Bref, une visite de béotien !

L’occasion de se lancer dans quelques petites réflexions sur le rôle des musées et de l’art, du côté absurde de la beauté, mais aussi d’observer les autres visiteurs.

Comme les ornithologues cocheurs qui n’observent les oiseaux que dans le but de pouvoir les cochers dans leur livre d’identification et s’en vanter auprès de ses semblables bavants de jalousie, la grande majorité des visiteurs suivent les pancartes qui les guides directement vers les œuvres majeures du musée : La victoire de Samotrace trônant fièrement en haut d’un imposant escalier de pierre, La joconde qui est encore plus harcelée depuis la sortie des différentes déclinaisons du Da Vinci code (qui sert également d’argument de vente pour le musée qui propose une visite guidée orientée sur le livre et le film) et qui malgré sa petite taille arrive à faire de l’ombre à l’imposante Les noces de Cana de Véronèse, Le radeau de la Méduse ou encore la Marianne de Delacroix.

Ainsi, je me suis mis à la place des œuvres d’arts, qui tels les jouets dans Toy Story sont figés en présence des humains mais s’animent à la faveur de la nuit (raison pour laquelle les méchantes œuvres sont gardées sous clés dans les réserves !)


Cela pourrait, d’ailleurs faire un excellent reportage sociologique : Le Louvre vu par ses œuvres ! (note pour plus tard…)

La vénus de Milo contemplant la foule amassée à ses pieds, et pourtant indifférente à ses courbes ou à l’audace de son créateur, et les touristes se précipitant sur leurs téléphones portables pour immortaliser ce moment ; le scribe accroupi dont le regard de cristal observe le ballet des jeunes écoutant leur i-pod sans prêter la moindre attention à ces œuvres poussiéreuses sans intérêts (dont le visage tellement reconnaissable d’Akhenaton), ceux blasés qui font mines de l’ignorer pour ne le regarder que du coin de l’œil ou encore ceux qui le reconnaissent et s’approchent un sourire aux lèvres ; les petites œuvres plus discrètes qui voient passer une foule qui les délaissent au profit des stars.

Parce que le succès du Louvre tient beaucoup à cela ! Il s’agit de la jet set du monde de l’art.

Tout comme Paris Hilton ou Britney Spears fascinent les foules, tout comme la laideur mécanique qu’est la tour Eiffel est devenu le symbole d’une culture et d’un pays, le Louvre est devenu incontournable car il abrite des œuvres " qu’il faut voir ! "

Peu importe qu’une écrasante majorité des visiteurs (dont je fais partie) soient totalement incapable de comprendre en quoi ces œuvres sont exceptionnelles (de par leur perfection, leur symbolisme, leur contexte, etc.), nous faisons confiances aux spécialistes qui consacrent leur vie à étudier pour nous ce genre de chose (il faudrait d’ailleurs plusieurs vies pour pouvoir appréhender la réelle richesse d’un tel musée) et nous nous contentons de les croire !

Nous nous extasions devant le génie et les œuvres célèbres, nous les trouvons magnifiques parce que nous les reconnaissons, on les découvre tout en les connaissant depuis toujours, comme un acteur croisé en rue dont on suit les faits et gestes dans la presse people.

Dans de telles conditions, il est légitime de se poser la question du rôle du musée et de l’art.

Est-ce simplement un moyen de préserver notre histoire en exploitant notre goût pour le connu, le fameux, le célèbre ? En quoi cela fait-il avancer notre façon de penser ? Combien sortent du Louvre transformés par la visite et avec autre chose qu’une série d’anecdotes à placer dans une conversation mondaine ? Les musées élèvent-ils intellectuellement ou socialement ?

Mais, comme le chantaient les Levellers : " Is this art ? "

Quoi qu’il en soit, j’ai passé un agréablement moment et maintenant je peux dire fièrement : j’ai été au Louvre !




[culture] SPAM, SPAM, SPAM, SPAM... lovely SPAM, wonderful SPAM !

17 03 2007

S’il est un mot qui est devenu incontournable sur le net, c’est bien spam, qui désignent tout les usages abusifs qui pullulent sur le web ou les pourriels qui remplissent notre nos boites mails.

Mais " Quelle est l’orrrriiggiinnneeeeeeee ", comme dirait Jacques Mercier, de cette expression devenue aussi courante que l’eau ?

Pour le savoir, je vous invite à regarder le petit reportage suivant :

http://www.youtube.com/watch?v=ODshB09FQ8w

Cet extrait provient du dernier sketch du 25e épisode des Monty python’s flying circus diffusé sur la BBC le 15 décembre 1970.

Comme vous avez pu le constater, le menu de ce restaurant est littéralement envahi par le spam (ainsi que le générique de fin) et ce, de nombreuses années avant l’explosion d’Internet ou de l’envois du premier mail.

Le Spam auquel les Pythons font allusion est une marque de viande en boite fabriqué par la marque Hormel et est une contraction de Spiced hAM. L’excès de Spam dans le sketch est une allusion au rationnement pendant et après la seconde guerre mondiale en Angleterre, période au cours de laquelle le Spam était la seule ‘viande’ disponible en abondance.

Le terme ‘Spam’ a fait son entrée dans le monde virtuel dans les années 80 pour décrire certains utilisateurs qui floodaient les chats (j’ai un peu l’impression d’être un Jean-Claude Vandamme geek avec tous ces anglicismes internet) avec des citations de sketchs des Monty Pythons. Par exemple, ils faisaient disparaître les textes visibles à l’écran à grand coup de SPAM (par exemple lors de joutes entre fan de Star Trek et fans de Star Wars… ils sont fous ces geeks).

Par extension, le spam a alors pris la signification qu’il a aujourd’hui !

Passons maintenant à la pratique.

Vous avez des commentaires ?